• Quand l'économie l'emporte sur la politique

    Le commerce intra régional africain :

     Quand l’économie l’emporte sur la politique

     

    Son histoire n’est pas celle de vos dirigeants et ses péripéties montrent clairement que ces derniers peuvent, au mieux, tenter d’accélérer le rythme de sa croissance

     

    Il m’arriva jadis, quand je dirigeais un journal économique, de ressentir un peu de condescendance de la part de collègues politiques qui officiaient, eux, dans la revue phare du groupe, celle qui traitait de politique, de société et de culture – pardon, de Culture… Ce mépris pour la chose économique ne venait pas seulement de l’ignorance des dits collègues : à l’époque, les services commerciaux n’avaient pas leur mot à dire dans les rédactions « politiques » Mais il était admis que les journaux économiques puissent s’accommoder de quelques « arrangements » et je me souviens d’ailleurs qu’afin de me débarrasser une fois pour toute des pressions communicantes, j’avais créé une rubrique « Informations commerciales » dans ma revue…

    C’était il y a près de trente ans. Aujourd’hui, tous les profanes savent que lorsque les commerciaux continuent à ne point participer aux conférences de rédaction, ils interviennent en amont quand ils ne censurent pas purement et simplement en aval. Les journaux papier vivent d’abord de publicité, ensuite des recettes des ventes au numéro ou d’abonnement. Mais la condescendance est bizarrement restée : les journalistes économiques seraient-ils plus « couchés » que les autres ?

    Je ne vais pas vous donner ici mon sentiment sur la question mais je vais vous démontrer que « tout est politique » ou, plutôt, que c’est la politique qui est dominée par l’économie et non l’inverse. Et pour ce faire, je vais partir d’un exemple a priori rebutant pour la plupart d’entre vous, le commerce interafricain.

    Vous avez tous entendu au moins parler un jour des allumettes sud africaines, des tomates et oignons camerounais ou des pommes de terre du Fouta Djalon. Mieux encore car plus anciens, vous souvenez-vous du poisson séché importé de la mer que vous mangiez soit avec des brisures de riz, soit avec du manioc, assaisonné d’huile de palme non raffinée et de piment ? Ce trafic de poisson séché est immémorial est il s’agit très certainement de l’un des tout premiers échanges économiques de votre continent. Trafic qui généra l’introduction de langages commerciaux tel le Lingala en Afrique centrale ainsi que la mise en place de rouages parfois très sophistiqués comme celui qui se mit en place il y a des millénaires le long du fleuve Congo. Et si le nœud Kinshasa/Brazzaville est si important aujourd’hui, c’est tout bêtement parce que les marchands qui descendaient le fleuve devaient s’en remettre, là et pas ailleurs, à une autre confrérie marchande qui faisait le lien avec les habitants de la côte atlantique.

    Le système mis en place par les colons, le pillage d’abord et en commençant par les razzias, puis l’économie de traite, a profondément perturbé ces vieux schémas, supprimant notamment tous les intermédiaires que le vieux commerce interafricain avait généré : avec les étrangers, seuls quelques produits furent privilégiés, uniquement pour l’exportation vers leurs métropoles et avec un ramassage organisé entre un port maritime et des pénétrantes  vers les lieux de production de ces denrées et minerais privilégiés.

    Bien d’autres éléments de la vie sociale africaine furent également balayés : qui se souvient par exemple des impôts avant leur arrivée ? Car il y avait des Etats et donc la fiscalité nécessaire à leur entretient. On sait que la mobilité des habitants était fréquente, des familles entières n’hésitant pas à parcourir des centaines de kilomètres pour trouver de meilleures conditions de vie : forcément les impôts devaient-ils rester légers. Et l’on sait aussi, du fait de sa persistance un peu partout en Afrique, que la dévolution des terres étaient le domaine réservé des chefs : sans doute les heureux récipiendaires devaient-ils une soulte aux dits chefs tout comme les bénéficiaires de terres et d’instruments agraires au Sénégal continuent-ils à en verser aux confréries musulmanes qui les leur ont fournis ?

