• Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 6<o:p></o:p>

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    Existe-t-il encore une pensée économique de gauche ?<o:p></o:p>

    2 – Pour une nouvelle critique du libéralisme <o:p></o:p>

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    La première tache d’une gauche digne de ce nom est, je crois, de se remettre à porter un regard critique sur le libéralisme tel qu’il est aujourd’hui pratiqué. Le spectacle actuel est désolant : on a à l’extrême gauche des marxistes d’un autre siècle qu’écoutent encore quelques spectateurs épars ; a gauche, c’est-à-dire au centre gauche aujourd’hui, on avance que l’Etat peut encore, peut-être, si on fait bien attention, rendre quelques menus services. Mais on est globalement passé à droite pour les choses sérieuses : le marché, les bourses, les « investisseurs » et j’en passe. La panoplie est aussi complète au PS où l’on se félicite de la bonne tenue de la bourse sous la présidence de feu Mitterrand, qu’à l’UMP. Alors quelques regards se posent sur les altermondialistes : José Bové et son Roquefort « traditionnel » ne sont pas faits pour rassurer les dits regards. Chez les Anglo-Saxons, la critique, menée surtout par Stiglitz (voir article 5), porte essentiellement sur le manque de démocratie de la  mondialisation libérale. Bref, pas de quoi passionner les foules…

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    Il me faut dire plus qu’un un mot ici de la réaction de l’immense majorité des foules sudistes : elles ne s’opposent pas à une mondialisation qui a cassé les anciens comptoirs coloniaux et donné au moins le commerce aux autochtones, commerce qui les enrichit progressivement en leur donnant alors les moyens d’investir d’autres domaines comme l’industrie. Il faut le savoir car, à écouter nos journaleux de tous poils, on a l’impression que les pauvres sudistes sont les premières victimes de la mondialisation alors qu’il n’en est rien : ils savent que leurs faibles revenus sont le gage des délocalisations en leur faveur et l’exemple asiatique les excite au plus haut point, CQFD ! Nous avons ici le premier –et non des moindres- décalage de la pensée dite « de gauche » face à la réalité : pour les anciens colonisés, la mondialisation est un progrès par rapport à ce qu’on a appelé le « néo-colonialisme », soit le maintien des Occidentaux aux postes de commande économiques de leurs anciennes colonies (en Amérique latine, le fautif n’est pas l’ancien colonisateur mais le Yankee issu de la fameuse « doctrine Monroe »). Les critiques sudistes concernent surtout la duplicité des Occidentaux qui exigent l’ouverture des frontières mais refusent de respecter le code commercial international quand celui-ci leur est défavorable : subventions aux exportations (sucre, coton…) ou surfacturations, notamment de biens d’équipement ou dans le BTP. On est loin de Marx, certes, mais faut bien se coltiner avec la vraie vie !

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    Et elle est agaçante, la vraie vie : car de véritables humanistes ne peuvent sérieusement pas s’opposer à une redistribution des richesses au niveau planétaire. Ce, tandis que les nordistes, eux, hurlent à la mort face aux délocalisations et que de véritables humanistes ne peuvent pas non plus se boucher les oreilles face à ces hurlements…

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    Mondialiser sans désétatiser

    La solution doctrinale existe bien sûr et je m’étonne qu’aucun penseur de gauche ne l’ait avancée tellement elle est simple : il suffit de ne pas considérer que la mondialisation est forcément synonyme de désétatisation. Car on peut parfaitement ouvrir ses frontières tout en ayant un Etat fort, capable notamment de négocier et de planifier les délocalisations et autres mutations économiques aussi désagréables qu’inévitables. Les Européens l’ont fait, beaucoup trop tardivement, dans le domaine textile avec les Chinois mais en n’utilisant pas vraiment le temps ainsi gagné pour reconvertir leur industrie en prévision des importations à bas prix : la faute ici est de toute évidence au libéralisme, les industriels européens ayant décidé massivement d’investir…en Chine face à des structures publiques qui ne sont plus armées pour contrecarrer le processus. Les Américains, de leur côté, « suppôts » du libéralisme débridé, n’arrêtent pas de négocier avec les Asiatiques et continuent, comme par le passé, à nous fourguer leur maïs et leur soja transgéniques tout en massacrant les marchés mondiaux agricoles via des subventions parfaitement étatiques à leurs producteurs.

