• Massification

     

    Aristote, Averroès, Galilée, Newton, Pasteur, Edison... L'histoire de la science est peuplée d'individus surdoués dont les découvertes ont révolutionné le monde par à-coups. Mais aujourd'hui ? Qui a révolutionné les télécommunications ? Steve Jobs avec son I phone vous diront les Américains. En oubliant qu'avant le smartphone exista en France le "Be bop" et qu'avant Internet exista, toujours en France, le Minitel. Alors l'ordinateur ? Et les Américains avanceront encore l'un des leurs, mais une entreprise cette fois-ci, IBM. En omettant les Allemands qui utilisèrent des machines à crypter pendant la guerre ou les Chinois dont les bouliers sont à l'origine du langage binaire de la programmation informatique. Et là, il n'y a plus un individu génial mais des populations. Alors les robots qui s'apprêtent à bouleverser et nos économies et nos modes de vie ? Mais qui se souvient de l'inventeur d'un tout premier robot ? Dès le 17e siècle des hommes mirent au point des "hommes machines" capables de sidérer leurs contemporains. Et ils n'étaient que mécaniques... Souvenez-vous qu'ici, ce sont les japonais qui firent baisser les prix des robots industriels et permirent aux industriels, notamment automobiles, de vider leurs usines de leurs ouvriers. A présent que l'humanité progresse en matière d'intelligence artificielle, l'ère des androïdes si chère à nos science-fictionnistes approche à grand pas. Mais, là encore, pouvez-vous citer le nom du premier scientifique qui débroussailla le champ de l'intelligence des machines ?

    Non, bien sur et on voit bien que les progrès technologiques sont aujourd'hui non plus le fait d'individus mais celui d'équipes de chercheurs tandis que jamais l'argent n'a joué un aussi grand rôle dans le résultat de leurs recherches. Un exemple permet de voir le rôle et du nombre, et de l'argent, dans la recherche moderne : il y a une vingtaine d'année, les Américains se lancèrent dans le déchiffrement du génome humain, étape indispensable à la mise au point de thérapies dites "géniques".  Ils dépensèrent une somme globale de 10 milliards de dollars confiés à quelques instituts chargés d'alimenter un énorme ordinateur. Pendant ce temps, en France, une petite association de parents d'enfants frappés de maladies dites "orphelines" (en trop petit nombre pour intéresser les laboratoires), L'Association française contre les myopathies (AFM), organisa des téléthons annuels, sorte de quêtes nationales ou locales, dans le but avoué de déchiffrer le dit génome humain. L'équipe financée par l'AFM eut l'idée de relier entre eux de multiples ordinateurs individuels de façon à multiplier les centres de recherches. Et cela fonctionna : avec moins de 2 milliards de dollars, ce système mettant de très nombreux chercheurs en relation, déchiffra le génome humain bien avant les Américains. L'AFM divulgua gratuitement la découverte des chercheurs afin d'accélérer les découvertes en matière de thérapies géniques et donc d'espoir de guérison de ses membres. Les laboratoires se jetèrent sur ces enseignements gratuits comme des bêtes mais ne sortirent de remèdes aux maladies orphelines qu'au compte gouttes. On voit donc que notre avenir est à la fois dessiné par le nombre et les moyens financiers mais freiné par les mêmes moyens financiers : il faut de l'argent pour trouver mais l'argent peut empêcher et empêche de fait de trouver.

    Autre exemple, celui de l'Education nationale française, terriblement élitiste : les diplômes et eux seuls formatent l'avenir des petits Français. C'était valable quand il n'y avait que quelques petites centaines de milliers de candidats au baccalauréat et quelques dizaines de milliers d'élèves dans les cycles supérieurs. Le gros de la population était encore d'essence rurale et les grandes écoles françaises étaient considérées comme excellentes. Puis le nombre d'enfants arrivant au baccalauréat s'est accru de façon considérable. Les écoles secondaires et les universités se sont remplies au delà de leur capacité d'absorption. Le système a explosé. Dès les années 1990, l'Etat a dû abaisser en urgence le niveau des concours pour éviter de lâcher dans la nature des centaines de milliers de jeunes sans diplôme (ce sont les fameux 80% de réussite au bac de Jospin) Et rien n'a été fait depuis pour redresser la situation : l'aide aux élèves en difficulté ? Trop cher. L'Etat a cherché, cherché, multiplié les réformes sans que cela produise d'effet notable. On a presque tout tenté, la réduction des programmes (mais très mal), l'allongement de la durée de travail (retour du mercredi travaillé, une semaine de grandes vacances en moins), plus de liberté donné aux établissements d'enseignement (dans les universités), encore plus de facilité dans les examens (c'est la réforme actuelle)... Rien n'y a fait et rien n'y fera, le système continue à fabriquer en nombre croissant des exclus qui deviennent vite des ennemis de la société quand ils ne sombrent pas dans la drogue.  