    Je laisse le soin aux historiens africains de creuser cette question et en arrive au renouveau du commerce interafricain. Car renouveau il y a comme j’ai pu le constater au cours de mes nombreuses pérégrinations sur votre continent, ayant de mes yeux vu des centres commerciaux de gros interafricains tel celui de Kyossi/Ebebeyin aux frontières du Cameroun, de la Guinée Equatoriale et du Gabon. Des endroits où tout se payait en billets, par liasses entières. Et des endroits où, aujourd’hui, les grossistes se révoltent quand ils voient les négociants vouloir les éviter (eux et leurs commissions) en changeant simplement les chauffeurs  de leurs camions quand ils passent les frontières : les liasses de billet sont ici remplacées par de simples jeux d’écritures interbancaires…

    La CNUCED, Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement, organisme onusien dont je surveille particulièrement les travaux, vient de chiffrer, pour la première fois, ce commerce interafricain. Je ne vous donne que la place de ce commerce dans chaque pays africain (voir tableau 4), donc un simple ratio en % du PIB et non des chiffres en dollars car les statisticiens onusiens n’ont pu faire qu’avec ce qu’ils avaient, donc avec des marges d’erreur beaucoup trop importantes. Notamment du fait de l’importance de l’informel dans les économies africaines (graphique 3), importance à mon sens minorée par la CNUCED : car l’Afrique est encore rurale à 50% tandis que les productions agricoles alimentaires basiques n’y sont que rarement soumises à impôts et donc comptabilisables.

    Arrêtons-nous un instant, chers amis non économistes, sur ces premières données : car déjà vous pouvez sentir leur poids sur la politique de votre pays. Les pays qui vous achètent des biens et services d’abord et dont votre prospérité dépend donc un peu voire beaucoup. Pour que vous puissiez saisir ce concept d’un seul coup d’œil, j’ai extrait d’un long tableau les principaux partenaires des seuls plus grands pays d’Afrique (tableau 5) En une courte vision seulement, vous pouvez comprendre pourquoi l’Afrique du sud n’est pas intervenue pour sauver Gbagbo en Côte d’Ivoire et pourquoi le Nigeria, habitué à la cohabitation entre Musulmans sahéliens et Chrétiens ou Animistes forestiers , s’est mêlé de ce conflit affectant son premier client. Et l’intervention éthiopienne en Somalie s’explique tout aussi naturellement… 

    Au-delà de ces exemples tout de même extrême, vous pouvez comprendre que votre pays sera bien plus attentif à ce qui se passe chez l’un de ses principaux clients ou fournisseurs qu’à ce qui se passe dans d’autres pays moins économiquement proches : ce n’est pas la politique qui induit les relations économiques mais tout l’inverse : voyez, autre exemple extrême, le soutien français à une rébellion syrienne financée et armée par les financiers de la France que sont l’Arabie saoudite et le Qatar…

    L’informel renvoie, lui aussi, à deux phénomènes très politiques : la puissance des Etats d’une part, les politiques fiscales de l’autre. L’informel africain est le plus puissant du monde alors que les Etats africains, tués dans l’œuf par les politiques d’austérité imposée par la Banque Mondiale et le FMI, comptent parmi les plus désorganisés du monde. La corrélation paraît incontournable, surtout quand on voit que l’informel est faible là où les Etats sont forts et ont les moyens de contrôler le détail de l’activité économique de leurs pays. Il existe donc en Afrique des pans entiers des économies locales qui échappent et à l’impôt, et aux statistiques. Je me souviens d’une discussion avec un ministre camerounais m’informant de la trouvaille de son gouvernement pour inciter les entreprises de l’informel à s’inscrire à la chambre de commerce : ne donner des marchés publics qu’à des entreprises dûment estampillées et payant des impôts. Las ! J’eus peu de temps après une autre conversation, avec un chef d’entreprise cette fois-ci : « mon cher monsieur, il suffit de créer une entreprise bidon, enregistrée, elle, et qui soumissionnera. Puis elle sous-traitera auprès de votre entreprise informelle » C’est comme la course entre le gendarme et le voleur : dès que l’un a un avantage, l’autre fait tout pour le surmonter…

