• Pour que les grands médias évitent des "fake news" à répétition sur l'Afrique

    Africanistes : Devoir de rentrée

    (Christian d’Alayer, 28 août 2017)

    D’habitude, on donne des « devoirs de vacances » Mais il semble qu’en cette rentrée 2017, les médias hexagonaux aient demandé à leurs collaborateurs de mieux couvrir l’Afrique, un continent qui intéresse tout de même plus de 7 millions de Français d’origine africaine. On voit donc fleurir ici et là des écrits « africanistes » qui n’ont pas toujours –c’est un euphémisme !- la marque de l’expérience. Voici donc quelques données de base sur les pays d’Afrique, données propres à remettre  les pendules à l’heure.

    Premier enseignement, l’Afrique ne s’est pas effondrée économiquement avec la baisse (très relative) des prix des matières premières. Commençons par le pétrole (tableau 2) : Il a certes vu son cours baisser de plus de 50% par rapport à 2012. Mais de 25% seulement par rapport à 2009 et il reste 4 fois supérieur à son cours de décembre 1999. Il est normal, dans ces conditions, que les pays exportateurs de pétrole aient eu un peu de mal à conserver une croissance positive depuis la baisse du prix de leur principale exportation. Mais si vous considérez le fait que, selon quelques bonnes âmes, ces pays « ne vivent que du pétrole », alors il faut qu’elles nous expliquent comment, avec une telle baisse, l’Angola ait enregistré une hausse de son PIB de 1,1% en 2016 tandis que le Nigeria n’enregistrait qu’une petite baisse d’1,5 point. « Les statistiques africaines sont fausses » rétorquent nos « africanistes »Mais celles que vous avez sous les yeux sont tirées des ordinateurs de l’OCDE, organisme totalement indépendant des Africains. La Banque Mondiale peut, certes, être inféodée aux Etats qui la dirigent et qui, pour une raison ou pour une autre, peuvent vouloir présenter un pays de manière positive ou négative (ce fut le cas par exemple du Zimbabwe) Mais l’OCDE n’en a cure !

    D’ailleurs les prix de l’ensemble des matières premières ne se sont pas  effondrés comme vous pouvez le constater. Les fluctuations des autres « commodities », comme disent les Anglais, enregistrent des variations bien plus faibles (à l’exception du minerai de fer), sans commune mesure avec l’effondrement des années 1980-1990. Et si les scores de deux poids lourds de l’économie africaine font baisser la moyenne continentale, vous pouvez constater que la plupart des autres pays, hors quelques cas particuliers (Sud Soudan, Centrafrique par exemple), continuent à afficher des résultats enviables.  C’est que, deuxième point, le retournement complet des termes de l’échange à partir des années 1980 pour les prix industriels et 2000 pour les prix des matières premières, a enfin permis aux Africains de décoller  et d’enregistrer des croissances économiques durablement et fortement supérieures à leurs croissances démographiques. Ce, d’autant que la démographie recule très nettement dans les grandes villes tandis que l’exode rural s’accélère sur le continent.

    Bref, le tableau d’ensemble est, dans les faits, très différent de ce qui ressort de la lecture débilitante de bon nombre des articles « africanistes » actuels en France. Articles dans lesquels la mauvaise gouvernance continue à être donnée comme raison principale de la « stagnation » du continent. Permettez ici au déjà vieil observateur  de l’Afrique que je suis de vous donner l’élément qui m’a le plus étonné : quand j’ai cessé de m’occuper d’Afrique en 1986, le PIB du continent était de l’ordre de 300 milliards de dollars. Je m’y suis réintérressé 15 ans plus tard : ce PIB dépassait les 1500 milliards de dollars. Et aujourd’hui, à nouveau 15 ans plus tard, il dépasse les 6000 milliards de dollars. On est loin de la stagnation, non ?!

    C’est que le développement économique africain, surtout au sud du Sahara, repose essentiellement sur la consommation intérieure. En l’absence de réels investissements étrangers (il n’y en a pratiquement que dans le pétrole et les mines), ce sont des entreprises locales qui répondent à la demande. Les enfants en fait des artisans qui se débrouillaient comme ils pouvaient pour tenter de vivoter jadis face aux « comptoirs » des anciens colonisateurs. Tel l’Africain le plus riche aujourd’hui, Aliko Dangote, convoyant quelques camions de ciment importé avant de devenir le premier cimentier du continent puis le maître d’un empire industriel diversifié mais tourné vers le marché subsaharien. On trouve de tels personnages dans tous les pays africains, du nord au sud. Cevital par exemple en Algérie, partant de la construction métallique, investissant dans l’agro-industrie puis dans la distribution et devenant le premier groupe privé du pays avec près de 20000 employés dans une trentaine de pays.  Ou la famille Sawiris en Egypte qui part du BTP pour arriver dans les télécoms avec son conglomérat Orascom. Ou bien encore le Burkinabé Oumarou Kanazoé qui part d’une petite boutique pour devenir le n°1 du BTP dans son pays. Celtel aussi, ce géant africain des télécoms créé par le Somalien Mo Ibrahim. Et toutes ces grandes familles bamilékés qui ont lancé, les premières au sud du Sahara, des banques à capitaux locaux… Sachez d’ailleurs et alors que les Nations Unies veulent renforcer l’entreprenariat en Afrique, que ce continent contient le plus d’entrepreneur par habitant au Monde ! il y a moins de 20% de salariés outre Méditerranée.

