• Pourquoi Marine Le Pen décolle dans les sondages

    Pourquoi l’extrême droite s’envole

    Et reste le premier parti ouvrier de France

     

    En ce mois de mars 2011, des sondages donnent Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection présidentielle française si celle-ci avait lieu aujourd’hui. Ca remue bien entendu dans tous les partis mais aucun des deux partis de gouvernement, PS et UMP, ne prend réellement la mesure du problème. Car Marine Le Pen est quand même, avec le Front de Gauche, une opposante farouche à l’Europe d’aujourd’hui. Et si elle recueille le fruit  des erreurs sarkozystes, erreurs qui n’ont pas grand-chose à voir avec les thèmes actuels de bataille de l’UMP (l’Islam) mais beaucoup plus avec la crise du système libéral, cela s’ajoute à son refus de la société libérale-libertaire.

    Bien sûr que son programme est ultra libéral, bien sûr qu’elle est anti-étatiste (contrairement d’ailleurs aux nationaux socialistes des années 1930-1950), mais son anti-Bruxelles est nettement plus crédible que celui de la gauche, Mélenchon étant malheureusement perçu globalement non comme une chance pour la gauche mais comme un diviseur.

    Ca, c’est pour l’aspect politique. Il y en a un autre, bien plus prégnant à mon avis auprès des masses populaires, celui des mœurs : contrairement à ce qu’on croit d’après les commentateurs politiques, les ouvriers et employés ne sont pas racistes. Moins en tout cas que les cadres supérieurs qui ont la tête grosse comme une citrouille et voient les « basanés » comme des sous-hommes. Mais ils n’acceptent pas, ces ouvriers et employés, la délinquance des « beurs » ou la supposée soumission des femmes arabes en France. Ils ne veulent pas changer de société au profit des immigrés, premier point. S’opposer à l’immigration n’est donc pas la réponse à leurs craintes, ce serait plutôt un renforcement des mécanismes d’assimilation (dont plus d’argent et de professeurs dans les établissements scolaires des banlieues dites à risques)

    Le second point est le refus des classes dites « populaires » du tournant libertaire imposé là encore par les intellectuels parisiens issus de 1968 à la société française. N’oublions pas à cet égard que la population californienne est revenue sur le mariage gai quand on lui a demandé son avis (référendum) Des sondages veulent nous persuader que la majorité des Français est favorable à ce type de mesure libertaire, je n’y crois pas un instant. Pour une raison simple et historique : les déviations par rapport à la ligne ont toujours été du fait des gens du dessus du panier, et, ce, depuis des millénaires. Ainsi on parle beaucoup des orgies romaines quand celles-ci ne concernaient qu’une toute petite partie du peuple romain. Qui, globalement, était tenu à des strictes mœurs, dont l’interdiction de l’adultère. De même, l’homosexualité était punie de mort au Moyen Age…sauf pour les Grands. Le mariage fut, toujours au Moyen Age, l’apanage des nobles. La piétaille se mettait à la colle, avec en dommage collatéral, une épouvantable condition féminine (les hommes partaient quand ils voulaient en abandonnant femmes et enfants) Et l’Eglise finit par généraliser (tardivement, au 15e siècle) le dit mariage pour protéger les femmes. On n’oubliera pas également que la Révolution de 1789 fut chaste, tout comme le peuple qui l’avait faite. Bref, le peuple n’est pas libertaire. Tout au contraire puisqu’il a gagné sa dignité tardivement et que la dignité s’accorde mal avec des mœurs déviantes. Mais nos intellectuels de gauche comme de droite ont imposé ces déviances comme autant de comportements naturels, « normaux », face à des normes bien moins tolérantes au sein d’une société française pétrie de morale chrétienne.

    L’extrême droite a récupéré, elle, ces normes soi-disant dépassées et en bénéficie toute seule puisque tous les autres, sans exception, on voulu « faire moderne » en s’alignant sur les intellectuels parisiens. Alors que la gauche, pour être proche du peuple, aurait dû récupérer ces valeurs et envoyer au diable les douteux comportements de ses élites. Mais non, il fallait plaire aux gais à défaut d’obtenir le vote des agriculteurs. Et puis, n’est-ce pas, « l’Etat ne peut pas tout » ! Autre abandon de la gauche. Car, en fait, l’Etat peut beaucoup de chose et dispose d’un arsenal de « persuasion » phénoménal. Encore faut-il vouloir s’en servir comme semble le vouloir l’extrême droite actuelle, plus crédible ici et que la gauche bien sûr, et que le sarkozysme médiatique (et seulement médiatique)

    Bref, vouloir retourner les sondages actuels demande énormément de travail, et pas seulement de communication : il faut aussi que les responsables politiques se persuadent qu’ils ont failli. Or ils ne le feront pas : l’UMP présentera un Sarkozy cherchant essentiellement à reprendre des électeurs au FN et le PS se raccrochera à DSK, encore plus anti-étatiste et ultra libéral que les plus libéraux des UMP. Dans l’un comme dans l’autre cas, le « survivant » sera élu « contre » l’extrême droite. Qui sera en mesure de l’emporter 5 ans plus tard. « Mais pourquoi ont-ils tué Jaurès ? » Jamais l’interrogation de feu Jacques Brel n’aura été d’autant d’actualité !


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