• En Côte d'Ivoire, tout va se jouer entre Nordistes

     

    Depuis la dernière élection présidentielle remportée par Ouattara mais avec un taux phénoménal d'abstention (les Nordistes, sûrs de gagner, ne se sont pas mobilisés tandis que l'électorat de Gbagbo et une grande partie de celui de Bédié ont boudé massivement les urnes), le pouvoir mis en place par les Français en Côte d'Ivoire ne peut plus tenir le pays.

    Il faut en effet, surtout en Afrique, que les gens respectent le dit pouvoir à défaut de l'admirer. Or cet énorme taux d'abstention a marqué Ouattara au fer rouge du discrédit. L'administration n'a plus peur, elle sait que ce pouvoir est chancelant. On a vu ainsi des juges relaxer Simonne, l'épouse de Gbagbo, mettant la CPI en portafaux total. Et, depuis l'élection, l'armée se rebelle à tour de bras. Sitôt une rébellion éteinte, une autre se soulève. Jusqu'à aujourd'hui où l'on peut dire que les rebelles tiennent plus de pays que l'armée régulière, obligée de battre en retraite à Bouaké, seconde ville du pays. On y a vu de fait des soldats rebelles munis de lance-roquettes dernier cri contre lesquels les engins blindés des soldats fidèles ne peuvent rien.

    Ouattara est en très mauvaise posture d'autant plus que son ami Sarkozy n'existe plus politiquement en France. Obama ne peut plus rien pour lui, la CIA ayant d'abord à tenter de survivre face à Trump avant de s'inquiéter de la "perle de l'Afrique"  L'ONU a changé de secrétaire général et les Russes ne laisseront plus les Occidentaux intervenir en Côte d'Ivoire avec l'aval de la "communauté internationale" Enfin, le nouveau président français ne peut pas se permettre, alors qu'il n'a pas encore de majorité, de marquer son arrivée par une intervention militaire en Afrique de l'ouest (ce serait contre des radicaux islamistes, ce serait autre chose) : l'armée française s'est contentée de prendre position autour des possession de Bolloré au port de San Pedro.

    Les rebelles le savent, d'où leur détermination. Car, militairement, le ramassis de "guérilléros"  qui constituaient les forces rebelles avant le débarquement de Gbagbo par la France, ne valait pas grand chose. Sans l'aide des Français et des forces de l'ONU, l'armée loyaliste ivoirienne aurait gagné la guerre civile : ce sont les hélicoptères français ainsi que les renseignements satellitaires qui ont inversé le cours de cette guerre, pas la détermination et la valeur guerrière des rebelles ! Il fallait d'ailleurs voir le "repli" des soldats de Ouattara à Bouaké pour comprendre que jamais cette armée ne sera capable de reprendre le pays aux rebelles. Avec lesquels il va falloir donc parler. Or ils viennent de signifier son renvoi à Ouattara : pas question de négocier !

    Dans l'état actuel des forces politiques, c'est le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui est le mieux placé pour emporter la mise. Bien que le domicile de son chef de cabinet ait été mis à sac (pour y piquer un stock d'armes !) il reste un chef de guerre craint par les soldats. Donc respecté... Et il fut le 1er ministre de Gbagbo qui ne s'entendit pas si mal que ça avec lui, de son propre aveu et bien que cette primature nordiste à lui imposée par Chirac (les accords de Marcoussis) l'ait obligé à composer avec des rebelles qu'il avait commencé à vaincre sur le terrain. Ce, tandis que les opposants, les "Forestiers" ou les Bantous, restent divisés. Certes, Bédié n'est plus suivi que par un quart au plus de ses électeurs, l'abstention l'a prouvé. Mais il existe toujours et appellera toujours à voter pour les Nordistes. Il ne peut faire autrement car, sinon, il n'existe plus.  Et les partisans de Gbagbo n'ont toujours pas de chef charismatique du niveau de leur leader naturel. Dans l'état actuel de l'opposition, on voit donc qu'elle n'est pas prête à reprendre le pouvoir. On comprend d'ailleurs pourquoi la CPI se ridiculise de plus en plus en gardant férocement un homme qui n'a rien d'un criminel de guerre ni d'un criminel contre l'humanité : les Français préfèrent tuer cette justice internationale qui  ne réunit ni les Etats Unis, ni les Russes, plutôt que de perdre la Côte d'Ivoire en le relâchant (car, lui, gagnerait une élection présidentielle ivoirienne haut la main)

    Voilà l'état des choses. Soro est rentré précipitamment à Abidjan car il a compris que c'était son heure. Tout réside maintenant dans sa capacité à faire partir ou non Ouattara. Avec l'aide évidente des rebelles ! "Ca aide", comme on peut le dire vulgairement... Si Ouattara démissionne, Soro sera son successeur à la fois institutionnel et légitime aux yeux des Nordistes. Si les Français interviennent quand même, alors ils se seront mis aussi les Nordistes à dos et le temps du pré carré sera compté. Gageons que, cette fois-ci, ils soutiendront Soro : eux aussi l'aideront !