    Dernier point qui n’est pas dans les tableaux, les Africains sont aussi des fourmis irréprochables. Dans ma jeunesse, les professeurs d’économie pensaient qu’il fallait au moins 25% d’épargne pour garantir une croissance de 3% nette d’inflation. Et tandis que les Occidentaux se mettaient à remplacer l’épargne par le crédit (leur taux actuels d’épargne sont inférieurs à 10%), les Africains ont atteint ce niveau sans même compter  l’auto-investissement, inchiffrable tant l’économie informelle est puissante là bas. Le Nigeria a augmenté le chiffre de son PIB de 80% il y a quatre ans en prenant alors en compte son secteur informel et il est le seul à l’avoir fait en Afrique. C’est dire que la réalité est encore très supérieure aux statistiques officielles et non l’inverse comme l’écrivent encore trop de grincheux. Si on regarde les taux d’épargne de tous les pays qui connaissent toujours une très forte croissance, on voit d’ailleurs qu’ils sont tous supérieurs à 25% du PIB, c’est ce qui sépare définitivement les économies non occidentales de leurs concurrentes européennes, nord américaines ou japonaises : nos professeurs d’économie d’aujourd’hui parlent de « financiarisation » alors qu’ils devraient simplement parler de crédit à outrance. Et de crédits non productifs, car soit immobiliers, soit à la consommation. Les PME ont beaucoup de mal à financer leur développement et les grandes entreprises ont recours aux bourses de valeurs alors surgonflées tandis que les Etats font appel à ce qui reste de l’épargne populaire via les banques pour faire face à leurs remboursements.

    Et en définitive, sans doute les mêmes grincheux devraient-ils plus se soucier du devenir de l’Occident que de celui des pays de l’ancien « Tiers Monde », dont ceux d’Afrique, qui supplantent progressivement  cet Occident dans un nombre croissant de domaines. Voyez par exemple l’association du groupe Peugeot avec les Chinois, majoritaires relatifs dans le nouveau capital : le groupe a aujourd’hui racheté les filiales européennes du géant General Motors ! Et un autre chinois veut se payer le groupe FIAT qui a lui-même racheté l’Américain Chrysler : on n’en est plus au milliardaire exotique venu acheter une vigne bordelaise ! He bien en Afrique, ça commence aussi et Dangote sera dès l’an prochain le premier fournisseur de ciment aussi au Cameroun, devant le groupe franco-suisse Lafarge-Holcim qui fut jadis celui qui fournissait le ciment aux trois camions du milliardaire. En moins spectaculaire mais tout aussi important, les grossistes camerounais ont supplanté les Français dans toute leur sous-région en matière de produits maraîchers tandis que les paysans guinéens du Fouta-Djalon ont évincé d’Afrique de l’ouest les puissantes coopératives françaises exportatrices de pommes de terre. C’est cela, l’Afrique réelle…

     

    1)      Principales données économiques en Afrique en 2016

    (Source : OCDE, Perspectives économiques en Afrique)

    Pays

    PIB en millions $

    croissance en (en %)

