• Quand BBY ment à ses lecteurs !

     

    Béchir Ben Yahmed n'aime visiblement pas l'Afrique subsaharienne et ses habitants. L'un de ses anciens collaborateurs, justement "plus noir que lui, tu meurs !", a raconté que le patron de Jeune Afrique décida de venger l'honneur des Arabes après la défaite écrasante des chars de Kadhafi face aux Land Cruiser d'Hissen Habré en 1987. Je crois plutôt que l'hebdomadaire de l'ancien ministre de la Communication d'Habib Bourguiba s'adresse essentiellement à des intellectuels subsahariens émigrés en France. Lesquels, comme chacun sait et peut le constater chaque jour sur Internet, sont majoritairement de nature aigrie quant à leur contrée d'origine. Dire du bien de l'Afrique dans ces conditions est évidemment contre productif en matière de diffusion !

    Quoiqu'il en soit, l'homme s'était calmé ces derniers temps. Mais, tel le gosse qui ne peut s'empêcher de gratter ses boutons de varicelle, il vient de commettre de nouvelles horreurs sur son ex continent (lui aussi a émigré en France) : "J'observe, pour ma part, avec regret et même inquiétude que l'Afrique, dont les pays sont en majorité mal gouvernés, progresse moins vite que les quatre autres continents. Je me demande même si elle progresse réellement. Un examen attentif de la situation actuelle du continent fait apparaître plus d'aspects négatifs que de positifs. je vous soumets le mien, fondé sur des données chiffrées incontestables"

    S'ensuit un développement sur le Nigeria et l'Afrique du sud, non chiffré bien sûr et disant schématiquement que si les deux premières économies du continent vont mal, c'est l'ensemble de l'Afrique qui tousse. Ce qui est faux : en dépit de la baisse du prix des matières premières, la croissance africaine en 2016 a été de 3,9% (source : BAD), très supérieure au moins à celle de l'Occident et de l'Europe occidentale en particulier. Cela fait maintenant 15 ans que l'Afrique progresse plus vite que tous les autres continents, exception faite de l'Asie. Le barbon de Jeune Afrique ment donc et très certainement de mauvaise foi car il a des gens qui cherchent les chiffres pour lui.

    Pourquoi ment-il ainsi ? Sans doute car ses amis d'Afrique sont en mauvaise posture : Ouattara par exemple n'a été réélu qu'avec moins de 20% de votants et, depuis, enregistre rébellions sur rébellions de son propre camp. Ping, pour lequel il a pris parti, a échoué à déboulonner la famille Bongo dont il est lui-même une pièce rapportée. Bya, contre lequel il a bataillé des années durant, est toujours là. Etc. Alors les sous se font rares, il suffit de feuilleter les paginations de plus en plus réduites de l'hebdomadaire pour le vérifier. D'autant que BBY, comme il se fait appeler dans son antre journalistique, a rompu un accord qu'il avait passé avec un autre Tunisien, Afif Ben Yedder, installé, lui, à Londres et produisant des revues panafricaines en Anglais. "Chacun chez soi" s'étaient jurés les deux hommes. Jusqu'à ce que BBY lance une revue mensuelle en Anglais. Du coup, le Londonien lança trois revue en Français, concurrençant directement celle du Parisien.

    Il est certain que, la publicité africaniste en France n'étant pas extensible à l'infini, cette guerre est fatalement préjudiciable à Jeune Afrique qui ne peut que resserrer les boulons autour de son électorat actuel d'intellectuels expatriés. Tout en sortant une à deux fois par an un "spécial Côte d'Ivoire", voire un spécial Djibouti (l'hebdomadaire s'entend bien avec Ismaïl Omar Guelleh) pour mettre un peu de beurre sur les épinards. C'est triste pour un journal qui compta jadis plus de 140000 exemplaires payés (2 millions de lecteurs), essentiellement en Afrique. Certes, la libération de la presse sur tout le continent ainsi que la dévaluation du Franc CFA lui porta des coups terribles, la nouvelle presse locale remplaçant celle d'importation d'autant plus facilement que le prix de cette dernière doubla en une journée !

    Les déboires probables actuels ne sont donc pas dus qu'à des considérations récentes et BBY a tout de même eu le mérite de résister aux premières difficultés.  Il aurait passé la main à ses fils aujourd'hui, lesquels ont a faire face à la désaffection du public pour l'information papier en sus d'une diffusion de moins en moins africaine.

    Ce n'est donc pas de gaîté de cœur que j'ai pris la plume pour cogner une nouvelle fois sur Béchir Ben Yahmed mais parce que je ne supporte réellement plus toutes les conneries qui continuent à être déversées sur l'Afrique subsaharienne en dépit d'une réalité que vous pouvez constater de visu quand vous vous rendez sur place. Sachez donc que le décollage de l'Afrique a commencé puisque croissance économique il y a, plus forte que la croissance démographique qui plus est et en dépit d'un manque évident d'investissements internationaux : sur les 1500 à 1700 milliards de dollars annuels d'investissement direct étranger dans le monde, l'Afrique n'en perçoit qu'une cinquantaine à laquelle s'ajoute une autre cinquantaine de milliards d'aide internationale, essentiellement sous forme de prêts conditionnés. Et cette croissance économique est obtenue en dépit d'Etats inexistant depuis que le FMI, la Banque Mondiale et les clubs de créanciers les démolirent à partir des années 1970. Ce sont donc les Etats, pas les pays, qui vont mal du fait de la baisse des recettes d'exportation de matières premières. Et, parmi ces Etats, ce ne sont pas les subsahariens qui vont le plus mal, mais les méditerranéens : si la croissance africaine a baissé d'un point ces deux dernières années, c'est essentiellement le fait des pays nord africains en 2015, auquel s'est ajouté une perte d'un demi point du fait de la baisse du prix des matières premières.

     

    Ca, c'est la réalité chiffrée que je n'arrête pas de démontrer, article après article, dans les colonnes des revues concurrentes de Jeune Afrique. Avec lequel je me suis fâché justement sur cette question de mensonges éhontées et répétés sur l'état de l'Afrique au sud du Sahara. J'ajoute pour démolir encore un peu plus l'argumentaire de BBY, que le continent comporte non pas deux mais quatre grandes économies : il faut ajouter en effet au Nigeria et à l'Afrique du sud l'Ethiopie (80 millions d'habitants et une croissance annuelle supérieure à 6%) ainsi que l'Egypte (dans les 80 millions d'habitants également et une croissance plus faible, certes, mais croissance tout de même en dépit de la guerre civile) Dernier point : les non initiés parlent avec dédain de la croissance économique d'Afrique du sud. Mais ils ne savent pas (BBY devrait le savoir) que ce pays comporte plus de multinationales que le Portugal et que ces multinationales investissent surtout à l'étranger : la croissance est faible parce qu'elle manque de carburant, CQFD ! 

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  • Les transports en Afrique : du portage au camion

    Qui se souvient encore en Afrique du portage qui prévalut jusqu’au milieu du 20e siècle ? Ce sont principalement les femmes qui perpétuent encore le mode principal de transport des Subsahariens des millénaires durant, supportant de lourdes charges apparemment sans difficulté sur la tête. Mais sur de courtes distances.

    C’est que les saisons des pluies rendirent longtemps les pistes impraticables au sud du Sahara, même aux carrioles tirées par des chevaux, type de transport utilisé assez largement dans le Sahel pendant les saisons sèches. Et utilisé encore aujourd’hui tout au long de l’année sur les routes bitumées dont le kilométrage ne cesse de s’allonger au fil des années, depuis que l’Afrique a cessé de ne vouloir qu’apporter les matières premières aux bateaux des Occidentaux. Deux grandes raisons ont poussé à cette accélération des travaux publics sur le Continent. La première, au cours des années 1970-2000, fut l’obligation, pour nourrir les grandes villes en croissance rapide, de permettre aux paysans d’apporter leur production dans les cités. Cet effort, quasi général en Afrique, s’accompagna bien évidemment d’une amélioration de la condition rurale africaine.

    Le deuxième élément, là encore d’origine agricole, fut d’intensifier, parfois de réinventer, les circuits commerciaux entre les pays issus de la colonisation. Dans l’Antiquité, ces échanges étaient nombreux et s’effectuaient par portage quand aucune voie d’eau n’était utilisable. Et c’est ainsi que fut créée la première langue commerciale, le Lingala, entre les peuples longeant le fleuve Congo. Les transactions entre les peuples de l’intérieur et ceux des côtes occidentales du continent s’effectuaient à la hauteur de Kinshasa (fin de la partie navigable du fleuve), un peuple s’étant spécialisé dans ce commerce, achetant le poisson séché de l’Océan et le manioc des forêts et fixant ainsi les prix des denrées descendantes et montantes.

    Les échanges commerciaux interafricains ont repris dès les Indépendances, d’autant que la perpétuation des comptoirs européens fermait à cette époque le commerce international aux Subsahariens. Seuls quelques anciens coloniaux purent –mais rarement- s’immiscer dans ce commerce interafricain à base agricole et pétrolière. La CFAO Nigeria put ainsi écouler des véhicules Peugeot montés localement et tropicalisés, de même que des Espagnols continuent à vendre du vin élaboré à Bata, en Guinée Equatoriale, à partir de raisins espagnols, dans toute la sous-région. De même les familles Mimran puis Vilgrain purent-elles exporter du sucre (africain) mais en utilisant les circuits commerciaux autochtones. Des Espagnols voulurent par contre, à partir d’Ebebeyin en Guinée Equatoriale, supprimer les intermédiaires de cette ville frontière en demandant aux chauffeurs de leur transporteur de poursuivre leur route sans vendre aux grossistes locaux. Ils durent faire marche arrière très vite !  

    Une deuxième phase du commerce interafricain survint quand, pratiquement en même temps, l’apartheid disparut en Afrique du sud, ouvrant en grand les pays africains aux exportations sud-africaines ; et le commerce international s’ouvrit aux autochtones africains avec le retrait des Européens alors plus intéressés par l’Asie. Cette fois-ci, le montant global du commerce s’envola, pas toujours appréhendé par les autorités africaines tant la contrebande est importante. Les objets de la vie courante d’Afrique du sud, telles les allumettes ou le savon, envahirent le sous-continent tandis que des pays comme le Kenya ou le Cameroun firent leur beurre des importations asiatiques, notamment de tissus et vêtements, réexportés ensuite dans les pays voisins. L’industrie ivoirienne, pourtant ancienne, n’y résista pas tandis qu’au contraire, ces importations boostèrent l’industrie nigériane qui finit même par supplanter les Importations d’Asie au cours de la dernière décennie. Les Chinois durent…s’implanter directement en Afrique pour continuer à exister sur le continent (notamment en Ethiopie) !

    Et tout ce commerce prend la route, bien évidemment. D’où l’importance croissante des routes transversales. Une zone, l’Afrique de l’ouest, et un pays, le Cameroun, ont compris les premiers cette importance vitale. Au Cameroun, l’Etat a de fait privilégié, outre la dessertes des campagnes des nombreuses villes secondaires du pays, ses villes frontières et les routes qui les desservent en se poursuivant si possible dans les pays frontaliers. Ce, au dépend même des grands axes intérieurs tel l’axe Yaoundé-Douala. En Afrique de l’ouest, l’axe Alger-Lagos en longeant la côte fut la première grande route intercontinentale achevée en Afrique. Au grand profit surtout du Nigeria dont l’industrie (autochtone) explose littéralement aujourd’hui…

    Les autres grands axes, très bien avancés, sont sous pression des grands financiers du continent, Banque mondiale, BAD, organismes sous-régionaux et seront donc probablement finalisés en grande partie avant dix ans. En grande partie seulement car, comme vous pouvez le voir sur la carte du tableau 2, les portions en pointillé (non construites) traversent des zones encore peu sûres. Et il faut d’abord sécuriser les dites zones…

    Il n’est donc pas difficile d’annoncer aux constructeurs du monde entier que les Africains vont acheter des camions en nombre croissant dans les décennies à venir. Parce que la route, jadis la piste, est leur mode « sociétal » de transport et parce que le commerce croit de plus en plus tant entre brousses et villes qu’entre pays. Le Maroc monte des voitures destinées à être exportées hors d’Afrique alors que ce sont des usines de camions qui devraient être installées sur le continent !