    Bref, Ouattara a probablement vécu sa dernière année de règne puisque il est le descendant d'un roi : un roi défait par la remontée des Ashantis, remontée stoppée seulement par la colonisation : déjà, les Européens aidaient des Sahéliens contre les Bantous...

     

    Christian d'Alayer - 16 mai 2017


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  • Jeune Afrique continue à mentir à ses lecteurs

    Christian d'Alayer - 10 mai 2017

    Je pensais en avoir fini avec cette histoire, et bien non ! Après que son créateur, Béchir Ben Yahmed ait écrit que la croissance économique africaine était un leurre, Jeune Afrique  récidive en plus grave encore : "Le développement de l'Afrique, une illusion ?" ose-t-il mettre sur sa Une du 7 au 13 mai 2017. Alors, certes, le signataire n'est plus cette fois-ci Béchir en personne, mais un collaborateur. Lequel ne nie plus la croissance mais la répartition de ses fruits : tout le monde n'en profite pas, écrit-il en substance. Avec, encore, un énorme mensonge en page 23 : pour tenter de prouver que la croissance économique n'a pas été à la hauteur de la croissance démographique, ce "journaleux" ose comparer une courbe en milliards d'habitant à une courbe en pourcentages ! Une aberration totale en matière de statistiques mais bon, quand on a tort et qu'on veut absolument prouver qu'on a raison, tout est bon.  Alors pour ceux qui doutent encore après avoir lu Jeune Afrique, voici les vrais chiffres, extraits des statistiques en ligne de la CNUCED. Vous voyez que la croissance économique africaine est très supérieure à sa croissance démographique depuis 2000 !

    Mais seuls les riches en profitent, écrit en substance l'auteur, citant le Maroc en exemple. Le pays du Makhzen, de la corruption généralisée et institutionnalisée en une pyramide presque parfaite !  Mais bon, peu importe. J'ai déjà et à de nombreuses reprises souligné que le développement passait par une nécessaire accumulation de capital, surtout en Afrique où la croissance est obtenue en la quasi absence d'investissements étrangers (Jeune Afrique sous-titre pourtant "Un continent devenu capital-amical" !) Le phénomène a été, est et restera universel : avant de pouvoir répartir mieux la richesse produite, il faut constituer le capital nécessaire, les locaux, les machines, les moyens de transport, etc.  On n'est pas en Occident où les entreprises n'investissent plus et s'adonnent à un jeu de baisse des coûts salariaux au profit des actionnaires. Lesquels ne savent plus très bien où placer leur argent dont les montants dépassent de loin leurs capacités consommatrices. Alors le journaleux écrit que les salariés ont un téléphone mobile mais pas d'assurance ni de pension de retraite. Je lui rétorque que les salariés en Afrique représentent moins de 20% de la population active dans le continent aux plus forts taux d'entreprenariat et d'autofinancement du monde. Le mec écrit pourtant du Maroc où ses patrons l'ont envoyé enquêter. Sans doute n'a-t-il pas été hanter les faubourgs des grandes villes voir la cohorte d'artisans en tous genres stockant leurs productions sur leurs pas de porte ?!

    Pour ceux que le débat intéresse (Jeune Afrique feint d'en faire un débat...), je leur conseille vivement de consulter mon blog (dalayer.kazeo.com) où se trouvent tous les articles que j'ai écrit sur la question ainsi que mon livre, "Un crime médiatique contre l'Afrique", dans lequel je démontrais que le continent était à la veille du décollage et non à la dérive. Tout dernièrement, il peuvent aussi acheter NewAfrican dans lequel j'ai publié une opinion : "Pour en finir avec l'Afro-pessimisme"

    Car pour moi il n'y a pas lieu à débat, les chiffres sont incontestables, la réalité sur le terrain est visible et seuls, en fait, les intellectuels africains émigrés continuent à déverser leur bile auprès des médias occidentaux qui se régalent de leurs aigreurs.  Sans doute feraient-ils mieux de râler contre le monopole aérien d'Air France ou contre le néocolonialisme français dans ce qu'il continue à estimer être son "pré carré" Mais non, ils préfèrent alimenter les Occidentaux dans ce qui reste du racisme, du vrai. Car caché, vilipendé en public et en parole. Mais pas en actes : le Bénin vient d'ailleurs de refuser un "don" de la France, des vieux outils médicaux dont les médecins africains n'ont plus l'utilité depuis au moins 10 ans ! C'est exactement comme ces braves "bobo" qui donnent des fripes délavées à Emmaüs, une association d'insertion des SDF en France ! Et bien les articles de Jeune Afrique sont du même acabit, honteux !

    Taux de croissance comparées démographique et économique en Afrique de 2000 à 2015

    Source : CNUCED, statistique en ligne disponible gratuitement

    Régions

    2000

    2005

    2010

    2015

    % 2000-2015

    Croissance éco.

