• pourquoi les socialistes français ne sont pas de gauche

    Pourquoi  les socialistes français actuels

    ne sont pas de gauche

    (07/09/2013)

     

    La crise syrienne permet en effet de mieux se rendre compte de leur manière de raisonner : ils veulent intervenir en Syrie pour, disent-ils, des raisons humanitaires : au nom du droit d'ingérence, ils veulent "punir" le président syrien qui a utilisé (ou aurait utilisé dans l'état actuel de l'information) des gaz de combat dans la guerre qui l'oppose aux sunnites syriens, appuyés par l'Arabie Saoudite et le Qatar (ce n'est donc pas seulement une guerre civile mais aussi une guerre à connotation régionale, Assad étant de son côté soutenu par l'Iran et la majorité des Libanais, voire par Israël qui redoute de voir arriver des salafistes à ses frontières)

    La référence à Hitler est rappelée avec insistance par les "intellectuels" socialistes français qui rappellent que Munich fut un épisode désastreux pour les démocraties occidentales : il est important de souligner cette référence qui montre bien que, aux yeux des socialistes française tout comme à ceux d'une partie notable de la droite classique (la partie modérée, issue du gaullisme), l'Histoire avec un grand "H" se résume à celle des Occidentaux. Et dont les valeurs se résument à celles des dits Occidentaux,  présentées comme universelles : le droit de vote est ainsi le nec plus ultra de la démocratie quand bien même l'intégralité des grands moyens d'information est aux mains des ploutocrates (ploutocratie = gouvernement des riches), ne laissant pratiquement aucune chance de s'exprimer "en grand" à ceux qui ne respectent pas la fameuse pensée unique.

    Un véritable homme de gauche, partisan du progrès humain sur toute la planète, se doit d'être moins simpliste. L'humanisme est d'abord une écoute avant d'être une action. Et tant Hollande que l'immense majorité des socialistes français n'écoutent guère : le droit d'ingérence n'est même pas remis en question alors qu'il existe pourtant bien des interrogations sur cette ignominie. D'abord, qui nous autorise à nous parer de ce "droit d'ingérence" sinon notre puissance militaire ! Serions-nous désarmés que nous n'y penserions même pas et utiliserions la rhétorique médiatique pour faire entendre notre point de vue. Par ailleurs, avons-nous un seul instant songé à ce que pensent les pays de l'ex-Tiers Monde de ce foutu droit d'ingérence ? Qui, de leur point de vue, ressemble étrangement à la politique de la canonnière des temps coloniaux : il y a-t-il d'ailleurs une différence véritable entre ces politiques de la canonnière et nos interventions tant en Côte d'Ivoire qu'en Libye ?

    En fait, Hollande et ses troupes ne réfléchissent pas en humanistes mais tout bonnement en Occidentaux sûrs de leur force et donc de leur bon droit. Ils sont d'ailleurs libéraux avant d'être sociaux (on le voit de plus en plus), militaristes (il n'y a pas de remise en cause même du lobby militaro industriel ni dans leurs discours, ni dans leurs programmes) et va-t-en guerre. Ce, avec le cache-sexe de "l'intervention humanitaire" : pour empêcher soi-disant un dictateur de nuire à sa population, on tue nettement plus de membres de la dite population qu'il n'en serait morts si l'on n'était pas intervenus...

    Les morts irakiens du fait de "l'Alliance" (les Occidentaux) se comptent ainsi par centaines de milliers alors que les locaux laissés à eux-mêmes n'auraient tout au plus massacré que quelques dizaines de milliers de leurs concitoyens. Mais c'est humanitaire, coco ! La Libye est à feu et à sang depuis l'intervention française, avec probablement et déjà dix fois plus de morts que ceux qu'auraient causés feu Kadhafi si on l'avait laissé s'emparer de Bengazi. De même notre intervention en Côte d'Ivoire a causé directement plus de morts et de déplacements de population que ne l'aurait fait Gbagbo restant au pouvoir, sans compter les massacres opérés par les miliciens surarmés de Ouattara.

    Etc., etc. Le droit d'ingérence est une belle connerie que seuls des esprits dérangés ou des gens de mauvaise foi peuvent présenter comme un progrès de l'humanité. D'autant que le droit international existe et qu'il y a une instance, l'ONU, qui est, seule, chargée de faire éventuellement le ménage humanitaire là où cela se justifie. Evidemment, on ne fait plus ce que l'on veut dans cette instance et ça nous énerve. Du moins ça énerve ceux qui n'ont pas la fibre humaniste, la fibre "de gauche", ancrée profondément dans leur cerveau. Alors on outrepasse notre droit en présentant cela comme la lutte du bien contre le mal. Dans le silence assourdissant de nos médias largement dominés par les fameux lobbies militaro-industriels.

    Je vais m'arrêter là car si, après avoir lu ces quelques lignes, vous pensez toujours que Hollande et sa clique sont de gauche, alors c'est que je dois m'y prendre autrement pour vous le faire admettre. Peu importe alors que Assad soit un monstre (qu'il n'est d'ailleurs sans doute pas : il incarne un régime supporté par une coalition islamo-chrétienne) : l'homme de gauche, l'humaniste, ne peut tolérer qu'un pays puissamment armé souhaite lui imposer une loi étrangère dans les conditions de cette action, soit en mentant aux populations tant sur les raisons véritables de l'intervention (posez-vous des questions sur les amitiés des Occidentaux avec les sunnites arabes) que sur la nature du "mal" qu'il faut "éradiquer" (on présente Assad comme une sorte d'Hitler alors qu'il est le chef d'une des parties dans une guerre civile sale où les Occidentaux ont puissamment armé les rebelles via l'Arabie Saoudite et le Qatar) Le véritable homme de gauche, l'humaniste, ne peut que déplorer cette guerre civile et apporter son soutien à toutes les initiatives de paix. Si l'Occident avait ainsi suivi cette ligne de conduite sans armer les rebelles, alors les Russes auraient très certainement pesé pour mettre un terme au conflit. Mais non, nos lobbies militaro-industriels ont trop de poids pour nos médiocres gouvernants !

    Tenez et à cet égard, prenez le cas du Mali. Nous sommes piégés là bas car les Maliens n'ont pas les moyens de contenir les islamistes que nous sommes loin d'avoir vaincus : nous avons détruit quelques unes de leurs caches d'armes et nous les avons refoulés, point barre. Si, au lieu de notre intervention  couteuse et à grand spectacle nous avions simplement stoppé l'avancé des colonnes islamiques puis confié à l'Algérie, avec notre aide, le soin de présider au règlement du conflit, alors les Touaregs auraient, avec leur aide, réellement détruit la force militaire des islamistes venus de Libye. Mais quelle horreur ! Confier aux Algériens le soin de régler un conflit !

    L'humaniste que je crois être frémit de rage face à nos comportements quasi simiesques, et d'horreur face aux conséquences possibles de ces comportements. Soit, au minimum,  un retour de la guerre mondiale froide alors que nos économies sont en chute relative libre face à la montée en puissance des économies "basanées" : nous sommes peut-être armés pour des batailles militaires mais nous sommes plus que vulnérables quand il s'agit de batailles économiques et financières. Alors, aller titiller les basanés pour complaire à nos lobbies militaristes dans ces conditions, c'est de la folie pure. 


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