• L'écologie, nouvel opium des peuples

     

    Hier encore, le "Socialisme" était la terreur des riches : imaginer des hordes de va-nu-pieds prêts à se partager leurs biens leur était totalement insupportable. Si bien que lorsque le "socialisme réel" s'effondra avec l'URSS, ils poussèrent un immense cri de joie qui ébranla jusqu'aux partis communistes les plus staliniens. Le PC italien versa dans la sociale démocratie pourtant honnie avant d'épouser l'ultra libéralisme européen. Le PC français s'allia au PS ennemi au sein duquel il perdit jusqu'à la moindre réflexion indépendante : lui aussi enfourcha le balais sulfureux de l'ultra libéralisme. Un historien américain alla même jusqu'à proclamer "la fin de l'histoire" tandis que des milliardaires américains se félicitèrent ouvertement d'avoir gagné la guerre contre les pauvres...

    On a vu en Occident la conséquence quasi immédiate de la chute du mur de Berlin, emblème, selon les riches, de la défaite des pauvres : en trente ans, la part des salaires dans les coûts de production occidentaux passa de plus de 20% à moins de 15%, la différence allant dans la poche des actionnaires plutôt que dans les budgets de recherche et développement (stagnation de l'investissement dans tout l'Occident, surtout en Europe) Résultat : stagnation de la demande occidentale et augmentation fabuleuse du chômage. Donc risque de renouveau du socialisme...

    C'est alors que l'écologie débarqua en fanfares et trompettes, avec l'appui de la totalité des grands médias. Notre Terre courrait à sa perte non pas du fait du déclin des économies occidentales, mais du trop plein de consommation. Pollution atmosphérique, pollution des mers, gaspillage de ressources naturelles limitées, etc. Vous connaissez, je n'en rajoute pas.

    Sauf que, tout récemment, se sont ajoutées, pour l'instant, des recommandations de vie ascétique. Avant qu'elles ne deviennent des obligations d'ascèse dont je vous livre les dernières nouveauté : arrêter de se laver et de manger de la viande. Si vous comparez ces recommandations à celles qui furent soulevées avant d'être rendues obligatoires dans d'autres domaines comme celui du transport ou des fabrications "sans" (parabène, OGM, phosphates, etc., etc.), vous pouvez aisément imaginer nos lendemains qui déchantent : les riches vous vendent en fait et sans que vous ayez votre mot à dire, le contentement d'une vie de pauvre. Au point qu'aujourd'hui, en ces jours d'automne 2017, les grands médias invitent des "minimalistes" à vanter leur mode de vie : un ordinateur, quelques fringues et c'est tout !

    C'est tellement "linéaire", se déroulant comme un plan murement réfléchi, que je ne n'hésite pas à penser que, pour éviter que les peuples occidentaux ne replongent dans le "partagisme", les grands capitalistes ont créé de toutes pièces  l'écologie. Et une écologie fasciste qui plus est : tous ceux qui ne sont pas d'accord sont d'abord diabolisés avant d'être éjectés des grands médias.

    "complotisme", me direz-vous. Et peut-être aurez-vous raison. Mais quand on voit que la plupart des fantasmes écologiques sont plus que largement surestimés, on ne peut que se poser la question. Voyez le pétrole. On vous avait annoncé sa fin (le fameux pic de production) il y a plus de 10 ans. Le pic n'est toujours pas atteint. Voyez la déforestation : les écolos continuent à hurler à la mort tandis que le nord de la planète se reforeste à toute allure, comblant largement la déforestation du sud. Ce, parce que les campagnes sont abandonnées au profit des villes, phénomène qui touche aussi le sud de la planète. Idem en ce qui concerne la démographie : alors que l'ONU continue à hurler à la mort, les citadins en pourcentage croissant continue à faire moins d'enfants. Même l'Afrique freine sa démographie très rapidement, passant de 6 enfants par femme en âge de procréer à un peu plus de 4 aujourd'hui en moins de 20 ans. L'Europe se dépeuple, Russie incluse, et les USA renouvellent un tout petit peu plus leur population, mais vraiment un tout petit peu, du fait essentiellement des Hispaniques : même les Noirs Américains sont en déclin ! Voyez le fameux permafrost qu'on vous disait délétère pour la planète entière s'il venait à fondre : les Chinois en extraient déjà du méthane et les effondrements en Russie n'ont donné lieu à aucun holocauste d'hommes et d'animaux. Le réchauffement est une réalité mais aujourd'hui, la part de l'homme n'est plus aussi certaine. Ce n'est que parce que de nombreux scientifiques se sont rangés derrière cette bannière que sa responsabilité est toujours montrée prioritairement du doigt. Alors que, responsable ou pas, il n'y a pas grand chose à faire et les milliards dépensés pour combattre le réchauffement sont gaspillés. Il aurait mieux valu les dépenser à organiser la survie des populations littorales !

    Alors, pourquoi le discours n'évolue-t-il pas s'il n'a pas complot ? Parce que, sommes-nous en droit de répondre face à ce déferlement médiatique, il fallait bien trouver une autre drogue, un autre opium au peuple que les religions, en perdition occidentale, puis les idéologies, également en perdition sauf celle du libéralisme ultra.

    Et ce alors que nos médias, nos riches, nos idéologues de l'écologie se trompent sur un point essentiel : l'Occident n'est pas le Monde. Nous représentons moins d'un milliard d'habitants sur les 7,5 milliards qui peuplent aujourd'hui notre planète. Economiquement, l'Occident n'est plus le maître depuis maintenant 20 ans. Le commerce maritime sur le Pacifique (qui ne concerne que des pays du sud) a largement dépassé le commerce sur l'Atlantique nord. Les pays jadis "en développement" ("sous-développés" dans nos têtes) déposent plus de brevets que nous depuis au moins 5 années. Et si l'on retranche les dettes de nos richesses, les richesses de ces pays sont supérieures aux nôtres. Nous avons perdu la guerre économique parce que nous avons crû que la puissance militaire nous protégerait, tout comme elles nous a donné jadis la suprématie. Les USA à eux-seuls dépensent toujours plus de la moitié des dépenses militaires mondiales et n'ont pas su empêcher les Russes de défaire leur coalition (Daech-Arabie Saoudite-Qatar-"bon" rebelles dont Al Qaida) en Syrie. Des Russes qui ne dépensent même pas 10% des sommes américaines pour leurs armées ! Et la Chine vient de s'implanter militairement à Djibouti ou, hier encore, les Français faisaient la loi : non seulement nous avons perdu la guerre économique mais en sus, nous sommes en train d'abimer notre supériorité militaire dans un océan inutile de gadgets électroniques. Quand on se donne à ses marchands d'arme, c'est ce qui arrive obligatoirement !

    L'écologie gênerait-elle alors la nouvelle suprématie économique du sud ? Comme le disent des Africains mal informés, elle serait une nouvelle arme contre le "Tiers Monde", renchérissant ses coûts de fabrication ? Même pas : compte tenu des contrôles, les contraintes écologiques pèsent essentiellement sur les fabrications occidentales. Tenez, prenez l'amiante : chez nous, la destruction de murs en amiante-ciment doit impérativement être confiée à des spécialistes très chers (il faut envelopper totalement les structures et travailler dans des vêtements de cosmonaute) Croyez-vous que les Chinois ou les Africains vont se payer ce luxe ?!