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    La mondialisation est donc loin d’être le libéralisme. On peut d’ailleurs parfaitement imaginer qu’un pays non libéral s’y intègre, la Chine vient de le faire… Les règles de la mondialisation économique sont simples : il suffit de respecter la concurrence, donc de ne pas faire de dumping et de ne pas subventionner ses exportations (forme de dumping), de ne pas protéger son industrie outrageusement (donc d’abaisser les tarifs douaniers) et de ne pas s’opposer à la libre circulation des marchandises et des capitaux. C’est la Banque mondiale et le FMI qui en ont rajouté des couches, qu’il s’agisse de « dégraissage » des effectifs de la Fonction publique, de limitation des déficits budgétaires, de privatisations, bref de la panoplie complète du parfait ultra libérale sauce Chicago. La critique de la mondialisation par Attac, version latine, ne peut donc pas servir de socle à la pensée de gauche. Parce qu’elle s’oppose en fait à la redistribution des richesses en faveur des pays du sud, on l’a vu, mais  aussi parce qu’elle ne différencie pas mondialisation et libéralisme.

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    Les pays sudistes, africains notamment, qui ont terriblement souffert de la désétatisation (voir les mouvements rebelles qui se sont intensifiés face à l’absence d’Etat digne de ce nom), ne se plaindront pas d’une pensée qui réconcilierait mondialisation et Etat fort. On observera à cet égard que la Russie se porte beaucoup mieux depuis qu’elle a redonné de la vigueur à son pouvoir central au détriment de ses oligarques tandis que la Chine, qui n’a jamais abandonné le dit pouvoir central, est la plus éclatante réussite économique des trois dernières décennies. Je sais, j’entends déjà les remarques acerbes sur les droits de l’homme ! Alors je vais vous dire une chose : les droits de l’homme ne sont aucunement une condition de la réussite économique. C’est tout au contraire une conséquence du développement économique, quand les populations sont sorties de la misère et commencent à s’intéresser à autre chose que manger et dormir sous un toit. Et oui ! C’est décidément plus qu’agaçant, la vraie vie !!

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    Réinventer le long terme<o:p></o:p>

    A droite comme à gauche, on se plaint en Europe du manque total de projet communautaire et on accuse les Français d’en être responsables pour avoir voté « non » au référendum constitutionnel européen. Comme s’ils avaient donné un « coup de frein » à la « construction européenne ». Il faut alors qu’on m’explique pourquoi les projets communautaires ont déserté Bruxelles non pas depuis ce vote négatif mais bien avant ! En fait, la constitution n’est en rien responsable de la vacuité économique communautaire : il n’y a pas de projet à long terme tout bêtement parce que les grandes entreprises européennes ne réfléchissent plus à 5 ou 10 ans mais, au mieux, à 2 ans. Ce qu’on a appelé la « financiarisation » des économies occidentales a achevé aujourd’hui sa révolution et je doute que nous soyons encore capable de monter chez nous des projets comme celui d’Airbus et encore moins comme celui de la Communauté économique du charbon et de l’acier, ancêtre de l’Europe communautaire : notre acier européen est aujourd’hui entre des mains non européennes…