     

    Encadré

    Des réseaux nationaux en expansion

    Le continent contient aujourd’hui un peu plus de 4,5 millions de kms de routes dignes de ce nom. C’est peu diront les non initiés mais c’est beaucoup plus qu’il y a seulement 20 ans où l’on n’en comptait que quelques centaines de milliers. Par pays de plus, on voit que l’Afrique du sud est la mieux pourvue. Mais le pays est vaste et, relativement à la superficie, un tout petit pays comme Djibouti est sans doute mieux desservi : il possède « sa » route vers l’Ethiopie, indispensable à sa survie d’autant qu’elle vient d’être doublée par la réouverture (chinoise) de sont train vers Addis-Abeba. Et il dessert par route bitumée pratiquement toutes ses bourgades. Le Kenya est de même intéressant car, en outre, il devient progressivement le lieu de première destination des exportations asiatiques : là encore, transport intérieur et international coexistent. Le classement de la CIA (tableau 1) doit donc être regardé essentiellement sous l’angle commercial, il ne vaut pas grand-chose en matière de comparaison. Tout juste peut-on voir que l’Algérie a eu plus de moyen que le Maroc pour construire ses routes et encore : si l’on introduit en effet les transports ferroviaires, alors la place du Maroc parait nettement moins misérables par rapport à celle de l’Algérie…

     

    1-      Réseaux routiers nationaux en Afrique

    Source : CIA Worldfactbook

    Pays

    (KM)

    Année

    AFRIQUE DU SUD

    747,014

    2014

    NIGERIA

    193,200

    2004

    KENYA

    160,878

    2013

    CONGO KINSHASA

    153,497

    2004

    EGYPTE

    137,43

    2010

    ALGERIE

    113,655

    2010

    ETHIOPIE

    110,414

    2015

    GHANA

    109,515

    2009

    LIBYE

    100,024

    2003

    ZIMBABWE

    97,267

    2002

    TANZANIE

    86,472

    2010

    COTE D'IVOIRE

    81,996

    2007

    MAROC

    58,395

    2010

    ANGOLA

    51,429

    2001

    CAMEROUN

    51,350

    2011

    GUINEE

    44,348

    2003

    NAMIBIE

    44,138

    2010

    ZAMBIE

    40,454

    2005

    TCHAD

    40,000

    2011

    MADAGASCAR

    37,476

    2010

    MOZAMBIQUE

    30,331

    2009

    MALI

    22,474

    2009

    SOMALIE

    22,100

    2000

    CENTRAFRIQUE

    20,278

    2010

    OUGANDA

    20,000

    2011

    TUNISIE

    19,418

    2010

    NIGER

    18,949

    2010

    BOTSWANA

    17,916

    2011

    CONGO BRAZZAVILE

    17,000

    2006

    BENIN

    16,000

    2006

    MALAWI

    15,450

    2011

    BURKINA FASO

    15,272

    2010

    SENEGAL

    15,000

    2015

    BURUNDI

    12,322

    2004

    SOUDAN

    11,900

    2000

    TOGO

    11,652

    2007

    SIERRA LEONE

    11,300

    2002

    MAURITANIE

    10,628

    2010

    LIBERIA

    10,600

    2000

    GABON

    9,170

    2007

    SUD SOUDAN

    7,000

    2012

    LESOTHO

    5,940

    2011

    RWANDA

    4,700

    2012

    ERITHREE

    4,010

    2000

    GAMBIA, THE

    3,740

    2011

    SWAZILAND

    3,594

    2002

    GUINEA-BISSAU

    3,455

    2002

    FIJI

    3,440

    2011

    DJIBOUTI

    3,065

    2000

    EQUATORIAL GUINEA

    2,880

    2000

    MAURITIUS

    2,149

    2012

    CABO VERDE

    1,350

    2013

    COMOROS

    880

    2002

    SEYCHELLES

    526

    2015

    SAO TOME AND PRINCIPE

    320

    2000

     

    2-      Le réseau routier international en Afrique (en cours)

    Source : Wikipédia

    Départ

    Arrivée

    Longueur

    Carte

    Schild TAH1.svg 

    Le Caire 

    Dakar 

    8 636 km 

    Map of Trans-African Highways.PNG 

    Schild TAH2.svg 

    Alger 

    Lagos 

    4 504 km 

    Schild TAH3.svg 

    Tripoli 

    Le Cap 

    10 808 km 

    Schild TAH4.svg 

    Le Caire 

    Le Cap 

    10 228 km 

    Schild TAH5.svg 

    Dakar 

    Ndjamena 

    4 496 km 

    Schild TAH6.svg 

    Ndjamena 

    Djibouti 

    4 219 km 

    Schild TAH7.svg 

    Dakar 

    Lagos 

    4 010 km 

    Schild TAH8.svg 

    Lagos 

    Mombasa 

    6 259 km 

    Schild TAH9.svg 

    Beira 

    Lobito 

    3 523 km 

     

     

     


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  • Les tensions migratoires dans le Monde

    Voici le tableau complet des migrations modernes. L'Afrique n'est pas encore vraiment affectées...

     

     

    La première puissance économico-militaire du monde venant de déclarer la guerre à l'immigration incontrôlée, un tour d'horizon de l'immigration dans le monde n'est pas superflu. D'autant que la Banque mondiale suit l'affaire de près, publiant régulièrement un manuel statistique sur la question (voir les sources des tableaux) Bien sûr, il s'agit de l'immigration connue et dont les chiffres ont été fournis par chaque pays à l'organisme de Washington. Y échappe l'immigration clandestine qui, notamment en Afrique, est très importante. De plus, les données de la Banque mondiale sont politiquement incorrectes. Elles détaillent par exemple le Sahara occidental (mille pardon aux Marocains !) ou des départements français comme ceux des Antilles ou Mayotte (les Français seront moins susceptibles...) car, de fait, leur situation migratoire n'est pas simple. Mayotte par exemple, département français bénéficiant de la réglementation notamment sociale de la métropole, attire tous les jours un grand nombre de Comoriens au point que ces derniers posent un problème même à leurs anciens compatriotes devenus français. La Banque mondiale est d'ailleurs en dessous de la réalité avec 77000 migrants dans ce département, le chiffre réel devant dépasser le double.

     

    On sait par ailleurs que des centaines de milliers d'immigrés sont entrés en Europe depuis que la chancelière allemande a ouvert les vannes en grand, soit après l'établissement des statistiques onusiennes. Et l'on sait aussi que les migrations inter africaines sont très supérieures aux chiffres indiqués ici : il y a d'abord eu les guerres, notamment du Congo, qui ont fait fuir des centaines de milliers de gens, lesquels n'ont pas tous, de loin, rejoint leur pays d'origine. Il y a eu ensuite l'essor économique qui a attiré là aussi des centaines de milliers de travailleurs qui, en Afrique du Sud (avec les troubles que l'on a vu), qui au Nigeria, qui en Angola (dont pas mal de Portugais) Il y a eu enfin l'eldorado européen avec les passages en Afrique du nord. Tous les postulants au départ en Europe ne sont pas partis et si, dans tout le Maghreb, on assiste à de honteuses chasses aux Subsahariens, c'est bien qu'une partie notable d'entre eux sont restés tandis que d'autres continuent à arriver.

     

    L'immigration n'est donc plus acceptée aujourd'hui comme hier encore. En Occident, elle explique en partie la "montée des populismes", le désir en fait de citoyens en nombre croissant de maîtriser à nouveau leurs frontières. Et les tension sont de fait les plus palpables là où le pourcentage d'immigrés dans la population est le plus élevé. A une grande exception près : les pays pétroliers sont littéralement envahis mais on sait que leurs lois à l'égard des immigrés sont féroces et leur pratique de la loi, particulièrement vigilante. Quelques places fortes, notamment chinoises, de la mondialisation sont également dans le même cas, avec les mêmes lois et les mêmes pratiques (essayez de jeter un papier par terre à Singapour !) Hors ces cas particuliers, vous voyez bien que l'Occident, Europe de l'ouest en tête, est vraiment la zone d'immigration la plus importante. D'où, effectivement, les tensions les plus fortes. Surtout quand les nouveaux arrivants s'intègrent mal et créent de véritables ghettos dans les grands villes. L'Islam ainsi a vu des cohortes d'Occidentaux se lever contre ses excès  au cœur même de leur civilisation, menaçant jusqu'à ses enfants intégrés depuis des générations et, en immense majorité, ayant adopté l'indifférence religieuse majoritaire outre Méditerranée. Il en va de même des nombreux jeunes qui, dans les "cités", ont fait de la vente de drogues leur principale source de revenus : leurs agissements, allant jusqu'au soulèvement contre les forces de l'ordre, dérangent cette fois-ci la majorité de la population immigrée habitant dans ces cités souvent désertées par les Etats occidentaux. Et alimentent cette fois-ci le sentiment d'insécurité de populations ainsi et encore plus tentées par le "populisme"

     

    Dans le tableau 2, vous pouvez voir où sont majoritairement partis les émigrés inter africains. Dans les grands pays riches et en plein essor économique bien sûr, Afrique du sud, Nigeria, Ethiopie, Kenya... On voit aussi des éléments de discorde future, comme en Côte d'Ivoire où, certes, des Français en nombre habitent le pays mais où aussi, le "rééquilibrage ethnique" de l'administration Ouattara a attiré de nombreux Sahéliens. On sait aussi que le nombre d'Indiens en Ouganda a déjà posé problème... Globalement toutefois et hors quelques exceptions là encore à base pétrolière, il n'existe pas encore de seuil critique atteint en Afrique au niveau migratoire. Peut-être en pays Fang (Guinée Equatoriale, Gabon, Cameroun), les Fangs ayant une culture particulièrement forte à laquelle ils tiennent plus que tout ? Mais les immigrés se concentrent dans les grandes villes et ne déferlent pas dans les villages où ils poseraient alors et certainement problème. Et pour l'instant, les seules tensions migratoires observées en Afrique l'ont été en Afrique du nord (avec beaucoup de racisme, malheureusement) et en Afrique du sud (contre les Zimbabwéens) Les tensions, en regain, entre Sahéliens et Forestiers sur toute la lisière forestière du continent relèvent plus des frontières héritées du colonialisme et de l'histoire de l'Afrique que de l'immigration.

     

    Qu'en sera-t-il demain ? L'exemple occidental montre qu'il est des limites à ne pas dépasser, sauf à entraîner une révolte grave des populations autochtones. Mais il montre aussi et surtout que c'est moins l'immigration elle-même qui est en cause que le choc des civilisations : une jeune femme dénudée ne ferait pas 100 mètres dans le centre d'une grande ville arabe. Elle serait immédiatement arrêtée et jugée pour outrage, voir plus. Il en a été de même des femmes en burqa au cœur des cités occidentales. Le premier ministre hollandais vient de résumer le dilemme : "si ça ne vous plait pas, partez !" a-t-il dit aux immigrés voulant continuer à vivre comme chez eux dans leur nouvelle patrie. Ce que diraient sans nul doute et sans hésiter les dirigeants arabes et africains qui, de leur côté, refusent catégoriquement les orientations sexuelles des Occidentaux qu'ils considèrent comme totalement décadentes. S'assimiler devrait donc être la règle demain comme hier. Les tensions sont apparues quand, du fait du nombre, les nouveaux arrivants ont eu plus de mal à s'assimiler en deux générations comme autrefois. Et quand aussi, par arrogance, les millions de touristes occidentaux se sont conduits comme en pays conquis par leur propre civilisation : le refus n'est pas qu'occidental !

