• Pour qui voter ?

    Pour qui je vais voter au 2e tour

     

    Bonjour à tous.  Comme beaucoup d'entre vous, j'ai hésité au premier tour entre les différents candidats souverainistes, tous de qualité. Ayant eu un temps ma carte au Parti de Gauche, j'ai voté finalement et un peu à contre cœur pour Mélenchon . A contre cœur car je ne partage pas du tout sa façon "romantique" de concevoir l'écologie tandis que son recul final sur la sortie de l'Europe  m'avait interpellé.

    Peu importe. Il me faut choisir aujourd'hui pour qui voter au deuxième tour. Je vais tout de suite vous dire pourquoi il m'est totalement impossible de voter pour Monsieur Macron, quand bien même celui-ci promettrait de taper du poing sur la table à Bruxelles et en Allemagne (ce qu'il ne fera évidemment pas) : car pour moi, Macron est le produit d'un coup d'Etat organisé par le "système". Le candidat de la droite a été éliminé non par les électeurs mais par des juges manipulés par le camp Hollandiste. Les grands médias ont relayé plus qu'abondamment ces juges indignes tandis le dit camp lançait la candidature Macron et bousillait sans état d'âme "son" parti, le PS, capable de faire un petit peu d'ombre à cette candidature. La vraie gauche n'y était déjà plus présente, partie chez Mélenchon.

    Il ne s'agit pas là de démocratie mais bel et bien d'un coup d'Etat non violent, fait grâce à une justice et des médias aux ordres. Et, quelle que soit la couleur politique du bénéficiaire, je ne peux pas l'accepter en tant que vrai démocrate. Peu m'importe donc que Macron s'avère finalement moins docile qu'il n'en à l'air et que, par exemple, il se donne moins que ses prédécesseurs au lobby militaro-industriel français (pour les banques et les multinationales, c'est impossible, il s'est ouvertement donné à elles) Il est le fruit d'un coup d'Etat. Vous noterez d'ailleurs que la bourse de Paris s'est envolée et que tous les médias semblent très heureux du résultat du 1er tour (le temps d'antenne de Marine Le Pen en a d'ailleurs pris un sacré coup !)

    Reste donc deux solutions : l'abstention (ou le vote blanc) et Marine Le Pen. L'abstention, c'est en fait accepter Macron. Examinons donc Marine Le Pen de près : est-elle, comme le disent tous les "ralliés" à Macron, le diable personnalisé, un Hitler en jupon, la digne fille de son père ? C'est oublier Philippot et la cassure du FN avec la fuite des bobos racistes vers Fillon : les gens qui ont défilé contre le mariage pour tous n'était pas derrière Marine Le Pen dimanche dernier ! Peut-être y seront-ils le 7 mai ? Mais sa qualification ne leur doit rien. Elle est réellement issue de cette France qui souffre de la mondialisation, de ces gens qui crurent jadis aux partis de gauche et qui se tournèrent par désespoir vers un FN qui ne pouvait pas ne pas changer de ligne : ce n'était plus les nostalgiques de Pétain, tous morts, ni les rapatriés d'Algérie, plus très jeunes non plus (1962, il y a 55 ans !), ni les fous du nazisme (des bandes de jeunes crétins en très petit nombre, qui ne votent pas en plus) dans les fourgons du parti. Non, il y a encore et évidemment des gens qui n'acceptent pas l'immigration sudiste, surtout d'ailleurs dans le sud de la France et dans les banlieues des grandes villes. Mais pas plus qu'au saint des électeurs républicains ou socialistes. Ils sont moins honteux, certes, mais je rappelle ici que le délit de sale gueule n'est pas une invention du FN. Lequel a donc essentiellement dû fonder sa stratégie sur la défense des intérêt des victimes de la mondialisation. Et il n'a strictement aucun intérêt à changer de stratégie une fois élu : pourquoi  déplaire à la majorité des ses électeurs ?!  Pour l'instant, il n'y a que la préférence nationale inscrite à son programme ; sachant que le contrôle de l'immigration était commun à tous les candidats du 1er tour sauf Macron.