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    Le processus est d’une simplicité déconcertante : des PDG surpayés et  ne cherchant donc qu’à conserver leur place à tous prix sont sous le contrôle « d’investisseurs » qui ne sont en fait que des gestionnaires de portefeuilles boursiers. Ils ne s’intéressent qu’au rendement immédiat. Les PDG leur en donnent donc pour leur argent en cherchant d’une part la rentabilité immédiatement la plus forte (abaissement des coûts de production et de gestion plutôt qu’investissements dans la recherche-développement) et, d’autre part, le meilleur cours boursier possible, l’un allant d’ailleurs très souvent avec l’autre. En face, on a des Etats qui ont renoncé purement et simplement à se mêler des affaires des entreprises privées, sinon sous l’angle fiscal : plus celles-ci gagnent d’argent, plus l’Etat en perçoit. Il applaudit donc face à une financiarisation qui a totalement tué la réflexion économique à long terme en Occident. Tout cela est connu et vérifié, notamment au travers de nos dépenses de recherche, ridiculeusement faibles en Europe de l’ouest, surtout dans le privé où elles sont proches de la nullité. Tenez, voyez l’automobile : nous avons pourtant été les  pionniers de la technologie. Mais nous avons laissé filer d’abord le processus industriel aux Etats Unis où les patrons ont compris beaucoup plus tôt que les nôtres que leurs clients étaient leurs salariés (Ford) avant d’abandonner la recherche aux Asiatiques : c’est aujourd’hui Toyota qui dame le pion à toute l’industrie occidentale et qui a inventé la motorisation dite « hybride », la seule vraie révolution technologique de ces dernières décennies… De notre côté, nous en sommes à racheter et toujours racheter des entreprises, financiarisation oblige, ou à espérer la venue d’un « sauveur » : tels les Américains qui, l’an dernier, ont fait les yeux doux au patron du groupe Nissan-Renault en espérant qu’il accepte de venir s’associer avec eux. Affligeant…

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    Réinventer le sens du long terme est donc indispensable, d’autant que la droite libérale reste encore totalement investie dans son combat anti-étatique et ne bougera pas un cil sur ce plan. Ségolène Royal, malheureusement taxée d’entrée d’incompétence par des médias réellement incompétents, eux, a ouvert la voie au PS en promouvant une fiscalité des entreprises à deux vitesses, selon la destination des bénéfices (on taxe plus les bénéfices distribués que les bénéfices réinvestis). Il va falloir aller plus loin, d’une part dans l’imagination des mesures propres à obliger les opérateurs économiques, y compris les fameux « investisseurs », à voir au delà du bilan en cours et, d’autre part, en « vendant » le concept à, au moins, nos partenaires européens les plus sérieux (Allemagne notamment). Quelques pistes ici : nos Etats disposent d’une somme fabuleuse d’informations qu’ils ne traitent plus vraiment depuis que la planification a disparu de leur vocabulaire. Chaque ministère engrangent les dites info qui se perdent, au mieux, dans les arrières coins de leur site Internet. On peut donc parfaitement imaginer que le secteur public devienne un pourvoyeur d’informations à grande échelle. Et tant pis pour les quelques officines privées qui se sont spécialisées dans ce type d’info pointues et payantes, donc réservées pour l’instant à une minorité : la base de la réflexion, c’est l’information et si l’on veut que la réflexion reprenne ses droits chez nous, il faut bien distribuer largement (donc gratuitement) cette information, CQFD !