    2000-2015

    Afrique orientale

    251793

    288763

    331647

    393376

    3,7%/an

    5,5%/an

    Afrique centrale

    96113

    111913

    130598

    151952

    3,9%/an

    5,37%/an

    Afrique septentrionale

    178584

    195017

    213773

    223892

    1,7%/an

    3,5%/an

    Afrique australe

    51451

    55274

    59067

    62634

    1,4%/an

    2,9%/an

    Afrique occidentale

    235235

    268498

    307982

    353224

    3,3%/an

    5,9%/an

    Total Afrique

    813176

    919465

    1043067

    1185078

    3%/an

    4,3%/an

     

     


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  • Laurant Gbagbo honteusement chassé du pouvoir ivoirien par Sarkozy et la FranceAfrique avait en fait gagné les élections et n'aurait jamais dû se retrouver à la CPI : ce sont Sarkozy et Ouattara qui devraient aujourd'hui répondre de leurs méfaits devant les juges internationaux qui, aujourd'hui, se déshonorent tout autant que les successeurs de Sarkozy en France (Hollande et aujourd'hui Macron) Lisez bien le texte qui suit, il prouve indéniablement que Gbagbo avait bien gagné...

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  • Pour en finir avec l'afro-pessimisme

    Christian d'Alayer - avril 2017

    Avec la baisse relative des prix des matières premières, l'afro-pessimisme a d'autant fait sa réapparition que nombre d'émigrés africains en France, surtout intellectuels, restent très aigris vis-à-vis de leur patrie d'origine. On sait ainsi qu'en ce qui concerne par exemple l'Algérie, et les familles rapatriées en 1962, et bon nombre de Kabyles sont à l'origine de l'opinion très négative des médias français. Les intellectuels expatriés ont de même  joué un rôle majeur cette fois vis-à-vis du sud du Sahara. Ajoutons à cela la petite voix des "ONG" au regard Oh combien parcellaire sur le Continent et l'on obtient une image plutôt catastrophique de pays qui, pourtant, ont fait la preuve de leur dynamisme ces dernières décennies. Image qui revient aujourd'hui en force depuis que le Nigeria et l'Afrique du sud ont enregistré une très faible croissance économique en 2016 (selon les estimations de la Banque mondiale, moins catastrophique selon la BAD et les résultats sous-régionaux consolidés de cette même Banque mondiale)

    Il apparaît donc presque d'utilité publique de rétablir la vérité sur la soi-disant impossibilité "génétique" des Africains (surtout subsahariens pour les journalistes français) à se développer et à évoluer.  Voici tout d'abord le tableau économique sous la forme d'un graphique et de deux séries de chiffres qui prouvent de nombreux faits :

    - tout d'abord, il y a une corrélation évidente entre la hausse du prix des matières premières et l'accélération de la croissance africaine. A contrario, on pourrait penser qu'à l'inverse, une baisse des prix des dites matières premières entrainerait ipso facto une décélération de cette croissance.

    - Mais si vous regardez l'origine de la décélération globale en 2011, 2013, 2014 et 2015, vous pouvez voir très nettement qu'elle provient essentiellement de l'effondrement de la croissance dans les pays d'Afrique du nord suite aux fameux "printemps arabes" L'impact de la baisse des prix des matières premières sur la croissance africaine ne se fait réellement sentir qu'en 2016 (si les estimations de la Banque mondiale sont réelles)

    - Or et même sans faire appel à d'autres estimations moins pessimistes, on voit (renvois du tableau 3) que les deux plus gros morceau de l'Afrique subsaharienne, l'est et l'ouest, ont continué à croître avec une très grande vigueur. En Afrique de l'ouest, on peut d'ailleurs se demander comment la CEDEAO a pu enregistrer l'an dernier une croissance de plus de 6% avec un Nigeria qui aurait stagné ! Sans doute l'Angola a-t-il fini par pâtir de la baisse des prix du pétrole. Sans doute l'Afrique centrale pâtit-elle de l'instabilité politique avec Boko Haram et l'opposition entre Sahélien et Forestiers en République centrafricaine.

    - Mais, et c'est le dernier point que montrent les tableaux et le graphique, les prix des matières premières sont loin de s'être effondrés. J'ai déjà évoqué l'indice Mundi dans ces colonnes en remarquant que le prix moyen des matières premières avait été multiplié par 5 de 2000 à 2015 et par 3,5 seulement ces deux dernières années, toujours par rapport à l'an 2000. Ce qui se confirme au niveau du prix du pétrole importé en France. Mais qui est supérieur à la réalité en matière des denrées tropicales principalement exportés par les pays africains en sus du pétrole et des minerais : là, on enregistre un simple triplement.  Mais il n'y a pas effondrement ces dernières années et les exportations ont rapporté toujours nettement plus qu'en 1990 !

    La croissance africaine est donc loin d'être cassée par le soi disant effondrement du prix des matières premières. Et, ce, contrairement aux affirmations de certaines grandes banques qui ont mis en avant des "cycles" de prix pour annoncer une baisse durable des dits prix. Il y a ralentissement de la croissance en Chine, certes, et poursuite de la stagnation en Occident. Donc tassement des prix tant des produits dits "de base" que des matières premières industrielles. Si vous regardez les prix payés par les Français, vous voyez toutefois que ce tassement n'est pas catastrophique pour les exportateurs. Même en ce qui concerne le pétrole : car à 100 $ le baril, l'offshore profond et le gaz de schiste deviennent rentables. A 50 $, prix tout de même 3,5 fois plus élevé qu'en 1990, c'est moins évident et la production est plus aisée à contrôler par l'OPEP...

