• Non, les Africains ne sont pas nuls !

    Article pour le Gri-Gri International, début 2008<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Rubrique : Con de blanc<o:p></o:p>

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    Non, les Africains ne sont pas nuls<o:p></o:p>

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    « L’Afrique a cessé d’être le parent pauvre de l’Europe ». Si vous êtes africains résidant en Afrique, cette phrase va vous paraître idiote. Sachez pourtant qu’elle est écrite par Bechir Ben Yahmed (BBY pour ses employés), patron de Jeune Afrique et dont le fond de commerce est constitué par les intellectuels africains expatriés en France. Donc forcément très critiques vis-à-vis de leur continent d’origine, faut bien trouver des raisons plus reluisantes à sa défection que le fait de rester là où on vous paye plus que chez vous après en être parti soi-disant pour perfectionner sa formation.

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    Vivant donc surtout de la pub et un peu de ce lectorat d’intello émigrés, la revue tuniso-française a donc toujours cogné sur les gouvernants subsahariens responsables, selon elle, de tous les maux du continent. Mais BBY a eu une révélation anglo-saxonne (il est coutumier du fait) : Harry G. Broadman qu’il s’appelle, son nouveau gourou. En plus, il fait partie de la Banque Mondiale, c’est dire ! Et il a publié, en décembre dernier, un truc du nom  de « Africa’s Silk Road : China and India’s New Economic Frontier* » dans lequel ce brave homme note que, durant la dernière décennie, votre continent préféré a connu un taux de croissance moyen de 5,4% « comparable à celui du reste du monde » (ça, c’est BBY qui le dit, je n’ai pas vérifié les écrits de l’Anglo-saxon. En fait, si on retire la Chine des statistiques mondiales, la croissance africaine a été très supérieure à celle du reste du monde depuis 10 ans, soit avant même l’envol des prix du pétrole - qui commence en 2000).

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    Mais bon, ne boudons pas notre plaisir : aujourd’hui, même la revue des émigrés est forcée d’admettre que les Africains ne sont pas tous nuls, sous-titre du bouquin que j’ai, moi, publié en 2004. Mais je n’étais ni anglo-saxon, ni rétribué régulièrement par la Banque mondiale, ce pourquoi même Jeune Afrique, auquel j’avais collaboré plusieurs années, descendit le dit bouquin en flamme. Vous dire la satisfaction du con de blanc (avec un petit b : il paraît que mettre une majuscule à une couleur est injurieux, c’est Claude Ribbe qui l’a écrit dans son site) que je suis devenu maintenant ne reflète même pas le dixième de mon contentement… D’autant que je réserve un autre argument aux nouveaux convaincus de l’égalité totale entre l’homme noir et l’homme blanc : c’est parce que l’Afrique noire a cessé d’être rurale qu’elle a commencé à se développer. Pas parce que ses dirigeants sont devenus plus sérieux ou parce que le prix des matières premières s’est enfin envolé. Et parce qu’elle connaît enfin l’exode rural, elle peut recoller au peloton des pays bénéficiaires, des siècles durant, de la route de la Soie, la Silk Road de Broadman qui a sciemment donné ce qualificatif. Car l’Afrique subsaharienne, comme l’Amérique latine, est restée à la traîne aussi, en plus des razzias esclavagistes puis de la colonisation, de la fameuse Route de la Soie qui accéléra considérablement le développement économique, technique et philosophique du reste du monde.

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    Alors, bien sûr, l’exode rural, exactement comme il n’y a guère dans les pays riches (lisez Les Raisins de la colère ou Une Souris et des hommes de Steinbeck) pose des problèmes. Il n’empêche que c’est le passage obligé vers la modernité. Tout le reste est littérature et, surtout, égoïsme des Riches qui voudraient que les paumés restent des cul-terreux. Mais ils votent actuellement et massivement avec leurs jambes, renvoyant les dits égoïstes à leurs études…

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    * La Route de la Soie de l’Afrique ou la nouvelle frontière de la Chine et de l’Inde<o:p></o:p>

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