• Que penser des premires jours de Hollande

    Que penser des premiers jours de Hollande ?

    (fin octobre 2012)

     

    Je n’ai rien écrit sur le nouveau président socialiste car j’avais tout dit dès le lendemain des élections : les sociaux libéraux allaient faire mieux que la droite en matière de réduction de la dette mais n’arriveraient pas à éviter la récession, si bien que leur « mieux faire » ne servirait à rien (récession = moindres rentrées fiscales = endettement encore plus élevé qu’avant) Et, écrivais-je, nous, irions dans le mur « une rose à la main »

    Tout cela est en train de se vérifier, au-delà même de mes pires craintes : passés les premiers moments euphoriques, la vérité du social libéralisme s’installe : recul sur à peu près tous les sujets. J’avais écrit que le nouveau gouvernement n’irait pas jusqu’à imposer les revenus du capital au niveau des revenus du travail : gagné ! J’avais écrit qu’ils surimposeraient par contre les grosses bagnoles : presque gagné. En fait, ils vont sous imposer les petites voitures. J’avais écrit qu’ils maintiendraient les 75% : presque gagné car ils les retirent pour les artistes et je ne sais plus qui encore. Vous observerez qu’ils n’ont pas touché aux œuvres d’art, lobby des commissaires priseurs oblige. Ni aux startups, lobby des « pigeons » oblige de son côté. Et la grande bataille contre les dépassements d’honoraires a accouché d’une souris.

    C’est tout juste si nous n’avons pas eu droit au « choc de compétitivité », 30 à 50 milliards d’euros de charges patronales en moins prise en compte par la CSG : heureusement qu’il y a les municipales l’an prochain ! J'ai écrit ça il y a 15 jours, avant de partir pour la Toussaint. Je corrige donc : En fait, si, nous y avons eu droit : 30 milliards d'euros dans la poche de patrons qui s'empresserons de ne pas investir faute de clients. Et qui les laisserons dans leur poche... Bref, cette fausse gauche réfléchit exactement comme la droite quand il s’agit de gouverner : en bons et loyaux libéraux atlantistes et européanistes. Hollande a soi-disant rectifié le discours de Dakar de son prédécesseur Sarkozy. Tu parles, Charles ! Il a dit exactement la même chose mais en moins direct. Et il s’est refusé à tout repentir : les repentirs, c’est bon pour les seuls Juifs qui votent, eux. La racaille africaine ne vote pas quand elle a des papiers et n’en a pas pour bon nombre de ses membres, CQFD ! Et il se montre tout aussi guerrier que Sarkozy. Simplement, la Syrie n’est ni la Libye, ni la Côte d’Ivoire (où ce membre de l’international socialiste est devenu l’ami de Ouattara et de Blaise Compaoré) et ses envies de tueries sont quelque peu empêchées par la Russie et la Chine. Au Mali, il voudrait bien intervenir aussi. Mais là, ce sont les Algériens et les Américains qui freinent. Bref, notre nouveau chef des armées a moins d’espace que l’ancien, c’est la seule chose qui les différencie.

    Bref, vous aurez compris que Hollande, qui n’était déjà pas ma « tasse de thé » l’est encore moins aujourd’hui : en quelques mois, il a réussi à montrer aux Français qui avaient voté pour lui avec des pincettes, dont moi, qu’ils avaient raison d’être plus que méfiants. Alors, nous disent ses supporters, Marianne en tête, il est victime d’une descente en flamme de la part des médias tous inféodés à la droite. Ce qui n’est pas totalement faux. Mais le Front de Gauche, que je sache, n’est pas de droite. Et il a tout de suite senti les odeurs nauséabondes de l’ultra libéralisme caché derrière une parure vaguement sociale (on ne peut plus parler de socialisme dans le cas de ce nouveau pouvoir exécutif) Et encore : vaguement sociale uniquement envers les « bons Français » Pour tous les immigrés, ça attendra, « l’opinion publique n’est pas prête… » Peut-être Hollande aurait-il dû s’appuyer aussi sur un gai luron de gauche pour équilibrer Valls. Mais il semble ne même pas y avoir pensé. La communication du nouveau pouvoir est à chier. Et comme sa politique l’est aussi…

    Le Hollande, il aurait tapé du poing sur la table en disant, schématiquement, « vous me donnez une autre Europe où nous allons travailler sérieux sur le retrait de la France de ce merdier ultra libéral », toute l’Europe sauf les Anglais (mais on s’en fout) nous aurait mangé dans la main et il y a belle lurette que la BCE aurait eu le droit d’émettre des « euro bonds » Mais non ! Notre sous-préfet (car il ne dépasse pas ce niveau) a préféré tenté d’accommoder la Merkel à la sauce compromis. Tu parles ! Elle a ses élections législatives dans un peu plus d’un an, la dame, et fort mauvais caractère. Le compromis a volé en éclat jeudi dernier et même ce qui était déjà accepté, soit le contrôle des banques au niveau européen, a été remis en question. Bref, c’est un ratage total, et de la méthode, et de la politique elle-même. Car sans relance européenne, l’austérité budgétaire ne va conduire qu’à plus d’endettement, et la soumission aux « marchés », qu’à des taux d’intérêt plus élevés et encore moins supportables.

    En l’occurrence, il n’est guère satisfaisant d’avoir raison. Savoir que son pays est mal gouverné n’est pas agréable. Mais cela fait partie du déclin occidental, plus rapide que prévu : les magouilles continuent dans la tempête…


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