• Quid du marxisme ?

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 19<o:p></o:p>

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    Quid du marxisme ?<o:p></o:p>

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    Les actuels leaders du socialisme français sont tellement nuls que je me suis demandé s’ils savaient seulement ce qu’était le « marxisme ». La notion de base, quand même, de tout « socialiste » digne de ce nom. On peut comprendre que des militants de base ignorent ce pourquoi ils se battent : le phénomène est universel. Mais que des dirigeants socialistes ne le sachent pas, ça, ça m’épate ! Et pourtant… Si vous regardez à la loupe (la bonne grosse loupe optique de base, pas la peine de microscope électronique ici !) les dires et les écrits des Lang-Jospin-Royal-et-j’-en-passe, vous pouvez légitimement vous poser la question : les mecs et les nanas issus de l’ENA ne font jamais référence à l’idéologie qui a donné le jour au courant politique qu’ils dirigent. Hormis peut-être Jacques Attali, l’ex-conseiller de Mitterrand (qui, lui, avait lu Marx), auteur en effet d’une intéressante biographie de Karl Marx.

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    Je vous dois donc quelques éclaircissements à ce sujet. Sinon, vous ne saurez jamais si vos idées de réforme sont « socialistes » ou non. Voici donc ce qu’est, en résumé, le marxisme :

    -         C’est d’abord l’idée que l’évolution est le fruit de la lutte des classes (on appelle ça le « matérialisme historique », le fait que l’histoire évolue non avec les idées mais avec les réactions des masses face à leur condition matérielle). Et, dans cette lutte des classes, il y a la classe des prolétaires (prolétaire : personne n’ayant pour vivre que son salaire, Petit Larousse) dont, quand Karl Marx vivait, les ouvriers étaient les représentants les plus caractéristiques. Ces prolétaires s’opposent bien sûr aux capitalistes (personne qui possède des capitaux ou en fournit à une entreprise, toujours le Petit Larousse) qui les exploitent en les sous-payant. Et en augmentant donc leur richesse sur le dos des prolétaires…

    -         C’est ensuite l’idée de la dialectique historique : la lutte des classes n’est pas un « courant continu », c’est une succession de ruptures provoqués par des situations (matérielles, bien évidemment) et des réactions à ces situations. C’est de la philosophie pure ici et vous pouvez parfaitement avoir envie de décrocher. C’est pourtant très important car Marx, à mon avis, a commis ici une erreur fondamentale : l’homme n’évolue pas seulement « dialectiquement », c’est-à-dire en réaction à des situations matériellement désagréables qui lui sont imposées : il évolue beaucoup plus par mimétisme, en copiant des exemples qui lui paraissent appropriés pour s’adapter aux dites situations. Et l’Histoire est le fruit et d’une dialectique (pas forcément matérialiste d’ailleurs, les idées, le « Verbe », conservent une énorme importance chez l’homme, cet animal doué d’un cerveau démesuré) et du mimétisme (toujours pas forcément matérialiste). En fait, le matérialisme dialectique n’est pas faux mais il est une simplification abusive d’une réalité beaucoup plus complexe. J’y reviendrai…<o:p></o:p>

    -         Ce sont enfin les solutions avancées par Marx et son copain Engels pour résoudre le problème matériel des prolétaires : le communisme d’un côté (l’appropriation collective des moyens de production, donc les nationalisations) ; et l’internationalisme de l’autre (donc la fin des guerres qui auraient toutes comme finalité l’appropriation de biens matériels). Bien entendu, les idées de Marx et Engels sont plus sophistiquées. Mais ce petit résumé leur reste parfaitement fidèle.<o:p></o:p>

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    Pourquoi tout cela s’est-il écroulé au cours des dernières décennies, au point qu’un historien américain, Francis Fukuyama, a même osé parlé de la « fin de l’histoire » en contemplant la victoire –qu’il a crue définitive- du capitalisme sur la planète Terre ? Pour les raisons suivantes :