    Si bien que nos Riches, s'ils ont décidé de lancer le nonos écologie pour éviter un retour du socialisme, ont vraiment eu tout faux : ils ont en fait accéléré le déclin de leur empire sans pour autant "sauver la planète" : la consommation des pauvres non occidentaux va continuer à croître, que nous le voulions ou  non. Et nous ne pouvons même plus leur imposer nos volontés militairement : même la petite Corée du Nord a aujourd'hui sa bombe atomique et les vecteurs pour nous l'envoyer si on gueule un peu trop ! Alors que dire de la Chine ! Même l'Afrique du Sud peut très vite se réarmer atomiquement (les Noirs avaient accepté de renoncer à l'atome militaire en arrivant au pouvoir) Bref, la "communauté internationale" n'est plus que du vent, elle ne fait plus peur à personne. On veut faire de nous des minimalistes consuméristes, mais nous sommes déjà des minimalistes politiques. Qui se font malmener comme des marionnettes par les médias de riches inconscients. Face à l'éveil du Tiers Monde, les troupes occidentales n'existent déjà plus. Alors, comment les riches pourront-ils sauver leurs précieuses actions quand les hordes sudistes les déposséderont de leurs parts de marché ?! J'ai déjà donné de nombreux exemples de ces dépossessions, à commencer par Lafarge, obligé de se marier avec Holcim pour cacher la baisse de ses implantations dans le monde. Que dire du nouvel ensemble Siémens-Alsthom crée pour essayer de survivre face aux Chinois ? C'est toutes les semaines aujourd'hui qu'on voit de tels regroupements de panique. On n'en est plus au rachat de vignobles par quelques milliardaires exotiques ! Le tout sur fond de surendettement des pays occidentaux, Etats comme populations, ce que nos économistes nobélisés appellent la "financiarisation"

     

    Car nos économies sont en train de tourner "Potemkine", de façade. Nous dominons toujours le commerce mondial mais uniquement parce que nos produits font du va-et-vient inter frontières continuel. Jusqu'à trois fois pour un seul produit : une fois en matière première, une fois en semi-produit et une fois en réexportation de produit fini. Divisons nos statistiques par trois et vous verrez qui exporte le plus aujourd'hui ! Nous croulons sous les dettes, nous trichons sur les chiffres, c'est bien de l'économie Potemkine qui se dresse en lambeaux face aux économies tout ce qu'il y a de réel des anciens pays pauvres. Alors, l'écologie...


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  • Pour qui je vais voter au 2e tour

     

    Bonjour à tous.  Comme beaucoup d'entre vous, j'ai hésité au premier tour entre les différents candidats souverainistes, tous de qualité. Ayant eu un temps ma carte au Parti de Gauche, j'ai voté finalement et un peu à contre cœur pour Mélenchon . A contre cœur car je ne partage pas du tout sa façon "romantique" de concevoir l'écologie tandis que son recul final sur la sortie de l'Europe  m'avait interpellé.

    Peu importe. Il me faut choisir aujourd'hui pour qui voter au deuxième tour. Je vais tout de suite vous dire pourquoi il m'est totalement impossible de voter pour Monsieur Macron, quand bien même celui-ci promettrait de taper du poing sur la table à Bruxelles et en Allemagne (ce qu'il ne fera évidemment pas) : car pour moi, Macron est le produit d'un coup d'Etat organisé par le "système". Le candidat de la droite a été éliminé non par les électeurs mais par des juges manipulés par le camp Hollandiste. Les grands médias ont relayé plus qu'abondamment ces juges indignes tandis le dit camp lançait la candidature Macron et bousillait sans état d'âme "son" parti, le PS, capable de faire un petit peu d'ombre à cette candidature. La vraie gauche n'y était déjà plus présente, partie chez Mélenchon.

    Il ne s'agit pas là de démocratie mais bel et bien d'un coup d'Etat non violent, fait grâce à une justice et des médias aux ordres. Et, quelle que soit la couleur politique du bénéficiaire, je ne peux pas l'accepter en tant que vrai démocrate. Peu m'importe donc que Macron s'avère finalement moins docile qu'il n'en à l'air et que, par exemple, il se donne moins que ses prédécesseurs au lobby militaro-industriel français (pour les banques et les multinationales, c'est impossible, il s'est ouvertement donné à elles) Il est le fruit d'un coup d'Etat. Vous noterez d'ailleurs que la bourse de Paris s'est envolée et que tous les médias semblent très heureux du résultat du 1er tour (le temps d'antenne de Marine Le Pen en a d'ailleurs pris un sacré coup !)

    Reste donc deux solutions : l'abstention (ou le vote blanc) et Marine Le Pen. L'abstention, c'est en fait accepter Macron. Examinons donc Marine Le Pen de près : est-elle, comme le disent tous les "ralliés" à Macron, le diable personnalisé, un Hitler en jupon, la digne fille de son père ? C'est oublier Philippot et la cassure du FN avec la fuite des bobos racistes vers Fillon : les gens qui ont défilé contre le mariage pour tous n'était pas derrière Marine Le Pen dimanche dernier ! Peut-être y seront-ils le 7 mai ? Mais sa qualification ne leur doit rien. Elle est réellement issue de cette France qui souffre de la mondialisation, de ces gens qui crurent jadis aux partis de gauche et qui se tournèrent par désespoir vers un FN qui ne pouvait pas ne pas changer de ligne : ce n'était plus les nostalgiques de Pétain, tous morts, ni les rapatriés d'Algérie, plus très jeunes non plus (1962, il y a 55 ans !), ni les fous du nazisme (des bandes de jeunes crétins en très petit nombre, qui ne votent pas en plus) dans les fourgons du parti. Non, il y a encore et évidemment des gens qui n'acceptent pas l'immigration sudiste, surtout d'ailleurs dans le sud de la France et dans les banlieues des grandes villes. Mais pas plus qu'au saint des électeurs républicains ou socialistes. Ils sont moins honteux, certes, mais je rappelle ici que le délit de sale gueule n'est pas une invention du FN. Lequel a donc essentiellement dû fonder sa stratégie sur la défense des intérêt des victimes de la mondialisation. Et il n'a strictement aucun intérêt à changer de stratégie une fois élu : pourquoi  déplaire à la majorité des ses électeurs ?!  Pour l'instant, il n'y a que la préférence nationale inscrite à son programme ; sachant que le contrôle de l'immigration était commun à tous les candidats du 1er tour sauf Macron.

    Ils n'y sont pas arrivés dans le passé du fait de l'espace Schengen. Et c'est justement la sortie de cet espace qui permettrait sans doute un meilleur résultat. Sarkozy y songeait déjà il y a 5 ans mais ce fut Hollande le vainqueur. Il y a aussi la fin du droit du sol mais, là encore, les autres leaders dits "de gouvernements" y songeaient déjà. Fillon l'avait inscrit à son programme si je ne me trompe pas. Droit du sol qui, en outre, n'a pas été le droit français de tous temps : il y eut de longue période de "droit du sang" seulement, seul droit que reconnait d'ailleurs notre voisin allemand. Bref, rien ici et encore de sulfureux.

    Alors, un fonctionnement interne fasciste, préludant à une pratique fasciste du pouvoir ? Le fonctionnement interne est celui de tous les partis politiques français avant l'invention des primaires. Invention qui, de toute évidence, est appelée à disparaître : ce sont les militants, au FN comme ailleurs qui élisaient les dirigeants et, à cet égard, Mélenchon et Macron sont moins bien élus que Marine Le Pen. Qui est certes la chef de son parti, mais exactement comme Sarkozy l'était ou comme Jospin le fut, respectée donc par les autres leaders et les militants. Elle a eu à faire face à des frondes qui furent mises au pas à l'issue d'élections internes : même Philippot  a été confirmé à son poste par les militants...

    Le FN n'est donc pas un parti fasciste. Et, que je sache, il n'est pas violent non plus. Ce sont les "anti fa", des groupuscules d'extrême gauche très certainement manipulés, qui ont fait preuve de toutes les violences urbaines de ces dernières années. Les "anti fa" et les écologistes : eux n'acceptent pas le verdict des urnes, comme en ce qui concerne le nouvel aéroport de Nantes, violemment combattu par les "zazistes" Les militants frontistes n'ont jamais montré d'agressivité malsaine, ils n'ont pas arraché ou déformé les affiches des autres candidats sur les panneaux officiels. Ils n'ont pas agressé les autres colleurs d'affiche... Bref, des gens non violents deviendraient subitement violents parce qu'arrivés au pouvoir ? A-t-on d'ailleurs vu les électeurs de Trump manifester contre les "démocrates" qui refusent toujours son élection dans la rue (ça commence à se tasser) ? Les victimes de la mondialisation ne défilent pas dans la rue, ils n'en ont ni le temps, ni l'envie...