     

     

    1- Nombre d'immigrés en 2015 (en milliers)

    Source : 2 premières colonnes : Banque Mondiale, Migrations and remittances factbook 2016 (third edition) ; 2 colonne suivantes : IC publications (calculs) et Wikipédia (population totale en 2016)

    Pays

    (nombre d'immigrés) 

    Immigrés

    % de la population

    Pays

    (% de la population)

    Etats-Unis

    46 627,10

    200

    Îles Vierges

    Allemagne

    12 005,70

    85,3

    Koweït

    Russie

    11 643,30

    80

    Emirats Arabes Unis

    Arabie saoudite

    10 185,90

    77,3

    Qatar

    Royaume Uni

    8 543,10

    71,4

    Bhoutan

    Emirats Arabes Unis

    8 095,10

    53,8

    Bahreïn

    Canada

    7 835,50

    50

    Oman

    France (métropolitaine)

    7 784,40

    50

    Chine - Macao

    Australie

    6 763,70

    50

    Mayotte

    Espagne

    5 853,00

    50

    Guam

    Italie

    5 788,90

    47,7

    Jordanie

    Inde

    5 241,00

    46,3

    Singapour

    Ukraine

    4 834,90

    44,4

    Liban

    Thaïlande

    3 913,30

    40

    Luxembourg

    Pakistan

    3 629,00

    40

    Guyane (française)

    Kazakhstan

    3 546,80

    38,9

    Chine - Hong Kong

    Afrique du Sud

    3 142,50

    36

    Aruba

    Jordanie

    3 112,00

    35,9

    Arabie saoudite

    Turquie

    2 964,90

    33,3

    Maldives

    Koweït

    2 866,10

    30

    Suisse

    Chine - Hong Kong

    2 838,70

    29,1

    Australie

    Iran

    2 726,40

    25

    Israël

    Singapour

    2 543,60

    25

    Brunei

    Malaisie

    2 514,20

    25

    Guadeloupe

    Suisse

    2 438,70

    23,6

    Canada

    Côte d'Ivoire

    2 175,40

    22,2

    Nouvelle-Zélande

    Argentine

    2 086,30

    21,3

    Nouvelle-Calédonie

    Japon

    2 043,00

    20,5

    Kazakhstan

    Israël

    2 011,70

    18,2

    Chypre

    Liban

    1 997,80

    17,6

    Autriche

    Pays-Bas

    1 979,50

    17,6

    Gabon

    Oman

    1 845,00

    17,6

    Belize

    Qatar

    1 687,60

    16,7

    Suède

    Suède

    1 639,80

    16,7

    Monténégro

    Autriche

    1 492,40

    15,5

    Martinique

    Bangladesh

    1 422,80

    15,4

    Estonie

    Venezuela

    1 404,40

    15,2

    Irlande

    Belgique

    1 387,90

    15

    Lettonie

    Corée du Sud

    1 327,30

    15

    Polynésie française

    Grèce

    1 242,50

    14,8

    Allemagne

    Nigéria

    1 199,10

    14,7

    Bahamas

    Mexique

    1 193,20

    14,5

    Etats-Unis

    Ouzbékistan

    1 170,90

    14,3

    Croatie

    Kenya

    1 084,40

    13,7

    Royaume Uni

    Biélorussie

    1 082,90

    13,5

    Norvège

    Ethiopie

    1 072,90

    12,9

    Libye

    Nouvelle-Zélande

    1 039,70

    12,5

    Belgique

    Chine

    978

    12,5

    Réunion

    Syrie

    875,2

    12,3

    Islande

    Portugal

    837,3

    12

    Sainte Lucie

    Serbie

    807,4

    11,9

    Espagne

    Libye

    771,1

    11,7

    Barbade

    Ouganda

    749,5

    11,6

    France (métropolitaine)

    Irlande

    746,3

    11,6

    Biélorussie

    Norvège

    741,8

    11,5

    Djibouti

    Brésil

    713,6

    11,3

    Pays-Bas

    Burkina Faso

    704,7

    11,1

    Serbie

    Bahreïn

    704,1

    11,1

    Gambie

    Pologne

    619,4

    10,9

    Grèce

    Croatie

    576,9

    10,8

    Côte d'Ivoire

    Danemark

    572,5

    10,7

    Danemark

    Congo (Kinshasa)

    545,7

    10,5

    Ukraine

    Népal

    518,3

    10,2

    Malte

    Tchad

    517

    10

    Botswana

    Soudan

    503,5

    9,5

    Slovénie

    Egypte

    491,6

    9,4

    Italie

    Chili

    469,4

    9,2

    Surinam

    Hongrie

    449,6

    8,9

    Congo Brazzaville

    Rwanda

    441,5

    8,6

    Porto Rico

    Costa Rica

    421,7

    8,4

    Malaisie

    Dominicaine (Rép)

    415,6

    8,2

    Costa Rica

    Tchèque (Rép)

    405,1

    8,1

    Russie

    Ghana

    399,5

    7,7

    Portugal

    Zimbabwe

    398,9

    7,5

    Guyane

    Congo Brazzaville

    393

    6,7

    Palestine

    Equateur

    387,5

    6,7

    Arménie

    Afghanistan

    382,4

    6

    Tonga

    Cameroun

    382

    5,8

    Thaïlande

    Mali

    363,1

    5,7

    Afrique du Sud

    Irak

    353,9

    5,6

    Finlande

    Yémen

    344,1

    5,1

    Argentine

    Chine - Macao

    342,7

    5,1

    Panama

    Indonésie

    328,8

    4,8

    Macédoine

    Finlande

    315,9

    4,6

    Venezuela

    Burundi

    286,8

    4,4

    Togo

    Togo

    276,8

    4,4

    Géorgie

    Tadjikistan

    275,1

    4,3

    Namibie

    Porto Rico

    275

    4,2

    St Vincent-et-les-Grenadines

    Gabon

    268,4

    4,1

    Burkina Faso

    Azerbaïdjan

    264,2

    4

    Ouzbékistan

    Sénégal

    263,2

    4

    Hongrie

    Lettonie

    263,1

    3,9

    Syrie

    Tanzanie

    261,2

    3,9

    Tchad

    Palestine

    255,5

    3,8

    Dominicaine (Rép)

    Luxembourg

    249,3

    3,8

    Tchèque (Rép)

    Bénin

    245,4

    3,8

    Turkménistan

    Algérie

    242,4

    3,8

    Trinité-et-Tobago

    Slovénie

    236

    3,7

    Tadjikistan

    Guinée

    228,4

    3,7

    Slovaquie

    Roumanie

    226,9

    3,6

    Turquie

    Mozambique

    222,9

    3,5

    Iran

    Malawi

    215,2

    3,5

    Kirghizistan

    Philippines

    211,9

    3,5

    Grenade

    Kirghizistan

    204,4

    3,4

    Rwanda

    Estonie

    202,3

    3,4

    Lituanie

    Turkménistan

    196,4

    3,2

    Azerbaïdjan

    Chypre

    196,2

    3

    Burundi

    Gambie

    192,5

    3

    Micronésie (États fédérés de)

    Arménie

    191,2

    2,9

    Paraguay

    Niger

    189,3

    2,8

    Chili

    Panama

    184,7

    2,8

    Zimbabwe

    Slovaquie

    177,2

    2,8

    Moldavie

    Géorgie

    168,8

    2,8

    Cap-Vert

    Botswana

    160,6

    2,6

    Corée du Sud

    Paraguay

    156,5

    2,6

    Mali

    Bolivie

    143

    2,6

    Mauritanie

    Moldavie

    142,9

    2,5

    Kenya

    Mauritanie

    138,2

    2,5

    Equateur

    Lituanie

    136

    2,48

    Swaziland

    Colombie

    133,1

    2,4

    Samoa occidentales

    Macédoine

    130,7

    2,3

    Libéria

    Zambie

    127,9

    2,2

    Centrafrique

    Réunion

    127,2

    2,2

    Maurice

    Libéria

    113,8

    2,1

    Sénégal

    Djibouti

    112,4

    2

    Uruguay

    Angola

    106,8

    2

    Albanie

    Guyane (française)

    106,1

    1,9

    Ouganda

    Brunei

    102,7

    1,9

    Bénin

    Bulgarie

    102,1

    1,8

    Pakistan

    Guadeloupe

    98,5

    1,8

    Pologne

    Maldives

    94,1

    1,8

    Népal

    Namibie

    93,9

    1,8

    Cameroun

    Sierra Leone

    91,2

    1,7

    Guinée

    Pérou

    90,9

    1,7

    Sierra Leone

    Maroc

    88,5

    1,6

    Japon

    Monténégro

    82,5

    1,6

    Fidji

    Centrafrique

    81,6

    1,6

    Guinée équatoriale

    Mayotte

    77

    1,5

    Ghana

    Guatemala

    76,4

    1,5

    Comores

    Guam

    76,1

    1,5

    Vanuatu

    Cambodge

    74

    1,4

    Bulgarie

    Myanmar (Birmanie)

    73,3

    1,3

    Soudan

    Viêt Nam

    72,8

    1,3

    Afghanistan

    Uruguay

    71,8

    1,3

    Guinée-Bissau

    Nouvelle-Calédonie

    64,3

    1,2

    Ethiopie

    Martinique

    61,7

    1,2

    Irak

    Bahamas

    59,3

    1,2

    Yémen

    Albanie

    57,6

    1,2

    Malawi

    Tunisie

    56,7

    1,1

    Niger

    Îles Vierges

    56,7

    1

    Mexique

    Belize

    53,9

    1

    Roumanie

    Bhoutan

    51,1

    1

    Sahara occidental

    Trinité-et-Tobago

    49,9

    1

    Sao Tomé-et-Principe

    Corée du Nord

    48,5

    0,9

    Bangladesh

    Surinam

    46,8

    0,9

    Bolivie

    Salvador

    42

    0,9

    Bosnie-Herzégovine

    Malte

    41,4

    0,8

    Mozambique

    Nicaragua

    40,3

    0,8

    Jamaïque

    Haïti

    39,5

    0,7

    Congo (Kinshasa)

    Sri Lanka

    38,7

    0,7

    Zambie

    Islande

    37,5

    0,7

    Salvador

    Aruba

    36,1

    0,7

    Nicaragua

    Bosnie-Herzégovine

    34,8

    0,6

    Nigéria

    Barbade

    34,5

    0,6

    Tanzanie

    Madagascar

    32,1

    0,6

    Guatemala

    Swaziland

    31,6

    0,6

    Mongolie

    Polynésie française

    30,1

    0,6

    Salomon (Îles)

    Maurice

    28,6

    0,5

    Egypte

    Honduras

    28,1

    0,5

    Algérie

    Papouasie-Nelle-Guinée

    25,8

    0,5

    Angola

    Somalie

    25,3

    0,5

    Cambodge

    Jamaïque

    23,2

    0,5

    Tunisie

    Guinée-Bissau

    22,3

    0,4

    Inde

    Laos

    22,2

    0,4

    Haïti

    Mongolie

    17,6

    0,35

    Brésil

    Erythrée

    15,9

    0,3

    Pérou

    Guyane

    15,4

    0,3

    Maroc

    Cap-Vert

    14,9

    0,3

    Honduras

    Fidji

    13,8

    0,3

    Papouasie-Nelle-Guinée

    Cuba

    13,3

    0,3

    Laos

    Sainte Lucie

    12,8

    0,3

    Lesotho

    Comores

    12,6

    0,2

    Philippines

    Guinée équatoriale

    10,8

    0,2

    Colombie

    Grenade

    7,1

    0,2

    Corée du Nord

    Lesotho

    6,6

    0,2

    Sri Lanka

    Tonga

    5,7

    0,2

    Somalie

    Sahara occidental

    5,2

    0,2

    Erythrée

    Samoa occidentales

    4,9

    0,13

    Madagascar

    St Vincent-et-les-Grenadines

    4,6

    0,1

    Indonésie

    Vanuatu

    3,2

    0,1

    Myanmar (Birmanie)

    Micronésie (États fédérés de)

    2,8

    0,1

    Cuba

    Salomon (Îles)

    2,6

    0,08

    Viêt Nam

    Sao Tomé-et-Principe

    2,4

    0,07

    Chine

    Total Monde*

    242,40

    3,25

    Total Monde

    Total Amérique du nord*

    54,5

    13,7

    Total Europe de l'ouest

    Total Europe de l'ouest

    54,5

    9,6

    Total Europe orientale

    Total Moyen Orient*

    40

    9,41

    Total Amérique du nord

    Total Asie*

    33,9

    7

    Total Moyen Orient

    Total Europe orientale*

    21,9

    2,1

    Total Océanie

    Total Afrique*

    19,9

    1,8

    Total Afrique

    Total Amérique latine*

    9

    1,4

    Total Amérique latine

    Total Océanie*&**

    8,6

    1

    Total Asie

    * En million

    ** Au sens large, tous océans inclus : toutes les iles et archipels, y compris Australie, Nouvelle Zélande, Philippines et Indonésie...