    -         L’écroulement du « socialisme réel », soit celui qui avait été établi gouvernementalement (URSS et satellites) fut interne aux pays concernés plus que dû aux attaques des pays capitalistes : c’est par son efficacité économique que le capitalisme a triomphé, en permettant à la fois et l’essor des riches, et l’enrichissement des pauvres. Dans sa compétition avec le capitalisme pour le bien être des peuples, le socialisme a échoué et c’est pour ça qu’il a disparu. Ca, c’est la thèse officielle de l’Occident et de ses médias archi-contrôlés (par la pub d’une part, par le capital de l’autre). Car, dans les faits, la situation est fort différente : dans un premier temps, le socialisme a fait des merveilles économiques, jusqu’à produire une technologie supérieure à celle des pays capitalistes. Sachez à cet égard que l’armement soviétique pendant la 2e guerre mondiale était très supérieur à ses homologues allemand et américain. Voyez par exemple les fameuses « orgues de Staline » ou les chars « T 34 ». Cette supériorité persista jusqu’aux années 60 (souvenez-vous des « Mig-15 » et suivants, de la « kalachnikov » ou encore de Gagarine…). Ca n’est que lorsque le capitalisme développa, aux Etats Unis surtout –suite, d’abord, à l’initiative de grands industriels comme Ford, ensuite au « New Deal » de Roosevelt- puis, tardivement, en Europe, la fameuse « consommation de masse » que le socialisme dit « réel » montra ses limites puis son incapacité à suivre la compétition. Une compétition amplifiée d’ailleurs par Washington avec la «Guerre des Etoiles » qui obligea Moscou à consacrer beaucoup trop de moyens financiers à la chose militaire. Aux dépends de la chose civile et ce, jusqu’à l’écroulement final. Mais, sur le fond, l’impossibilité, pour l’URSS, de suivre l’Amérique dans la consommation de masse est due aussi et, à mon avis, essentiellement, à son refus obsessionnel du marché : la consommation de masse nécessite en effet une libération des « forces du marché », seules à même de répondre, par la concurrence, aux sollicitations d’une demande devenant de plus en plus « folle ». La planification rigide ne pouvait qu’échouer et non, comme l’ont claironné et le claironnent toujours les ultra-libéraux, la propriété collective des moyens de production. Simplement  et pratiquement est-il plus facile d’organiser la concurrence entre des sociétés privées qu’entre des entreprises publiques, CQFD ! D’ailleurs, les Chinois le démontrent en faisant du marché à mort tout en restant communistes…

    -         L’écroulement concomitant des idées socialistes dans le Monde : la prise en main, par les capitalistes, des moyens d’information a été aussi rapide que vigoureuse dès la destruction du mur de Berlin, événement illustratif majeur de l’écroulement du système soviétique. Cette prise de pouvoir est illustrée elle-même et de façon toujours majeure par l’existence de Rupert Murdoch, cet anglo-saxon devenu en 30 ans « le » Citizen Kane du Monde. Mais elle est surtout patente dans la place prise par la publicité dans la totalité des médias modernes : l’information est devenue communication à un point qui ferait rougir de honte les journalistes des années ne serait-ce que 70 s’ils voulaient bien se souvenir du passé récent. Qu’on regarde à cet égard la presse américaine vis-à-vis de la 2e guerre d’Irak : une honte ! Une honte également que ce pénitencier de Guantanamo où pourrissent sans jugement ni avocat ni dénonciation des centaines de présumés terroristes. Une honte aussi que ce flicage mondial d’Internet par le FBI et la CIA, flicage tout autant avoué qu’inutile : il n’empêche nullement les actions terroristes, les machines ne pouvant bien évidemment pas contrôler des milliards d’information à la minute… En attendant, il est bien évident que dans ce système aussi verrouillé que l’était le système soviétique, seuls surnagent les dires « corrects » vis-à-vis du libéralisme. Les élections sont ainsi devenues des véritables farces, aucune pensée non conforme n’étant véhiculée : même les opposants, les « socialistes » gouvernementaux, sont aujourd’hui libéraux : « l’Union européenne empêche toute politique économique autre que libérale », « la mondialisation empêche tout retour en arrière », etc. Et vous le croyez tous dur comme fer, à droite comme à gauche. Comme, hier, les habitants de l’URSS pensaient que les capitalistes faisaient toujours travailler les petits enfants en usine.

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    Je n’écris pas un bouquin ici, juste un article pour relever quelques dysfonctionnements de la pensée socialiste française. Je n’insisterai donc pas, pensant que vous comprenez désormais que la rénovation du PS est bien autre chose qu’une rectification des éléments de la « guerre de ses chefs ». Cette rénovation passe par une critique du marxisme après l’échec historique du socialisme réel. Ce, alors que nous n’étudions plus du tout la « macrosociologie » depuis les années 70 et son abandon, en Occident, au profit de la psychologie et du marketing. Je vous donne ci-après quelques pistes :

    -         L’homme est plus complexe que ne le pensait Marx. A une époque en outre où manger ne devient plus une obsession, il fonctionne avec d’autres éléments psychologiques que les éléments purement matériels. Et ce, même si le « tout fric » est archi vendu par les libéraux et leurs médias impérialistes de merde. Marx prônait l’athéisme à tort, telle est ma conclusion aujourd’hui : l’homme libre, le vrai, ne l’est qu’en surmontant ses pulsions matérialistes. Mais je dis cela aujourd’hui, après la mise en œuvre de la consommation de masse qu’on doit donc prendre en compte dans toute réflexion socialiste. Et après intégration d’autres cultures, notamment orientales, que Marx ne connaissait absolument pas…