    Ils n'y sont pas arrivés dans le passé du fait de l'espace Schengen. Et c'est justement la sortie de cet espace qui permettrait sans doute un meilleur résultat. Sarkozy y songeait déjà il y a 5 ans mais ce fut Hollande le vainqueur. Il y a aussi la fin du droit du sol mais, là encore, les autres leaders dits "de gouvernements" y songeaient déjà. Fillon l'avait inscrit à son programme si je ne me trompe pas. Droit du sol qui, en outre, n'a pas été le droit français de tous temps : il y eut de longue période de "droit du sang" seulement, seul droit que reconnait d'ailleurs notre voisin allemand. Bref, rien ici et encore de sulfureux.

    Alors, un fonctionnement interne fasciste, préludant à une pratique fasciste du pouvoir ? Le fonctionnement interne est celui de tous les partis politiques français avant l'invention des primaires. Invention qui, de toute évidence, est appelée à disparaître : ce sont les militants, au FN comme ailleurs qui élisaient les dirigeants et, à cet égard, Mélenchon et Macron sont moins bien élus que Marine Le Pen. Qui est certes la chef de son parti, mais exactement comme Sarkozy l'était ou comme Jospin le fut, respectée donc par les autres leaders et les militants. Elle a eu à faire face à des frondes qui furent mises au pas à l'issue d'élections internes : même Philippot  a été confirmé à son poste par les militants...

    Le FN n'est donc pas un parti fasciste. Et, que je sache, il n'est pas violent non plus. Ce sont les "anti fa", des groupuscules d'extrême gauche très certainement manipulés, qui ont fait preuve de toutes les violences urbaines de ces dernières années. Les "anti fa" et les écologistes : eux n'acceptent pas le verdict des urnes, comme en ce qui concerne le nouvel aéroport de Nantes, violemment combattu par les "zazistes" Les militants frontistes n'ont jamais montré d'agressivité malsaine, ils n'ont pas arraché ou déformé les affiches des autres candidats sur les panneaux officiels. Ils n'ont pas agressé les autres colleurs d'affiche... Bref, des gens non violents deviendraient subitement violents parce qu'arrivés au pouvoir ? A-t-on d'ailleurs vu les électeurs de Trump manifester contre les "démocrates" qui refusent toujours son élection dans la rue (ça commence à se tasser) ? Les victimes de la mondialisation ne défilent pas dans la rue, ils n'en ont ni le temps, ni l'envie...

    Alors il est vrai que le FN est ouvertement anti-européen, anti-atlantiste et, aujourd'hui, anticapitaliste (contre le grand capital mondialisé) Et qu'il est contre le dépérissement de l'Etat voulu par ce grand capital mondialisé. Pas vous ? Il me faut donc vous expliquer pourquoi je le suis aussi : vous vous moquez sans doute du déclin de l'Occident dont vous ne voyez pas  les tenants et les aboutissants autre que le chômage. Il faut donc que vous connaissiez le dit déclin pour comprendre pourquoi il ne faut pas laisser des gens comme Macron poursuivre leur politique mortifère :

    - le déclin de l'Occident (dont celui de la France) vient d'abord et surtout d'un formidable retournement des "termes de l'échange" (à quels prix on achète et on vend à l'étranger) à partir des années 1980. Il y a d'abord eu l'éveil de la Chine dont les productions industriels ont divisé les prix de nos exportations industrielles par 3 à 12 selon les secteurs. Certains secteurs ont d'ailleurs été rayés de la carte chez nous, tel celui des panneaux solaires. Et ne croyez pas que seuls les salaires sont en cause : comme dans le cas des panneaux solaires, ce sont essentiellement les séries qui sont responsables (plusieurs millions d'exemplaires chez les Chinois contre quelques dizaines de milliers chez nous) Puis il y a eu la hausse du prix des matières premières à partir du début du 3e millénaire. Le pétrole a commencé puis toutes les autres matières premières. Certes, il y a une baisse depuis deux ans. Mais négligeable sur long terme car cette hausse est due à la montée en puissance de la consommation de l'ex "Tiers Monde" Songez qu'avant 2015, les prix des matières premières furent multiplié en moyenne par 5. Et qu'aujourd'hui, ils restent encore 3,5 fois supérieurs à ce qu'ils étaient en 1990 (source : indice Mundi et INSEE) Bref, l'Occident vendait cher et achetait bon marché. Aujourd'hui, il vend bon marché et achète cher, CQFD !