    Alors il est vrai que le FN est ouvertement anti-européen, anti-atlantiste et, aujourd'hui, anticapitaliste (contre le grand capital mondialisé) Et qu'il est contre le dépérissement de l'Etat voulu par ce grand capital mondialisé. Pas vous ? Il me faut donc vous expliquer pourquoi je le suis aussi : vous vous moquez sans doute du déclin de l'Occident dont vous ne voyez pas  les tenants et les aboutissants autre que le chômage. Il faut donc que vous connaissiez le dit déclin pour comprendre pourquoi il ne faut pas laisser des gens comme Macron poursuivre leur politique mortifère :

    - le déclin de l'Occident (dont celui de la France) vient d'abord et surtout d'un formidable retournement des "termes de l'échange" (à quels prix on achète et on vend à l'étranger) à partir des années 1980. Il y a d'abord eu l'éveil de la Chine dont les productions industriels ont divisé les prix de nos exportations industrielles par 3 à 12 selon les secteurs. Certains secteurs ont d'ailleurs été rayés de la carte chez nous, tel celui des panneaux solaires. Et ne croyez pas que seuls les salaires sont en cause : comme dans le cas des panneaux solaires, ce sont essentiellement les séries qui sont responsables (plusieurs millions d'exemplaires chez les Chinois contre quelques dizaines de milliers chez nous) Puis il y a eu la hausse du prix des matières premières à partir du début du 3e millénaire. Le pétrole a commencé puis toutes les autres matières premières. Certes, il y a une baisse depuis deux ans. Mais négligeable sur long terme car cette hausse est due à la montée en puissance de la consommation de l'ex "Tiers Monde" Songez qu'avant 2015, les prix des matières premières furent multiplié en moyenne par 5. Et qu'aujourd'hui, ils restent encore 3,5 fois supérieurs à ce qu'ils étaient en 1990 (source : indice Mundi et INSEE) Bref, l'Occident vendait cher et achetait bon marché. Aujourd'hui, il vend bon marché et achète cher, CQFD !

    - L'Occident aurait dû, nous aurions dû alors négocier avec  les ex pays du Tiers Monde des accords au coup par coup pour étaler cette évolution désagréable et avoir le temps de nous y adapter. A commencer par la diminution de notre dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, pétrole et gaz. Ce ne fut fait qu'une seule fois, vis-à-vis du textile. La Chine accepta de nous laisser 10 ans pour nous adapter et, ce, au niveau européen. Chez nous, ce furent la dislocation des grands groupes comme Prouvost Masurel et la constitution d'un pôle du luxe autour de Bernard Arnault : des dizaines de milliers de victimes mais la création d'un milliardaire à qui furent donné le groupe et 4 milliards de francs pour le sauver (il ne sauva que le luxe et liquida le reste en gardant les milliards) Les Occidentaux ne négocièrent rien d'autre...

    - Tout au contraire lancèrent-ils la mondialisation et, chez nous, approuvèrent-ils l'ultra libéralisation de l'Europe "unie" Les Américains et les Japonais furent plus protectionnistes, laissant les crétins d'Europe se soumettre à une Allemagne très contente d'un ultra libéralisme lui ouvrant en grand les portes des marchés européens.

    - Et la seule riposte réelle au déclin économique fut donc une riposte militaire, oui, militaire ! Au lieu de nous tenir à l'écart comme l'avait fait Chirac et Villepin, leurs successeurs se mirent au garde-à-vous face aux Américains en rentrant dans l'OTAN. Si bien que nous fûmes entraînés dans ces aventures stupides (car n'enrayant aucunement le déclin) mais Oh combien fructueuses pour les marchands d'armes, ces fameux lobby militaro-industriels ! Avec, en apogée, l'aventure ukrainienne : un président pro russes est renversé par un coup d'Etat financé et armé par les Allemands et les Américains, un nouveau président est élu sans les Russophones et Poutine devient l'ennemi numéro un parce qu'il a voulu d'une part récupérer normalement une Crimée qui n'appartient pas vraiment à l'Ukraine (elle ne fut rattachée à l'Ukraine que par Khrouchtchev, très pro ukrainien, et qu'en en 1954. Auparavant, c'était une république indépendante au sein de l'URSS) et, d'autre part, défendre les populations russophones d'Ukraine contre les extrémistes ukrainiens au pouvoir. Ce, sans compter les multiplies conflits nés des guerres d'Irak et de nos propres interventions africaines. Bref, nous "merdons" totalement, jusqu'à nous faire éjecter de Syrie par les Russes ! Notre stratégie militaire n'est même pas soldée par des victoires !

    Vous commencez à comprendre pourquoi il est urgent de foutre le "système" en l'air ? Notre déclin n'est même pas combattu et nous nous lançons dans des crétineries militaires même pas victorieuses ! C'est de la folie pure et, tout cela, au nom du Dieu Fric immédiat : sur long terme, le Dieu Fric occidental est lui aussi condamné puisque les multinationales des pays émergeants submergent progressivement nos propres multinationales. Laissez moi à cet égard vous conter le devenir actuel de notre cimentier Lafarge : partout, il perd des parts de marché au profit des entreprises "basanées" En Europe, ce sont les Italiens et les Roumains qui lui bouffent l'herbe sous les pieds. En Asie, ce sont bien sûr les Chinois. Et même en Afrique où Lafarge régnait en maître : aujourd'hui c'est un Nigérian, Dangote, qui est numéro un partout sauf en Afrique francophone. Mais Dangote s'y est attaqué il y a moins de 3 ans et, déjà, il s'apprête à devenir numéro 1 au Cameroun. Que fait alors Lafarge pour cacher ses reculs mondiaux ? Il se marrie avec le cimentier suisse, lui aussi en déclin. Ca fait un groupe plus gros encore et dont le siège sociale s'évade à Genève. Les actionnaires, plus cons qu'eux, tu meurs, sont contents et ils n'ont rien vu de la manip. Et c'est pourquoi, aujourd'hui et sur fond de pertes continuelles de parts de marché, nos multinationales occidentales n'arrêtent pas de fusionner...

    Mais tout ce beau monde d'imbéciles prédateurs (comme particuliers, ils s'en mettent plein les poches) ne veut surtout rien changer : peu leur importe le destin de leurs pays pourvu que le leur se porte bien. Et ça, c'est la réalité. Face à laquelle les accusations de foutre la France et l'Europe en l'air si  Marine Le Pen arrive au pouvoir ne sont que des incantations malheureusement suffisantes pour que la majorité y croit : elle ne sera pas élue en 2017. Trop de gogos abrutis par la surconsommation et le "moi je" du monde actuel vont s'engouffrer dans le "tout sauf Le Pen" D'autant que, face à notre déclin, ils continuent encore à penser "droite/gauche" en grande majorité : une part majoritaire de l'électorat de Mélenchon s'abstiendra ou votera Macron parce que Marine Le Pen est "d'extrême droite" Alors qu'elle est souverainiste même plus libérale...

    Certes deux autres aspect s, négatifs ceux là,  peuvent encore servir de repoussoir : il y a d'abord l'aspect sociétal. Le FN n'est pas favorable au mariage gay et encore moins à la GPA. Fillon ne l'était pas non plus et Macron comme le PS et Mélenchon le sont. Si, pour vous, cet aspect de la politique est primordial, alors il ne faut pas voter ni à droite, ni FN. Je crois pour ma part que le dit aspect est vieux comme le Monde (Oh tempora ! Oh mores !) Les mœurs évoluent par grands mouvements de balanciers. Ils furent "légers" à la sortie du Moyen Age puis à nouveau stricts à l'évènement de la bourgeoisie dont nous ne sommes pas totalement sortis à l'avènement de ce que j'appelle "l'ère des grands nombres" et d'autres, "l'ère des masses" Je me refuse donc à prendre parti sauf en ce qui concerne les enfants. Or on commence à s'apercevoir que les enfants pâtissent et des divorces, et, plus récemment, de parents de même sexe. Tout comme on commence à savoir, via quelques médecins courageux, que le cannabis est un danger certain pour le cerveau des jeunes. On peut donc tout-à-fait contempler les évolutions cycliques des mœurs en n'intervenant que pour en protéger les mineurs, l'avenir, qu'on s'appelle Le Pen ou Mélenchon...