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    Autre piste importante, la qualité des chercheurs. Les Américains viennent démarcher les nôtres quasiment au berceau, à la sortie de leurs écoles. Ils font également leurs emplettes dans le Tiers Monde, en Inde par exemple pour trouver leurs informaticiens. Nous, nous avons le CNRS, l’Institut Pasteur, quelques organismes parapublics comme l’Institut Français du Pétrole (en perte de vitesse accélérée) et rien d’autre puisque nos entreprises n’investissent pas dans la recherche. Et je ne vois pas comment l’immigration dite « choisie » (comment peut-on « choisir » quand on n’arrive déjà pas à contrôler ?!) peut changer la donne quand, dans le même temps, on veut « dégraisser » la Fonction publique… Le colbertisme est peut-être l’une des bonnes solutions à ce problème tout de même crucial, cette association de l’Etat et du privé que nous savons pas trop mal pratiquer. L’Etat a des moyens, notamment en recherche d’informations, auxquels les privés n’ont même pas le droit de rêver. Et les privés ont les sous et l’emploi des informations, du moins si on sait les inciter à faire autre chose que de la distribution immédiate de dividendes. Le dernier élément d’importance vis-à-vis de notre avenir à long terme est l’utilisation de la manne publique dans nos économies. Cette manne est considérable quand on additionne les commandes publiques (20 à 25% du PIB en France), les subventions en tous genres de l’Etat et des collectivités locales et les prélèvements parafiscaux, au profit des chambres de commerce par exemple… Sans même évoquer ici le gaspillage des fonds publics, notons que cet argent est distribué sans vraiment d’idées directrices. Prenons le cas des commandes publiques : la seule idée directrice de ces achats étatiques est le principe de l’appel d’offres au delà d’une certaine somme. Mais l’Etat peut aussi décider de privilégier les technologies les plus en pointe, qu’il testerait ainsi (c’est tout le contraire actuellement, l’Etat ne teste en fait que l’art –et pas toujours pour le bonheur de nos sens !) De même pourrait-il décider de ne plus subventionner les entreprises qui n’investissent pas assez dans la recherche ou dans l’environnement. Etc. : le secteur public a des moyens considérables mais on lui a fait croire, à force de discours libéraux, qu’il ne devait pas s’en servir. Voire qu’il n’avait plus de pouvoir du tout ! Je signale d’ailleurs à nos libéraux que les Américains, eux, ne dédaignent pas subventionner leurs industries de pointe au travers, notamment, des confortables commandes militaires du pays le plus militarisé de la planète.

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    En finir avec les dogmes<o:p></o:p>

    L’ultra libéralisme, disons le libéralisme tel que défini par « l’école de Chicago » (fin de l’interventionnisme économique de l’Etat, indépendance jalouse des banques centrales chargées uniquement de lutter contre l’inflation, mondialisation des échanges et des capitaux et, in fine, « économie de l’offre » qui est en fait une plus grande liberté d’action laissée aux entrepreneurs pour entretenir la croissance alors que le keynésianisme insistait surtout sur le rôle de la demande), est tellement farci de dogmes que rien que l’idée de m’y attaquer me fait peur. Mais il faut bien parler aussi de cet aspect de la pensée économique quand, notamment, les médias sont tous et intégralement convertis à ces dogmes. Prenons d’ailleurs cette question de « l’économie de l’offre » dont se gargarisent nos libéraux en chambre : elle ne veut strictement rien dire : s’il n’y a pas plus de demande, on aura beau « libérer » tant et plus les entrepreneurs, il n’y aura pas un iota de croissance en plus. Comment d’ailleurs les Américains ont-il relancé leur propre croissance sinon en augmentant massivement le déficit budgétaire pourtant condamné par les enseignants de Chicago ?! Il est vrai que, dans le même temps, l’administration Bush junior a aussi réduit considérablement les budgets sociaux, le déficit venant essentiellement des budgets militaires et des réductions massives d’impôt accordées aux Américains les plus riches. Pour nos journaleux, il s’agit d’actions « courageuses », comme s’il était normal et saint de sucrer des allocations familiales tout en doublant les frais de fonctionnement de son armée pour cause de guerre intempestive et en réduisant la contribution des plus riches à cet effort de guerre stupide.

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    On voit jusqu’où peuvent aller les certitudes humaines ! Passons donc en revue quelques unes de ces croyances infondées les plus criantes :