     

    2- L'immigration en Afrique en 2015 (en milliers)

    Sources : Banque Mondiale, Migrations and remittances factbook 2016 (third edition) ; IC publications (calculs des %)) et Wikipédia (population totale en 2016)

     

    Pays

    Immigrés

    % de la population

    Afrique du Sud

    3 142,50

    5,7

    Côte d'Ivoire

    2 175,40

    10,8

    Nigeria

    1 199,10

    0,6

    Kenya

    1 084,40

    2,5

    Ethiopie

    1 072,90

    1,2

    Libye

    771,1

    12,9

    Ouganda

    749,5

    1,9

    Burkina Faso

    704,7

    4,1

    Congo (Kinshasa)

    545,7

    0,7

    Tchad

    517

    3,9

    Soudan

    503,5

    1,3

    Egypte

    491,6

    0,5

    Rwanda

    441,5

    3,4

    Ghana

    399,5

    1,5

    Zimbabwe

    398,9

    2,8

    Congo Brazzaville

    393

    8,9

    Cameroun

    382

    1,8

    Mali

    363,1

    2,6

    Burundi

    286,8

    3

    Togo

    276,8

    4,4

    Gabon

    268,4

    17,6

    Sénégal

    263,2

    2,1

    Tanzanie

    261,2

    0,6

    Bénin

    245,4

    1,9

    Algérie

    242,4

    0,5

    Guinée

    228,4

    1,7

    Mozambique

    222,9

    0,8

    Malawi

    215,2

    1,2

    Gambie

    192,5

    11,1

    Niger

    189,3

    1,1

    Botswana

    160,6

    10

    Mauritanie

    138,2

    2,6

    Zambie

    127,9

    0,7

    Réunion

    127,2

    12,5

    Libéria

    113,8

    2,3

    Djibouti

    112,4

    11,5

    Angola

    106,8

    0,5

    Maldives

    94,1

    33,3

    Namibie

    93,9

    4,3

    Sierra Leone

    91,2

    1,7

    Maroc

    88,5

    0,3

    Centrafrique

    81,6

    2,2

    Mayotte

    77

    50

    Tunisie

    56,7

    0,5

    Madagascar

    32,1

    0,13

    Swaziland

    31,6

    2,48

    Maurice

    28,6

    2,2

    Somalie

    25,3

    0,2

    Guinée-Bissau

    22,3

    1,3

    Erythrée

    15,9

    0,2

    Cap-Vert

    14,9

    2,8

    Comores

    12,6

    1,5

    Guinée équatoriale

    10,8

    1,6

    Lesotho

    6,6

    0,3

    Sahara occidental

    5,2

    1

    Sao Tomé-et-Principe

    2,4

    1

     

     


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  • L'Afrique peut-elle se passer de "cash"

    La Banque mondiale le préconise, l'Inde le tente...

     

    En août 2014, la Banque mondiale publiait un rapport vantant les effets des transactions électroniques sur la croissance économique. Et l'on sait que moult économies occidentales cherchent depuis plus longtemps encore à supprimer au maximum la monnaie fiduciaire dans leurs transactions. Bref, le billet de banque n'est pas "in" et, en plus, il peut sentir le souffre quand il provient d'activités illégales. Alors, quand on sait que les lessiveuses jouent encore un rôle primordiale dans l'épargne africaine, qu'une minorité seulement des Africains dispose d'un compte bancaire et que le continent est réputé pour compter parmi les plus corrompus du Monde (ce qui est faux, ne serait-ce qu'au niveau des montants détournés), on a du mal à comprendre comment il peut aussi se développer le plus vite au monde derrière l'Inde et la Chine.

    En fait, il n'y a pas de corrélation prouvée entre le mode de paiement et la croissance économique. On n'arrive même pas à calculer sérieusement la vitesse de circulation de la monnaie qui, pour certains auteurs (théorie quantitative de la monnaie) est un élément explicatif de l'inflation. Laquelle est un marqueur de la croissance, n'en déplaise aux monétaristes aujourd'hui en rapide perte de vitesse chez les dirigeants occidentaux. Tout juste peut-on noter que l'argent sale, en grande partie fiduciaire au moment de sa création, représenterait au moins 3% de l'économie mondiale selon l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime en 2011 (rapport établi d'après le blanchiment observé d'argent sale par les banques, soit 1600 milliards de dollars) Ajoutez à cela les autre blanchiments (casinos, paiements en numéraire, assurances, etc.) et vous pouvez allègrement doubler ce pourcentage ! Plus de 5% donc de la production mondiale est probablement généré par le crime. Ajouter encore à cela la fraude fiscale (80 milliards € dans une France qui produit chaque année quelques 2000 milliards €, soit encore 4%) et on frôle donc les 10% du PIB mondial.

    Maintenant prenez les points de croissance apportés par l'investissement. Il n'y a pas d'études chiffrées sérieuses sur la question, même en ce qui concerne la Défense (les généraux plaident qu'un euro dépensé pour eux rapporte 1,35 € à l'économie mais "au doigt mouillé")  On peut toutefois imaginer les dégâts que causerait la suppression de ces 10% du PIB mondial. Les 4% de fraude fiscale ne seraient perdus que pour les fraudeurs car recyclés immédiatement par les Etats. Mais les 6% restant se traduiraient inexorablement en perte de croissance économique. Non pas directement (les consommateurs reporteraient leurs dépenses sur d'autres biens et services) mais indirectement : les crimes et délits sont le fait d'hommes et de femmes qui eux aussi consomment et investissent. Certes, beaucoup d'entre elles et eux se feront payer autrement, on note déjà une flambée des "bitcoins" sur le Web. Mais la généralisation trop rapide des paiements électroniques ne peut pas ne pas avoir de conséquence sur leur nombre et le nombre de leurs actes. Donc sur leur consommation et leurs investissements, CQFD !

    On ne peut donc pas, quand on veut gouverner intelligemment, se contenter de morale. Il faut aussi bien calculer. En l'occurrence, on peut imaginer que combattre l'argent du crime peut se faire plus aisément en période de surchauffe économique qu'en période de stagnation. Ce, pour l'Occident qui n'est pas actuellement en posture de cogner trop fort sur l'argent des criminels. Car pour l'Afrique, c'est l'inverse : l'argent sale quitte le continent pour se réfugier dans les paradis financiers. Ce qui peut être supporté en période de vaches grasses ne peut plus l'être en période de vaches maigres, CQFD !

    Le "cash" africain est donc un vrai casse-tête : c'est le moyen de paiement de l'immense majorité des Africains et c'est aussi le moyen d'évasion des criminels et des fraudeurs (avec en plus une ponction sur les réserves en devises des pays africains, réserves qui sont déjà insuffisantes compte tenu du développement de la consommation interne)

    Ce qui accroit la difficulté des dirigeants continentaux est le fait que plusieurs monnaies africaines n'ont plus véritablement cours : au Congo Kinshasa par exemple, le dollar américain s'est substitué au franc congolais dans la majorité des grandes transactions depuis l'ère Mobutu. Le rand, idem, a plus cours au Zimbabwe que le dollars zimbabwéen plus guère utilisé. L'envie de sortir de la zone CFA titille de plus en plus les dirigeants d'Afrique francophone (ils n'y restent que par peur des réactions françaises) Et au final, les Africains ont souvent en poche, plus rarement en banque, des billets qui font en fait partie des réserves de change de l'Etat considéré ! Et tout cela fonctionne ! En dépit des rapports des uns et des autres, les producteurs achètent machines et intrants et les consommateurs achètent des produits et services finis en quantités annuelles croissantes. Et croissant plus vite qu'ailleurs hors Asie de l'est avec des données monétaires finalement assez orthodoxes : une inflation limitée globalement à 7% (donc pas de fuite en avant des salaires et des prix) et des masses monétaires proches de leurs homologues européennes en pourcentages du PIB. Il n'y a guère que les réserves de change qui soient très insuffisantes : le marché intérieur progressant très vite, les producteurs manquent de devises pour importer machines et intrants étrangers (seule l'Algérie semble en bonne position)...

    Le rapport de la Banque Mondiale n'est donc pas adaptable au continent africain. Lequel peut d'ailleurs et en outre considérer le chaos créé en Inde par des gouvernants qui ont eu le tort d'écouter les "experts" : les fonctionnaires corrompus (la cible de la réforme) doivent, certes, se coucher sur leurs matelas de roupies mal acquis mais l'économie indienne a d'ores et déjà perdu pas mal de croissance : elle est en panne depuis novembre dernier car le "cash" était employé dans plus de 90% des transactions. En fait, le gouvernement n'a pas stricto sensu interdit le cash : il a obligé les acteurs économiques à venir échanger leurs billets contre des billets tout neuf. En notant leurs noms et l'origine de leurs avoirs en numéraires (en interdisant donc à l'argent sale d'être échangé) Il fallait en plus avoir un compte en banque... Bref, ça a été immédiatement et ça continue d'être la panique car, en plus, il n'y a pas assez de guichets de banque et pas assez de billets par guichet ! L'affaire est à suivre car le gouvernement indien ne peut plus reculer. On saura donc dans le courant de l'année ce qu'a perdu le pays en terme de croissance économique, un pays qui comptait dépasser la Chine en 2017 en terme de croissance...

    Encadré

    L'Union européenne en flèche contre le cash.

    Elle est pratiquement en récession mais s'est lancée depuis le quinquennat de Sarkozy dans une lutte farouche contre l'argent sale et, surtout, la fraude fiscale. Elle a obligé les paradis fiscaux européens a abandonner le secret bancaire et à communiquer les coordonnées de leurs comptes étrangers. Et elle limite progressivement la possibilité d'achats en numéraires sur le territoire européen. Ca a commencé par l'or que pratiquement aucun particulier ne peut plus acheter en vente libre et anonyme. Seules les pièces de monnaie sont encore achetables en quantité limitée. Puis les achats de plus de 3000 € en espèces ont été interdits avant de s'abaisser, en France, à 1000 €. Ce, après que la Banque Centrale Européenne ait décidé de ne plus fabriquer de billet de 500 €. Cette politique se heurte à présent à la confiance des opérateurs étrangers dans l'euro, sorti bien entendu affaibli encore un peu plus (son affaiblissement vient aussi et d'une croissance régionale trop faible, et des dettes faramineuses des Etats européens) L'euro est une monnaie dite de réserve qui ne le serait plus dès lors qu'il n'y aurait plus de billets en circulation. Et, ce, du fait justement que des pays ne vivent que grâce au cash. Le dollars remonte donc très rapidement par rapport à la monnaie européenne, d'une part et bien entendu parce que la croissance américaine est autrement plus vigoureuse que celle de son allié de l'ouest, mais aussi parce que des opérateurs en nombre croissant perdent plus confiance dans l'euro que dans le dollars.

     

    1- Indicateurs monétaires en Afrique : taux de change, masse monétaire, réserves de change

     

    Taux de change

    Masse monétaire

    Réserves de change -or exclus

     

    (monnaie locale/USD)

    (milliards, monnaie locale )

    (millions de dollars)

     

     

     

     

    2015

    2015

     

    2013

    2014

    2015

    Niveau

    % du PIB

    Croissance

    Stock en fin d'année

    Éq. Mois d'importation

    Algérie

    79,4

    80,6

    100,7

    13 457,2

    77,1

    -1,6

    144 677,5

    29,1

    Angola

    96,5

    98,3

    120,1

    5 712,9

    44,0

    11,5

    23 901,2

    8,1

    Bénin

    494,0

    494,4

    591,4

    2 754,9

    51,5

    17,1

    731,6

    2,2

    Botswana

    8,4

    9,0

    10,1

    67,9

    49,4

    7,7

    7 958,9

    13,4

    Burkina Faso

    494,0

    494,4

    591,4

    2 477,2

    36,9

    14,5

    259,6

    0,9

    Burundi

    1 555,1

    1 546,7

    1 570,6

    906,5

    22,3

    0,0

    135,1

    2,1

    Cabo Verde

    83,1

    83,1

    99,4

    154,6

    90,7

    4,7

    428,4

    4,6

    Cameroun

    494,0

    494,4

    591,4

    4 091,6

    23,9

    8,6

    3 353,2

    4,7

    République centrafricaine

    494,0

    494,4

    591,4

    275,4

    28,9

    12,5

    221,8

    4,8

    Tchad

    494,0

    494,4

    591,4

    1 115,9

    15,9

    3,5

    207,3

    0,5

    Comores

    370,5

    370,8

    443,6

    100,0

    40,9

    2,9

    136,6

    6,0

    Congo

    494,0

    494,4

    591,4

    2 659,7

    50,1

    1,4

    2 259,9

    2,8

    Congo, Rép. dém.