    - L'Occident aurait dû, nous aurions dû alors négocier avec  les ex pays du Tiers Monde des accords au coup par coup pour étaler cette évolution désagréable et avoir le temps de nous y adapter. A commencer par la diminution de notre dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, pétrole et gaz. Ce ne fut fait qu'une seule fois, vis-à-vis du textile. La Chine accepta de nous laisser 10 ans pour nous adapter et, ce, au niveau européen. Chez nous, ce furent la dislocation des grands groupes comme Prouvost Masurel et la constitution d'un pôle du luxe autour de Bernard Arnault : des dizaines de milliers de victimes mais la création d'un milliardaire à qui furent donné le groupe et 4 milliards de francs pour le sauver (il ne sauva que le luxe et liquida le reste en gardant les milliards) Les Occidentaux ne négocièrent rien d'autre...

    - Tout au contraire lancèrent-ils la mondialisation et, chez nous, approuvèrent-ils l'ultra libéralisation de l'Europe "unie" Les Américains et les Japonais furent plus protectionnistes, laissant les crétins d'Europe se soumettre à une Allemagne très contente d'un ultra libéralisme lui ouvrant en grand les portes des marchés européens.

    - Et la seule riposte réelle au déclin économique fut donc une riposte militaire, oui, militaire ! Au lieu de nous tenir à l'écart comme l'avait fait Chirac et Villepin, leurs successeurs se mirent au garde-à-vous face aux Américains en rentrant dans l'OTAN. Si bien que nous fûmes entraînés dans ces aventures stupides (car n'enrayant aucunement le déclin) mais Oh combien fructueuses pour les marchands d'armes, ces fameux lobby militaro-industriels ! Avec, en apogée, l'aventure ukrainienne : un président pro russes est renversé par un coup d'Etat financé et armé par les Allemands et les Américains, un nouveau président est élu sans les Russophones et Poutine devient l'ennemi numéro un parce qu'il a voulu d'une part récupérer normalement une Crimée qui n'appartient pas vraiment à l'Ukraine (elle ne fut rattachée à l'Ukraine que par Khrouchtchev, très pro ukrainien, et qu'en en 1954. Auparavant, c'était une république indépendante au sein de l'URSS) et, d'autre part, défendre les populations russophones d'Ukraine contre les extrémistes ukrainiens au pouvoir. Ce, sans compter les multiplies conflits nés des guerres d'Irak et de nos propres interventions africaines. Bref, nous "merdons" totalement, jusqu'à nous faire éjecter de Syrie par les Russes ! Notre stratégie militaire n'est même pas soldée par des victoires !

    Vous commencez à comprendre pourquoi il est urgent de foutre le "système" en l'air ? Notre déclin n'est même pas combattu et nous nous lançons dans des crétineries militaires même pas victorieuses ! C'est de la folie pure et, tout cela, au nom du Dieu Fric immédiat : sur long terme, le Dieu Fric occidental est lui aussi condamné puisque les multinationales des pays émergeants submergent progressivement nos propres multinationales. Laissez moi à cet égard vous conter le devenir actuel de notre cimentier Lafarge : partout, il perd des parts de marché au profit des entreprises "basanées" En Europe, ce sont les Italiens et les Roumains qui lui bouffent l'herbe sous les pieds. En Asie, ce sont bien sûr les Chinois. Et même en Afrique où Lafarge régnait en maître : aujourd'hui c'est un Nigérian, Dangote, qui est numéro un partout sauf en Afrique francophone. Mais Dangote s'y est attaqué il y a moins de 3 ans et, déjà, il s'apprête à devenir numéro 1 au Cameroun. Que fait alors Lafarge pour cacher ses reculs mondiaux ? Il se marrie avec le cimentier suisse, lui aussi en déclin. Ca fait un groupe plus gros encore et dont le siège sociale s'évade à Genève. Les actionnaires, plus cons qu'eux, tu meurs, sont contents et ils n'ont rien vu de la manip. Et c'est pourquoi, aujourd'hui et sur fond de pertes continuelles de parts de marché, nos multinationales occidentales n'arrêtent pas de fusionner...