    -         La France n’exporte plus. Cet élément important du « déclin français » est archi faux : la France exporte toujours plus d’année en année mais ses importations progressent encore plus vite. Et elle se retrouve ainsi avec un « trou » de quelques 30 milliards d’euro en fin d’année, ce qui est effectivement beaucoup. Mais on ne vous dit pas que les recettes du tourisme sont considérables, notre pays étant en tête des pays touristiques du monde entier. En fin d’année, les recettes dites « invisibles » (hébergement et restauration, musées, etc., sans compter ce qui n’est pas comptabilisable comme l’essence ou les sandwichs achetés dans une station d’autoroute) sont très supérieures au trou du commerce, si bien que la balance des paiements est, elle, excédentaire. D’autant que le solde des investissements français à l’étranger et étrangers en France est lui aussi largement positif, accroissant encore nos excédants de moyens de paiement. Le commerce international n’est pas comme une entreprise privée : pour que sa croissance perdure, il faut que tout le monde y gagne parce qu’il faut que tout le monde puisse payer, CQFD ! Pour résumer, il faut bien que l’Allemagne dégage des excédants commerciaux sur notre dos pour financer les vacances que sa population prend assez massivement dans notre pays. Sans compter les maisons que nos voisins préférés achètent fort cher chez nous et qui, plus que les investissements industriels, font grimper les statistiques des « IDE », Investissements directs étrangers, dans notre beau pays. Ce qui n’enlève rien au fait que, Euro fort oblige, nous peinons à vendre plus d’avions et plus de voitures tandis que les Allemands pestent de plus en plus fort contre une Europe agricole qui les oblige à dépenser beaucoup pour payer nos agriculteurs et stocker leurs produits trop chers. Tant pis pour eux, ils n’ont qu’à pas être aussi rigides sur la monnaie européenne…

    -         La gestion privée est très supérieure à la gestion publique. Faux là aussi : quand la gauche a nationalisé la quasi totalité des grandes entreprises françaises, bon nombre d’entre elles se portaient mal. Et l’Etat a fait une considérable plus value en les revendant après les avoir assainies. Mais il y a plus : dans les domaines de l’énergie et du transport, la gestion privée s’est avérée catastrophique, techniquement très en dessous de la gestion publique tout en coûtant beaucoup plus cher aux usagers. Et ce, dans le monde entier, pas seulement en Grande Bretagne, en Californie ou au Canada. Autre exemple, chiffré celui-là, prenez le service des renseignements téléphoniques, les anciens numéros 12 (renseignements nationaux) et 19 (renseignements internationaux). Leur chiffre d’affaires public était de l’ordre de 350 millions d’euros/an. Il est aujourd’hui très exactement moitié inférieur avec des investissements publicitaires qui ont dépassé les 200 millions d’euros et des opérateurs dont on ne se souvient plus du numéro. Internet, gratuit, a empoché très aisément la différence… Ce genre d’informations ne vous est évidemment pas seriné à longueur de journée à la radio et à la télévision. Le privé, c’est mieux que le public, point barre alors que le privé à aujourd’hui une tare congénitale : il veut gagner de l’argent tout de suite et n’investit donc pas. Ou en tout cas le moins possible. Si bien que l’Europe toute entière est aujourd’hui, avec ses compagnies d’électricité privées, au bord de la catastrophe ; soit confrontée à un risque d’effondrement total des réseaux, tous interconnectés en ce début de 3e millénaire, mais techniquement très vétustes. Nous avons des problèmes identiques avec les télécommunications et, en fait, la quasi totalité des anciens services publics privatisés. Faut le savoir, quand on est poussé par les ultra libéraux de Bruxelles à fourguer nos services publics étatisés à quelques multinationales assoiffées de cash ! Le traité européen n’oblige en outre aucunement les Etats réticents à privatiser : là encore, il ne leur est demandé que d’ouvrir les marchés à la concurrence, qu’un strict respect des règles de cette concurrence et l’arrêt donc de toute subvention aux entreprises publiques. Reste le problème alors du financement de la croissance des dites entreprises publiques : comment a fait EDF, selon vous ? Si les entreprises publiques ne peuvent en effet pas lever des fonds à risque, en vendant des parts de leur capital social, elles ont tout de même accès au marché obligataire et aux prêts bancaires. Et puis il y a le champ des entreprises mixtes, longtemps utilisé en France pour construire les autoroutes et qui, lui aussi, n’est pas interdit par les traités européens.