    Il y a ensuite la culture. "Le FN, c'est Dieudonné", disent les anti fa. Et l'on voit peu d'artistes ou d'écrivains venir soutenir la patronne de ce parti. Si vous le pensez aussi, c'est que vous croyez que les artistes et écrivains occidentaux actuels sont réellement la culture ! Je vous signale à cet égard que vous ne lisez plus, premier point. Ou alors des romans policiers. Vous regardez par contre beaucoup d'images, là encore des séries policières et des films violents. Vos éditoriaux vantent par ci, par là, quelques productions intello-dépressives présentées comme le nec plus ultra de notre culture, le théâtre ne vit plus que de boulevard et quelques rares séries américaines font croire que la culture d'outre Atlantique est plus riches car s'attaquant aux phénomènes sociaux. Bon, je veux bien et, là encore, si vous pensez que la défense de cette "culture" vaut condamnation de Marine Le Pen, pourquoi pas ? Je crois en fait que nous n'avons plus grand chose à dire au monde. Sinon le terme "démocratie" que nous ne comprenons plus puisque nous acceptons que tous les moyens de communication et d'information soient entre les mains de quelques grands groupes, dont des marchands d'armes ! Et que l'immense majorité d'entre nous ne croit pas que l'élection actuelle soit un coup d'Etat tout en conspuant d'injures les scrutins "populistes" des Anglo-Saxons (qui, eux, se sont rebellés) Je dirai même plus : regardez nos films de science-fiction. Hier encore, on pouvait voir "Rencontre du 3e type" ou "ET" Aujourd'hui, c'est "Independance Day" ou "Star Wars" Ce, parce que le lobby militaro-industriel américain, dont directement le Pentagone, finance Hollywood. Chez nous, Dassault et Lagardère possède la presque totalité des quotidiens locaux et coproduisent (indirectement) des séries à la pelle...

    Bref, voilà aussi pourquoi je ne peux pas laisser Macron remplacer Sarkozy /Hollande (l'UMPS, vous vous souvenez ?) sans réagir. Je pense que cela n'aura aucun effet contre Macron mais tant pis. J'annonce donc que je vais voter pour Marine Le Pen le 7 mai prochain. Et je l'annonce bien que je pense que le journaliste que je suis encore n'a pas à prendre parti. Mes confrères n'arrêtent pas de le faire et, ce, pour des raisons souvent très égoïstes : être dans les petits papiers des vainqueurs. Au moins n'en serai-je très probablement pas...

     

    Christian d'Alayer


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  • Il existe des corrigés d'à peu près tout sur Internet. Mais à peine 1% de ces corrigés sont gratuits. Comme j'ai dû préparer une grande série de corrigés pour ma fille, je les stocke ici : il s'agit de corrigés de questions de culture générale (dissertations) posées aux candidats à des concours administratifs de fonctionnaires de catégorie A (France) Au début, j'ai recherché les réponses sur Internet pour ne pas sortir du "consensus" Puis j'ai arrêté car les corrigés étaient souvent trop scolaires et trop "bateau" Les utilisateurs de cette série de corrigés doivent donc savoir que, parfois, je ne suis pas dans le "consensus"...

     

    Corrigé des questions de culture générale aux concours administratifs

    I- La nation et l'Etat

    Quels rapports l'Etat entretient-il avec la langue ?

    - "Visualisation du sujet" : en quelle langue l'Etat communique-t-il avec ses administrés ? Il y-a-t-il des problèmes actuels avec la langue administrative ? En quelle langue l'Etat diffuse-t-il son savoir ? Traduction : il s'agit bien évidemment du Français qui, chez nous, est la seule langue utilisée en interne pour rédiger les actes réglementaires (lois, décrets, circulaires administratives, etc., jusqu'aux panneaux de signalisation routière) La diffusion du savoir étatique, c'est l'Education nationale qui, chez nous, se fait en Français sauf pour les langues étrangères. Et les problèmes sont de plusieurs ordres : on pense tout de suite aux immigrés qui ne parlent pas notre langue mais il y a aussi les analphabètes ainsi que toute la panoplie des problèmes d'Education nationale : apprentissage des langues étrangères et mortes, maîtrise de l'orthographe et de la syntaxe, etc. Sans compter la "vente" du Français à l'étranger, la langue comptant quand même pour beaucoup dans le rayonnement des cultures.

    - Une fois que tu as visualisé ton sujet, tu cherches si tu n'a rien oublié. Avec le Net, c'est facile : tu tapes l'intitulé du sujet sur Google. Et on voit qu'un seul aspect a été oublié, l'aspect historique : d'ou vient la langue ? En l'occurrence, c'est l'Etat royal français qui l'a fixée, il en est donc le créateur...

    - Et maintenant, tu es prête pour imaginer un plan. Tu peux, prioritairement, te servir de l'actualité pour le bâtir. Cette actualité, c'est la langue qui sera utilisée dans l'Union européenne après le Brexit. Théoriquement, Bruxelles n'aura plus l'obligation d'utiliser l'Anglais une fois la sortie actée. Ca va poser problème parce que toutes les élites de Bruxelles parlent l'Anglais mais pas toutes le Français...

    - D'où le point de départ : Le Français va-t-il devenir la première langue de l'Union européenne ? C'est ton introduction qui te permet de faire entrer tout de suite le lecteur dans ce sujet plutôt rébarbatif. Et tu colles ici ce à quoi sert la langue,  de la réglementation aux panneaux routiers. Tu peux enchaîner en rappelant l'histoire de la création du Français (le mélange gallo-romain-Francs, les langues d'Oc et d'Oïl, l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, la création de l'Académie française...) puis passer en deuxième partie sur l'alphabétisation des migrants et des personnes analphabètes (chiffres, qui fait quoi) Ce qui ouvre la 3e partie (l'Education nationale, la nécessité d'apprendre aussi des langues étrangères avec la mondialisation, les problèmes d'orthographe...) Ce qui te permet de conclure sur l'Education nationale en faisant donc plaisir aux profs.

    "La nature sociale a horreur du vide. (Si vous) Enlever la foi dans l'avenir qui est ce qui peut servir de repère organisateur dans la vie collective ? (Alors) le passé fait tout naturellement retour" (M. Gauchet, 1998)

    - Visualisation : d'abord Gauchet, qui est-ce ? Un philosophe qui a pensé la démocratie. Et sa phrase fait bien sûr référence aux problèmes sociaux créés par la mondialisation. A-t-il raison ? Oui, bien sûr, quand une classe dominante périclite face à la montée d'une nouvelle classe dominante, la nouvelle subjugue toujours l'ancienne : bourgeoisie contre aristocratie puis ploutocratie (le gouvernement des riches) face à la domination en baisse des classes moyennes (baisse du syndicalisme, détournement des médias par l'argent...) Et là on voit que Gauchet fait intervenir non une nouvelle classe sociale mais le retour à la tradition : il n'est pas marxiste et ne voit pas l'évolution dans une lutte permanente des classes. Il voit plutôt la transformation des classes moyennes face à la toute puissance de l'argent : ces classes moyennes se retournent vers un passé où, effectivement, tout était mieux puisqu'elles prirent le pouvoir et le conservèrent des décennies durant...

    - Rien sur le Web sauf, bien sûr, tous les articles sur "la nature a horreur du vide" qui n'apportent pas grand chose. Tu peux donc passer directement au sujet en partant comme d'hab. de l'actualité : ici, tu peux parler de l'autorité de l'Etat qui, en n'étant plus naturellement respectée, laisse place à la demande de moins de démocratie et plus de répression, à l'ancienne. Retour du pouvoir des profs et des directeurs d'école notamment dans des écoles laminées par l'incivilité pour rétablir la qualité de l'enseignement (alors que cette solution est insuffisante en elle-même) Puis tu enchaîne sur l'auteur en montrant qu'en ne rentrant pas dans le raisonnement marxiste, il peut mieux expliquer le comportement collectif des "vaincus" : au niveau du pouvoir, on a bien le remplacement de ceux-ci par de nouveaux dominants, mais au sein de chaque classe sociale, on a des comportements qui s'expliquent effectivement par le vide (le retour au passé sur les décombres d'un humanisme trop compassionnel) et qui annoncent le futur (ces comportements vont être porteurs de la future réaction : après Fillon, Marine Le Pen pour schématiser)

    Commentez et discutez cette phrase de Fernand Braudel : "une innovation ne vaut jamais qu'en fonction de la poussée sociale qui la soutient et l'impose"

    - Visualisation : tu n'as qu'à imaginer l'invention de l'informatique au Moyen Age (les gens ne savent ni lire ni écrire) et celle du téléphone portable à notre époque en Afrique où l'écriture compte moins que la parole : croissance bien plus rapide que chez nous...  Les problèmes ? Ce sont surtout les investisseurs qui sont concernés et qui, effectivement, vont se poser la question de la massification possible de l'invention. Au delà, tu peux même aller jusqu'à la planification, mais ça n'est plus tellement au goût du jour. A noter que Braudel est un historien : quand il écrit sa phrase, c'est bien entendu pour marquer la primauté du social sur la technique...

