• Quelle civilisation pour demain

     

    Quelle civilisation pour demain ?

     

    Cette fois-ci et pour répondre en fait à ce malotru de Claude Guéan (malotru = grossier, ma élevé), je vais vous parler de civilisation. Mais pas à sa façon, de manière beaucoup plus moderne : car nous vivons tous ou presque aujourd’hui sous la férule de l’Anglos-saxonisme d’affaires. Vous savez peut-être que l’un des enseignements de Luther était que Dieu ne peut s’occuper de nous dans le détail, contrairement à ce que disait à l’époque l’Eglise de Rome, car il est beaucoup trop loin des hommes pour voir même ce détail. C’est qu’aussi à cette époque, on commençait à concevoir l’immensité de l’Univers…

    Bref et en très peu de temps, cette conception d’un Dieu lointain et, quelque part, ne s’intéressant pas vraiment à nos petites histoires d’humains, a accouché de la notion d’individualisme, du moins chez les Anglo-Saxons de Grande Bretagne puis des Etats Unis. Comme les premiers puis les seconds ont fini par devenir les maîtres du Monde chacun à leur tour, le concept a prospéré jusqu’à cannibaliser les pays latins : la France donna aux dits latins « le » philosophe de « l’existentialisme », j’ai nommé Sartre ! Philosophie qui n’est ni plus ni moins que l’individualisme anglo-saxon traduit dans un jargon prétentieux. Notez que les Asiatiques riches et modernes sont eux aussi « individualistes » mais doivent surmonter, pour assouvir leur nouvelle philosophie, des traditions qui ont heureusement la peau dure. Et je ne parle pas des Africains, les humains les plus adaptables de toute l’histoire de l’humanité : d’une part l’animisme (ou « les » animismes car il y a plusieurs variantes) part également du postulat d’un être suprême trop éloigné des hommes pour s’en préoccuper, d’autre part l’Islam est une religion éminemment individualiste, enfin et si la solidarité joue toujours entre les pauvres, les riches, eux, regardent de plus en plus la dite solidarité comme un boulet, voire un « frein au développement ». Bref, ce ne sont pas les Occidentaux qui peuvent changer quoi que ce soit à un présent déjà très solitaire, mais les Asiatiques, à commencer par les Chinois. Dont la philosophie basique est fondée sur la famille. Avec une pesanteur assez phénoménale : les chinois dans leur ensemble n’ont en effet pas connu de religion avant que le Bouddhisme indien ne les atteigne, assez déformé d’ailleurs. Auparavant, leurs grandes croyances furent laïques, fondées sur les enseignements de hauts fonctionnaires de l’empire, dont Confucius. Si bien que les croyances religieuses primordiales, le culte des ancêtres, a perduré même jusqu’à nos jours. Et, contre cela, même un hyper milliardaire le plus égoïste soit il ne peut rien : la famille s’impose à lui tout comme elle s’impose au plus petit paysan du fin fond des campagnes les plus reculées. Et qui dit solidarité familiale étend la notion au groupe : l’entreprise puis le pays. Bref, chez les Asiatiques, ont reste profondément solidaire, avec bien sûr les inconvénients de la chose. Mais qui pèsent finalement peu face aux conséquences désastreuses de l’individualisme tant dans la famille que dans le monde du travail :

    -          Dans la famille, c’est d’abord l’abandon des personnes âgées, considérées comme une gène. Et c’est aussi l’abandon des enfants au système scolaire. On a vu les résultats de ces abandons, les coûts phénoménaux de prise en charge des uns et des autres ainsi que l’échec des systèmes scolaires à remplacer l’éducation des parents. 

    -          Dans le monde du travail, c’est le carriérisme forcené des plus forts (pas forcément les plus compétents) et la fin du respect des travailleurs par un patronat délivré du syndicalisme. D’où le retour des fameuses « cadences infernales » et du management par la peur. D’où un niveau de stress jamais atteint même aux pires moments du 19e siècle et, là encore, un coût médical phénoménal.

    En résumé et si notre monde ne change pas radicalement de philosophie de masse à cet égard, demain sera l’enfer d’aujourd’hui en plus dur encore. Sauf que, peut-être, nos enfants se seront habitués à souffrir en silence et à mourir jeunes de maladies cardio-vasculaires. C’est ce vers quoi les amènent votre égoïsme et vos courtes vues d’aujourd’hui (j’écris courtes vues pour ne pas faire de mal aux âmes sensibles. Mais j’aurais dû écrire en caractère gras « votre bêtise crasse » !) Heureusement pour  les dits enfants, ne vous ai-je pas aussi prévu un monde dirigé par les Asiatiques ? Et, dans ce cas, ce sont leurs valeurs qui, progressivement, prendront la place des vôtres. 1 + 1 = 2 et, si cela se passe bien comme l’annoncent les possibles et les probables, la solidarité leur sera étrangement imposée par leurs vainqueurs, leurs envahisseurs.  Du moins après qu’ils aient d’abord contenté les leurs, voir le cas d’Arcelor-Mital…

    En fait, le futur ici ne dépend plus de vous, tout comme un club de football aux frontières de la relégation ne peux plus compter que sur les faux pas des moins bien classés pour s’en sortir. Face aux rouleaux compresseurs que représentent d’ores et déjà la Chine et l’Inde, toutes nos valeurs n’ont plus qu’à bien se tenir ! Même les religions : croyez-vous que le Christianisme développé sur l’injustice et le sang puisse tenir longtemps face à un bouddhisme modernisé. Tout comme un Islam en voit d’être battu par l’Occident tout comme la laïcité combative le fut avant lui ? Je ne vois en fait que l’Afrique, délaissée par tous après avoir été longtemps maltraitée et pillée, qui puisse encore peser culturellement sur le Monde d’après demain. Avec un retour sur une métaphysique aujourd’hui en perdition et une solidarité qui englobe l’ensemble du genre humain. Savez-vous par exemple que, bien que le Christianisme prône le pardon des offenses, ce sont les Subsahariens qui le pratiquent, qu’ils soient Chrétiens, Musulmans ou Animistes ? Et que, dans leurs justices ancestrales, il n’y avait pas de condamnation à mort mais des réparations ? Et que chez eux, du moins tant qu’ils n’ont pas goûté au poison mortel de l’argent, la solidarité est autant affaire de famille que de tribu que d’ethnie que de nation puis que de continent ? Tout dépend du contexte… Mais ce sont des sauvages, non ?! Et « toutes les civilisations ne se valent pas » non plus ?!


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