• Pourquoi l'Afrique décolle

    Les origines de la croissance africaine

    (c. d'Alayer, 28 janvier 2015)

    "Chaque année, l'Association des investisseurs en capitaux dans les pays émergeants (EMPEA), basée à Washington, demande à ses centaines de membres quelle région du monde leur semble la plus attractive. En 2013, l'Afrique subsaharienne est arrivée en tête..."C'est ainsi qu'expliquent bien des observateurs l'actuel décollage des économies africaines.

    Mais la conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) prouve le contraire : tout d'abord et dans le numéro 18 de sa revue Global Investment Trends Monitor, l'organisme onusien explique que les investissement directs étrangers (IDE) en Afrique se sont contractés de 3% l'an dernier, à un montant global pour toute l'Afrique de 55 milliards de dollars sur un total de 1260 milliards de dollars. Soit 4,3% du total seulement pour le continent...

    Par ailleurs, dans ses statistiques en ligne (accès gratuit), les Onusiens livrent les chiffres suivants (toujours en matière d'IDE en Afrique et en milliards de dollars) :

    1970

    1980

    1990

    2000

    2010

    1,2

    0,4

    2,8

    9,6

    47

     

    A noter que le montant annuel maximum perçu par les Africains le fut en 2008 (59,2 milliards de dollars)

    Tout cela est à mettre bien évidemment en perspective avec le PIB africain que voici donc, en provenance du FMI cette fois-ci (en croissance, chiffres arrondis) :

    1970

    1980

    1990

    2000

    2010

    4%

    2,5%

    2%

    5,5%

    5,5%

     

     

    Et si l'on s'en tient aux volumes des dits PIB, chiffres donnés par Wikipédia (en milliards de dollars) :

    1973

    1998

    2014*

    529

    1239

    4000*

     

    * Estimation d'IC Publications. Le PIB officiel est sans doute inférieur de près de la moitié. Mais l'économie informelle est extrêmement puissante en Afrique tandis que de récentes modifications dans les méthodes de calcul du premier pays d'Afrique, le Nigeria, ont abouti à un PIB supérieur de 80% au PIB officiel précédent. Ce chiffre de 4000 milliards de dollars est à rapprocher du PIB total de la planète, quelques 60 000 milliards de dollars...

    Soit, en pourcentage du PIB, les fameux IDE pesaient moins de 0,2%/an dans les années 1970 pour représenter autour de 0,8%/an dans les années 1990 et un peu plus de 1%/an aujourd'hui. Est-ce suffisant pour faire décoller les économies africaines ?

    Avant même de répondre sur le principe (à partir de quel pourcentage du PIB les investissements étrangers influent-ils sur la croissance ?), vous devez prendre absolument en compte le niveau assez faramineux de la fuite des capitaux africains. Voir le tableau 1 ci-après :