    C'est qu'il est archaïque le système, encore et toujours fondé sur le repérage des élites. Or notre monde moderne est beaucoup trop peuplé pour se contenter de quelques élites. C'est la masse qui doit monter pour répondre "massivement" à ses propres besoins. On l'a vu avec la science, mais c'est le même phénomène en politique où l'incompétence des individus, aussi doués soient-ils, est aujourd'hui plus que manifeste. C'est le même phénomène en économie où l'arrogance de quelques PDG médiatiques se parant du travail de milliers de "collaborateurs" pour voler une part dingue de la masse salariale devient insupportable. C'est le même phénomène dans les médias où les diktats de "vedettes" n'arrivent absolument pas à remplacer le travail des centaines de petites mains dégraissées pour cause d'effondrement des ventes et des audiences. Partout les élites ont mis les leurs en pensant que ça irait mieux, partout ça continue à craquer.

    Aucune élite ne pense d'ailleurs qu'en ramenant sa propre rémunération à un niveau raisonnable, cela permettrait de recruter quelques unes des petites mains perdues pour relancer et la production, et la consommation. Non, on voit plutôt des actes fous comme le rapprochement du cimentier Lafarge avec le cimentier Hatocim pour faire croire aux actionnaires que les deux groupes, qui tous les deux perdent d'énormes parts de marché un peu partout, seront tout à coup régénérés par leur regroupement. On voit Apple, tellement attaqué par les Coréens et les Chinois que ses dirigeants sont hagards, dépenser des milliards en communication plutôt que de recruter, là encore, plus de chercheurs pour trouver de réelles innovations et non ses minables séries croissantes que la concurrence finit même par ignorer ! Plus généralement et face à l'offensive économique chinoise, fondée sur d'énormes séries et des prix très bas, on voit l'économie occidentale, particulièrement européenne, se spécialiser dans le "haut de gamme".

    Or ce haut de gamme n'a pas d'avenir. Déjà ma grand-mère s'étonnait, voici 50 ans, que "même les concierges ont une voiture" Aujourd'hui, les smicards ont un smartphone et un ordinateur ! Dès aujourd'hui, avoir beaucoup d'argent n'a plus d'intérêt sinon de pouvoir crâner avec une plus grosse maison, une plus grosse bagnole, des voyages plus nombreux et en 1ère classe... La masse occidentale a accès à tous -et je dis bien à "tous"- les biens de consommation. Sous les Romains, seuls certains pouvaient monter à cheval, séparation sociale reproduite au Moyen Age. Tous ne mangeait pas la même chose, ne s'habillait pas de la même façon. Mais nous ne sommes plus au Moyen Age et l'argent n'est roi que parce que nous le voulons bien. C'est le mythe du milliardaire qui sommeille en nous.

    Et qui nous empêche de penser le monde "massivement", de la pointe d'Armorique à la frontière ouest de l'Allemagne et de Nice à Lille en passant par les pôles. Contre notre volonté, c'est cette masse mondiale qui a décidé de nous rattraper. Et qui aujourd'hui, vit en dehors de nous tout en nous faisant vivre : la Chine n'a plus besoin de nous que comme client et encore : nos marchés sont des marchés de renouvellement, pas des marchés d'équipement. Nous sommes économiquement en train d'être viré d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine tandis que les "basanés" achètent de plus en plus nos usines et nos terroirs. C'est ça le déclin de l'Occident, bien réel et ultra rapide. Caché, certes, par la puissance de nos armes mais pour combien de temps encore ? Car nous avons de moins en moins de quoi les financer : nos Etats sont tellement endettés qu'ils rognent partout et de plus en plus pour éviter la banqueroute. Ils ne vivent d'ailleurs déjà plus que de cavalerie, obligés d'emprunter pour rembourser...