    919,8

    925,2

    926,0

    4 217,0

    13,9

    6,7

    1 215,9

    1,2

    Côte d’Ivoire

    494,0

    494,4

    591,4

    3 070,8

    16,3

    17,4

    4 715,7

    5,0

    Djibouti

    177,7

    177,7

    177,7

    257,5

    81,4

    9,7

    364,9

    4,4

    Égypte*

    6,9

    7,1

    7,7

    1 765,4

    73,6

    16,4

    13 282,

    2,5

    Guinée équatoriale

    494,0

    494,4

    591,4

    1 320,1

    14,4

    -15,2

    1 457,2

    1,9

    Érythrée

    15,4

    15,4

    15,4

    82,7

    128,1

    12,9

    Éthiopie*

    18,6

    19,7

    20,7

    369,7

    28,3

    24,2

    Gabon

    494,0

    494,4

    591,4

    2 077,0

    25,3

    -5,2

    2 083,6

    5,0

    Gambie

    36,0

    41,7

    47,2

    22,6

    56,5

    11,0

    143,3

    4,6

    Ghana

    2,0

    2,6

    3,8

    45,1

    43,4

    22,5

    Guinée

    6 995,9

    7 014,1

    7 425,7

    16 974,0

    31,2

    15,7

    233,5

    1,0

    Guinée-Bissau

    494,0

    494,4

    591,4

    272,4

    43,1

    11,3

    332,1

    11,5

    Kenya

    86,1

    87,9

    98,1

    2 694,7

    41,9

    15,6

    7 762,4

    4,6

    Lesotho

    9,7

    10,9

    12,8

    9,3

    39,6

    3,1

    904,2

    5,8

    Libéria

    1,0

    1,0

    1,0

    0,7

    25,4

    0,4

    Libye

    1,3

    1,3

    1,4

    81,0

    173,2

    3,5

    74 863,

    38,3

    Madagascar

    2 206,9

    2 414,8

    2 934,4

    6 662,0

    23,3

    1,7

    832,

    2,9

    Malawi

    364,4

    424,9

    499,5

    804,6

    27,3

    27,8

    640,2

    3,8

    Mali

    494,0

    494,4

    591,4

    2 238,5

    35,9

    13,2

    624,

    2,5

    Mauritanie

    302,1

    303,3

    318,6

    530,4

    26,5

    4,0

    Maurice

    30,7

    30,6

    35,1

    418,4

    91,6

    5,2

    3 957,

    5,7

    Maroc

    8,4

    8,4

    9,8

    1 149,2

    106,6

    5,8

    22 253,9

    5,8

    Mozambique

    30,1

    31,4

    40,1

    239,8

    0,0

    17,1

    2 411,4

    0,0

    Namibie

    9,7

    10,9

    12,8

    81,8

    59,1

    9,8

    1 208,7

    2,1

    Niger

    494,0

    494,4

    591,4

    1 113,9

    26,9

    0,3

    1 039,

    4,1

    Nigéria

    157,3

    158,6

    192,4

    20 612,6

    23,0

    9,6

    31 561,8

    6,2

    Rwanda

    646,6

    681,9

    729,0

    1 416,7

    24,7

    15,8

    1 029,8

    5,4

    Sao Tomé-et-Principe

    18 450,0

    18 466,4

    22 090,6

    2 877,3

    40,6

    15,1

    78,4

    7,3

    Sénégal

    494,0

    494,4

    591,4

    3 752,3

    48,0

    7,7

    2 011,8

    3,9

    Seychelles

    12,1

    12,7

    13,3

    11,6

    51,8

    5,7

    541,5

    5,0

    Sierra Leone

    4 332,5

    4 524,2

    4 905,3

    5 446,7

    26,4

    10,5

    556,5

    2,6

    Somalie

    ...

    ...

    ...

     

    Afrique du Sud

    9,7

    10,9

    12,8

    2 866,2

    72,8

    6,3

    41 619,5

    5,0

    Soudan du Sud

    3,0

    3,0

    3,0

    9,1

    21,8

    16,6

    229,9

    0,8

    Soudan

    4,8

    5,7

    6,0

    91,7

    15,0

    18,0

    181,5

    0,2

    Swaziland

    9,7

    10,9

    12,8

    12,5

    27,8

    7,4

    553,6

    3,1

    Tanzanie

    1 600,4

    1 654,0

    1 979,7

    21 626,3

    23,1

    16,2

    4 071,9

    4,1

    Togo

    494,0

    494,4

    591,4

    1 212,3

    51,3

    10,5

    574,

    3,1

    Tunisie

    1,6

    1,7

    2,0

    62,9

    77,6

    6,9

    7 205,5

    4,3

    Ouganda

    2 586,9

    2 599,8

    3 241,4

    17 323,9

    22,5

    13,3

    2 829,8

    4,6

    Zambie

    5,4

    6,2

    8,6

    39,7

    18,7

    13,4

    2 967,6

    3,5

    Zimbabwe

    4,6

    36,7

    5,1

    328,

    0,6

    Note : * Pour l'Égypte et l'Éthiopie, année fiscale juillet (n-1)/juin (n)

                   

    Sources : Département des statistiques BAfD ; autorités nationales ; Statistiques financières internationales du FMI ; estimations et prévisions des auteurs.

     

    2- L'inflation en Afrique

     

    Inflation

     

    (%)

     

     

     

     

     

     

    2014

    2015 (e)

    2016 (p)

    2017 (p)

    Algérie

    2,9

    4,8

    4,3

    4,0

    Angola

    7,3

    10,2

    14,1

    14,8

    Bénin

    -1,1

    0,4

    2,3

    2,4

    Botswana

    4,4

    3,1

    4,5

    4,3

    Burkina Faso

    -0,3

    0,8

    2,0

    1,9

    Burundi

    4,4

    5,5

    7,5

    6,7

    Cabo Verde

    -0,2

    0,0

    1,6

    2,7

    Cameroun

    1,9

    2,7

    2,2

    2,1

    République centrafricaine

    11,6

    5,6

    4,7

    4,0

    Tchad

    1,7

    4,0

    2,7

    4,0

    Comores

    2,9

    2,1

    2,2

    2,6

    Congo

    3,0

    0,9

    1,5

    1,0

    Congo, Rép. dém.

    1,0

    0,8

    2,1

    2,5

    Côte d’Ivoire

    0,4

    1,5

    1,8

    1,9

    Djibouti

    3,0

    3,1

    3,3

    3,4

    Égypte*

    10,8

    11,2

    8,8

    10,2

    Guinée équatoriale

    4,3

    3,6

    2,6

    2,3

    Érythrée

    12,3

    12,5

    12,0

    11,7

    Éthiopie*

    8,1

    7,7

    7,4

    8,9

    Gabon

    3,2

    1,2

    2,4

    2,4

    Gambie

    6,3

    6,5

    5,5

    5,5

    Ghana

    17,0

    17,2

    10,2

    7,9

    Guinée

    9,7

    8,0

    8,5

    8,8

    Guinée-Bissau

    1,9

    1,5

    2,1

    1,8

    Kenya

    6,9

    6,0

    6,0

    5,2

    Lesotho

    5,3

    3,8

    3,9

    4,0

    Libéria

    9,9

    7,7

    7,0

    7,5

    Libye

    2,4

    8,6

    9,7

    5,8

    Madagascar

    6,0

    7,9

    7,4

    7,8

    Malawi

    23,8

    21,2

    18,1

    16,0

    Mali

    0,9

    2,0

    2,7

    1,8

    Mauritanie

    3,5

    1,5

    6,7

    6,1

    Maurice

    3,2

    1,3

    2,8

    2,5

    Maroc

    0,4

    1,8

    1,4

    1,6

    Mozambique

    2,3

    2,0

    5,7

    5,2

    Namibie

    5,3

    3,5

    3,9

    5,5

    Niger

    -0,9

    1,0

    1,3

    0,9

    Nigéria

    7,8

    9,0

    10,1

    9,4

    Rwanda

    2,4

    2,5

    3,0

    3,0

    Sao Tomé-et-Principe

    6,7

    5,3

    4,6

    4,7

    Sénégal

    -0,5

    0,0

    -0,4

    1,2

    Seychelles

    1,4

    4,4

    2,6

    2,7

    Sierra Leone

    7,1

    9,9

    10,0

    10,1

    Somalie

    ...

    ...

    ...

    ...

    Afrique du Sud

    6,1

    4,6

    6,8

    7,0

    Soudan du Sud

    1,7

    41,1

    14,7

    25,0

    Soudan

    36,9

    16,9

    13,1

    11,2

    Swaziland

    5,7

    5,6

    6,0

    6,7

    Tanzanie

    6,1

    5,6

    5,9

    6,0

    Togo

    0,2

    1,9

    2,1

    2,2

    Tunisie

    5,5

    5,0

    4,0

    3,5

    Ouganda

    4,3

    4,5

    5,2

    5,3

    Zambie

    7,8

    10,1

    10,8

    8,9

    Zimbabwe

    -0,2

    -2,0

    -1,3

    -0,7

    Afrique

    7,2

    7,3

    7,2

    7,2

    Sources : Département des statistiques BAfD ; autorités nationales ; Statistiques financières internationales du FMI ; estimations et prévisions des auteurs.

     

     

     

     

     


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  • Il existe des corrigés d'à peu près tout sur Internet. Mais à peine 1% de ces corrigés sont gratuits. Comme j'ai dû préparer une grande série de corrigés pour ma fille, je les stocke ici : il s'agit de corrigés de questions de culture générale (dissertations) posées aux candidats à des concours administratifs de fonctionnaires de catégorie A (France) Au début, j'ai recherché les réponses sur Internet pour ne pas sortir du "consensus" Puis j'ai arrêté car les corrigés étaient souvent trop scolaires et trop "bateau" Les utilisateurs de cette série de corrigés doivent donc savoir que, parfois, je ne suis pas dans le "consensus"...

     

    Corrigé des questions de culture générale aux concours administratifs

    I- La nation et l'Etat

    Quels rapports l'Etat entretient-il avec la langue ?

    - "Visualisation du sujet" : en quelle langue l'Etat communique-t-il avec ses administrés ? Il y-a-t-il des problèmes actuels avec la langue administrative ? En quelle langue l'Etat diffuse-t-il son savoir ? Traduction : il s'agit bien évidemment du Français qui, chez nous, est la seule langue utilisée en interne pour rédiger les actes réglementaires (lois, décrets, circulaires administratives, etc., jusqu'aux panneaux de signalisation routière) La diffusion du savoir étatique, c'est l'Education nationale qui, chez nous, se fait en Français sauf pour les langues étrangères. Et les problèmes sont de plusieurs ordres : on pense tout de suite aux immigrés qui ne parlent pas notre langue mais il y a aussi les analphabètes ainsi que toute la panoplie des problèmes d'Education nationale : apprentissage des langues étrangères et mortes, maîtrise de l'orthographe et de la syntaxe, etc. Sans compter la "vente" du Français à l'étranger, la langue comptant quand même pour beaucoup dans le rayonnement des cultures.

    - Une fois que tu as visualisé ton sujet, tu cherches si tu n'a rien oublié. Avec le Net, c'est facile : tu tapes l'intitulé du sujet sur Google. Et on voit qu'un seul aspect a été oublié, l'aspect historique : d'ou vient la langue ? En l'occurrence, c'est l'Etat royal français qui l'a fixée, il en est donc le créateur...