    L'effondrement économique de l'Afrique est donc une chimère. Qu'en est-il de sa croissance politique et sociale ? Là encore, les oiseaux de mauvais augure mentent : il y a bien deux phénomènes terroristes au Sahel et en Afrique centrale. Phénomènes, il ne faut pas l'oublier, dus aux armes fournies abondamment par l'Europe et singulièrement la France tant à l'armée régulière de Kadhafi qu'aux forces rebelles que les Occidentaux ont grandement aidé à gagner. Mais les bien plus terribles guerres congolaises sont pratiquement terminées et le Congo Kinshasa par exemple enregistre aujourd'hui de fortes croissances économiques annuelles. Idem en Afrique du nord où les printemps arabes sont derrière : les indices de la  zone retournent au vert. Quant à l'Afrique australe que les teigneux annonce pratiquement en guerre civile, je rappelle que le Zimbabwe d'une part a remboursé la Banque mondiale jusqu'au dernier cent tandis qu'il a renoué avec une croissance forte. Et que d'autre part, il n'y a pas de meurtres en série de fermiers blancs en Afrique du sud : c'est un mensonge issu, là, des milieux d'extrême droite européen pour dénigrer le pays le plus puissant du continent et ses dirigeants aujourd'hui noirs. Il existe des tensions, certes, qu'il faudra bien apaiser en donnant des terres aux Noirs. Mais on est loin de la guerre civile !

    Bien entendu, la période actuelle de constitution du capital économique africain est lui aussi porteur de tensions : tout comme dans l'Europe du 19e siècle, il faut investir avant de répartir et les inégalités accompagnent toujours ces nécessaires capitalisations. Voyez la Chine ! Voyez la Corée du Sud ! L'Afrique n'échappe pas et n'échappera pas au phénomène, entrainant de ce fait la désapprobation un peu stupide des médias occidentaux (bien plus "gentils" à l'égard de leurs annonceurs, eux mêmes ultra capitalistes !) Ce qui est important est qu'on compte aujourd'hui de plus en plus d'entrepreneurs africains, le plus fort taux d'ailleurs dans le monde.

    Reste la démocratie que l'Occident a voulu imposer à toute allure à tous les pays sans exception. Malheureusement, les phénomènes religieux et ethniques s'opposent à une totale et rapide démocratisation du continent : au nord, on a vu l'Islamisme radical en passe d'emporter tous les régimes. Il fallut une guerre civile extrêmement dure en Algérie, un coup d'Etat en Egypte, l'échec patent des Islamistes en Tunisie (et en Egypte) et la personnalité du roi, du "Commandeur des Croyant", au Maroc pour l'empêcher. Au sud, les élections peuvent se passer bien dans les pays totalement sahéliens mais ne le peuvent pas là où s'opposent deux civilisations aussi différentes que celle des Bantous, chrétiens et/ou animistes, et celle des Sahélien, musulmans. Boko Haram est né sur cette opposition ; au Soudan,  au Tchad, en Centrafrique, au Togo,  tout au long en fait de la lisière entre Sahel et Forêts, la démocratie ne peut que donner lieu à la violence. Là encore les Occidentaux ont attisé les flammes de cette violence, ne serait-ce qu'en déposant les seuls dirigeants capables d'unir leurs peuples : Bokassa puis Patassé en l'occurrence et à Bangui... Et que dire du monde bantou que l'Occident méprise tout en n'y connaissant rien ?! Qui sait en France que la petite mais très riche Guinée Equatoriale est dirigée comme un conseil de familles ? Ca n'a rien à voir avec la démocratie représentative, certes, mais quand on voit comment se comporte cette démocratie représentative occidentale, ça la vaut sans doute ? Comment comprendre ce monde quand on condamne Mugabe sans réfléchir, sans rien connaître de son histoire et de l'histoire de son pays ? Parler des accords de Lancaster House foulés aux pieds par Tony Blair n'entraîne qu'ennui et incompréhension au nord de la Méditerranée ! "Histoire de Nègres !" Alors qu'il s'agit essentiellement de la nième rupture de traités internationaux de la part des Anglo-Saxons. Bref, on voit que l'Occident a bel et bien ouvert la boîte de Pandore avec  sa promotion de la démocratie représentative en Afrique. Qui va devoir digérer très longtemps encore ce "cadeau" : c'est probablement le seul bémol qu'on puisse avancer contre ce continent en pleine et très rapide mutation. N'oublions pas en effet que la stabilité politique, bien plus que la démocratie, est un gage de développement comme le prouve incontestablement l'envol économique occidental au 19e siècle...