    1- Fuite des capitaux en Afrique de 2000 à 2008

    En milliards de dollars

    Afrique du Sud

    76,2

    Algérie

    355,3

    Angola

    86,1

    Botswana

    1,7

    Burkina Faso

    3,2

    Burundi

    7,6

    Cameroun

    31,3

    Cap Vert

    4

    Congo Brazzaville

    20,6

    Congo Kinshasa

    50,6

    Côte d'Ivoire

    81,3

    Egypte

    110,1

    Ethiopie

    29,9

    Gabon

    31,9

    Ghana

    15,5

    Guinée

    2,7

    Guinée Bissau

    1,7

    Kenya

    10,6

    Lesotho

    1,5

    Madagascar

    17,7

    Malawi

    3,3

    Maroc

    108,6

    Mauritanie

    3,9

    Mozambique

    25,1

    Nigeria

    381,1

    Ouganda

    10,3

    Centrafrique

    4

    Rwanda

    18

    Sao Tome & Principe

    1,3

    Seychelles

    6,4

    Sierra Leone

    13,8

    Soudan

    42,7

    Swaziland

    1,1

    Tanzanie

    26,9

    Tchad

    2,5

    Togo

    0,6

    Tunisie

    45,2

    Zambie

    25,6

    Zimbabwe

    25,3

    Total échantillon

    1685,2

    Source : Revue d'économie du développement 2014, volume 22

    A noter que la  Revue d’Économie du Développement est publiée avec le concours du Centre français de la Recherche scientifique, du Centre français du livre et du Ministère français des Affaires étrangères. Et que son tableau ne comporte pas tous les pays africains mais seulement un échantillon assez large. Pour d'autres auteurs, la fuite des capitaux globale se monterait à plus de 1800 milliards de dollars sur 8 ans, soit 225 milliards de dollars par an, quatre fois et demi le montant annuel des IDE au cours des cinq dernières années (pour les années précédentes, le quotient est encore plus élevé...) !

    Si donc les IDE, soit le bon vouloir des multinationales, sont responsables d'une partie au moins du boom économique actuel de l'Afrique, que dire de la moins value due à leurs prélèvements financiers ?! Car ce ne sont pas les méchants hauts fonctionnaires africains qui génèrent une telle fuite. Voyez d'abord le score des petits pays, effectivement dû en grande partie à ces personnalités corrompues : ça se chiffre globalement autour de 1 ou 2 milliards sur 8 ans, quelques centaines de millions/an à diviser par une poignée de milliers de personnalités, soit moins de 100 000 dollars par an et par "salopard" 

    Une piste plus sérieuse a été révélée par une sale affaire sud africaine. En juin dernier en effet, Le Centre de développement et d’information alternatif, AIDC-,  un groupe d'économistes qui aide le syndicat Amcu dans ses négociations avec les producteurs de platine -, a accusé les compagnies minières de pratiques douteuses. Des accusations qui intervenaient alors que la grève dans les mines de platine en était à son cinquième mois. Le principe est relativement simple voire simplet : la compagnie qui extrait revend à une filiale étrangère à un prix inférieur au prix du marché. Et évite ainsi de payer les droits nationaux sur la valeur réelle des quantités exportées. En l'occurrence, c'est la société anglaise Lonmine qui fut mise en cause mais on peut penser que le système a été et est utilisé par bien d'autres entreprises. Ainsi et en 2003, ai-je discuté avec le ministre de l'Economie de Guinée Equatoriale. Lequel me déclara que son pays n'avait pas les moyens de vérifier les enlèvements d'hydrocarbures (par bateau) sur les barges pétrolières en haute mer. Et qu'il savait seulement, par enquête auprès des employés des compagnies en rotation, que la pratique d'enlèvements sauvages étaient monnaie courante. Que dire également, sur cette pratique, des extractions en zone de guerre ? !

    Une deuxième source d'évasion est la surfacturation des matériels utilisés par les compagnies, matériels bien entendu importés en quasi totalité. Rien ne permet aux gouvernements africains de contrôler les prix réels de ces importations sur lesquelles il touche toutefois, quand il n'a pas accepté une entrée libre de droits, des droits de douane plus importants qu'il n'aurait dû. Songez à cet égard à la pression des Occidentaux sur l'Afrique pour que celle-ci abaisse encore et toujours ses barrières douanières...

    Une troisième source -mon énumération n'étant pas exhaustive- concerne le placement de l'argent des Africains riches et des expatriés. Des années durant, des promoteurs immobiliers européens vinrent faire leur marché sur le continent. Riches Africains comme expatriés placèrent alors leurs économies dans des appartements en Europe, dans des proportions loin d'être marginales : des programmes immobiliers entiers furent ainsi dédiés à cette clientèle d'outre mer, notamment en France dans l'ouest parisien ainsi que sur la Côte d'Azur...