    - Et maintenant, tu es prête pour imaginer un plan. Tu peux, prioritairement, te servir de l'actualité pour le bâtir. Cette actualité, c'est la langue qui sera utilisée dans l'Union européenne après le Brexit. Théoriquement, Bruxelles n'aura plus l'obligation d'utiliser l'Anglais une fois la sortie actée. Ca va poser problème parce que toutes les élites de Bruxelles parlent l'Anglais mais pas toutes le Français...

    - D'où le point de départ : Le Français va-t-il devenir la première langue de l'Union européenne ? C'est ton introduction qui te permet de faire entrer tout de suite le lecteur dans ce sujet plutôt rébarbatif. Et tu colles ici ce à quoi sert la langue,  de la réglementation aux panneaux routiers. Tu peux enchaîner en rappelant l'histoire de la création du Français (le mélange gallo-romain-Francs, les langues d'Oc et d'Oïl, l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, la création de l'Académie française...) puis passer en deuxième partie sur l'alphabétisation des migrants et des personnes analphabètes (chiffres, qui fait quoi) Ce qui ouvre la 3e partie (l'Education nationale, la nécessité d'apprendre aussi des langues étrangères avec la mondialisation, les problèmes d'orthographe...) Ce qui te permet de conclure sur l'Education nationale en faisant donc plaisir aux profs.

    "La nature sociale a horreur du vide. (Si vous) Enlever la foi dans l'avenir qui est ce qui peut servir de repère organisateur dans la vie collective ? (Alors) le passé fait tout naturellement retour" (M. Gauchet, 1998)

    - Visualisation : d'abord Gauchet, qui est-ce ? Un philosophe qui a pensé la démocratie. Et sa phrase fait bien sûr référence aux problèmes sociaux créés par la mondialisation. A-t-il raison ? Oui, bien sûr, quand une classe dominante périclite face à la montée d'une nouvelle classe dominante, la nouvelle subjugue toujours l'ancienne : bourgeoisie contre aristocratie puis ploutocratie (le gouvernement des riches) face à la domination en baisse des classes moyennes (baisse du syndicalisme, détournement des médias par l'argent...) Et là on voit que Gauchet fait intervenir non une nouvelle classe sociale mais le retour à la tradition : il n'est pas marxiste et ne voit pas l'évolution dans une lutte permanente des classes. Il voit plutôt la transformation des classes moyennes face à la toute puissance de l'argent : ces classes moyennes se retournent vers un passé où, effectivement, tout était mieux puisqu'elles prirent le pouvoir et le conservèrent des décennies durant...

    - Rien sur le Web sauf, bien sûr, tous les articles sur "la nature a horreur du vide" qui n'apportent pas grand chose. Tu peux donc passer directement au sujet en partant comme d'hab. de l'actualité : ici, tu peux parler de l'autorité de l'Etat qui, en n'étant plus naturellement respectée, laisse place à la demande de moins de démocratie et plus de répression, à l'ancienne. Retour du pouvoir des profs et des directeurs d'école notamment dans des écoles laminées par l'incivilité pour rétablir la qualité de l'enseignement (alors que cette solution est insuffisante en elle-même) Puis tu enchaîne sur l'auteur en montrant qu'en ne rentrant pas dans le raisonnement marxiste, il peut mieux expliquer le comportement collectif des "vaincus" : au niveau du pouvoir, on a bien le remplacement de ceux-ci par de nouveaux dominants, mais au sein de chaque classe sociale, on a des comportements qui s'expliquent effectivement par le vide (le retour au passé sur les décombres d'un humanisme trop compassionnel) et qui annoncent le futur (ces comportements vont être porteurs de la future réaction : après Fillon, Marine Le Pen pour schématiser)

    Commentez et discutez cette phrase de Fernand Braudel : "une innovation ne vaut jamais qu'en fonction de la poussée sociale qui la soutient et l'impose"

    - Visualisation : tu n'as qu'à imaginer l'invention de l'informatique au Moyen Age (les gens ne savent ni lire ni écrire) et celle du téléphone portable à notre époque en Afrique où l'écriture compte moins que la parole : croissance bien plus rapide que chez nous...  Les problèmes ? Ce sont surtout les investisseurs qui sont concernés et qui, effectivement, vont se poser la question de la massification possible de l'invention. Au delà, tu peux même aller jusqu'à la planification, mais ça n'est plus tellement au goût du jour. A noter que Braudel est un historien : quand il écrit sa phrase, c'est bien entendu pour marquer la primauté du social sur la technique...

    - Sur le Net, tu vois que les auteurs ont tendance à classer les innovations par importance, justement, auprès du grand public : il y a celle qui relancent carrément les économies (la machine à vapeur, l'automobile, l'informatique, la téléphonie mobile, demain peut-être la robotique) et d'autres qui sont de moindre importance telles les améliorations de produits (4 roues, un moteur à explosion et un volant ; plus de l'électronique pour arriver, justement, au robot) ou les innovations de niches (l'Ipod, le lecteur de livre...)

    - Le plan ici est commandé : "commentez et discutez" : le commentaire, en partant de l'exemple de l'informatique dans un environnement analphabète, c'est l'explication de la phrase. Une innovation ne peut réussir que si le public suit. Sinon, elle est cantonnée dans une "niche" et peut même ne jamais voir le jour (les voitures volantes par exemple, dans un environnement où il y a trop de conducteurs) Et la discussion, c'est toujours thèse, antithèse, synthèse : demain la robotique ? Le grand public acceptera-t-il d'être remplacé partout ? Et à quels prix ? Oui si, non si, peut-être si...

    L'évolution du sentiment national dans la France contemporaine

    - Visualisation : l'identité heureuse ou la défense de sa culture ? On est en plein dedans et tut trouveras tout sur le Net. Il faut toutefois éviter d'opposer l'une à l'autre : on te demande de décrire l'évolution, pas de prendre partie.

    - Je passe donc directement au plan : je partirais de la crispation actuelle (le mot est faible) en rappelant que la France a su intégrer et s'enrichir de plusieurs vagues migratoires après la 2e Guerre mondiale : Espagnols, Yougoslaves, Portugais, Anglais et Allemands avec l'Union européenne ainsi que montée fantastique du tourisme étranger. Il n'y avait de crispation que lorsque les arrivants passaient sans dépenser d'argent (les Hollandais) Ce n'est qu'avec l'arrivée en nombre de Maghrébins que commença la crispation. Donc première partie historique avant d'analyser. Et l'analyse, c'est les points possibles d'explication : le fait que beaucoup de Français soient issus des rapatriés d'Algérie très hostiles aux Arabes ; des médias eux-mêmes assez hostiles du fait de la présence de nombreux Kabyles en France ; le laps de temps assez court de la migration arabe ; son importance accrue par les vagues consécutives aux guerres moyen-orientales ; enfin, la montée de l'intégrisme religieux chez les Musulmans français. En conclusion, j'ajouterai  que, pour la première fois dans l'histoire de France, le refus de l'étranger s'est invité en force dans la conquête du pouvoir politique. Le candidat de l'identité heureuse en a plus que probablement pâti...

    Les modes

    -Visualisation : attention, il ne s'agit pas de "la" mode mais "des" modes, en plus en relation avec l'Etat et la nation et non avec des vêtements. On est donc beaucoup plus proche du concept philosophique que de sa projection en matière de marketing. Et le concept philosophique, c'est le "mimétisme" s'opposant à la réaction : on suit ou on s'oppose. La mode est donc l'adhésion du plus grand nombre à un concept à un moment donné, précédant la réaction qui donnera naissance à un nouveau concept "majoritaire" entraînant lui-même une réaction, etc. C'est le principe de la dialectique imaginé par les Grecs (Platon notamment), les philosophes classiques (Hegel) et moderne (Marx).

    - Recherche Web ("la mode en politique") : tu vas retomber sur le vestiaire des hommes politiques ! Trop pointu pour Google...

    - Et tu te vois donc un peu obligé de faire plus un devoir de philosophie qu'une dissertation littéraire. Comme tu as affaire à des enseignants, je n'aborderai pas la notion facile du communautarisme face à l'assimilation (ils sont communautaristes très majoritairement) Je partirai donc de l'économie en montrant que Keynes fut considérés pendant un demi-siècle comme un génie avant d'être détrôné par son contraire, la politique de l'offre imaginée par l'Américain Friedman et son "école de Chicago" : thèse, antithèse. Mais au lieu d'avoir un synthèse comme on l'enseigne à Sciences-Po, on a, après réaction, soit un retour a la mode précédente (Keynes revenant à la mode, on en parle beaucoup), soit la création d'un concept totalement nouveau : actuellement, la distribution d'argent sans contrepartie pour maintenir la demande (le revenu universel) Ce, d'autant que la robotisation vient de faire un énorme bond en avant avec l'intelligence artificielle : près du tiers des emplois occidentaux pourraient être détruits dans les 25 ans à venir ! Bref, la mode génère toujours une réaction qui débouche soit sur un retour en arrière, soit sur la naissance d'un nouveau concept... La conclusion est simple : la mode, le mimétisme, est un mécanisme indispensable à l'évolution des sociétés humaines. Attention : ce sujet est "casse gueule" car très politique. Il faut éviter de choisir des exemples qui peuvent heurter les examinateurs, d'où mon choix très techniques...

    L'unité de notre pays vous paraît-elle affaiblie ou renforcée depuis 1945 ?

    - Visualisation : encore un sujet casse gueule. Je parts donc de la définition du mot "unité" : "Caractère de ce qui est commun à plusieurs, qui est identique pour plusieurs personnes : L'unité de pensée. Unité de vue" (Larousse) Comme cela, tu évites la notion d'Unité Nationale qui est l'entente entre tous les partis politiques d'un pays pour le gouverner en commun. Les Français sont donc t-il plus ou moins unis qu'en 1945 ?

    - Il n'y a pas grand chose sur le Net à ce sujet qui demande en fait une bonne connaissance de l'histoire de France de 1945 à aujourd'hui. En 1945, l'unité se fait autour de la Libération et de ses idées (très sociales), les Pétainistes se cachant. Or ils étaient majoritaires avant 1942 ! Puis l'unité se défait avec la décolonisation : il y a les pour et les contre. le cas de l'Algérie défait cette unité à un tel point qu'il permet le retour au pouvoir du général de Gaulle. Lequel fait l'unité national, marqué par des larges victoires électorales, jusqu'en 1968 : au cours de cette année, les jeunes "lâchent" le gaullisme qui va s'effilocher assez rapidement après le départ de De Gaulle en 1969. C'est l'Europe qui va alors accaparer les esprits, avec d'abord un assez grand consensus pro-européen. Mais l'Europe devient très libérale, au point de perdre la majorité de ses soutiens en France : en 2005, le "non" l'emporte et, depuis, les Français restent divisés sur cette question. On voit donc que les Français passent successivement de l'unité à la division en fonction des grandes questions qui se posent au pays, les partis politiques étant sans doute moins connectés aujourd'hui avec le pouls de l'opinion qu'il ne l'était en 1945 : pendant longtemps, la gauche est restée l'héritière de la Libération. Mais elle s'est scindée et sur la décolonisation, et sur l'Europe. On a vu que sa réunification en 1981 n'avait en fait pas fait disparaître les clivages puisque l'extrême gauche s'est envolé en prônant une politique antieuropéenne. A droite, le même phénomène s'est passé, son extrême s'envolant sur la même base antieuropéenne. Et cette double désunion des Français eux-mêmes et de leurs partis politiques sur la question européenne montre bien qu'il y a aujourd'hui plus de désaccords entre eux qu'en 1945 où la Libération avait annihilé l'ancienne majorité pétainiste. Et je réserverai la question migratoire à la conclusion, en disant seulement qu'elle renforce encore plus la désunion (comme ça, ça évite de s'étendre)...

    La Nation vous paraît-elle aujourd'hui une réalité forte au plan social et culturel ou une survivance historique ? Etayez votre avis principalement par rapport à la situation française contemporaine mais sans exclure, le cas échéant, des exemples internationaux ou historiques.