     

    1- Prix du baril de pétrole depuis 1970 en $ (source : France-Inflation.com)

    Graphique evolution petrole wti

    2- Prix des matières premières importées par la France depuis 1990 (source : INSEE)

    Années

    prix du baril de pétrole au mois de juillet  ($)

    Produits alimentaires (indice au mois de juillet))

    denrées tropicales (indice au mois de juillet)

    Prix industriels* (indice au mois de juillet)

    1990

    14,9

    111,6

    85,6

    81,5

    1991

    17,1

    106

    81,7

    83,9

    1992

    15,6

    99

    58,8

    69,4

    1993

    14,9

    112,8

    74,5

    74,2

    1994

    14,5

    141,5

    166,2

    81,2

    1995

    11,7

    126,1

    106,6

    84,4

    1996

    15,1

    129,7

    99,3

    74,4

    1997

    17

    135,8

    159,6

    93,1

    1998

    11,1

    119,2

    127,5

    76,2

    1999

    18,3

    99,8

    103,3

    78,7

    2000

    30,3

    100,3

    101,2

    98,4

    2001

    28,6

    96,1

    89,2

    91,3

    2002

    25,9

    108,5

    108,5

    81

    2003

    24,9

    115

    95,5

    77,7

    2004

    31,2

    123

    89,7

    97

    2005

    47,8

    129

    99

    110,9

    2006

    58

    133,5

    102,4

    160,2

    2007

    56

    174,7

    118,5

    159,2

    2008

    84,6

    260,6

    140,4

    149,3

    2009

    46

    203,3

    138,7

    117,4

    2010

    58,9

    214,5

    169,7

    168,4

    2011

    81,6

    269,7

    188,2

    197

    2012

    83,2

    274,5

    170,9

    179,5

    2013

    82,3

    262,4

    142

    158,1

    2014

    79,2

    284,6

    181,3

    161,1

    2015

    50,8

    261,4

    227,4

    155,5

    2016

    40,8

    256,1

    215,8

    156,8

    janv-17

    51,6

    242,5

    196,8

    182,5

    * Prix des matières premières industrielles telles qu'oléagineux ou caoutchouc...

    3- Croissance économique de l'Afrique depuis 1990

    (Source : CNUCED)

     

    Années

    Total  Afrique

    Dont Afrique du nord

    1990

    2,85

     

    1991

    1,55

     

    1992

    -0,1

     

    1993

    -0,14

     

    1994

    2,44

     

    1995

    2,91

     

    1996

    5,26

     

    1997

    3,14

     

    1998

    3

     

    1999

    2,56

     

    2000

    3,61

     

    2001

    4,01

     

    2002

    6,05

     

    2003

    5,41

     

    2004

    5,99

     

    2005

    5,92

     

    2006

    5,66

     

    2007

    5,97

     

    2008

    5,47

     

    2009

    3,23

     

    2010

    5,16

     

    2011

    1,06

    -6,03

    2012

    5,6

     

    2013

    2,05

    -3,17

    2014

    3,67

    1,31

    2015

    2,79

    2,76

    2016

    2*

    2,9

    Début 2017

    nc

     

     

    * Estimation de la CNUCED. Les pays africains de l'est et de l'ouest enregistrent une croissance moyenne supérieure à 6%. L'Afrique du nord se reprend un peu (+2,9%) et la baisse globale de performance de 2016 est essentiellement due cette fois-ci aux pays d'Afrique centrale et australe (moins de 1% de croissance en 2016)


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  • Pour qui je vais voter au 2e tour

     

    Bonjour à tous.  Comme beaucoup d'entre vous, j'ai hésité au premier tour entre les différents candidats souverainistes, tous de qualité. Ayant eu un temps ma carte au Parti de Gauche, j'ai voté finalement et un peu à contre cœur pour Mélenchon . A contre cœur car je ne partage pas du tout sa façon "romantique" de concevoir l'écologie tandis que son recul final sur la sortie de l'Europe  m'avait interpellé.

    Peu importe. Il me faut choisir aujourd'hui pour qui voter au deuxième tour. Je vais tout de suite vous dire pourquoi il m'est totalement impossible de voter pour Monsieur Macron, quand bien même celui-ci promettrait de taper du poing sur la table à Bruxelles et en Allemagne (ce qu'il ne fera évidemment pas) : car pour moi, Macron est le produit d'un coup d'Etat organisé par le "système". Le candidat de la droite a été éliminé non par les électeurs mais par des juges manipulés par le camp Hollandiste. Les grands médias ont relayé plus qu'abondamment ces juges indignes tandis le dit camp lançait la candidature Macron et bousillait sans état d'âme "son" parti, le PS, capable de faire un petit peu d'ombre à cette candidature. La vraie gauche n'y était déjà plus présente, partie chez Mélenchon.

    Il ne s'agit pas là de démocratie mais bel et bien d'un coup d'Etat non violent, fait grâce à une justice et des médias aux ordres. Et, quelle que soit la couleur politique du bénéficiaire, je ne peux pas l'accepter en tant que vrai démocrate. Peu m'importe donc que Macron s'avère finalement moins docile qu'il n'en à l'air et que, par exemple, il se donne moins que ses prédécesseurs au lobby militaro-industriel français (pour les banques et les multinationales, c'est impossible, il s'est ouvertement donné à elles) Il est le fruit d'un coup d'Etat. Vous noterez d'ailleurs que la bourse de Paris s'est envolée et que tous les médias semblent très heureux du résultat du 1er tour (le temps d'antenne de Marine Le Pen en a d'ailleurs pris un sacré coup !)