    La fiscalité, c’est une autre paire de manches. Avant les Indépendances, les ruraux étaient soumis à un impôt très particulier : ils devaient fournir un quota de « produits tropicaux » par village : ici du coton, là du café, pour schématiser. Si bien que, les colons partis, les ruraux arrêtèrent de produire ces denrées pour lesquelles ils n’étaient pas payés. Et c’est ainsi que la production de coton par exemple s’effondra dans certains pays comme la République Centrafricaine. Les Etats vivaient alors essentiellement des droits de douanes sur les importations et ne souhaitaient pas s’aliéner les masses paysannes : les quotas furent remplacés souvent par des « capitations » aux montants relativement légers. Mais tout aussi mal vus que les quotas quand il fallut augmenter les dépenses centrales et donc les recettes : Patassé, premier président élu de Centrafrique après la déposition de Bokassa, dut ainsi promettre de supprimer la capitation dont le poids avait considérablement augmenté du fait des dépenses du couronnement. Ce qu’il fit comme beaucoup de ses pairs africains d’ailleurs, en remplaçant cet impôt impopulaire par des taxes sur les intrants ainsi que par un impôt sur les exportations des produits dits de rente (coton, café, etc., on en revient à l’impôt des colons) : on renchérit donc le prix des exportations dans un monde de concurrence mondialisée et il va bien falloir que les dirigeants africains « cent fois sur le métier remettent leur ouvrage » Certains le font d’ailleurs, tentant de créer un véritable impôt sur les revenus. Encore faut-il disposer d’un corps d’inspecteurs compétents, ce qui ne semble être le cas que de quelques pays seulement, en Afrique du nord et en Afrique du sud…

    Les faits économiques appellent donc tous des réponses politiques que d’aucun s’ingénient à expliquer par je ne sais quels combats entre tel ou tel chef : le vainqueur n’a pas d’autres choix que de répondre au fait économique, qu’il s’agisse de mieux répartir la croissance quand la pression sociale est trop forte ou de relancer la dite croissance quand les acteurs économiques n’ont plus la foi. La mondialisation les force par ailleurs à présenter le visage le plus avenant aux fameux « investisseurs internationaux », multinationales comme fonds d’investissement. Et, à cet égard, les statistiques commerciales sont sans doute aussi importantes que le coût des facteurs de production : c’est bien de produire, c’est mieux de vendre !

    Jeter donc ici un coup d’œil aux graphiques 1 et 2, soit d’une part l’image que donne votre continent au monde en matière de commerce international et, de l’autre, l’importance relative de chacune de vos sous-région dans ce commerce. L’Afrique ne compte pas, premier point ; et dans cette image plutôt négative, notez les places prépondérantes des Afriques du nord et du sud. En matière d’image, l’Afrique a du pain sur la planche !

    Le moins qu’on puisse dire et que les émigrés, ambassadeurs de fait de leur pays d’origine dans leur pays d’accueil, ne sont pas d’un grand secours quand ils ne sont pas carrément contre-productifs : le langage très négatif des médias occidentaux trouve matière à forcer les traits dans bon nombre de discours et d’écrits des dits émigrés. Songez par exemple au travail de sape effectué par bon nombre de Kabyles dans un pays, la France, qui n’a pas encore digéré la décolonisation de l'Algérie. Ou bien aux opposants politiques qui confondent leur pays d’origine avec le régime politique qu’ils ont fui. Car la croissance est là, en dépit de ces régimes honnis par eux et la problématique locale n’a rien à voir avec celle que véhiculent complaisamment les médias occidentaux. Le résultat, quoiqu’il en soit, est là : parmi les grands changements constatés ces dernières années dans les économies africaines, le changement de partenaires est très certainement l’un des plus notables : aujourd’hui, l’Afrique échange presque autant avec les pays en développement qu’avec l’Occident. Et ce sont des pays qui ont peu accueilli d’émigrés qui investissent aujourd’hui le plus sur le continent : la politique, le dénigrement constant de leur pays par les émigrés, n’a pas vaincu les économies africaines. Ce sont ces dernières qui ont comblé autrement le vide induit par l’image détestable de l’Afrique en Europe. Au bout du compte et là encore, le dernier mot est revenu à l’économie…