    - Visualisation : c'est le problème de l'identité posé crûment ! Et posé face à la montée de l'Islam salafiste en France. Une indication est donnée sur la manière de l'aborder : "sans exclure des exemples internationaux ou historiques" Autrement dit, vous devez vous appuyer sur ce qu'ont fait les Américains, très communautaristes sans que leur sentiment national en ait souffert. Le sujet est posé par des communautaristes, CQFD !

    - Comme on en a beaucoup parlé, je ne vais pas sur le Net. Et je fais un plan ultra prudent : en introduction,  la question de l'identité nationale posée depuis une dizaine d'années face aux problèmes des banlieues puis de l'Islam salafiste, terrorisme compris. Puis dans une première partie, les éléments nationaux impactés : la laïcité, la religion dominante, l'égalité homme-femme et quelques éléments importants du savoir vivre français (gastronomie,  refus de la pudibonderie) principalement. Ensuite, je minimiserai ces éléments, essentiellement en rappelant le passé de la France (le foulard et les chapeaux des femmes jusqu'en 1945 par exemple) face à l'origine rurale des immigrés : ils évolueront comme ont évolué nos ruraux venant en masse dans les villes. Puis je citerai l'exemple américain, les petits arabes, noirs, chinois et mexicains regardant tous le football américain ou le cricket à la télévision et mangeant tous les mêmes hamburgers et pizzas : la société américaine semble s'imposer à tous car très urbanisées et très standardisées. En conclusion, je me demanderai (sans approfondir) si cette société largement consumériste peut convenir à des nations beaucoup plus anciennes, possédant des cultures traditionnelles s'opposant à la standardisation du mode de vie sur une base consumériste...

    L'histoire récente de notre pays est marquée, selon certains politologues et historiens, par la fin de "l'identité française". Quel sens donnez-vous à cette expression ? La jugez-vous fondée ?

    - Visualisation : encore un sujet casse-gueule selon les orientations politiques du correcteur. Il faut donc le restreindre : l'identité par exemple sera celle dont le dictionnaire donne la définition : "Caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité : Personne qui cherche son identité. Identité nationale" On va donc chercher les caractères permanents et fondamentaux des Français, point barre pour répondre à la première question. Et on traitera le reste avec des pincettes...

     

    - Le plan est imposé par la question : que signifie l'identité française pour toi puis que penses-tu des attaques contre ceux qui la mettraient à mal ? Donc tu reprends l'expression du Larousse et tu cites la langue, bien sûr, en premier. Donc la littérature et la philosophie en mettant l'accent sur l'évêque Grégoire (le droit écrit plutôt que le droit coutumier), trop souvent oublié, Rabelais (une certaine joie de vivre et d'apprécier la bonne chaire), Descartes bien sûr (le côté rationnel), Voltaire et Rousseau (l'humanisme et l'utopie), les écrivains sociaux du 19e siècle, Sartre (l'individualisme) et Camus (la solidarité)... Puis tu abordes la République (liberté, laïcité, importance de l'Etat dans la vie individuelle) Et tu termines avec la vie quotidienne, l'importance des repas, l'égalité femmes-hommes notamment. Deuxième partie : tu attaques d'entrée sur la remise en cause de l'égalité femmes-hommes par l'islam salafiste qui cache en fait la remise en cause de l'identité française par l'urbanisation et la mondialisation : alignement sur le droit coutumier anglo-saxon dans les relations commerciales internationales, individualisation croissante de la vie sociale et donc perte des solidarités rurales, consumérisme impériale, etc. Ce qui te permets de conclure en disant que le Salafisme est en fait une réaction musulmane contre la perte d'identité causée par l'urbanisation et la mondialisation, réaction qui, elle-même, met à mal certains points de l'identité française, notamment l'égalité des femmes et la laïcité. Point final, tu ne t'es pas engagée tout en répondant aux deux questions...

     

    La perception de l'étranger dans les sociétés contemporaines

    - Attention, c'est une question piège : car il y a certes les vagues migratoires (fuite des guerres ou de la pauvreté) mais il y a aussi le tourisme, lequel est de loisir ou d'affaire. Tu dois donc d'abord partir de l'ensemble des flux migratoires en posant comme premier principe que l'étranger de passage ne pose pas de problème (il vient dépenser ses sous chez toi)  et qu'il est le plus nombreux : 70 millions de touristes en France en 2014, soit plus que la population française !

     

    - Je vois donc le sujet en deux parties : dans la première, je noterais l'importance des flux migratoires aujourd'hui par rapport à hier : les distances ont diminué pour tout le monde avec l'avion, les trains rapides et les routes asphaltées. On peut donc difficilement comparer les périodes. C'est ainsi qu'autrefois, les émigrés partaient à côté de chez eux : les Sud Américains en Amérique du nord, les Européens en Europe, les Asiatiques en Asie et les Africains en Afrique. Les colonisations ont créé des flux nord-sud qui se sont accentués avec les transports modernes et les différences de niveau de vie, très visibles au 20e siècle (le rattrapage des pays en développement n'a commencé qu'au 21e siècle, avec la mondialisation) Et les autochtones ont donc vu débarquer des gens aux coutumes de plus en plus éloignées des leurs... En deuxième partie, j'attaquerais sur le tourisme pour remarquer que l'étranger en lui-même ne fait pas peur, que ce sont les mœurs de nombreux étrangers définitivement immigrés qui ont posé problème un peu partout : ghettoïsation des dits étrangers, chômage de leurs enfants, rejet parfois assez violents ont suscité bien sûr des réactions : délinquance et affirmation de cultures exogènes. Ce, parce que les dernières vagues migratoires ont été très rapides et dans une situation de crise économique : l'assimilation n'a pas fonctionné comme autrefois. La Grande Bretagne a dû fermer ses frontières aux pays du Commonwealth, l'Europe a dû se fermer aussi sous la pression de ses habitants, les Etats-Unis de même... A noter que, dans cette tendance au repli sur soi, l'affirmation assez visible du salafisme islamique a entraîné des réactions de type raciste auxquels ne sont pas confrontés les autres migrants. 

     

    Pourquoi l'immigration serait-elle nécessairement un problème

     

    -Visualisation : autre question piège (je suis même étonné que ce type de questions, permettant de toute évidence de sélectionner les candidats selon leurs opinions politiques, soit posé dans un concours public !) Il faut donc la traiter à la façon Sciences Po : thèse, antithèse, synthèse...

     

    - Thèse : un, l'accueil en période de crise économique pose problème (dont le chômage des immigrés ainsi que la pression qu'ils exercent à la baisse sur les salaires) Deux, quand de nombreux immigrés de culture très différente arrivent , il y a justement choc des cultures et donc rejet de la part des autochtones. Antithèse : mais dans un environnement assimilationniste, les nouveaux arrivants finissent pas se fondre dans le paysage comme aux Etats Unis (la mondialisation culturelle encourage l'assimilation) De plus, des immigrés jeunes dans des pays vieux et à la démographie en berne revitalisent les dits pays (exemple : l'Allemagne. Le Japon est dans le même cas mais continue de refuser l'immigration, préférant s'orienter vers la robotisation. Or une civilisation a besoin d'humains pour se perpétrer) Synthèse : tout dépend du contexte. Taille du pays, état de sa démographie et de son économie, capacité d'assimilation, etc...

     

    Quelle différence faites-vous entre l'Islam en France et l'Islam de France

     

    - Visualisation : ça, c'est une question un peu bateau. L'Islam en France, ces sont les Musulmans et leurs pratiques religieuses tandis que l'Islam de France, c'est la gestion de cette religion en France. A noter que dans ce 2e cas, pas mal d'intellectuels non Musulmans imaginent que pourraient naître chez nous un Islam moderne qui s'imposerait ensuite au Monde entier. Or c'est le contraire qui s'est produit, soit la montée d'un Islam salafiste...

     

    - La plan ici est simple : il suffit de répondre à la question ! Un, les Musulmans de France ont des comportements religieux comparables à ceux des Français non musulmans : les 3/4 d'entre eux ne pratiquent pas, CQFD ! Par contre, parmi ceux qui pratiquent, de plus en plus nombreux sont ceux qui passent au Salafisme. Deux, l'Islam de France, soit la gestion de la religion musulmane en France, a été confiée à l'Algérie et au Maroc. L'Arabie Saoudite, donc le Wahhabisme, a financé la formation des Imams, ce qui explique en partie la montée du salafisme en France. La République tente à présent de reprendre en main cette gestion de manière à contrer cette montée du salafisme. Il n'y aura donc pas d'Islam typiquement français (l'islam de France), du moins à court et moyen terme tandis que l'Islam en France  est vécu comme n'importe quelle autre religion (peu de pratiquants)...

    La République et les valeurs républicaines

    Le révolutionnaire Saint-Just disait : "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" Peut-on accepter un tel mot d'ordre dans la France d'aujourd'hui ?

    - Visualisation : question apparemment facile (le contexte n'était pas le même) mais en fait difficile : car les refus de l'ordre républicain sont nombreux aujourd'hui et les gouvernements n'arrêtent pas d'hésiter entre répression et composition. 

    - Je suggère donc d'attaquer sur la comparaison des deux périodes : sous la Révolution, un pays en guerre extérieure et civile. Un monde féodal remplacé par l'arrivée au pouvoir de la bourgeoisie, donc un changement d'élites, les sortantes ne l'acceptant pas (refus de nombreux prêtres de prêter serment à la République, immigration des nobles, levée de milices antirévolutionnaires) En France contemporaine, une démocratie installée avec des changements de majorité pacifiques. Mais la persistance de mouvements de rue (contre les lois) et de désobéissance civile (contre des réglementations jugées contraires aux libertés individuelles) Le problème n'est certes plus de contrer militairement les ennemis de la République mais de réprimer ou de composer... Ensuite on revient sur la question en se demandant d'abord si les Révolutionnaires pouvaient composer. En interne, peut-être si les Girondins l'avaient emporté sur les Montagnards (Jacobins) : le régionalisme qu'ils défendaient auraient sans doute freiné les ardeurs antirépublicaines. Mais le pays était aussi en guerre extérieure et il aurait été extrêmement difficile aux Girondins de mener cette guerre extérieure sans une levée de troupes. Laquelle aurait été singulièrement compliquée par le régionalisme...  Dans la France contemporaine, les gouvernements de gauche comme de droite n'ont pas cessé d'alterner répression et composition en fonction des rapports de force : le problème n'est donc pas le mot d'ordre, mais quel mot d'ordre à quel moment...  Et la conclusion est fatalement cette question du rapport de force : probablement la phrase de Saint-Just s'imposait-elle en 1793 (date probable de sa création) alors qu'elle s'impose moins aujourd'hui, d'autant que des valeurs universelles ont été édictées (ONU) : l'Etat n'a plus à combattre pour sa survie mais pour la sécurité des citoyens. Certains actes (terrorisme par exemple) nécessite une répression sans pitié, d'autres ne demandent qu'un contrôle répressif à la marge (manifestations), d'autres enfin peuvent être résolu en composant (recul du pouvoir sur une loi)...

    Les frontières ne sont plus des rivières, des montagnes, mais des richesses et des métiers. Que pensez-vous de cette réflexion d'un auteur contemporain ?

    - C'est un sujet posé dans les facs de Sciences Politiques. L'auteur de la phrase est le canadien Marshall Macluhan (prof de communication). Et le Net regorge de corrigés puisque cette phrase résume la mondialisation telle que la conçoivent les Occidentaux. Je recopie donc ci-après un plan de corrigé :

    Première partie.  

                   La suppression des frontières entre Etats est bien une réalité aujourd’hui et qui peut être perçue comme la conséquence d’un phénomène plus large, celui   de l’abolition de l’espace. 

    Première sous-partie :  L’espace disparaît ou plutôt il se rétracte, pour ne pas dire qu’il se trouve le plus souvent converti en temps passé, temps perdu à le traverser : à combien d’heures de Paris « se situe » telle ou telle ville ? Ce ne sont plus désormais les kilomètres qui comptent. 

    Seconde sous-partie : La suppression des frontières n’est pas seulement l’effet de l’évolution de la technique, elle est aussi la conséquence du développement économique et de la mondialisation des échanges, derrière lesquels se laisse lire une véritable volonté politique. 