    Que feront demain nos milliardaires quand, robotisées, les activités humaines ne généreront plus de salaires ? Que deviendront les grosses cylindrées, les avions privés, les grandes propriétés ? Que feront, au chômage, nos cadres supérieurs mondialisés d'aujourd'hui ? Regarderont-ils toujours avec dédain la "piétaille" s'organiser en émeutiers, venir demander la tête des élites qui les ont amenés jusqu'au tréfonds du déclin ?! Qui, face à l'émergence des milliards d'êtres dits sous-développés, ne surent que prôner l'hyper élitisme par l'argent.  Qui face à des défis économiques et sociaux ne surent que remplir les poches avides de leurs lobbys militaro industriels. Nous avons déjà suffisamment de recul pour appréhender leurs monumentales erreurs et de jugement, et d'avidité. L'ultra libéralisme mondialisé quand on est moins concurrentiel est stupide. La destruction de ses marchés intérieurs, par élitisme de l'argent, quand on perd ses marchés extérieurs, est crétin. La focalisation sur la confrontation par les armes quand on est en compétition économique est carrément con. Nous allons donc mourir et le devrons à nos élites.

    Elles ont même osé ringardiser le seul regard un peu moderne que nous avions sur le monde, celui de siècles de luttes sociales qui nous faisaient voir l'évolution sous un angle de rapports sociaux et non d'argent. Plus personne n'ose encore parler de socialisme alors que la robotisation pose un défi majeur que seule cette approche peut surmonter : imaginez ne serait-ce que les vélo lib et auto lib en nombre dans toutes nos villes. Voyez Ikea qui a d'ores et déjà envoyé quasiment à la poubelle le mobilier de luxe. Les antiquités ne valent plus rien dans ce domaine tandis que tout le monde peut avoir aujourd'hui un canapé, un lit, une table basse, un téléviseur, des machines domestiques en tous genres. Le socialisme avance masqué sous les dorures des grandes entreprises. Qui tomberont quand l'heure des robots sera venue : il ne restera alors que le socialisme...

     

    Et un socialisme sans élite, le contraire du communisme stalinien. Mais pour cela, il faut tout repenser, de la manière de répartir les fruits de la production robotisée à nos organisations politiques nationales et locales. De la manière d'enseigner et du contenu de l'enseignement, probablement en continu de la maternelle à la mort. De nos objectifs de vie, de nos rapports au sacré, de nos rapport au cosmos... C'est vraiment un autre monde qui est déjà là et par rapport auquel notre élitisme fou est totalement dépassé. Nous n'avons pas le costume de ce monde...


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  • Pour un retour de l'humanisme 

    Mondialisation, déclin... Explications

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  • La France en guerre ?

     

    Réagir à chaud à un événement aussi traumatisant que celui des attentats d’hier soir à Paris n’est pas aisé si l’on veut garder son sang froid et du recul. J’essaye quand même en priant mes lecteurs de bien vouloir excuser le ton que j’ai voulu volontairement froid.

    La France est donc visée pour la 3e fois par des émules de l’Etat islamique. Il y a eu en effet Merad puis Coulibaly avant les 125 morts d’hier soir, précédents nettement moins meurtriers. Rappelons cependant que l’attentat contre l’Airbus ramenant chez eux des touristes russes en Egypte a fait plus de 200 victimes, chiffre également dépassé en 2008 en Espagne après un attentat revendiqué alors par Al Qaïda. Et chiffre très faible comparé à celui des morts sur les champs de bataille iraquien et syrien. Nous n’avons par ailleurs pas de statistiques sur les victimes des bombardements français tant en Iraq qu’en Syrie…

    Car la France est officiellement en guerre contre l’Etat islamique, il ne faut pas l’oublier. L’Occident en général ne veut plus voir les siens mourir sur un théâtre d’opérations militaires quel qu’il soit et n’envoie donc plus de troupes au sol : il bombarde et fournit des armes aux ennemis de ses ennemis. Lesquels sont donc naturellement tentés de porter le fer chez nous via des attentats, seuls moyens à leur porté. Et c’est ce que Daech vient de faire à Paris avec une réussite exceptionnelle : 8 « soldats » tués seulement contre 125 à l’ennemi plus 200 blessés dont la moitié très gravement. C’est plus de 40 ennemis « descendus » par combattant engagé : Daech va continuer, c’est évident !