    Cela ne veut pas dire que les gouvernants n’ont pas de choix. Ils peuvent même et parfois changer le cours de l’histoire économique. Mais seulement s’ils respectent la réalité : voyez par exemple ce qui se passe actuellement dans le domaine du blanchiment international de l’argent sal. Qui pouvait penser, il y a seulement cinq ans, que les banques suisses allaient plier devant les Etats occidentaux et accepter de lever le secret bancaire ? Dans deux ans tout au plus, ce secret n’existera plus sur le vieux continent. Il faudra aller en Asie et en Amérique latine pour cacher ses biens mal acquis, donc à partir de montants bien plus élevés qu’aujourd’hui dans cette Suisse qu’on pensait inamovible sur ce plan (le droit d’entrée minimum dans une banque suisse était de l’ordre de 300 000 $. Pour une banque de Singapour, il faut au moins 1 million de dollars) Et cette politique a été complétée par une interdiction d’achats en liquide au-delà de montants assez faibles (3000 € en France, 5000 en Belgique, 15000 en Allemagne…) ainsi que par la mise à mort du marché de l’or en Europe (en cours) : il fallait de la concertation internationale et de la volonté politique face à un phénomène, l’argent sal, qui devenait incontrôlable.

    Le gouvernement éthiopien, autre exemple, a fait littéralement feu de tous bois pour doper son économie, essentiellement agricole : jusqu’à la location de terres aux Chinois mais sans oublier les nombreux encouragements aux petites entreprises ni la revalorisation des grands circuits agraires comme celui du café. Au bout du compte, une économie qui, sans ce dopage, aurait crû de 4%/an environ, s’est envolée au-delà de 8% ! Et, ce, sans vraiment s’adonner à un usage démocratique très poussé : la démocratie, soit la chose politique pure, n’a pas de lien démontré avec la réussite économique (la stabilité politique joue par contre un rôle non négligeable)…

     

    Encadré

    De la macroéconomie à la chronique boursière

    Dans ma jeunesse, on apprenait essentiellement la « macro économie », soit les relations des humains aux niveaux nationaux et internationaux. Ce qui conduisait un nombre non négligeable d’étudiants à explorer avec bienveillance des doctrines désagréables pour ceux qui combattaient farouchement alors le « Communisme » : très certainement la Guerre Froide a-t-elle joué un rôle en Occident dans la disparition de la macro économie tant à l’école que dans les médias.

    J’ai vu enfler la « micro économie » dans la presse. A la fin des années 1980, plus un journaliste européen ne pouvait mettre en cause la primauté du privé sur le public. Je me souviens m’être fait morigéner pour avoir osé écrire que les gestions tant publiques que privées de la navigation fluviale centrafricaine avaient échoué et que le mode de gestion importait moins que le courage des dirigeants, quels qu’ils soient, face à la prédation gouvernementale (un ministre qui confondait allégrement les caisses de l’entreprise avec son portefeuille personnel)

    Aujourd’hui, c’est pire encore : tandis que les articles «micro économiques » ne sont plus que des sagas à la gloire des entrepreneurs, la chronique boursière s’est emparée du reste, s’accaparant jusqu’au terme « d’investisseurs », appellation désormais réservée aux spéculateurs à court terme. Et je vous défie de trouver en Europe un seul texte (récent) de méditation macro économique…

     

     

     

    1-      Part de l’Afrique dans le commerce mondial

    (Moyenne 2000-2010)

    Source : Rapport 2013 sur le développement économique de l’Afrique

     