    PIB/h  en $

    APD  en 2015 en millions $

    IDE 2015 en millions $

    Dette extérieure en % PIB

    Déficit public  en % PIB

    Balance courante en % PIB

    Réserves de change  en mois d’export

    Inflation  en %

    Algérie

     609 394

    3,5

    15 093

     88

    -587

    2,5

    -13,2

    -13,5

    24,0

    4,0

    Angola

     187 257

    1,1

    7 249

     380

    8 681

    51,1

    -5,5

    -11,2

    7,6

    19,7

    Bénin

     24 312

    4,0

    2 177

     430

    229

    19,1

    -6,2

    -7,1

    0,2

    2,6

    Botswana

     36 505

    2,9

    15 846

     66

    394

    23,3

    -0,7

    3,6

    13,4

    3,7

    Burkina Faso

     32 985

    5,4

    1 770

     997

    167

    21,4

    -3,1

    -4,3

    0,1

    1,5

    Burundi

     7 892

    0,9

     683

     367

    7

    24,8

    -6,7

    -18,7

    1,2

    6,6

    Cap Vert

     3 583

    3,2

    6 799

     153

    95

    102,3

    -3,3

    -7,2

    29,0

    1,6

    Cameroun

     77 237

    4,7

    3 228

     664

    620

    23,6

    -3,3

    -4,8

    0,8

    2,3

    R. centrafricaine

     3 206

    5,1

     641

     487

    3

    17,7

    -3,5

    -7,8

    4,5

    3,0

    Tchad

     30 587

    -3,4

    2 110

     607

    600

    23,3

    -5,6

    -8,6

    0,0

    3,1

    Comores

     1 259

    2,1

    1 560

     66

    5

    26,9

    -6,4

    -8,5

    8,4

    2,0

    Congo

     30 272

    -2,4

    6 385

     89

    1 486

    52,0

    -15,9

    -24,2

    1,0

    3,3

    Congo, Rép. dém.

     66 014

    2,5

     828

    2 599

    1 674

    24,4

    -1,6

    -5,7

    1,1

    2,1

    Côte d’Ivoire

     87 120

    8,4

    3 746

     653

    430

    39,6

    -3,8

    -2,0

    0,3

    2,0

    Djibouti

     3 345

    6,3

    3 718

     170

    124

    39,8

    -12,9

    -27,9

    3,3

    3,6

    Égypte*

    1 105 039

    4,3

    11 833

    2 488

    6 885

    16,9

    -12,8

    -5,9

    4,1

    12,9

    Guinée équatoriale

     31 769

    -8,2

    36 533

     8

    316

    9,5

    -5,4

    -11,6

    0,9

    1,5

    Érythrée

     9 169

    3,8

    1 713

     92

    49

    23,9

    -13,9

    -0,1

    ...

    9,4

    Éthiopie*

     174 742

    8,0

    1 716

    3 234

    2 168

    27,7

    -2,4

    -10,6

    ...

    11,6

    Gabon

     36 218

    2,9

    20 542

     99

    624

    38,0

    -2,8

    -8,2

    2,9

    2,5

    Gambie

     3 387

    2,1

    1 648

     108

    11

    36,7

    -7,3

    -11,4

    3,7

    5,1

    Ghana

     120 786

    3,3

    4 309

    1 768

    3 192

    57,1

    -8,7

    -3,9

    ...

    7,2

    Guinée

     16 084

    4,9

    1 242

     538

    85

    36,3

    -1,5

    -6,0

    2,0

    4,8

    Guinée-Bissau

     2 851

    4,9

    1 510

     95

    18

    22,5

    -4,0

    -2,2

    0,8

    2,6

    Kenya

     152 735

    6,0

    3 232

    2 474

    1 437

    38,3

    -7,8

    -6,0

    4,9

    5,1

    Lesotho

     6 019

    3,1

    2 786

     83

    169

    56,5

    -3,1

    -14,8

    6,7

    6,0

    Libéria

     3 881

    -0,5

     841

    1 094

    512

    23,6

    -2,2

    -28,5

    3,7

    8,6

    Libye

     90 892

    -8,1

    14 359

     158

    726

    16,5

    -53,8

    -37,8

    38,9

    10,1

    Madagascar

     37 491

    4,0

    1 505

     677

    517

    47,0

    -3,2

    -2,3

    3,4

    6,5

    Malawi

     21 227

    2,7

    1 196

    1 049

    143

    41,4

    -6,1

    -13,9

    3,8

    9,7

    Mali

     38 085

    5,3

    2 100

    1 200

    153

    24,9

    -4,2

    -6,7

    0,4

    1,6

    Mauritanie

     16 710

    3,1

    4 010

     318

    495

    88,4

    -3,3

    -15,8

    ...

    4,9

    Maurice

     25 849

    3,6

    20 235

     77

    208

    82,9

    -3,4

    -3,9

    6,8

    2,7

    Maroc

     282 784

    1,5

    8 122

    1 369

    3 162

    29,9

    -3,9

    -3,8

    6,2

    1,3

    Mozambique

     35 313

    4,3

    1 228

    1 815

    3 711

    111,3

    -2,8

    -31,1

    2,2

    8,2

    Namibie

     27 035

    1,3

    10 754

     142

    1 078

    60,3

    -4,7

    -9,7

    2,9

    5,2

    Niger

     20 266

    5,2

     978

     866

    525

    68,5

    -6,8

    -19,4

    0,3

    2,1

    Nigeria

    1 088 938

    -1,5

    5 824

    2 432

    3 064

    2,6

    -2,3

    -1,8

    6,3

    12,4

    Rwanda

     21 970

    6,0

    1 849

    1 082

    471

    34,2

    -3,2

    -13,2

    4,3

    5,0

    Sao Tomé-et-Principe

      694

    5,0

    3 573

     49

    28

    88,4

    -8,8

    -8,9

    3,7

    2,9

    Sénégal

     39 717

    6,7

    2 548

     879

    345

    71,3

    -4,2

    -6,6

    0,2

    2,0

    Seychelles

     2 608

    4,8

    26 877

     7

    195

    67,5

    1,0

    -14,1

    3,5

    3,8

    Sierra Leone

     10 636

    4,3

    1 613

     946

    519

    34,1

    -4,9

    -16,6

    3,5

    10,0

    Somalie

    ...