    Reste donc deux solutions : l'abstention (ou le vote blanc) et Marine Le Pen. L'abstention, c'est en fait accepter Macron. Examinons donc Marine Le Pen de près : est-elle, comme le disent tous les "ralliés" à Macron, le diable personnalisé, un Hitler en jupon, la digne fille de son père ? C'est oublier Philippot et la cassure du FN avec la fuite des bobos racistes vers Fillon : les gens qui ont défilé contre le mariage pour tous n'était pas derrière Marine Le Pen dimanche dernier ! Peut-être y seront-ils le 7 mai ? Mais sa qualification ne leur doit rien. Elle est réellement issue de cette France qui souffre de la mondialisation, de ces gens qui crurent jadis aux partis de gauche et qui se tournèrent par désespoir vers un FN qui ne pouvait pas ne pas changer de ligne : ce n'était plus les nostalgiques de Pétain, tous morts, ni les rapatriés d'Algérie, plus très jeunes non plus (1962, il y a 55 ans !), ni les fous du nazisme (des bandes de jeunes crétins en très petit nombre, qui ne votent pas en plus) dans les fourgons du parti. Non, il y a encore et évidemment des gens qui n'acceptent pas l'immigration sudiste, surtout d'ailleurs dans le sud de la France et dans les banlieues des grandes villes. Mais pas plus qu'au saint des électeurs républicains ou socialistes. Ils sont moins honteux, certes, mais je rappelle ici que le délit de sale gueule n'est pas une invention du FN. Lequel a donc essentiellement dû fonder sa stratégie sur la défense des intérêt des victimes de la mondialisation. Et il n'a strictement aucun intérêt à changer de stratégie une fois élu : pourquoi  déplaire à la majorité des ses électeurs ?!  Pour l'instant, il n'y a que la préférence nationale inscrite à son programme ; sachant que le contrôle de l'immigration était commun à tous les candidats du 1er tour sauf Macron.

    Ils n'y sont pas arrivés dans le passé du fait de l'espace Schengen. Et c'est justement la sortie de cet espace qui permettrait sans doute un meilleur résultat. Sarkozy y songeait déjà il y a 5 ans mais ce fut Hollande le vainqueur. Il y a aussi la fin du droit du sol mais, là encore, les autres leaders dits "de gouvernements" y songeaient déjà. Fillon l'avait inscrit à son programme si je ne me trompe pas. Droit du sol qui, en outre, n'a pas été le droit français de tous temps : il y eut de longue période de "droit du sang" seulement, seul droit que reconnait d'ailleurs notre voisin allemand. Bref, rien ici et encore de sulfureux.

    Alors, un fonctionnement interne fasciste, préludant à une pratique fasciste du pouvoir ? Le fonctionnement interne est celui de tous les partis politiques français avant l'invention des primaires. Invention qui, de toute évidence, est appelée à disparaître : ce sont les militants, au FN comme ailleurs qui élisaient les dirigeants et, à cet égard, Mélenchon et Macron sont moins bien élus que Marine Le Pen. Qui est certes la chef de son parti, mais exactement comme Sarkozy l'était ou comme Jospin le fut, respectée donc par les autres leaders et les militants. Elle a eu à faire face à des frondes qui furent mises au pas à l'issue d'élections internes : même Philippot  a été confirmé à son poste par les militants...

    Le FN n'est donc pas un parti fasciste. Et, que je sache, il n'est pas violent non plus. Ce sont les "anti fa", des groupuscules d'extrême gauche très certainement manipulés, qui ont fait preuve de toutes les violences urbaines de ces dernières années. Les "anti fa" et les écologistes : eux n'acceptent pas le verdict des urnes, comme en ce qui concerne le nouvel aéroport de Nantes, violemment combattu par les "zazistes" Les militants frontistes n'ont jamais montré d'agressivité malsaine, ils n'ont pas arraché ou déformé les affiches des autres candidats sur les panneaux officiels. Ils n'ont pas agressé les autres colleurs d'affiche... Bref, des gens non violents deviendraient subitement violents parce qu'arrivés au pouvoir ? A-t-on d'ailleurs vu les électeurs de Trump manifester contre les "démocrates" qui refusent toujours son élection dans la rue (ça commence à se tasser) ? Les victimes de la mondialisation ne défilent pas dans la rue, ils n'en ont ni le temps, ni l'envie...