    Une quatrième source est le rapatriement des dividendes. Dans des pays où le contrôle de l'impôt sur les sociétés manque de moyens tandis que les taux d'imposition n'ont rien à voir avec ceux de France ou de Suède, que les contrôleurs locaux n'ont en outre aucun moyen d'examiner les facturations internes aux groupes, il est aisé de prélever en Afrique plus que ce qui est dû. Bon nombre du peu d'entreprises occidentales qui se sont installées sur le continent ont ainsi laissé leurs outils de production se délabrer tout en rapatriant des dividendes qui, parfois, ont sauvé leurs sièges sociaux de la débâcle. Je ne citerai ici que les huileries car l'obsolescence de leurs installations africaines est de notoriété publique mais je pourrai citer d'autres secteurs dans lesquels ce phénomène a joué et continue de jouer son rôle délétère...

    Bref et pour conclure sur ce point, ceux qui avancent que l'Afrique décolle parce que les pays riches se sont mis à y investir en masse -une sorte de scénario à la chinoise- ont réellement "tout faux" Afin de mettre les points sur les i à ce sujet, voici quelques indications sur l'incidence de l'investissement sur la croissance :

    - En volume tout d'abord, une banque française (Natexis) a calculé qu'aux Etats Unis, l'investissement des entreprises expliquait en moyenne la moitié des récessions et le tiers des expansions. Autrement dit, 1 point d'investissement en plus explique 1/3 de point de croissance tandis qu'un point en moins explique 1/2 point de récession. Autrement dit encore, pour avoir 1 point de croissance, il faut 3 point (3% du PIB) d'investissement tandis qu'une baisse de 1 points de croissance s'explique par une baisse de 2 points d'investissements. Ratios qui ne sont pas les mêmes selon les pays. En Europe en effet, 1 point d'investissement explique 0,40 points de récession mais seulement 0,25 point de croissance...

    - Qualitativement ensuite : plusieurs études canadiennes mais aussi africaines (taper croissance et investissement dans votre moteur de recherche) ont montré que tous les investissements ne se valaient pas. Dans les pays développés par exemple, tout dépend du secteur d'investissement, la loi des rendements décroissant jouant en effet un rôle très important à cet égard. Mais en Afrique où tout est à faire et où c'est la consommation qui tire la croissance, on obtiendrait les meilleurs résultats dans les biens de consommation. Voir à cet égard les anciennes croissances nord et sud africaines où existent en quantité assez importante ce type d'industries.

    Il n'y en a pas contre que très peu dans les autres régions du continent et, de toute évidence, ce n'est pas là que réside l'explication du décollage africain, ni dans le volume, ni dans la qualité des investissements des grandes entreprises. Vous voyez bien et hors évasion de capitaux qu'avec moins de 1% du PIB, les IDE ne peuvent réellement agir sur la croissance tandis que ces IDE sont dirigés essentiellement non dans des industries à forte rentabilité immédiate (biens de consommation) mais dans les industries extractives...

    ***

    Il y a à mon sens deux grandes explications à l'augmentation de la croissance économique des pays africains depuis une quinzaine d'années. La première est l'extraordinaire inversion des termes de l'échange à partir du tout début du 3e millénaire. Voyez ici les tableaux 2, 3 et 4, ils parlent d'eux-mêmes : côté exportations des matières premières africaines, vous voyez que pas une seule des matières premières prises en exemple n'a "fait moins" qu'une fois et demi son prix de décembre 1999 au cours de ces 15 dernières années. Le record est obtenu par l'or (5 fois au mieux le prix de 1999) mais vous voyez que d'autres matières se portent plutôt bien elles aussi : le pétrole, bien sûr, mais aussi le café, le cacao ou les métaux non ferreux. Et aucune matière ne se vend en 2015 moins chère qu'en 1999...

    Regardez à présent le prix des produits industriels en France (au niveau mondial, le constat est pire pour l'Occident) : Le prix des matériels électroniques a été divisé par 3 en francs courant. Avec l'inflation (tableau 4), c'est en fait par plus de 20 ! Le prix des automobiles a été, lui, multiplié par 4 tandis que l'inflation l'était par près de 8. Résultat net d'inflation : prix divisé par 4... Vêtements : prix divisé par 4 hors inflation, divisé par plus de 10 inflation prise en compte. Gros équipements du logement augmentés de 0,50% hors inflation, divisé par 6,5 en tenant compte de la dite inflation...