    -         La dialectique historique est un leurre : c’est le mimétisme qui l’emporte surtout, notamment via les médias. Et tout travail réformateur passe d’abord par une remise en cause idéologique de l’état existant. Autrement dit, il n’y a pas de fatalité évolutive mais la nécessité d’un véritable déterminisme. Ce qui renforce l’idée que le « Verbe » précède le matérialisme dans l’évolution humaine moderne. Et ce qui condamne encore plus le blairisme… En fait, le « déterminisme historique » implique que l’évolution soit pensée par les masses elles-mêmes. Ca prend du temps, ça relativise vachement l’action politique traditionnelle à court terme et c’est parfaitement et totalement anti-élitiste ! Faut que j’illustre, sinon vous ne pigerez rien : vous voulez majoritairement de la consommation de masse, vous aimez et ne je n’y puis rien. Même les écolo catastrophistes ne vous feront pas changer d’avis. En conséquence, vous votez à droite plus qu’à gauche car vous avez peur des impôts qui peuvent réduire votre pouvoir d’achat ; Vous devenez aussi moins solidaires, toujours à cause de ce satané pouvoir d’achat. Et, progressivement, vous vous enfoncez dans une béatitude pas mal niaise tout en évacuant rapidos toute critique : le peuple, c’est vous et tous ceux qui n’approuvent pas votre mode de vie se trompent. Point barre. Je suis dirigeant socialiste, je suis élu aux plus hautes fonctions (parce que les mecs de droite vous ont fait encore plus peur) et j’ai ça devant moi, ce bloc de consommateurs béats. Première tentation, travailler aux seules marges : la sécurité, l’immigration et tutti quanti. C’est bien ce qu’on fait nos dirigeants depuis des lustres, non ? Avec, juste, des variations dans l’art et la manière de communiquer… C’est ce que j’appelle l’action politique traditionnelle. Mais si vous voulez changer les choses réellement, va falloir mouiller votre chemise ! Et vous mourrez sans doute avant que les dites choses ne changent vraiment : le champs est vaste, de la réglementation vis-à-vis des médias (pour tenter de les sortir du pouvoir des annonceurs) à la levée des boucliers élitistes qui freinent voir empêchent les initiatives de la base (à commencer par les contrôles croissant du fric sur Internet mais sans oublier le malthusianisme d’un nombre fabuleux de professions dont les représentants votent massivement…pour le libéralisme !). En passant par le développement de vos idées dans le public et l’acceptation des critiques du dit public. Vous conviendrez qu’on en est loin, très loin, avec tout juste des cris d’orfraies face à la corruption, surtout des autres, plus quelques autres cris d’orfraies face au réchauffement planétaire (mais les ventes de 4X4 pollueuses continuent à croître en France…) Et on en reste éloigné parce qu’aucun humaniste digne de ce nom ne s’est intéressé au problème. Les dirigeants de gauche, eux aussi, pensent que l’histoire est finie dans ce merdier consumériste et planétairement inégalitaire. Ils consomment eux aussi, tout autant corrompus aujourd’hui que leurs homologues libéraux. Vaguement, dans un coin de leur cerveau, est toutefois logée l’idée qu’il faut « faire quelque chose pour les pauvres » si on veut être réélu. Car tout le monde ne consomme pas massivement tandis que tout le monde vote… Ce, dans un monde bourré de fric à en dégueuler, qui peut se permettre de voir partir en fumée des centaines de milliards d’euros placés en bourse sans s’écrouler. C’est à pleurer, cette gestion minable de l’abondance ! <o:p></o:p>

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    Mais je me laisse aller. Vous voyez où ça nous entraîne, la réflexion ! Ceci étant, vous avez aussi et ainsi une autre piste, celle de la critique du libéralisme à l’heure de l’abondance. Ajoutez-y, pendant que vous y êtes, un peu d’internationalisme, ça ne vous fera pas de mal : pendant que, mettons, 500 millions d’humains se gavent en devenant de plus en plus niais (et méchants, car ils deviennent méchants. Voir leurs pulsions guerrières…), 5,5 autres milliards se mettent progressivement à les haïr. Ca ne vous fait pas peur ? Est-il donc plus urgent, sur ce point, de s’opposer aux délocalisations ou de les accepter tout en « accompagnant » les dites destructions de boulot par une meilleure redistribution interne des richesses ? « Oui, mais on ne sera pas réélus ! » Voir : un politique, rendons-leur quand même cet hommage, est un « pro » de la communication. C’est à lui, pas à vous qui l’avez choisi pour faire ce boulot, de « vendre » vos idées mieux que vous ne le feriez en direct. Et, ce faisant, on voit aussi qu’il faut accepter une certaine dose de marketing, qu’on ne peut pas, comme nos extrémistes, cogner continuellement sur la tête des électeurs potentiels. N’oubliez pas l’exemple des 4X4 cité plus haut : les électeurs vous rejetteront. Point barre. Scindez donc l’idéologie et la communication, comme les gens de droite. Y’a pas de raison d’être plus cons qu’eux…

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    Mais je cause, je cause. Faut bien s’arrêter. Ca n’était que quelques pistes, sachant que l’essentiel est que vous réfléchissiez tout de même à vos origines, le marxisme en constituant une part des plus importantes. Vos dirigeants ne le font pas, faites le à leur place… <o:p></o:p>

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