    2-      Place relative des régions africaines dans le commerce mondial

    (Moyenne 2000-2010)

    Source : Rapport 2013 sur le développement économique de l’Afrique

    3-      L’économie informelle en pourcentage du PIB

    (Selon Thomas Schneider, économiste, série statistique de 2012)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    4-      Ratio Commerce intra régional/PIB

    Pays

    1995-2000

    2007-2011

    Afrique du sud

    14,1

    6

    Algérie

    0,8

    2

    Angola

    15,3

    4,7

    Bénin

    8,7

    11,4

    Botswana

    59,3

    39,5

    Burkina Faso

    9,7

    11,9

    Burundi

    4,1

    10

    Cameroun

    4,7

    9,4

    Cap Vert

    1,8

    1,4

    Comores

    5,4

    7,9

    Congo

    5,4

    6,6

    Côte d'Ivoire

    14,7

    24

    Djibouti

    6,4

    6

    Egypte

    0,6

    2,5

    Erythrée

    3,9

    6,3

    Ethiopie

    1,7

    2,9

    Gabon

    3,2

    5,5

    Gambie

    3,9

    8

    Ghana

    10,5

    10,9

    Guinée

    4,2

    5

    Guinée Bissau

    5,3

    7,3

    Guinée Equatoriale

    13,7

    10,9

    Kenya

    8

    11,6

    Libye

    2,8

    2,4

    Lesotho

    105,8

    75,2

    Liberia

    3

    3

    Madagascar

    3,6

    5,2

    Malawi

    26

    30,6

    Mali

    19,6

    25,4

    Maurice

    10,3

    8,6

    Mauritanie

    8,1

    12,5

    Maroc

    2,3

    3,5

    Mozambique

    15,4

    23

    Namibie

    54,2

    26,7

    Niger

    11,1

    15,2

    Nigeria

    4,6

    5

    Ouganda

    10,4

    15

    Rép. Centrafricaine

    3,8

    4,3

    Rép. Dém. du Congo

    7

    23,5

    Rép. Unie de Tanzanie

    5

    10,2

    Rwanda

    5,5

    13,4

    Sao Tome

    5,4

    12,1

    Sénégal

    10

    14,8

    Seychelles

    10,6

    13,8

    Sierra Leone

    1,6

    17

    Somalie

    Soudan

    2,2

    1,9

    Swaziland

    102,4

    63

    Tchad

    7,6

    5,5

    Togo

    16,9

    21,4

    Tunisie

    4

    8,2

    Zambie

    22,2

    31,9

    Zimbabwe

    27,7

    58,7

    Total Afrique

    13,9

    14,8

    Source : Base de données statistiques de la CNUCED

     

    5-       Commerce interafricain : situation des principaux pays africains

     

    Pays

    Principaux produits exportés en Afrique

    Principaux produits exportés dans le monde

    Principaux clients africains

    Afrique du Sud

    Automobiles, hydrocarbures

    Métaux précieux, charbon

    Zimbabwe, Zambie, Congo, Angola

    Algérie

    Hydrocarbures

    Hydrocarbures

    Maroc, Egypte, Tunisie, Liberia, Ghana

    Angola

    Hydrocarbures, navires

    Hydrocarbures, produits de bijouterie

    Afrique du sud, Ghana, Mozambique, Côte d’Ivoire, Niger

    Egypte

    Or, hydrocarbures

    Hydrocarbures

    Afrique du sud, Libye, Soudan, Maroc, Algérie

    Ethiopie

    Produits alimentaires

    Café, oléagineux

    Somalie, Soudan, Djibouti, Egypte, Kenya

    Maroc

    Produits alimentaires, engrais

    Automobiles, produits alimentaires

    Algérie, Tunisie, Sénégal, Mauritanie, Egypte

    Nigeria

    Hydrocarbures, navires

    Hydrocarbures

    Afrique du sud, Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun, Sénégal

    Source : Base de données statistiques de la CNUCED

     


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