    Ca, c’est le constat froid au niveau duquel il faut se forcer de rester si l’on veut raisonner intelligemment et non réagir émotionnellement. Daech va continuer en effet et il faut se demander comment le contrer. Ici, il faut d’entrée régler le problème de la guerre : si nous nous retirons d’Iraq et de Syrie, peut-être les attentats cesseront-ils ? Après tout, ce fut le choix de l’Espagne après les attentats de 2008, la nouvelle majorité socialiste décidant le retrait des troupes espagnoles d’Afghanistan… Disons tout de suite que cela ne suffira pas : la France est l’un des pays chrétiens qui héberge le plus de Musulmans. Les revendications des excités vont donc au-delà des guerres au Moyen Orient, on l’a vu avec l’affaire du voile ou de Charlie Hebdo. De toute évidence, les dits excités estiment aujourd’hui que notre pays est terre d’Islam et qu’à ce titre, nous devons respecter des règles qu’ils estiment –à tort mais ils s’en moquent- consubstantielles à la foi des Musulmans : subordination féminine alors que notre pays est à la pointe du féminisme, pudibonderie vestimentaire, stricts interdits alimentaires devant s’imposer partout, etc. Bref, non pas la foi mais la tradition salafiste, celle des Saoudiens et autres bédouins enrichis par le pétrole…

    Nous ne pouvons évidemment pas accepter cette reddition à moins de nous convertir tout de suite au salafisme. Il faut donc accepter la guerre. Et la mener intelligemment, en sachant que les Islamistes radicaux disposent d’une 5e colonne très importante chez nous, ces milliers de jeunes Musulmans exaltés issus de l’immigration. C’est un fait et il faudra bien que notre police et notre justice se penchent sérieusement sur non seulement ceux qui sont déjà passés « du côté obscur » de la terreur exportée mais aussi sur ceux qui sont susceptibles d’y verser. Des « Imams » enseignent ainsi un Islam complètement dingue à des gamins à eux confiés par des parents indignes. Je songe par exemple à ce Musulman crétin de Brest enseignant que la musique rend fou ou quelque chose d’approchant. Il est de nationalité française et les parents ont choisi librement de lui confier leurs enfants. Cela doit cesser, les moyens juridiques existent (mise en danger) et il ne manque que la volonté d’élus et de hauts fonctionnaires préférant le silence  à quelque trouble que ce soit. Autrement dit, il faut casser le « vivre ensemble » dans la tête de ces responsables : ce n’est pas aux « Français de souche » de s’adapter à la manière de vivre des Musulmans (et autres étrangers pour qui la religion prime la civilisation) mais aux Musulmans et autres étrangers religieux de s’adapter à la manière de vivre des Français de souche.

    Soyons réaliste, jamais Hollande et ses amis ne mèneront cette réflexion. Le « vivre ensemble », soit le communautarisme, est leur idéologie, ils ne sont plus français mais européens et atlantistes et leurs idées les poussent plus à vouloir démolir ce qu’ils appellent notre « chauvinisme » qu’à empêcher des Imams fous de répandre le mal autour d’eux. La première conclusion à tirer est que l’actuelle majorité n’est pas la mieux placée pour continuer notre guerre contre le salafisme. D’autant que nous vendons beaucoup de biens et services aux dits salafistes saoudiens et qataris, surtout des armes, tandis que ces milliardaires de l’or noir nous ont sauvés à maintes reprises de la banqueroute (souvenez-vous de 1983) : même si les Socialistes le voulaient, ils seraient rapidement morigénés par leurs créanciers… Ce n’est pas mieux à droite : Sarkozy est le responsable numéro 1 de l’éveil du salafisme africain, ce sont les armes qu’il a livrées aux rebelles libyens qui sont aujourd’hui aux mains de Boko Haram et on ne le voit pas se mettre demain à cogner véritablement sur ceux qu’ils armaient hier. Sans doute fera-t-il comme Hollande, des frappes « chirurgicales » ? Ou bien, avide qu’il est de sa réélection, pourrait-il, lui, décider de capituler pour ramener le calme en France. Ou tenter de le ramener : car les Français n’accepteront plus de compromission sur le voile ou le porc à l’école. Toute réflexion faite, il frappera chirurgicalement… Comme le fera Jupé s’il est élu : c’est le pendant de droite de Hollande, énarque comme lui donc « policé » (trop) et comme lui européaniste et atlantiste : seule différera la communication…