    Bien sûr certains biens sont restés chers, tels la pharmacie ou les engins de transport publics. Mais ils se sont terriblement sophistiqués et à qualité égale, leur prix a en fait baissé. Si vous prenez le prix d'un tube d'aspirine entre 1965 et aujourd'hui, vous verrez que son prix a considérablement baissé, de même que le prix d'un bimoteur à hélices (mais pas celui d'un quadriréacteur dernier cri).

    Globalement donc et durablement en plus (les causes sont pérennes, soit l'envol des anciennes économies en développement) les termes de l'échange se sont complètement retournés, les Africains vendant ainsi et aujourd'hui leurs matières premières chères et achetant à bon marché leurs produits industriels. Ce qui n'était pas le cas dans les années 1970 où les économistes occidentaux (et bon nombre d'opposants) se gaussaient de ces "rois nègres" qui pleuraient sur des termes de l'échange trop défavorables. 

    2 -Evolution du prix de quelques matières premières de 1999 à 2015

    Matière première

    1999

    maximum

    2015

    Pétrole

    10 $ baril

    110 $ baril

    48 $ baril

    or

    250 $ once

    1850 $ once

    1250 $ once

    platine

    400 $ once

    2100 $ once

    1200 $ once

    argent

    8,5 $ unité

    45 $ unité

    18 $ unité

    bois tropicaux

    indice 65

    indice 130

    indice 90

    produits alimentaires

    indice 91,1

    indice 229

    indice 188,6

    cacao

    1000 ,$ tonne

    2000 $ tonne

    2700 $ tonne

    café

    50 $ livre

    220 $ livre

    170 $ livre

    fer

    indice 100

    indice 220

    indice 160

    métaux non ferreux

    indice 55

    indice 270

    indice 200

    Sources : organismes internationaux en charges des produits

     

    3- Evolution des prix industriels en France entre 1965 et 2005

    (En indice ; source : INSEE, 50 an de consommation en France

    Type de biens industriels

    1965

    2005

    Gros équipement du logement

    -2,7

    -1,7

    Automobile

    -3

    1

    Vêtements

    2

    -2

    Matériel électronique grand public

    -5

    -15

     

    4- Evolution de l'indice des prix de 1965 à 2005

    1965

    2005

    100

    777

     

    La deuxième raison, longuement explicité dans mon livre Un crime médiatique contre l'Afrique - Les Africains sont-ils tous nuls ? est l'évolution très rapide des sociétés africaines au cours des 40 dernières années, soit après les Indépendances. Je résume ici (il m'a fallu 300 pages pour un exposé circonstancié !) en relevant seulement les têtes de chapitre :

    - l'alphabétisation du continent passant en 30 ans de moins de 20% de personnes sachant lire, écrire et compter à plus de 80%. Je rajouterai aujourd'hui que l'éducation secondaire puis universitaire n'a pas été en reste, l'Afrique pouvant compter à présent sur un grand nombre de personnels qualifiés et de cadres compétents ;

    - la démographie ensuite, "mère de la consommation" : 150 millions d'Africains seulement à la veille des Indépendances, plus d'un milliard aujourd'hui. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les médecins occidentaux qui ont fait progresser la démographique africaine mais la liberté, CQFD !

    - l'urbanisation enfin. Ruraux à plus de 80% dans les années 1960, les Africains sont citadins aujourd'hui à près de 50%. Et encore ! Cette proportion est celle de la Banque Mondiale qui se fonde sur le nombre de personnes vivant dans une grande ville. Or bon nombre de pays africains possèdent des petites villes de provinces dans lesquelles les citoyens et citoyennes ne vivent plus du tout comme, jadis, au village : modification des critères de réussite, émancipation des femmes, scolarisation poussée des enfants, changement des modes de consommation, il s'agit là d'une véritable révolution que nos vieux pays développés ont connu dans leurs temps quoiqu'oubliée aujourd'hui.