    -         L’inflation est le pire danger des économies. C’est là encore totalement dogmatique. En fait, le monde s’est accommodé très souvent et très longtemps de taux d’inflation élevés, inflation qui a toujours coïncidé avec des taux de croissance également élevés. Normal, une forte croissance pèse constamment sur les prix puisque la demande est forte. Ainsi la période la plus fébrile de l’après guerre, trente années de forte croissance mondiale quand même, s’est accompagnée d’une inflation annuelle presque partout à deux chiffres. Et cette croissance a décru en même temps que baissait l’inflation. L’assertion n’est donc pas prouvée au niveau économétrique, c’est le moins qu’on puisse dire. Que la baisse de l’inflation ait profité aux bourses et aux « investisseurs » est par contre indéniable : les indices boursiers se sont tous envolés, avec des éclatements périodiques de « bulles financières » tellement l’envol a parfois été fort, dès lors que l’inflation a été vaincue. Je me permets d’insister là dessus car toute la gauche occidentale considère faussement que l’inflation « mange » les hausses de salaire et se félicite donc d’avoir vaincu cette inflation. Quelle erreur ! En fait et pendant des décennies, les salariés ont profité de l’inflation. Leurs syndicats étaient alors puissants, mandatés justement pour négocier les hausses de salaires rendues indispensables par l’inflation, tandis que leurs emprunts immobiliers étaient remboursés en monnaie de plus en plus dévalorisée (les taux variables n’existaient pratiquement pas à cette époque). C’est cette inflation qui est en grande partie responsable de l’émergence de nos modernes classes moyennes. La gauche européenne, car c’est effectivement elle qui a vaincu l’inflation (sauf en Angleterre), a donc en même temps cassé les syndicats (devenus inutiles en l’absence d’inflation) et lancé les enfants de la deuxième génération de classe moyenne (celle du baby boom) dans un monde infernal de compétitions individualisées, d’emprunts difficiles à rembourser et de précarisation accrue.  Au passage, ces gauches aveugles ont fait réexploser la demande de luxe (la précédente explosion datait des siècles qui précédèrent la Révolution française), ce n’est pas LMVH, BMW, Mercedes et autres Gucci qui démentiront. Pas de quoi se féliciter ! La désinflation est totalement une notion de droite. Quand les banques décident cette désinflation (lors d’une réunion au sommet à Bâle, à la Banque des Règlements Internationaux, à la fin des années 1970), elles ne songent qu’à multiplier leurs produits financiers, les marchés à terme, les obligations, les SICAV, etc., dont l’avènement est interdit par l’inflation forte : imaginez, pour comprendre cette interdiction, les « golden boys » s’échinant vainement à vendre et acheter leurs machins dans le monde entier en étant obligé d’effectuer à chaque fois des conversations monétaires à ne plus savoir qu’en faire ! La Finance ne pouvait s’épanouir qu’après une désinflation radicale, permettant aux opérateurs de négliger les mouvements monétaires à court terme dans leurs décisions de vente et d’achat. Depuis d’ailleurs, ils ont tellement intégré ces mouvements monétaires faibles qu’ils les ont transformés en produits financiers (les moins risqués de tous puisque les inflations comparées sont toutes minimes en Occident). Du fait de l’internationalisation des économies, on ne peut guère revenir en arrière sans accord international qu’on n’est pas prêt, je vous le dis tout de suite, d’obtenir. Mais rien n’empêche la gauche de reconnaître que vaincre l’inflation n’a pas été le fleuron de ses réussites passées. Et de réfléchir à une meilleure utilisation de l’inflation comme moteur de la croissance. Sans revenir aux inflations fortes d’antan, on peut parfaitement imaginer de convaincre nos alliés monétaires européens d’un alignement de notre politique monétaire sur celle des Etats Unis, avec donc un doublement du taux d’inflation au delà duquel est déclanchée une hausse des taux d’intérêt. Et pourquoi pas, il n’est pas interdit non plus de songer à un peu plus d’inflation encore, mettons 3 à 4% au lieu des 1,2% actuels…