    - Sur le Net, tu vois que les auteurs ont tendance à classer les innovations par importance, justement, auprès du grand public : il y a celle qui relancent carrément les économies (la machine à vapeur, l'automobile, l'informatique, la téléphonie mobile, demain peut-être la robotique) et d'autres qui sont de moindre importance telles les améliorations de produits (4 roues, un moteur à explosion et un volant ; plus de l'électronique pour arriver, justement, au robot) ou les innovations de niches (l'Ipod, le lecteur de livre...)

    - Le plan ici est commandé : "commentez et discutez" : le commentaire, en partant de l'exemple de l'informatique dans un environnement analphabète, c'est l'explication de la phrase. Une innovation ne peut réussir que si le public suit. Sinon, elle est cantonnée dans une "niche" et peut même ne jamais voir le jour (les voitures volantes par exemple, dans un environnement où il y a trop de conducteurs) Et la discussion, c'est toujours thèse, antithèse, synthèse : demain la robotique ? Le grand public acceptera-t-il d'être remplacé partout ? Et à quels prix ? Oui si, non si, peut-être si...

    L'évolution du sentiment national dans la France contemporaine

    - Visualisation : l'identité heureuse ou la défense de sa culture ? On est en plein dedans et tut trouveras tout sur le Net. Il faut toutefois éviter d'opposer l'une à l'autre : on te demande de décrire l'évolution, pas de prendre partie.

    - Je passe donc directement au plan : je partirais de la crispation actuelle (le mot est faible) en rappelant que la France a su intégrer et s'enrichir de plusieurs vagues migratoires après la 2e Guerre mondiale : Espagnols, Yougoslaves, Portugais, Anglais et Allemands avec l'Union européenne ainsi que montée fantastique du tourisme étranger. Il n'y avait de crispation que lorsque les arrivants passaient sans dépenser d'argent (les Hollandais) Ce n'est qu'avec l'arrivée en nombre de Maghrébins que commença la crispation. Donc première partie historique avant d'analyser. Et l'analyse, c'est les points possibles d'explication : le fait que beaucoup de Français soient issus des rapatriés d'Algérie très hostiles aux Arabes ; des médias eux-mêmes assez hostiles du fait de la présence de nombreux Kabyles en France ; le laps de temps assez court de la migration arabe ; son importance accrue par les vagues consécutives aux guerres moyen-orientales ; enfin, la montée de l'intégrisme religieux chez les Musulmans français. En conclusion, j'ajouterai  que, pour la première fois dans l'histoire de France, le refus de l'étranger s'est invité en force dans la conquête du pouvoir politique. Le candidat de l'identité heureuse en a plus que probablement pâti...

    Les modes

    -Visualisation : attention, il ne s'agit pas de "la" mode mais "des" modes, en plus en relation avec l'Etat et la nation et non avec des vêtements. On est donc beaucoup plus proche du concept philosophique que de sa projection en matière de marketing. Et le concept philosophique, c'est le "mimétisme" s'opposant à la réaction : on suit ou on s'oppose. La mode est donc l'adhésion du plus grand nombre à un concept à un moment donné, précédant la réaction qui donnera naissance à un nouveau concept "majoritaire" entraînant lui-même une réaction, etc. C'est le principe de la dialectique imaginé par les Grecs (Platon notamment), les philosophes classiques (Hegel) et moderne (Marx).

    - Recherche Web ("la mode en politique") : tu vas retomber sur le vestiaire des hommes politiques ! Trop pointu pour Google...

    - Et tu te vois donc un peu obligé de faire plus un devoir de philosophie qu'une dissertation littéraire. Comme tu as affaire à des enseignants, je n'aborderai pas la notion facile du communautarisme face à l'assimilation (ils sont communautaristes très majoritairement) Je partirai donc de l'économie en montrant que Keynes fut considérés pendant un demi-siècle comme un génie avant d'être détrôné par son contraire, la politique de l'offre imaginée par l'Américain Friedman et son "école de Chicago" : thèse, antithèse. Mais au lieu d'avoir un synthèse comme on l'enseigne à Sciences-Po, on a, après réaction, soit un retour a la mode précédente (Keynes revenant à la mode, on en parle beaucoup), soit la création d'un concept totalement nouveau : actuellement, la distribution d'argent sans contrepartie pour maintenir la demande (le revenu universel) Ce, d'autant que la robotisation vient de faire un énorme bond en avant avec l'intelligence artificielle : près du tiers des emplois occidentaux pourraient être détruits dans les 25 ans à venir ! Bref, la mode génère toujours une réaction qui débouche soit sur un retour en arrière, soit sur la naissance d'un nouveau concept... La conclusion est simple : la mode, le mimétisme, est un mécanisme indispensable à l'évolution des sociétés humaines. Attention : ce sujet est "casse gueule" car très politique. Il faut éviter de choisir des exemples qui peuvent heurter les examinateurs, d'où mon choix très techniques...

    L'unité de notre pays vous paraît-elle affaiblie ou renforcée depuis 1945 ?

    - Visualisation : encore un sujet casse gueule. Je parts donc de la définition du mot "unité" : "Caractère de ce qui est commun à plusieurs, qui est identique pour plusieurs personnes : L'unité de pensée. Unité de vue" (Larousse) Comme cela, tu évites la notion d'Unité Nationale qui est l'entente entre tous les partis politiques d'un pays pour le gouverner en commun. Les Français sont donc t-il plus ou moins unis qu'en 1945 ?

    - Il n'y a pas grand chose sur le Net à ce sujet qui demande en fait une bonne connaissance de l'histoire de France de 1945 à aujourd'hui. En 1945, l'unité se fait autour de la Libération et de ses idées (très sociales), les Pétainistes se cachant. Or ils étaient majoritaires avant 1942 ! Puis l'unité se défait avec la décolonisation : il y a les pour et les contre. le cas de l'Algérie défait cette unité à un tel point qu'il permet le retour au pouvoir du général de Gaulle. Lequel fait l'unité national, marqué par des larges victoires électorales, jusqu'en 1968 : au cours de cette année, les jeunes "lâchent" le gaullisme qui va s'effilocher assez rapidement après le départ de De Gaulle en 1969. C'est l'Europe qui va alors accaparer les esprits, avec d'abord un assez grand consensus pro-européen. Mais l'Europe devient très libérale, au point de perdre la majorité de ses soutiens en France : en 2005, le "non" l'emporte et, depuis, les Français restent divisés sur cette question. On voit donc que les Français passent successivement de l'unité à la division en fonction des grandes questions qui se posent au pays, les partis politiques étant sans doute moins connectés aujourd'hui avec le pouls de l'opinion qu'il ne l'était en 1945 : pendant longtemps, la gauche est restée l'héritière de la Libération. Mais elle s'est scindée et sur la décolonisation, et sur l'Europe. On a vu que sa réunification en 1981 n'avait en fait pas fait disparaître les clivages puisque l'extrême gauche s'est envolé en prônant une politique antieuropéenne. A droite, le même phénomène s'est passé, son extrême s'envolant sur la même base antieuropéenne. Et cette double désunion des Français eux-mêmes et de leurs partis politiques sur la question européenne montre bien qu'il y a aujourd'hui plus de désaccords entre eux qu'en 1945 où la Libération avait annihilé l'ancienne majorité pétainiste. Et je réserverai la question migratoire à la conclusion, en disant seulement qu'elle renforce encore plus la désunion (comme ça, ça évite de s'étendre)...

    La Nation vous paraît-elle aujourd'hui une réalité forte au plan social et culturel ou une survivance historique ? Etayez votre avis principalement par rapport à la situation française contemporaine mais sans exclure, le cas échéant, des exemples internationaux ou historiques.

