• Offre et demande

    Offre et demande.. Euh, ne serait-ce pas offre ou demande ?

    janvier 2014

     

    Je viens de lire un texte du Parti de Gauche contre la politique dite de l'offre tout récemment prônée par François Hollande : en résumé, la politique de l'offre ne peut pas relancer l'économie quand la demande est atone. En paquet cadeau, le rédacteur du PG nous vend "une autre croissance" fondée sur l'écologie.

    Et j'ai posé une fois de plus mes doigts sur mon clavier d'ordinateur pour renvoyer les deux concepts dos-à-dos : car s'il est évident que dégager des marges pour les entreprises françaises ne relancera pas la croissance dans notre pays, il est tout aussi évident qu'une simple relance de la consommation profitera surtout aux producteurs étrangers : nous sommes tellement envahis par leurs produits qu'il n'est aujourd'hui même plus pensable de parier sur le contraire.

    Mais reprenons dans l'ordre : "je suis social-démocrate et je fais une politique de l'offre, dit le président félon (car il a bel et bien menti à ses électeurs en ne dévoilant cette politique qu'après avoir été élu sur le changement) Et je vous propose un pacte : 30 milliards de charges en moins contre 1 million d'emplois nouveaux" C'est résumé mais je crois, fidèle au propos du monsieur. Sachez que nous sommes actuellement en quasi récession, seule la soumission des statisticiens publics cachant cette vérité. Pour relancer la machine, il faudrait bien plus que ces 30 milliards, sachant là aussi que les entreprises françaises ont distribué l'an dernier à leurs actionnaires près de 50 milliards d'euros. Rapprochez les deux informations et réfléchissez un peu : la demande est atone, en régression dans la plupart des domaines et l'Etat ne change pas cette situation en faisant par exemple des grands travaux, mais donne 30 milliards aux entreprises en leur disant : "recrutez" Ce, sachant que les grandes entreprises exportatrices ont définitivement pris le pli de l'investissement à l'étranger (les fameuses délocalisations) et que l'immense tissus des entreprises non exportatrices, celles qui vous fournissent vous, ne lèvera pas un sourcil tant que le marché, la demande donc, ne frémira pas. Le pari de Hollande est d'ores et déjà perdu mais les actionnaires des entreprises françaises vont très certainement accroître encore leurs dividendes au cours des 3 années à venir (les années du fameux pacte) J'attends de pied ferme la démonstration contraire !

    Mais croire que la stimulation de la demande par une augmentation des bas salaires sera plus efficace c'est oublier singulièrement les enseignements de 1981 et 1982 (augmentation immédiate du déficit commercial) ainsi que la réalité de l'emploi en France : aujourd'hui, la majorité des contrats sont des contrats précaires, CDD, travail temporaire et temps partiels. Ce, tandis que 50% des salariés touchent moins de 1800 €/mois. 50%... Imaginez que l'immense tissus des entreprises non exportatrices, exsangue après 4 années de fausse croissance  (c'est pour ça que, globalement, les marges des entreprises françaises sont au plus bas. Ce n'est pas du fait des entreprises du CAC 40 !), doive supporter brutalement une augmentation de sa masse salariale de l'ordre de 10% au mieux (augmenter le smic d'environ 500 €/mois, soit de plus de 40%, aura des conséquences sur tous les petits salaires et, au pif, je dis "10% au mieux. Mais ça serait sans doute plus) Dans l'immédiat, on assisterait très probablement à une forte augmentation du chômage du fait et des fermetures d'entreprises, et des licenciements économiques.

    Bref, dans les deux cas, c'est raté, que vous incorporiez ou non dans votre raisonnement le gadget écologique. Je dis gadget car nous parlons ici de court terme. Une véritable politique écologique ne se construit pas en quelques mois, CQFD !

    Et pour reprendre mon titre, j'inverserai plutôt l'interrogation : Offre ou demande... Euh, ne serait-ce pas offre et demande ? Car, à court terme, il n'y a pas d'autre solution que d'actionner les deux leviers : une aide plus intelligente aux entreprises françaises. Par exemple en finançant la publicité du savoir faire français et surtout pas en arrosant crétinement toutes les entreprises ; ou bien encore en sauvant bien mieux qu'aujourd'hui les entreprises victimes des délocalisations sauvages, en les rachetant pas cher et en les remettant sur pied en France, via des gens compétents et qui n'auront ainsi pas à sortir d'argent pour reprendre ces affaires. Les idées ne manquent pas et je ne comprends pas à cet égard l'imbécilité de l'actuel gouvernement. Côté demande et à court terme, on peut imaginer, par exemple, une bonification des taux d'intérêt dans des domaines où les étrangers ne risquent pas trop de prendre des parts trop importantes de marché : le bâtiment par exemple, notamment à coûts modérés. Mais aussi le bio ou l'alimentation artisanale (boulangers, bouchers, etc.) Bref, des encouragements sectoriels à la consommation avec des baisses d'impôts pour les catégories les moins aisées (les classes moyennes basses)

    A plus long terme, je vous ai déjà entretenu de mes solutions, soit le retrait et de l'Union européenne, et de la zone euro. Mais avec un nouveau franc fort et un blocage immédiat et des changes, et du commerce extérieur : ne sortiront plus que les capitaux autorisés et ne rentreront plus que les marchandises autorisées, soit à concurrence exacte des marchandises achetées par le pays exportateur chez nous. Dans le même temps, l'Etat reviendra en force dans l'économie en recréant un tissus industriel digne de ce nom, revendu ensuite dans le privé. "Tu rêves !" m'a dit mon épouse. Je n'ai rien dit, étant pour la paix dans les ménages, mais j'ai déjà écrit ici que lorsque une situation est devenue trop laide, l'utopie reste la seule solution sage. Mais peut-être que le monde concocté par les riches vous plait ? Le tout fric, le chacun pour soi, le consumérisme crétin et crétiniste, la multiplication des pauvres, le... J'arrête là, rien que d'énumérer les tares de ce monde, j'ai des envies de suicide. Car, malheureusement, je ne crois pas un seul instant que vous décrocherez de ce monde : les laissés pour compte le font par force mais beaucoup aspirent à le retrouver et, de toute façon, ils ne sont pas assez nombreux, un tiers seulement de notre population, et ils ne votent pas. Voyez d'ailleurs les prochaines municipales : vous vous apprêtez à reconduire les sortants. En confortant donc les ultra libéraux de gauche comme de droite...

     

    PS Je n'ai pas reparlé de la dette car j'ai déjà évoqué la question. Mais pour ceux qui ne connaissent pas encore mes idées là dessus, sachez que le problème est essentiellement une affaire de durée des emprunts. Depuis les années 1970, les Etats occidentaux ne peuvent plus émettre des emprunts à long terme auprès des particuliers : ils doivent impérativement se financer à court et moyen terme auprès des banques. Il suffit donc de faire racheter les créances des dites banques et de les rééchelonner à long terme pour obtenir des annuités payables sur les budgets annuels et non en empruntant comme aujourd'hui (phénomène de cavalerie qui augmente mathématiquement la dette) D'où l'impératif d'avoir une nouvelle monnaie forte et crédible, donc en stoppant immédiatement et les pertes de change, et le déficit commercial extérieur. Et non en dévaluant comme veut le faire le Front National, soit en augmentant mathématiquement la dette du montant de la dévaluation, CQFD. D'autant que le FN n'envisage pas de faire racheter la dette par la nouvelle banque centrale nationale : ils sont ultra libéraux aussi, ces gens...


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