    Alors il est vrai que le FN est ouvertement anti-européen, anti-atlantiste et, aujourd'hui, anticapitaliste (contre le grand capital mondialisé) Et qu'il est contre le dépérissement de l'Etat voulu par ce grand capital mondialisé. Pas vous ? Il me faut donc vous expliquer pourquoi je le suis aussi : vous vous moquez sans doute du déclin de l'Occident dont vous ne voyez pas  les tenants et les aboutissants autre que le chômage. Il faut donc que vous connaissiez le dit déclin pour comprendre pourquoi il ne faut pas laisser des gens comme Macron poursuivre leur politique mortifère :

    - le déclin de l'Occident (dont celui de la France) vient d'abord et surtout d'un formidable retournement des "termes de l'échange" (à quels prix on achète et on vend à l'étranger) à partir des années 1980. Il y a d'abord eu l'éveil de la Chine dont les productions industriels ont divisé les prix de nos exportations industrielles par 3 à 12 selon les secteurs. Certains secteurs ont d'ailleurs été rayés de la carte chez nous, tel celui des panneaux solaires. Et ne croyez pas que seuls les salaires sont en cause : comme dans le cas des panneaux solaires, ce sont essentiellement les séries qui sont responsables (plusieurs millions d'exemplaires chez les Chinois contre quelques dizaines de milliers chez nous) Puis il y a eu la hausse du prix des matières premières à partir du début du 3e millénaire. Le pétrole a commencé puis toutes les autres matières premières. Certes, il y a une baisse depuis deux ans. Mais négligeable sur long terme car cette hausse est due à la montée en puissance de la consommation de l'ex "Tiers Monde" Songez qu'avant 2015, les prix des matières premières furent multiplié en moyenne par 5. Et qu'aujourd'hui, ils restent encore 3,5 fois supérieurs à ce qu'ils étaient en 1990 (source : indice Mundi et INSEE) Bref, l'Occident vendait cher et achetait bon marché. Aujourd'hui, il vend bon marché et achète cher, CQFD !

    - L'Occident aurait dû, nous aurions dû alors négocier avec  les ex pays du Tiers Monde des accords au coup par coup pour étaler cette évolution désagréable et avoir le temps de nous y adapter. A commencer par la diminution de notre dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, pétrole et gaz. Ce ne fut fait qu'une seule fois, vis-à-vis du textile. La Chine accepta de nous laisser 10 ans pour nous adapter et, ce, au niveau européen. Chez nous, ce furent la dislocation des grands groupes comme Prouvost Masurel et la constitution d'un pôle du luxe autour de Bernard Arnault : des dizaines de milliers de victimes mais la création d'un milliardaire à qui furent donné le groupe et 4 milliards de francs pour le sauver (il ne sauva que le luxe et liquida le reste en gardant les milliards) Les Occidentaux ne négocièrent rien d'autre...

    - Tout au contraire lancèrent-ils la mondialisation et, chez nous, approuvèrent-ils l'ultra libéralisation de l'Europe "unie" Les Américains et les Japonais furent plus protectionnistes, laissant les crétins d'Europe se soumettre à une Allemagne très contente d'un ultra libéralisme lui ouvrant en grand les portes des marchés européens.

    - Et la seule riposte réelle au déclin économique fut donc une riposte militaire, oui, militaire ! Au lieu de nous tenir à l'écart comme l'avait fait Chirac et Villepin, leurs successeurs se mirent au garde-à-vous face aux Américains en rentrant dans l'OTAN. Si bien que nous fûmes entraînés dans ces aventures stupides (car n'enrayant aucunement le déclin) mais Oh combien fructueuses pour les marchands d'armes, ces fameux lobby militaro-industriels ! Avec, en apogée, l'aventure ukrainienne : un président pro russes est renversé par un coup d'Etat financé et armé par les Allemands et les Américains, un nouveau président est élu sans les Russophones et Poutine devient l'ennemi numéro un parce qu'il a voulu d'une part récupérer normalement une Crimée qui n'appartient pas vraiment à l'Ukraine (elle ne fut rattachée à l'Ukraine que par Khrouchtchev, très pro ukrainien, et qu'en en 1954. Auparavant, c'était une république indépendante au sein de l'URSS) et, d'autre part, défendre les populations russophones d'Ukraine contre les extrémistes ukrainiens au pouvoir. Ce, sans compter les multiplies conflits nés des guerres d'Irak et de nos propres interventions africaines. Bref, nous "merdons" totalement, jusqu'à nous faire éjecter de Syrie par les Russes ! Notre stratégie militaire n'est même pas soldée par des victoires !

    Vous commencez à comprendre pourquoi il est urgent de foutre le "système" en l'air ? Notre déclin n'est même pas combattu et nous nous lançons dans des crétineries militaires même pas victorieuses ! C'est de la folie pure et, tout cela, au nom du Dieu Fric immédiat : sur long terme, le Dieu Fric occidental est lui aussi condamné puisque les multinationales des pays émergeants submergent progressivement nos propres multinationales. Laissez moi à cet égard vous conter le devenir actuel de notre cimentier Lafarge : partout, il perd des parts de marché au profit des entreprises "basanées" En Europe, ce sont les Italiens et les Roumains qui lui bouffent l'herbe sous les pieds. En Asie, ce sont bien sûr les Chinois. Et même en Afrique où Lafarge régnait en maître : aujourd'hui c'est un Nigérian, Dangote, qui est numéro un partout sauf en Afrique francophone. Mais Dangote s'y est attaqué il y a moins de 3 ans et, déjà, il s'apprête à devenir numéro 1 au Cameroun. Que fait alors Lafarge pour cacher ses reculs mondiaux ? Il se marrie avec le cimentier suisse, lui aussi en déclin. Ca fait un groupe plus gros encore et dont le siège sociale s'évade à Genève. Les actionnaires, plus cons qu'eux, tu meurs, sont contents et ils n'ont rien vu de la manip. Et c'est pourquoi, aujourd'hui et sur fond de pertes continuelles de parts de marché, nos multinationales occidentales n'arrêtent pas de fusionner...