    Bref et sans apports financiers extérieurs, l'Afrique était condamnée à bouillonner. Ce qu'elle a fait très largement, tant sur le plan institutionnel que social et économique. Et cela alors même que les Etats africains volaient en éclat sous les coups de boutoir du FMI, de la Banque Mondiale et des "clubs" de créanciers (Londres et Paris) L'ouverture des frontières notamment privait ces Etats en formation de leurs principales recettes fiscales alors qu'ils restaient difficilement capables de remplacer ces recettes par l'impôt sur le revenu et celui sur les sociétés (manque de contrôle notamment) Et le développement actuel est largement le fait des sociétés civiles comme le montre très clairement le cas du Nigeria : à Lagos par exemple, la mairie a difficilement les moyens de gérer l'éclairage public avec des concessionnaires qui n'investissent pas assez. Mais la ville explose cependant avec une armée phénoménale de générateurs privés alimentés par une essence subventionnée. L'industrie africaine, autre exemple et face à l'absence d'investisseurs étrangers, se crée à partir de l'artisanat local, tel ce boulanger sud-africain devenant le fournisseur exclusif de McDonald dans la sous région. Ou cet ingénieur congolais (Kinshasa) inventant une tablette bon marché, commençant à la faire construire en Asie avant de décider d'implanter une unité de production chez lui.

    Car c'est cela, aujourd'hui, l'industrie africaine. Une réalité très différente de celle qui nous est montrée par les rares implantations de multinationales occidentales sur le continent. Il fut un temps où les élites africaines en petit nombre jugeaient de bon ton de s'approvisionner en Europe ou aux Etats Unis, la qualité africaine (artisanat) leur paraissant par trop médiocre. Il fut un autre temps où les importations asiatiques s'imposèrent auprès de populations ne voyant que les prix. Et il est le temps aujourd'hui d'une consommation de masse qui permet aux artisans locaux de se muer en industriels, CQFD et cela sans que le reste du Monde y soit pour quoi que ce soit hormis le prix  élevés qu'ils mettent à acheter les matières premières africaines.  Tout cela reste mélangé bien sûr en fonction de l'évolution de chaque pays. Et force est de constater que, dans les échanges interafricains de plus en plus importants, les pays qui ne disposent pas de l'arme de la dévaluation compétitive sont à la traîne : l'Afrique francophone pâtit ainsi de plus en plus de son franc CFA...

     

    Encadré

    Où est passé le sens du long terme ?

    Il y a 15 ans à peine, on trouvait aisément des études sur les prix des matières premières à long terme. Aujourd'hui, cela est terminé. Les séries dépassent rarement les 2 ou 3 ans. Et les économistes connaissaient le sens et la valeur de la notion de termes de l'échange. Aujourd'hui, les grands centres de réflexion et de documentation économique n'en parlent même plus alors que le retournement des dits termes de l'échange est l'explication basique du déclin occidental... Quand les prix Nobel d'économie récompensaient autrefois des théoriciens du long terme comme Schumpeter, ils ne couvrent plus d'une gloire éphémère que des mathématiciens aux petits pieds tout juste capable de "théoriser" le comportement des consommateurs sur quelques mois au travers de formules informatisables.

    C'est sans doute ce qui explique pourquoi le reste du Monde a un mal fou à comprendre l'essor économique actuel du continent africain qui, comme on l'a vu, ne s'explique que sur le long terme. Et c'est ce qui explique aussi et sans doute la supériorité des Chinois dans la guerre économique : on dit qu'avant de prendre une décision importante, leurs dirigeants recherchent dans leur plus lointain passé si une situation identique ne s'est pas déjà présentée et comment alors leurs ancêtres y firent face. Quand un magnat chinois achète un vignoble français, il acquiert aussi le savoir faire de ses vignerons. Tandis que lorsqu'un magnat français se payent un crû, c'


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