    Mais tout ce beau monde d'imbéciles prédateurs (comme particuliers, ils s'en mettent plein les poches) ne veut surtout rien changer : peu leur importe le destin de leurs pays pourvu que le leur se porte bien. Et ça, c'est la réalité. Face à laquelle les accusations de foutre la France et l'Europe en l'air si  Marine Le Pen arrive au pouvoir ne sont que des incantations malheureusement suffisantes pour que la majorité y croit : elle ne sera pas élue en 2017. Trop de gogos abrutis par la surconsommation et le "moi je" du monde actuel vont s'engouffrer dans le "tout sauf Le Pen" D'autant que, face à notre déclin, ils continuent encore à penser "droite/gauche" en grande majorité : une part majoritaire de l'électorat de Mélenchon s'abstiendra ou votera Macron parce que Marine Le Pen est "d'extrême droite" Alors qu'elle est souverainiste même plus libérale...

    Certes deux autres aspect s, négatifs ceux là,  peuvent encore servir de repoussoir : il y a d'abord l'aspect sociétal. Le FN n'est pas favorable au mariage gay et encore moins à la GPA. Fillon ne l'était pas non plus et Macron comme le PS et Mélenchon le sont. Si, pour vous, cet aspect de la politique est primordial, alors il ne faut pas voter ni à droite, ni FN. Je crois pour ma part que le dit aspect est vieux comme le Monde (Oh tempora ! Oh mores !) Les mœurs évoluent par grands mouvements de balanciers. Ils furent "légers" à la sortie du Moyen Age puis à nouveau stricts à l'évènement de la bourgeoisie dont nous ne sommes pas totalement sortis à l'avènement de ce que j'appelle "l'ère des grands nombres" et d'autres, "l'ère des masses" Je me refuse donc à prendre parti sauf en ce qui concerne les enfants. Or on commence à s'apercevoir que les enfants pâtissent et des divorces, et, plus récemment, de parents de même sexe. Tout comme on commence à savoir, via quelques médecins courageux, que le cannabis est un danger certain pour le cerveau des jeunes. On peut donc tout-à-fait contempler les évolutions cycliques des mœurs en n'intervenant que pour en protéger les mineurs, l'avenir, qu'on s'appelle Le Pen ou Mélenchon...

    Il y a ensuite la culture. "Le FN, c'est Dieudonné", disent les anti fa. Et l'on voit peu d'artistes ou d'écrivains venir soutenir la patronne de ce parti. Si vous le pensez aussi, c'est que vous croyez que les artistes et écrivains occidentaux actuels sont réellement la culture ! Je vous signale à cet égard que vous ne lisez plus, premier point. Ou alors des romans policiers. Vous regardez par contre beaucoup d'images, là encore des séries policières et des films violents. Vos éditoriaux vantent par ci, par là, quelques productions intello-dépressives présentées comme le nec plus ultra de notre culture, le théâtre ne vit plus que de boulevard et quelques rares séries américaines font croire que la culture d'outre Atlantique est plus riches car s'attaquant aux phénomènes sociaux. Bon, je veux bien et, là encore, si vous pensez que la défense de cette "culture" vaut condamnation de Marine Le Pen, pourquoi pas ? Je crois en fait que nous n'avons plus grand chose à dire au monde. Sinon le terme "démocratie" que nous ne comprenons plus puisque nous acceptons que tous les moyens de communication et d'information soient entre les mains de quelques grands groupes, dont des marchands d'armes ! Et que l'immense majorité d'entre nous ne croit pas que l'élection actuelle soit un coup d'Etat tout en conspuant d'injures les scrutins "populistes" des Anglo-Saxons (qui, eux, se sont rebellés) Je dirai même plus : regardez nos films de science-fiction. Hier encore, on pouvait voir "Rencontre du 3e type" ou "ET" Aujourd'hui, c'est "Independance Day" ou "Star Wars" Ce, parce que le lobby militaro-industriel américain, dont directement le Pentagone, finance Hollywood. Chez nous, Dassault et Lagardère possède la presque totalité des quotidiens locaux et coproduisent (indirectement) des séries à la pelle...

    Bref, voilà aussi pourquoi je ne peux pas laisser Macron remplacer Sarkozy /Hollande (l'UMPS, vous vous souvenez ?) sans réagir. Je pense que cela n'aura aucun effet contre Macron mais tant pis. J'annonce donc que je vais voter pour Marine Le Pen le 7 mai prochain. Et je l'annonce bien que je pense que le journaliste que je suis encore n'a pas à prendre parti. Mes confrères n'arrêtent pas de le faire et, ce, pour des raisons souvent très égoïstes : être dans les petits papiers des vainqueurs. Au moins n'en serai-je très probablement pas...

     

    Christian d'Alayer


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