    -         Ce qui est bon pour la bourse est bon pour le pays. On a déjà vu la fausseté évidente (sauf pour les médias) de cette affirmation : ce n’est pas parce que la bourse s’envole que la croissance décolle. Mais la droite a affirmé, pendant la campagne électorale, que l’appauvrissement des riches les faisait fuir à l’étranger et que c’était mauvais pour l’économie française. On est ici au cœur des véritables objectifs de l’ultra libéralisme, soit un coup d’arrêt apporté brutalement et durablement à la montée du facteur travail par rapport au facteur capital dans le processus de production. En clair, les riches et leurs banques ont voulu que leur argent rapporte plus et ils y sont parvenus. Comme ils ont beaucoup pompé, les fameux 15% annuels de rentabilité étant très supérieurs aux taux de croissance du monde entier, Chine incluse, fallait bien prendre les sous quelque part. Et c’est le facteur travail qui a morflé avec, il faut le reconnaître, une maîtrise formidable de la communication. Songez que le candidat du capital lors de l’élection présidentielle (le Medef et les banques ne soutenaient pas Ségolène Royal !) a pu affirmer vouloir relancer la valeur travail dans la société française et être crû ! Tandis qu’étaient prises pour farfelues les propositions de la candidate socialiste appuyées, elles et pourtant, sur la volonté d’organiser une sorte de nouveau « Grenelle » des salaires (en référence aux accords de Grenelle qui mirent un terme aux revendications salariales de mai 1968) dès le lendemain de son éventuelle élection. Même les éléphants le prirent de haut : Fabius proposait bien un SMIC à 1500 euros/mois, idée d’ailleurs reprise par Ségolène Royal, mais sans toucher à la grille générale des salaires ; et, pour DSK, cette proposition relevait bien entendu du discours électoral, pas d’une politique économique raisonnée et raisonnable. C’est que ces deux là ont gouverné et géré un ultra libéralisme de gauche « chanceux » (quand la vigueur de l’économie américaine, dopée par ses dépenses militaires, entraînait l’ensemble du monde développé dans une croissance supérieure à 3%/an). Sans doute ont-ils alors succombé, eux aussi, aux dogmes ultra libéraux et sont-ils aujourd’hui incapables de penser économiquement à gauche ? Ou peut-être la contrariété de leur ambition personnelle et de leur ego l’emporte-elle résolument sur toute autre pensée ?

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    Je pourrai écrire un livre sur ce thème des dogmes ultra libéraux. Je vous ai donné quelques exemples pour que vous puissiez toucher du doigt leur importance et dans la reconstruction du capital, et dans le combat que la gauche aurait dû mener pour éviter que cette reconstruction ne soit si dévastatrice pour les salariés. Car, sur le fond, on peut parfaitement imaginer qu’il ait fallu, à un moment, redonner un peu de couleur au capital par rapport au travail : quand les capitaux doivent aussi servir à redistribuer la richesse au niveau mondial, faut bien qu’ils soient un peu attractifs pour leurs détenteurs. Ce n’est pas être forcément de droite que de vouloir modifier une clé de répartition des bénéfices trop favorable aux salariés occidentaux et donc rebutante pour les investisseurs. Mais de là à tout gober sans sourciller, à perdre jusqu’à sa capacité à réfléchir, il y a plus qu’une marge, un gouffre que nos énarques ont pourtant franchi dans la plus grande allégresse. Sans compter qu’une fois la correction effectuée, il faudra bien revenir au progrès humain et disposer donc d’un appareil doctrinal en parfait état de marche. On en est vraiment très loin dans le domaine économique…<o:p></o:p>

     


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  • Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 5<o:p></o:p>

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    Existe-t-il encore une pensée économique de gauche ?<o:p></o:p>