    - Visualisation : c'est le problème de l'identité posé crûment ! Et posé face à la montée de l'Islam salafiste en France. Une indication est donnée sur la manière de l'aborder : "sans exclure des exemples internationaux ou historiques" Autrement dit, vous devez vous appuyer sur ce qu'ont fait les Américains, très communautaristes sans que leur sentiment national en ait souffert. Le sujet est posé par des communautaristes, CQFD !

    - Comme on en a beaucoup parlé, je ne vais pas sur le Net. Et je fais un plan ultra prudent : en introduction,  la question de l'identité nationale posée depuis une dizaine d'années face aux problèmes des banlieues puis de l'Islam salafiste, terrorisme compris. Puis dans une première partie, les éléments nationaux impactés : la laïcité, la religion dominante, l'égalité homme-femme et quelques éléments importants du savoir vivre français (gastronomie,  refus de la pudibonderie) principalement. Ensuite, je minimiserai ces éléments, essentiellement en rappelant le passé de la France (le foulard et les chapeaux des femmes jusqu'en 1945 par exemple) face à l'origine rurale des immigrés : ils évolueront comme ont évolué nos ruraux venant en masse dans les villes. Puis je citerai l'exemple américain, les petits arabes, noirs, chinois et mexicains regardant tous le football américain ou le cricket à la télévision et mangeant tous les mêmes hamburgers et pizzas : la société américaine semble s'imposer à tous car très urbanisées et très standardisées. En conclusion, je me demanderai (sans approfondir) si cette société largement consumériste peut convenir à des nations beaucoup plus anciennes, possédant des cultures traditionnelles s'opposant à la standardisation du mode de vie sur une base consumériste...

    L'histoire récente de notre pays est marquée, selon certains politologues et historiens, par la fin de "l'identité française". Quel sens donnez-vous à cette expression ? La jugez-vous fondée ?

    - Visualisation : encore un sujet casse-gueule selon les orientations politiques du correcteur. Il faut donc le restreindre : l'identité par exemple sera celle dont le dictionnaire donne la définition : "Caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité : Personne qui cherche son identité. Identité nationale" On va donc chercher les caractères permanents et fondamentaux des Français, point barre pour répondre à la première question. Et on traitera le reste avec des pincettes...

     

    - Le plan est imposé par la question : que signifie l'identité française pour toi puis que penses-tu des attaques contre ceux qui la mettraient à mal ? Donc tu reprends l'expression du Larousse et tu cites la langue, bien sûr, en premier. Donc la littérature et la philosophie en mettant l'accent sur l'évêque Grégoire (le droit écrit plutôt que le droit coutumier), trop souvent oublié, Rabelais (une certaine joie de vivre et d'apprécier la bonne chaire), Descartes bien sûr (le côté rationnel), Voltaire et Rousseau (l'humanisme et l'utopie), les écrivains sociaux du 19e siècle, Sartre (l'individualisme) et Camus (la solidarité)... Puis tu abordes la République (liberté, laïcité, importance de l'Etat dans la vie individuelle) Et tu termines avec la vie quotidienne, l'importance des repas, l'égalité femmes-hommes notamment. Deuxième partie : tu attaques d'entrée sur la remise en cause de l'égalité femmes-hommes par l'islam salafiste qui cache en fait la remise en cause de l'identité française par l'urbanisation et la mondialisation : alignement sur le droit coutumier anglo-saxon dans les relations commerciales internationales, individualisation croissante de la vie sociale et donc perte des solidarités rurales, consumérisme impériale, etc. Ce qui te permets de conclure en disant que le Salafisme est en fait une réaction musulmane contre la perte d'identité causée par l'urbanisation et la mondialisation, réaction qui, elle-même, met à mal certains points de l'identité française, notamment l'égalité des femmes et la laïcité. Point final, tu ne t'es pas engagée tout en répondant aux deux questions...

     

    La perception de l'étranger dans les sociétés contemporaines

    - Attention, c'est une question piège : car il y a certes les vagues migratoires (fuite des guerres ou de la pauvreté) mais il y a aussi le tourisme, lequel est de loisir ou d'affaire. Tu dois donc d'abord partir de l'ensemble des flux migratoires en posant comme premier principe que l'étranger de passage ne pose pas de problème (il vient dépenser ses sous chez toi)  et qu'il est le plus nombreux : 70 millions de touristes en France en 2014, soit plus que la population française !

     

    - Je vois donc le sujet en deux parties : dans la première, je noterais l'importance des flux migratoires aujourd'hui par rapport à hier : les distances ont diminué pour tout le monde avec l'avion, les trains rapides et les routes asphaltées. On peut donc difficilement comparer les périodes. C'est ainsi qu'autrefois, les émigrés partaient à côté de chez eux : les Sud Américains en Amérique du nord, les Européens en Europe, les Asiatiques en Asie et les Africains en Afrique. Les colonisations ont créé des flux nord-sud qui se sont accentués avec les transports modernes et les différences de niveau de vie, très visibles au 20e siècle (le rattrapage des pays en développement n'a commencé qu'au 21e siècle, avec la mondialisation) Et les autochtones ont donc vu débarquer des gens aux coutumes de plus en plus éloignées des leurs... En deuxième partie, j'attaquerais sur le tourisme pour remarquer que l'étranger en lui-même ne fait pas peur, que ce sont les mœurs de nombreux étrangers définitivement immigrés qui ont posé problème un peu partout : ghettoïsation des dits étrangers, chômage de leurs enfants, rejet parfois assez violents ont suscité bien sûr des réactions : délinquance et affirmation de cultures exogènes. Ce, parce que les dernières vagues migratoires ont été très rapides et dans une situation de crise économique : l'assimilation n'a pas fonctionné comme autrefois. La Grande Bretagne a dû fermer ses frontières aux pays du Commonwealth, l'Europe a dû se fermer aussi sous la pression de ses habitants, les Etats-Unis de même... A noter que, dans cette tendance au repli sur soi, l'affirmation assez visible du salafisme islamique a entraîné des réactions de type raciste auxquels ne sont pas confrontés les autres migrants. 

     

    Pourquoi l'immigration serait-elle nécessairement un problème

     

    -Visualisation : autre question piège (je suis même étonné que ce type de questions, permettant de toute évidence de sélectionner les candidats selon leurs opinions politiques, soit posé dans un concours public !) Il faut donc la traiter à la façon Sciences Po : thèse, antithèse, synthèse...

     

    - Thèse : un, l'accueil en période de crise économique pose problème (dont le chômage des immigrés ainsi que la pression qu'ils exercent à la baisse sur les salaires) Deux, quand de nombreux immigrés de culture très différente arrivent , il y a justement choc des cultures et donc rejet de la part des autochtones. Antithèse : mais dans un environnement assimilationniste, les nouveaux arrivants finissent pas se fondre dans le paysage comme aux Etats Unis (la mondialisation culturelle encourage l'assimilation) De plus, des immigrés jeunes dans des pays vieux et à la démographie en berne revitalisent les dits pays (exemple : l'Allemagne. Le Japon est dans le même cas mais continue de refuser l'immigration, préférant s'orienter vers la robotisation. Or une civilisation a besoin d'humains pour se perpétrer) Synthèse : tout dépend du contexte. Taille du pays, état de sa démographie et de son économie, capacité d'assimilation, etc...

     

    Quelle différence faites-vous entre l'Islam en France et l'Islam de France

     

    - Visualisation : ça, c'est une question un peu bateau. L'Islam en France, ces sont les Musulmans et leurs pratiques religieuses tandis que l'Islam de France, c'est la gestion de cette religion en France. A noter que dans ce 2e cas, pas mal d'intellectuels non Musulmans imaginent que pourraient naître chez nous un Islam moderne qui s'imposerait ensuite au Monde entier. Or c'est le contraire qui s'est produit, soit la montée d'un Islam salafiste...