    La France est donc mal barrée pour s’occuper sérieusement de la 5e colonne de Daech en France ! Peut-elle au  moins accroître son effort sur les théâtres d’opération, deuxième volet de la guerre ? Même pas ! Car ce sont les Américains qui décident. Et le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont loin d’être clairs sur la guerre qu’ils doivent ou pas mener au Moyen Orient. Obama est empêtré dans sa double alliance contradictoire avec l’Arabie Saoudite et l’Iran, compliquée en outre par « l’indéfectible amitié avec Israël », poids électoral des Juifs américains aidant. Jusqu’à présent, ils ont de fait aidé les Kurdes irakiens à se défendre et à contre-attaquer. Mais pas les Kurdes syriens qu’ils laissent allègrement bombarder par les Turcs. Et en Syrie, ils aident Al Qaïda ( !) contre Daech aidé, lui, par l’Arabie Saoudite, laquelle est attaquée au Yémen par des rebelles chiites aidés par l’Iran…  Là-dessus arrivent les Russes qui commencent par cogner sur Al Qaïda en laissant Daech attaquer les mêmes troupes d’Al Qaïda par derrière. Avant, une fois le boulot terminé, de se retourner contre Daech. Les Américains ont commencé par se retirer du front. Mais à Washington, une partie de la haute fonction publique n’obéit déjà plus à Obama, d’autant que son successeur le plus probable, dame Hillary Clinton, a déjà pris fait et cause pour les Saoudiens contre l’Iran et la Russie. La CIA livre donc des armes sophistiquées aux ennemis des Russes contre l’avis du président Obama. Et on n’est pas certain du tout que l’attentat contre l’avion russe n’ait pas été commandité en sous-mains par la CIA ou le Mossad…

    Bref, la France là dedans n’est qu’un tout petit pion qui n’a strictement aucune possibilité de modifier la donne. Elle doit obéir aux Américains, point barre… Voyez vous réellement Hollande, Sarkozy ou Jupé leur dire « merde » et foncer aider à fond les Russes sur le terrain ? Non, bien sûr et, là aussi, notre guerre contre Daech ne sent pas bon du tout. D’autant que la propagande a rendu les Français plus que durs de la comprenette : ça fait des décennies que les partisans de l’intervention humanitaire dans les pays étrangers nous martèlent qu’il faut absolument se débarrasser d’untel, d’éliminer Tartempion, horrible dictateur, d’aider telle ou telle faction rebelles à prendre le pouvoir qu’une majorité de nos concitoyens y croit dur comme fer. Malgré les centaines de milliers de morts que cette déplorable politique a entrainés. BHL, Kohn Bendit, Kouchner ont toujours pignon sur rue médiatique et ne regrettent rien, d’autant plus que tous les Socialistes sont d’accord avec eux de même que les Verts. Nos médias aux mains des puissances d’argent ont par ailleurs présenté Poutine comme un dictateur et les Chinois comme d’autant de mauvais démocrates que nous ne les aimons plus vraiment. C’est tout juste si nous avons cessé de croire aux balivernes que nous débitent des débiles médias sur les résultats des bombardements russes : trop grossier !

    Tout cela pour conclure que nous sommes loin d’être prêts à changer fondamentalement notre politique étrangère. Même l’extrême gauche française est dans le fond atlantiste faute de pouvoir se rallier aux « BRICS » pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud, le nouveau pôle qui contre réellement les Américains dans le monde. Des Américains qui deviennent pourtant fous face à la perte de leur empire économique : ils se lancent dans une politique étrangère de plus en plus agressive, notamment à l’encontre de la Russie. Et, au Moyen Orient, ils montent les Saoudiens contre les Russes (des Saoudiens sont déjà en route pour aider Daech), ce qui, par le jeu des alliances, peut nous mener à une 3e guerre mondiale : les Saoudiens n’ont aucune chance de battre les Russes et leur déroute peut amener les durs de Washington à tenter une escalade…

    Bref là encore, non seulement nous n’arriverons pas à gagner la guerre contre Daech mais en outre celle-ci peut nous amener à une guerre mondiale par le simple jeu des alliances (nous faisons partie de l’OTAN) Notre seule chance en fait est de voir les Russes l’emporter plus vite que prévu. Notamment si les Iraniens envoient des troupes au sol (Assad manque de bras) La paix s’imposera donc à notre UMPS dont les leaders pourront souffler. Et, finalement, le mieux que nous puissions faire dans l’immédiat est de ne plus mettre de bâtons dans les roues des Russes : le changement de ministre des Affaires Etrangères serait une excellente mise en bouche à cet égard !


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