    Mais tout ce beau monde d'imbéciles prédateurs (comme particuliers, ils s'en mettent plein les poches) ne veut surtout rien changer : peu leur importe le destin de leurs pays pourvu que le leur se porte bien. Et ça, c'est la réalité. Face à laquelle les accusations de foutre la France et l'Europe en l'air si  Marine Le Pen arrive au pouvoir ne sont que des incantations malheureusement suffisantes pour que la majorité y croit : elle ne sera pas élue en 2017. Trop de gogos abrutis par la surconsommation et le "moi je" du monde actuel vont s'engouffrer dans le "tout sauf Le Pen" D'autant que, face à notre déclin, ils continuent encore à penser "droite/gauche" en grande majorité : une part majoritaire de l'électorat de Mélenchon s'abstiendra ou votera Macron parce que Marine Le Pen est "d'extrême droite" Alors qu'elle est souverainiste même plus libérale...

    Certes deux autres aspect s, négatifs ceux là,  peuvent encore servir de repoussoir : il y a d'abord l'aspect sociétal. Le FN n'est pas favorable au mariage gay et encore moins à la GPA. Fillon ne l'était pas non plus et Macron comme le PS et Mélenchon le sont. Si, pour vous, cet aspect de la politique est primordial, alors il ne faut pas voter ni à droite, ni FN. Je crois pour ma part que le dit aspect est vieux comme le Monde (Oh tempora ! Oh mores !) Les mœurs évoluent par grands mouvements de balanciers. Ils furent "légers" à la sortie du Moyen Age puis à nouveau stricts à l'évènement de la bourgeoisie dont nous ne sommes pas totalement sortis à l'avènement de ce que j'appelle "l'ère des grands nombres" et d'autres, "l'ère des masses" Je me refuse donc à prendre parti sauf en ce qui concerne les enfants. Or on commence à s'apercevoir que les enfants pâtissent et des divorces, et, plus récemment, de parents de même sexe. Tout comme on commence à savoir, via quelques médecins courageux, que le cannabis est un danger certain pour le cerveau des jeunes. On peut donc tout-à-fait contempler les évolutions cycliques des mœurs en n'intervenant que pour en protéger les mineurs, l'avenir, qu'on s'appelle Le Pen ou Mélenchon...

    Il y a ensuite la culture. "Le FN, c'est Dieudonné", disent les anti fa. Et l'on voit peu d'artistes ou d'écrivains venir soutenir la patronne de ce parti. Si vous le pensez aussi, c'est que vous croyez que les artistes et écrivains occidentaux actuels sont réellement la culture ! Je vous signale à cet égard que vous ne lisez plus, premier point. Ou alors des romans policiers. Vous regardez par contre beaucoup d'images, là encore des séries policières et des films violents. Vos éditoriaux vantent par ci, par là, quelques productions intello-dépressives présentées comme le nec plus ultra de notre culture, le théâtre ne vit plus que de boulevard et quelques rares séries américaines font croire que la culture d'outre Atlantique est plus riches car s'attaquant aux phénomènes sociaux. Bon, je veux bien et, là encore, si vous pensez que la défense de cette "culture" vaut condamnation de Marine Le Pen, pourquoi pas ? Je crois en fait que nous n'avons plus grand chose à dire au monde. Sinon le terme "démocratie" que nous ne comprenons plus puisque nous acceptons que tous les moyens de communication et d'information soient entre les mains de quelques grands groupes, dont des marchands d'armes ! Et que l'immense majorité d'entre nous ne croit pas que l'élection actuelle soit un coup d'Etat tout en conspuant d'injures les scrutins "populistes" des Anglo-Saxons (qui, eux, se sont rebellés) Je dirai même plus : regardez nos films de science-fiction. Hier encore, on pouvait voir "Rencontre du 3e type" ou "ET" Aujourd'hui, c'est "Independance Day" ou "Star Wars" Ce, parce que le lobby militaro-industriel américain, dont directement le Pentagone, finance Hollywood. Chez nous, Dassault et Lagardère possède la presque totalité des quotidiens locaux et coproduisent (indirectement) des séries à la pelle...

    Bref, voilà aussi pourquoi je ne peux pas laisser Macron remplacer Sarkozy /Hollande (l'UMPS, vous vous souvenez ?) sans réagir. Je pense que cela n'aura aucun effet contre Macron mais tant pis. J'annonce donc que je vais voter pour Marine Le Pen le 7 mai prochain. Et je l'annonce bien que je pense que le journaliste que je suis encore n'a pas à prendre parti. Mes confrères n'arrêtent pas de le faire et, ce, pour des raisons souvent très égoïstes : être dans les petits papiers des vainqueurs. Au moins n'en serai-je très probablement pas...

     

    Christian d'Alayer


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