• On vous a pillé mais ça coûte moins cher de piller ailleurs

    Article pour le Gri-Gri International du 24/08/07<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Rubrique : Con de blanc<o:p></o:p>

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    On vous a pillé mais ça coûte moins cher de piller ailleurs<o:p></o:p>

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    Bonjour, gentes dames et obligés messieurs ! Il fait chaud, même en Europe, aussi vais-je, uniquement pour vous désobliger, vous causer d’un sujet qui fâche, celui des matières premières. J’entends déjà, beaucoup trop fort d’ailleurs, votre réflexe mental : pillage ! Et c’est pas faux, beaucoup plus que vous ne le pensez. Car nous, les Blancs, on a organisé vos villes (des ports) et vos transports (voir le Gabon, simple exemple) dans l’unique perspective d’amener chez nous, au meilleur prix, votre bois, vos minerais, votre cacao, votre café et, aujourd’hui, votre pétrole.

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    Mais comment voulez-vous que j’offre aujourd’hui à mon épouse ses deux tablettes hebdomadaires de chocolat à 2% de sucre seulement, si leur prix, vachement « abondé » par les distributeurs, se maintient à 1,50 € la tablette ? Ce sont des tablettes de 125 gr, ce qui nous met la tonne à 12 000 €. Quand même ! Songez qu’Abidjan, toutes factions confondues, danse et festoie dès que la tonne de cacao brut atteint 1 500 € l’unité ! Ils ont bon dos, les mecs du « commerce équitable » qui octroient 2% à peine de plus aux producteurs tout en dépensant entre 10% et 20% en frais de promotion (dont une grande partie de « marges arrières » rétrocédées aux distributeurs) pour s’assurer des ventes en grande surface…

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    Pillage donc. Mais faut être plus que relatif ici. Car, nous, les Blancs, on est vachement tortueux. Comme l’idée qu’on a de vous est plus que négative (vous avez tous le SIDA, vous vous faites tout le temps la guerre et vous êtes un peu des sous-hommes) et, qu’en plus, vous n’arrêtez pas de réclamer plus de sous pour vos produits, on est allé cherché ailleurs les dits produits. Et on a trouvé : l’Amérique du sud déjà et depuis longtemps pour le café. Seule l’Ethiopie échappe au massacre du fait de la qualité de sa production ; en plus, on garde la Malaisie sous le coude dans le cas où la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, se montrerait commercialement trop agressive. On fait chanter ses dirigeants depuis des lustres et, notamment, depuis qu’Houphouët-Boigny, dans les années 1980, avait refusé de livrer le cacao ivoirien aux Occidentaux pour faire monter les prix. Il s’était ramassé en beauté mais la leçon avait porté : plus jamais nous, les seigneurs, nous allions nous retrouver en situation de manque du fait « d’idiots du village ».

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    Nous avons donc investi massivement dans la prospection au Canada et en Australie où nous achetons désormais l’essentiel de nos minéraux « stratégiques ». Y’a plus vraiment que l’or que nous n’arrivons pas à contrôler. Mais pas le diamant : d’une part nous avons rapatrié vite fait à Londres le siège social de la De Beers, la principale entreprise du secteur ; d’autre part, nous avons forcé la production australienne qui est ainsi devenu la première du Monde. Quant au bois, on a été vraiment très fort : jusqu’à amener le prix de l’okoumé –vous savez, l’arbre roi de la forêt- au niveau de celui d’un vulgaire sapin russe. Ce, en faisant aujourd’hui du contreplaqué avec n’importe quoi pourvu qu’on y ajoute de la résine synthétique…

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    Et puis y’a eu ces salauds de Chinois, y’a pas d’autres mots pour les qualifier ! Ils ont tout fait monter, ces abrutis, avec leurs besoins exponentiels : le pétrole bien sûr (mais, du coup, on relance l’atome et tout plein de trucs sans une goutte d’hydrocarbure), mais aussi les bois exotiques (du coup, on les accuse de massacrer les forêts africaines, ce qu’on a fait sans rien dire des siècles durant) et à peu près toutes les matières premières. Même l’or qui trône au dessus de 600 $ l’once (environ 30 gr) parce que d’une part la confiance dans le dollar n’est plus ce qu’elle était et que, d’autre part, les femmes asiatiques aiment les bijoux autant sinon plus que les femmes occidentales. C’est pas juste ! Quand je pense à tout ce qu’on a fait pour que le produit de base vale que dalle dans nos produits finis ! Tenez, j’aurais jamais dû vous parler de matières premières, c’est déprimant…<o:p></o:p>

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