    ...

    ...

    1 254

    516

    ...

    ...

    ...

    ...

    ...

    Afrique du Sud

     736 325

    0,3

    13 393

    1 421

    1 772

    49,2

    -3,4

    -3,9

    5,5

    5,6

    Soudan du Sud

     20 884

    -13,1

    1 640

    1 675

    -277

    ...

    -21.8

    -0,4

    0,6

    49.1

    Soudan

     176 304

    3,0

    4 282

     900

    1 737

    47,6

    -1,8

    -5,3

    0,2

    12,1

    Swaziland

     11 061

    -0,6

    8 482

     93

    -121

    14,5

    -12,3

    9,4

    4,0

    6,4

    Tanzanie

     150 633

    7,2

    2 731

    2 580

    1 532

    32,0

    -3,5

    -5,6

    3,3

    5,0

    Togo

     11 609

    5,0

    1 548

     200

    53

    33,6

    -3,2

    -10,1

    0,2

    2,4

    Tunisie

     130 831

    1,0

    11 501

     475

    1 002

    67,9

    -5,8

    -7,7

    3,2

    3,8

    Ouganda

     84 925

    4,8

    2 106

    1 628

    1 057

    35,5

    -4,8

    -8,4

    4,3

    5,9

    Zambie

     65 174

    3,0

    3 899

     797

    1 653

    66,7

    -10,5

    -3,7

    2,4

    8,0

    Zimbabwe

     28 326

    0,5

    1 774

     788

    421

    84,2

    -7,3

    -9,2

    0,8

    -0,8

    AFRIQUE

    6 039 933

    2,2

    4973

    44771

    54 079

    24,7

    -6,6

    -6,5

     

    8,3

     

    2)      Evolution récente des principaux prix de l’Afrique à l’export

    Note : $ = dollar américain, bbl = baril, cents = cents américains, dmt = tonne métrique sèche, kg = kilogramme, m3 = mètre cube, mt = tonne métrique,

    toz = once troy.

    Sources : Banque mondiale, Global Commodity Price Prospects, mars 2017.

             

    Produits

    Unité de prix

    2009

    2012

    2016

     

    Aluminium

    ($/mt)

    1 664,83

    2 023,28

    1 604,18

     

    Banane (US)

    ($/mt)

     847,14

     983,98

    1 001,15

     

    Charbon (Australie)

    ($/mt)

     71,84

     96,36

     65,86

     

    Cacao

    (cents/kg)

     288,88

     239,19

     289,08

     

    Café (Arabica)

    (cents/kg)

     317,11

     411,10

     361,11

     

    Café (Robusta)

    (cents/kg)

     164,42

     226,68

     195,31

     

    Cuivre

    ($/mt)

    5 149,74

    7 962,35

    4 867,90

     

    Coton

    (cents/kg)

     138,20

     196,71

     163,61

     

    Farine de poisson

    ($/mt)

    1 230,25

    1 558,33

    1 501,31

     

    Or

    ($/toz)

     972,97

    1 669,52

    1 248,99

     

    Huile d'arachide

    ($/mt)

    1 183,67

    2 435,67

    1 362,33

     

    Minerai de fer

    (cents/dmt)

     100,95

     128,50

     58,42

     

    Plomb

    (cents/kg)

     171,93

     206,46

     186,67

     

    Bûches (Cameroun)

    ($/m3)

     421,47

     451,39

     387,41

     

    Maïs

    ($/mt)

     165,51

     298,42

     159,16

     

    Pétrole (brut)

    ($/bbl)

     61,86

     105,01

     42,81

     

    Huile de palme

    ($/mt)

     682,83

     999,33

     700,19

     

    Phosphates (pierre)

    ($/mt)

     121,66

     185,89

     112,17

     

    Caoutchouc (États-Unis)

    (cents/kg)

     214,64

     337,73

     161

     

    Sucre (UE)

    (cents/kg)

     52,44

     42,01

     36,15

     

    Sucre (mondiale)

    (cents/kg)

     40,00

     47,49

     39,81

     

    Sucre (États-Unis)

    (cents/kg)

     54,88

     63,56

     60,92

     

    Thé (Moyenne 3 enchères)

    (cents/kg)

     272,40

     289,78

     264,08

     

    Thé (Mombasa)

    (cents/kg)

     251,96

     288,05

     229,85

     

                         

     

     


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