     

    - La plan ici est simple : il suffit de répondre à la question ! Un, les Musulmans de France ont des comportements religieux comparables à ceux des Français non musulmans : les 3/4 d'entre eux ne pratiquent pas, CQFD ! Par contre, parmi ceux qui pratiquent, de plus en plus nombreux sont ceux qui passent au Salafisme. Deux, l'Islam de France, soit la gestion de la religion musulmane en France, a été confiée à l'Algérie et au Maroc. L'Arabie Saoudite, donc le Wahhabisme, a financé la formation des Imams, ce qui explique en partie la montée du salafisme en France. La République tente à présent de reprendre en main cette gestion de manière à contrer cette montée du salafisme. Il n'y aura donc pas d'Islam typiquement français (l'islam de France), du moins à court et moyen terme tandis que l'Islam en France  est vécu comme n'importe quelle autre religion (peu de pratiquants)...

    La République et les valeurs républicaines

    Le révolutionnaire Saint-Just disait : "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" Peut-on accepter un tel mot d'ordre dans la France d'aujourd'hui ?

    - Visualisation : question apparemment facile (le contexte n'était pas le même) mais en fait difficile : car les refus de l'ordre républicain sont nombreux aujourd'hui et les gouvernements n'arrêtent pas d'hésiter entre répression et composition. 

    - Je suggère donc d'attaquer sur la comparaison des deux périodes : sous la Révolution, un pays en guerre extérieure et civile. Un monde féodal remplacé par l'arrivée au pouvoir de la bourgeoisie, donc un changement d'élites, les sortantes ne l'acceptant pas (refus de nombreux prêtres de prêter serment à la République, immigration des nobles, levée de milices antirévolutionnaires) En France contemporaine, une démocratie installée avec des changements de majorité pacifiques. Mais la persistance de mouvements de rue (contre les lois) et de désobéissance civile (contre des réglementations jugées contraires aux libertés individuelles) Le problème n'est certes plus de contrer militairement les ennemis de la République mais de réprimer ou de composer... Ensuite on revient sur la question en se demandant d'abord si les Révolutionnaires pouvaient composer. En interne, peut-être si les Girondins l'avaient emporté sur les Montagnards (Jacobins) : le régionalisme qu'ils défendaient auraient sans doute freiné les ardeurs antirépublicaines. Mais le pays était aussi en guerre extérieure et il aurait été extrêmement difficile aux Girondins de mener cette guerre extérieure sans une levée de troupes. Laquelle aurait été singulièrement compliquée par le régionalisme...  Dans la France contemporaine, les gouvernements de gauche comme de droite n'ont pas cessé d'alterner répression et composition en fonction des rapports de force : le problème n'est donc pas le mot d'ordre, mais quel mot d'ordre à quel moment...  Et la conclusion est fatalement cette question du rapport de force : probablement la phrase de Saint-Just s'imposait-elle en 1793 (date probable de sa création) alors qu'elle s'impose moins aujourd'hui, d'autant que des valeurs universelles ont été édictées (ONU) : l'Etat n'a plus à combattre pour sa survie mais pour la sécurité des citoyens. Certains actes (terrorisme par exemple) nécessite une répression sans pitié, d'autres ne demandent qu'un contrôle répressif à la marge (manifestations), d'autres enfin peuvent être résolu en composant (recul du pouvoir sur une loi)...

    Les frontières ne sont plus des rivières, des montagnes, mais des richesses et des métiers. Que pensez-vous de cette réflexion d'un auteur contemporain ?

    - C'est un sujet posé dans les facs de Sciences Politiques. L'auteur de la phrase est le canadien Marshall Macluhan (prof de communication). Et le Net regorge de corrigés puisque cette phrase résume la mondialisation telle que la conçoivent les Occidentaux. Je recopie donc ci-après un plan de corrigé :

    Première partie.  

                   La suppression des frontières entre Etats est bien une réalité aujourd’hui et qui peut être perçue comme la conséquence d’un phénomène plus large, celui   de l’abolition de l’espace. 

    Première sous-partie :  L’espace disparaît ou plutôt il se rétracte, pour ne pas dire qu’il se trouve le plus souvent converti en temps passé, temps perdu à le traverser : à combien d’heures de Paris « se situe » telle ou telle ville ? Ce ne sont plus désormais les kilomètres qui comptent. 

    Seconde sous-partie : La suppression des frontières n’est pas seulement l’effet de l’évolution de la technique, elle est aussi la conséquence du développement économique et de la mondialisation des échanges, derrière lesquels se laisse lire une véritable volonté politique. 


    Seconde Partie : 

     Première sous-partie : Il est des frontières qui résistent et qui demeurent (la langue, les obstacles réels au déplacement tel que le Sahara, les nouvelles frontières telles que l'espace Schengen ou les économies sous-régionales

    Seconde sous-partie  : Les résistances d'hommes que la mondialisation a heurté, économiquement comme culturellement, font revivre les anciennes frontières (exemple : le refus de l'immigration) 

     

    Toutes les inégalités sont-elles injustes ?

    - Là aussi je ne me foule pas : c'est un sujet bateau de philo et le Net regorge de corrigés. En voici un, sachant qu'en résumé, les inégalités en faveur des plus démunies sont justes :

     

    La question est d'importance, et pas seulement au niveau conceptuel abstrait. Il y va notamment, pour les citoyens ou membres de la société civile que nous sommes, de la réponse à des interrogations aussi importantes que : «Qu'est-ce qu'un État juste?" et aussi: «Qu'est-ce qu'une société juste?". La question de l'inégalité sociale est assez sensible pour qu'on se demande au moins si elle est justifiée, et jusqu'à quel point.
    La justification des inégalités au nom de la justice intéresse bien sûr en priorité ceux qui en bénéficient. Mais on ne saurait négliger que les dominés, socialement parlant, tendent eux aussi à intégrer le discours bien connu de la légitimation : «Il a fait de grandes études!« ; «Il a de grandes responsabilités!«; «Il est plus intelligent que moi«; «Il le mérite«. Les discours sont pleins de ces justifications spontanées des inégalités, et utilisent un certain nombre de critères implicites (comme le mérite). Supposons qu'on vienne à établir que rien, tout bien réfléchi, ne constitue une justification satisfaisante des inégalités sociales, pour ne parler que d'elles. Il est clair qu'une telle analyse ne serait pas seulement d'ordre conceptuel, mais engagerait de véritables prolongements politiques. Mettre la domination à nu, dans les faits ou dans les discours, c'est déjà la combattre.

     

    • I) Toutes les inégalités sont injustes. 

    a) L'égalité est l'œuvre de la raison.
    b) L'égalité devant la loi est le principe suprême du droit.
    c) L'égalité est l'essence même de la justice.

    • II) Toutes les inégalités ne sont pas injustes. 

    a) Il y a des inégalités naturelles.
    b) Il est normal que les meilleurs aient davantage que les autres.
    c) L'égalité universelle et absolue est une injustice.

    La solidarité a-t-elle remplacé la fraternité ?

    - Visualisation : il s'agit ici d'un des trois mots de la devise de la République française depuis 1880 : les trois mots furent employés certes par Robespierre en 1792 lors de la fête de la Fédération et furent aussi repris par le révolutionnaire de 1830 mais la devise ne fut étatisée qu'à la fin du 19e siècle, après la défaite du 2e empire et l'enracinement définitif de la 3e République. On voit bien que la Liberté est un droit, de même que l'Egalité (des seuls droits, à l'époque). Mais la Fraternité est un devoir moral, issu en fait de ce que ressentir les députés du Tiers Etats lors du serment du Jeu de paume. Elle fut aussi ressentie par les soldats dits "de l'An II" lorsqu'ils vainquirent les Prussiens à Valmy. Puis pendant les premières guerres napoléoniennes. Puis ensuite par les Américains pendant la 2e Guerre mondiale : il y a un indiscutable relent guerrier dans ce mot fraternité.  On te demande donc ici si la solidarité qui est un lien social au sein d'un groupe engageant tous les membres du groupe à se porter aide et assistance. Il y a donc d'entrée une différence : la fraternité est à l'origine un lien familiale étendu à des batailles politiques ou militaires  menées en commun par des groupes d'humains. C'est un devoir purement moral. Alors que la solidarité est un lien social entre individus exerçant des activités communes. Et cette solidarité peut-être obligatoire comme dans le cas de la Franc Maçonnerie. C'est donc à la fois moral et à la fois réglementaire.