    Seconde Partie : 

     Première sous-partie : Il est des frontières qui résistent et qui demeurent (la langue, les obstacles réels au déplacement tel que le Sahara, les nouvelles frontières telles que l'espace Schengen ou les économies sous-régionales

    Seconde sous-partie  : Les résistances d'hommes que la mondialisation a heurté, économiquement comme culturellement, font revivre les anciennes frontières (exemple : le refus de l'immigration) 

     

    Toutes les inégalités sont-elles injustes ?

    - Là aussi je ne me foule pas : c'est un sujet bateau de philo et le Net regorge de corrigés. En voici un, sachant qu'en résumé, les inégalités en faveur des plus démunies sont justes :

     

    La question est d'importance, et pas seulement au niveau conceptuel abstrait. Il y va notamment, pour les citoyens ou membres de la société civile que nous sommes, de la réponse à des interrogations aussi importantes que : «Qu'est-ce qu'un État juste?" et aussi: «Qu'est-ce qu'une société juste?". La question de l'inégalité sociale est assez sensible pour qu'on se demande au moins si elle est justifiée, et jusqu'à quel point.
    La justification des inégalités au nom de la justice intéresse bien sûr en priorité ceux qui en bénéficient. Mais on ne saurait négliger que les dominés, socialement parlant, tendent eux aussi à intégrer le discours bien connu de la légitimation : «Il a fait de grandes études!« ; «Il a de grandes responsabilités!«; «Il est plus intelligent que moi«; «Il le mérite«. Les discours sont pleins de ces justifications spontanées des inégalités, et utilisent un certain nombre de critères implicites (comme le mérite). Supposons qu'on vienne à établir que rien, tout bien réfléchi, ne constitue une justification satisfaisante des inégalités sociales, pour ne parler que d'elles. Il est clair qu'une telle analyse ne serait pas seulement d'ordre conceptuel, mais engagerait de véritables prolongements politiques. Mettre la domination à nu, dans les faits ou dans les discours, c'est déjà la combattre.

     

    • I) Toutes les inégalités sont injustes. 

    a) L'égalité est l'œuvre de la raison.
    b) L'égalité devant la loi est le principe suprême du droit.
    c) L'égalité est l'essence même de la justice.

    • II) Toutes les inégalités ne sont pas injustes. 

    a) Il y a des inégalités naturelles.
    b) Il est normal que les meilleurs aient davantage que les autres.
    c) L'égalité universelle et absolue est une injustice.

    La solidarité a-t-elle remplacé la fraternité ?

    - Visualisation : il s'agit ici d'un des trois mots de la devise de la République française depuis 1880 : les trois mots furent employés certes par Robespierre en 1792 lors de la fête de la Fédération et furent aussi repris par le révolutionnaire de 1830 mais la devise ne fut étatisée qu'à la fin du 19e siècle, après la défaite du 2e empire et l'enracinement définitif de la 3e République. On voit bien que la Liberté est un droit, de même que l'Egalité (des seuls droits, à l'époque). Mais la Fraternité est un devoir moral, issu en fait de ce que ressentir les députés du Tiers Etats lors du serment du Jeu de paume. Elle fut aussi ressentie par les soldats dits "de l'An II" lorsqu'ils vainquirent les Prussiens à Valmy. Puis pendant les premières guerres napoléoniennes. Puis ensuite par les Américains pendant la 2e Guerre mondiale : il y a un indiscutable relent guerrier dans ce mot fraternité.  On te demande donc ici si la solidarité qui est un lien social au sein d'un groupe engageant tous les membres du groupe à se porter aide et assistance. Il y a donc d'entrée une différence : la fraternité est à l'origine un lien familiale étendu à des batailles politiques ou militaires  menées en commun par des groupes d'humains. C'est un devoir purement moral. Alors que la solidarité est un lien social entre individus exerçant des activités communes. Et cette solidarité peut-être obligatoire comme dans le cas de la Franc Maçonnerie. C'est donc à la fois moral et à la fois réglementaire.

    - Il n'y a pas de plan sur le Net. Je suggère donc d'abord de bien préciser les deux concepts, familial et moral d'un côté (avec son extension du genre "on ne choisit pas sa famille mais on  choisit ses amis" et social et quasi obligatoire de l'autre (la pression sociale rendant la non solidarité très difficile à assumer) Ensuite, il faut dire tout de suite que la Fraternité telle que la concevaient les Révolutionnaires a disparu faute de dessein commun : il n'y a plus de combat public pour la liberté en Occident et le combat pour l'égalité économique a plus que du plomb dans l'aile aujourd'hui : la fraternité des révolutionnaires n'existe plus. Et c'est donc bien la solidarité qui a remplacé cette fraternité forcément de combat dans un monde où la lutte contre les inégalités économiques n’est plus un objectif consensuel. La lutte des classes a remplacé la fraternité, pour résumer. Avec, en conclusion, le risque de voir cette solidarité disparaître sous l'individualisme anonyme des grandes villes.

    La misère dans les pays riches

    - Visualisation : Il y a l'aspect économique (les pauvres dans les pays riches) et l'aspect moral (un, peut-on l'accepter ; deux, faut-il d'abord s'occuper de ses pauvres ou tout faire mal en même temps, l'aide au développement, l'accueil des immigrés et celui des sans abris ?) Et puis il y a l'aspect historique : la misère avant l'opulence...

    - Je vois un plan en trois parties : une partie historique en longue introduction (la misère paysanne puis ouvrière) puis l'exode rural et le développement économique du 20e siècle. En 2e partie, j'embrayerai sur l'aide au développement et la prise de conscience du Tiers Monde avant d'aborder, dans la même partie, le retournement de situation du 3e millénaire avec la mondialisation et le développement accéléré de ce Tiers Monde. Causant en 3e partie une nouvelle misère dans les pays développés, celle des victimes de la mondialisation : chômage, désertification des campagnes en matière de services sociaux et administratifs, recrudescence des SDF, etc. Pour finir, en conclusion, par la question : doit-on privilégier ses pauvres avant ceux de l'étranger ? La question étant posée actuellement...

    Commentez cette phrase de Saint-Exupéry : "Force-les à bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu'ils se haïssent, jette-leur du grain"

    -visualisation : il faut obligatoirement remettre le contexte de cette citation. Car St Ex cite son père qui est très nietzschéen. Quelques lignes après sa citation, St Ex en donne une explication, toujours venant de son père : "Donc vinrent les temps où la liberté, faute d'objets à délivrer, ne fut plus que partage de provisions dans une égalité haineuse. Donc vinrent les temps où la liberté ne fut plus la liberté de la beauté de l'homme mais expression de la masse, l'homme nécessairement s'y étant fondu, laquelle masse n'est point libre car elle n'a point de direction mais pèse simplement et demeure assise. Ce qui n'empêchait pas que l'on dénommât liberté cette liberté de croupir et justice ce croupissement" Ensuite, il faut savoir que l'auteur  écrit cela dans un livre, "La Citadelle", qui est une série de conseils en matière de management humain. St Ex est pilote et il doit manager d'abord une équipe au sein de l'Aéropostale. L'idée de faire partager un travail, un objectif, à des humains, plutôt que de leur promettre de l'argent lui est venu dans ce cadre. Il s'agit donc au final d'un choix de motivation des hommes émis par une personne emprunte culturellement d'une idée très sélective des dits hommes : il y a les bons et les médiocres...

    - Je n'ai pas vu de corrigé sur le Net car ce sujet n'a visiblement pas inspiré des profs plutôt progressistes, à emprunte culturelle marxiste (l'homme n'agit que par intérêt) Et je mettrais donc directement les pieds dans le plat. Première partie : Explication de la phrase, remise en contexte et exposé de son opposition frontale avec le marxisme. Deuxième partie : l'histoire donne tort à Saint-Exupéry, les grands changements historiques sont économiques et sociaux, non culturels. Troisième partie : mais le marxisme ignore trop la psychologie qui n'est pas neutre. Et si les grandes lames de fond sont économiques et sociales, l'emprunte du chef (culturelle) reste très forte à court et moyen terme. De même que la gestion des humains au quotidien et en entreprise ne se résume pas qu'à des augmentations de salaire : les progrès de productivité sont sans doute plus importants quand les salariés sont motivés par des objectifs à atteindre que lorsqu'on leur promet des augmentations. En conclusion : les élections occidentales nous donnent un bon exemple de cette démonstration. Le chômage et des craintes matérialistes expliquent les rejets successifs des gouvernements en place. Mais des fortes personnalités, capables d'expliquer un dessein commun, l'emportent toujours sur des opposants purement matérialistes : Obama  d'abord puis Trump aux Etats Unis, Fillon à la primaire de la droite...

    Les religions ont-elles à redouter la laïcité, cette spécificité française ?

    - Visualisation : il s'agit ici et bien entendu de parler du problème posé par l'Islam dans une France laïque mais dont beaucoup d'élus se sont mêlés de la foi musulmane en "assistant" plus ou moins des associations à construire des mosquées. Je suggère très fortement de ne pas trop en dire là dessus et d'en rester aux grands principes.

    - D'où ce plan : un, d'où vient la laïcité "à la française" ? D'abord, du fait que l'Etat s'est mêlé de religion depuis longtemps. Dont le règlement des guerres de religions au 17e siècle avec l'Edit de Nantes imaginé par Henri IV puis sa révocation par son petit-fils, Louis XIV. La Révolution française imagina d'imposer aux ecclésiastiques de jurer fidélité à la République, scindant ainsi en deux la communauté catholique du pays. D'où, en 1801, le Concordat signé entre Napoléon 1er et le représentant du Pape. Ce concordat sera ensuite étendu aux Juifs et aux Protestants. Il stipule en résumé que l'Etat prend en charge l'aspect matériel de la religion (surtout l'entretien des lieux de culte et le salaire des prêtres) tandis que l'Eglise reconnaît la République et sa neutralité religieuse : il n'y a plus d'instruction religieuse obligatoire ni aucune autre obligation religieuse pour les citoyens. Un siècle plus tard et devant tout de même le poids de l'Eglise en matière électorale et civique, les Radicaux décident de séparer définitivement l'Eglise et l'Etat. Cette loi de 1905 est toujours en vigueur, sauf en Alsace Lorraine (où, du fait du système concordataire allemand, il est maintenu) Deux, pourquoi l'affaire revient en première ligne aujourd'hui : parce que l'Islam s'est invitée en France avec l'immigration et qu'il représente à présent la deuxième religion du pays. Or les Musulmans sont en général pauvres et très croyant chez nous (car issus de la ruralité) et manquent donc de lieux de culte. Face à ce besoin, les mairies sont tentées de financer elles-mêmes ces lieux de culte, financement totalement contraire à la laïcité de 1905. Dernier chapitre : Vis-à-vis de l'Islam, la laïcité empêche donc l'Etat de résoudre lui-même ce problème. Ce sont donc des Etats étrangers qui ont jusqu'à présent financé les  lieux de culte, notamment des Etats salafistes créant ainsi des problèmes autres, soit la prééminence de la loi coranique sur la loi républicaine pour de (trop) nombreux  fidèles. En conclusion : Sans doute les religions en France n'ont pas à craindre la laïcité de l'Etat. Mais cette laïcité pose des problèmes, amenant certains dirigeants à la remettre en question...

    Reste-t-il, dans les sociétés occidentales, des droits à conquérir ?

    - Visualisation : on est en plein dans la fameuse phrase de Fukuyama (historien américain) sur la "fin de l'histoire" : les régimes démocratiques occidentaux ayant vaincu le stalinisme totalitaire, il n'y a plus d'évolution à attendre autre que technologique... Avec les guerres de religion au Moyen Orient et les attentats en Occident, on voit qu'il n'en est rien : l'Occident n'est pas universellement accepté. Mais, là, on te demande si la fin du stalinisme a sonné la fin des revendications fondamentales en Occident...

    - Plan : Je partirais de Fukuyama en montrant qu'au plan international, il s'est trompé : c'est la Chine qui est devenue la 1ère puissance économique mondiale tandis que la guerre en Syrie a sonné la fin de la toute puissance américaine. Ensuite, dans une première partie, j'en viendrai directement à la question en répondant "apparemment non" : l'individualisation des sociétés modernes et le reflux du rôle de l'Etat sous les coups de butoir du néo l

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