    - Il n'y a pas de plan sur le Net. Je suggère donc d'abord de bien préciser les deux concepts, familial et moral d'un côté (avec son extension du genre "on ne choisit pas sa famille mais on  choisit ses amis" et social et quasi obligatoire de l'autre (la pression sociale rendant la non solidarité très difficile à assumer) Ensuite, il faut dire tout de suite que la Fraternité telle que la concevaient les Révolutionnaires a disparu faute de dessein commun : il n'y a plus de combat public pour la liberté en Occident et le combat pour l'égalité économique a plus que du plomb dans l'aile aujourd'hui : la fraternité des révolutionnaires n'existe plus. Et c'est donc bien la solidarité qui a remplacé cette fraternité forcément de combat dans un monde où la lutte contre les inégalités économiques n’est plus un objectif consensuel. La lutte des classes a remplacé la fraternité, pour résumer. Avec, en conclusion, le risque de voir cette solidarité disparaître sous l'individualisme anonyme des grandes villes.

    La misère dans les pays riches

    - Visualisation : Il y a l'aspect économique (les pauvres dans les pays riches) et l'aspect moral (un, peut-on l'accepter ; deux, faut-il d'abord s'occuper de ses pauvres ou tout faire mal en même temps, l'aide au développement, l'accueil des immigrés et celui des sans abris ?) Et puis il y a l'aspect historique : la misère avant l'opulence...

    - Je vois un plan en trois parties : une partie historique en longue introduction (la misère paysanne puis ouvrière) puis l'exode rural et le développement économique du 20e siècle. En 2e partie, j'embrayerai sur l'aide au développement et la prise de conscience du Tiers Monde avant d'aborder, dans la même partie, le retournement de situation du 3e millénaire avec la mondialisation et le développement accéléré de ce Tiers Monde. Causant en 3e partie une nouvelle misère dans les pays développés, celle des victimes de la mondialisation : chômage, désertification des campagnes en matière de services sociaux et administratifs, recrudescence des SDF, etc. Pour finir, en conclusion, par la question : doit-on privilégier ses pauvres avant ceux de l'étranger ? La question étant posée actuellement...

    Commentez cette phrase de Saint-Exupéry : "Force-les à bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu'ils se haïssent, jette-leur du grain"

    -visualisation : il faut obligatoirement remettre le contexte de cette citation. Car St Ex cite son père qui est très nietzschéen. Quelques lignes après sa citation, St Ex en donne une explication, toujours venant de son père : "Donc vinrent les temps où la liberté, faute d'objets à délivrer, ne fut plus que partage de provisions dans une égalité haineuse. Donc vinrent les temps où la liberté ne fut plus la liberté de la beauté de l'homme mais expression de la masse, l'homme nécessairement s'y étant fondu, laquelle masse n'est point libre car elle n'a point de direction mais pèse simplement et demeure assise. Ce qui n'empêchait pas que l'on dénommât liberté cette liberté de croupir et justice ce croupissement" Ensuite, il faut savoir que l'auteur  écrit cela dans un livre, "La Citadelle", qui est une série de conseils en matière de management humain. St Ex est pilote et il doit manager d'abord une équipe au sein de l'Aéropostale. L'idée de faire partager un travail, un objectif, à des humains, plutôt que de leur promettre de l'argent lui est venu dans ce cadre. Il s'agit donc au final d'un choix de motivation des hommes émis par une personne emprunte culturellement d'une idée très sélective des dits hommes : il y a les bons et les médiocres...

    - Je n'ai pas vu de corrigé sur le Net car ce sujet n'a visiblement pas inspiré des profs plutôt progressistes, à emprunte culturelle marxiste (l'homme n'agit que par intérêt) Et je mettrais donc directement les pieds dans le plat. Première partie : Explication de la phrase, remise en contexte et exposé de son opposition frontale avec le marxisme. Deuxième partie : l'histoire donne tort à Saint-Exupéry, les grands changements historiques sont économiques et sociaux, non culturels. Troisième partie : mais le marxisme ignore trop la psychologie qui n'est pas neutre. Et si les grandes lames de fond sont économiques et sociales, l'emprunte du chef (culturelle) reste très forte à court et moyen terme. De même que la gestion des humains au quotidien et en entreprise ne se résume pas qu'à des augmentations de salaire : les progrès de productivité sont sans doute plus importants quand les salariés sont motivés par des objectifs à atteindre que lorsqu'on leur promet des augmentations. En conclusion : les élections occidentales nous donnent un bon exemple de cette démonstration. Le chômage et des craintes matérialistes expliquent les rejets successifs des gouvernements en place. Mais des fortes personnalités, capables d'expliquer un dessein commun, l'emportent toujours sur des opposants purement matérialistes : Obama  d'abord puis Trump aux Etats Unis, Fillon à la primaire de la droite...

    Les religions ont-elles à redouter la laïcité, cette spécificité française ?

    - Visualisation : il s'agit ici et bien entendu de parler du problème posé par l'Islam dans une France laïque mais dont beaucoup d'élus se sont mêlés de la foi musulmane en "assistant" plus ou moins des associations à construire des mosquées. Je suggère très fortement de ne pas trop en dire là dessus et d'en rester aux grands principes.

    - D'où ce plan : un, d'où vient la laïcité "à la française" ? D'abord, du fait que l'Etat s'est mêlé de religion depuis longtemps. Dont le règlement des guerres de religions au 17e siècle avec l'Edit de Nantes imaginé par Henri IV puis sa révocation par son petit-fils, Louis XIV. La Révolution française imagina d'imposer aux ecclésiastiques de jurer fidélité à la République, scindant ainsi en deux la communauté catholique du pays. D'où, en 1801, le Concordat signé entre Napoléon 1er et le représentant du Pape. Ce concordat sera ensuite étendu aux Juifs et aux Protestants. Il stipule en résumé que l'Etat prend en charge l'aspect matériel de la religion (surtout l'entretien des lieux de culte et le salaire des prêtres) tandis que l'Eglise reconnaît la République et sa neutralité religieuse : il n'y a plus d'instruction religieuse obligatoire ni aucune autre obligation religieuse pour les citoyens. Un siècle plus tard et devant tout de même le poids de l'Eglise en matière électorale et civique, les Radicaux décident de séparer définitivement l'Eglise et l'Etat. Cette loi de 1905 est toujours en vigueur, sauf en Alsace Lorraine (où, du fait du système concordataire allemand, il est maintenu) Deux, pourquoi l'affaire revient en première ligne aujourd'hui : parce que l'Islam s'est invitée en France avec l'immigration et qu'il représente à présent la deuxième religion du pays. Or les Musulmans sont en général pauvres et très croyant chez nous (car issus de la ruralité) et manquent donc de lieux de culte. Face à ce besoin, les mairies sont tentées de financer elles-mêmes ces lieux de culte, financement totalement contraire à la laïcité de 1905. Dernier chapitre : Vis-à-vis de l'Islam, la laïcité empêche donc l'Etat de résoudre lui-même ce problème. Ce sont donc des Etats étrangers qui ont jusqu'à présent financé les  lieux de culte, notamment des Etats salafistes créant ainsi des problèmes autres, soit la prééminence de la loi coranique sur la loi républicaine pour de (trop) nombreux  fidèles. En conclusion : Sans doute les religions en France n'ont pas à craindre la laïcité de l'Etat. Mais cette laïcité pose des problèmes, amenant certains dirigeants à la remettre en question...

    Reste-t-il, dans les sociétés occidentales, des droits à conquérir ?

    - Visualisation : on est en plein dans la fameuse phrase de Fukuyama (historien américain) sur la "fin de l'histoire" : les régimes démocratiques occidentaux ayant vaincu le stalinisme totalitaire, il n'y a plus d'évolution à attendre autre que technologique... Avec les guerres de religion au Moyen Orient et les attentats en Occident, on voit qu'il n'en est rien : l'Occident n'est pas universellement accepté. Mais, là, on te demande si la fin du stalinisme a sonné la fin des revendications fondamentales en Occident...

    - Plan : Je partirais de Fukuyama en montrant qu'au plan international, il s'est trompé : c'est la Chine qui est devenue la 1ère puissance économique mondiale tandis que la guerre en Syrie a sonné la fin de la toute puissance américaine. Ensuite, dans une première partie, j'en viendrai directement à la question en répondant "apparemment non" : l'individualisation des sociétés modernes et le reflux du rôle de l'Etat sous les coups de butoir du néo l

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