    1 – la disparition des keynésiens<o:p></o:p>

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    1981 : le gouvernement socialiste, poussé par Mitterrand et contre l’avis des rocardiens, nationalise toutes les banques commerciales, les compagnies d’assurance et la plupart des grandes entreprises industrielles. 1997-2002 : le gouvernement socialiste managé par Jospin privatise à tour de bras, plus encore que les gouvernements de droite qui se sont succédés au pouvoir depuis la défaite socialiste aux élections législatives de 1986 puis celles de 1993. Au cours de ces 16 années en outre, tous les économistes marxistes ou seulement anti-libéraux ont disparu des médias, y compris ceux de gauche : à Libération comme au Monde ou au Nouvel Observateur il devient dangereux de professer d’autres opinions économiques que la loi du marché internationalisée sous la férule américaine. Revenant au journalisme en 2000 après 15 années passées à diriger une petite entreprise, je constate moi-même le tournant, indiscutable et puissamment enraciné au cœur des rédactions. De très médiocres journalistes ont été nommés aux postes de direction et de contrôle de l’information économique ; la macroéconomie a disparu au profit de l’économie dite « micro », ne s’intéressant qu’aux entreprises et à ce qui peut faire évoluer leur valeur boursière. Les services publicités des médias, il n’y a guère interdits de rédaction, règnent à présent en maître sur les écrits journalistiques…

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    Le mouvement n’a pas fait qu’enterrer la pensée marxiste et néo-marxiste : même l’Etat Providence, notion qui fait pourtant bon ménage avec le marché puisqu’il contribue à maintenir une demande élevée de biens et de services, est devenue suspect, méprisable. L’heure est à la responsabilité individuelle, plus à celle des syndicats de salariés (les regroupements patronaux, eux, n’ont jamais été aussi florissants) dont l’audience est en chute libre : depuis décembre 1995, plus aucune grande grève autre que celle des transports n’a pu être organisée, même chez les enseignants pourtant protégés par leur statut de fonctionnaire et traditionnellement revendicatifs ! Tout est fait pour que la précarité devienne la règle de base des économies occidentales sans véritablement d’opposition. A tel point que la révolte des jeunes début 2006 contre le Contrat de Première Embauche, contrat qui pousse la précarisation jusqu’au droit de licencier sans motif, surprend même les syndicats et la gauche ! Lesquels n’ont rien dit contre le Contrat de Nouvelle Embauche passé, lui, sans problème au Parlement l’année précédente.

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    Certes, il y a bien ce qu’on appelle les « altermondialistes », ATTAC, José Bové, les associations de consommateurs aussi (fortes surtout chez les Anglo-Saxons), un vague mouvement de « commerce équitable » qui tente de se faire une place entre le marché « bio » et les associations humanitaires, bref rien d’inquiétant pour les ultra-libéraux qui récupèrent systématiquement toutes les initiatives dangereuses : ainsi l’écologie est-elle devenue « développement durable » dans les « projets d’entreprise » qui fleurissent au sein des multinationales pendant que les scores électoraux des Verts s’effondrent partout. De même le commerce équitable a-t-il trouvé place dans les supermarchés tandis que l’Occident refuse toujours de supprimer ses subventions à ses exportations de coton ou de sucre. Même la « coopération », devenue « co-développement », disparaît progressivement derrière les Droits de l’homme et le Droit d’ingérence.

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    Rarement l’homme a opéré une telle régression dans sa pensée et dans ses actes dans un aussi court laps de temps. C’est presque stalinien, égyptien en tous cas : les opposants disparaissent purement et simplement de la scène médiatique, jusqu’à et y compris de très grands penseurs comme John Maynard Keynes ou John Kenneth Galbraith. Comme si tous les médias occidentaux s’étaient donnés le mot ou étaient sous la coupe d’un chef d’orchestre aussi puissant que mystérieux. Quiconque sort des rangs subit un sort identique, tel Joseph Stiglitz, ex-chef économiste de la Banque mondiale et prix Nobel d’économie en 2001, dont le portrait s’efface peu à peu des médias occidentaux après qu’il ait craché dans la soupe en attaquant la politique des organisations de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) et apporté son soutien aux altermondialistes.

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    De pures conneries deviennent ainsi de véritables dogmes, tel celui de la gestion privée forcément meilleure que la gestion publique : dans les transports comme dans l’énergie, la gestion privée a pourtant fait la preuve de sa médiocrité –pour ne pas dire plus !- mais il est interdit d’en faire mention. Tel aussi que celui des vertus de la « démocratie » boursière qui pousse tout bêtement l’économie occidentale dans son ensemble à n’agir qu’à court terme, permettant aux pays émergeants et qui, eux, ont conservé des lignes directrices (exemple : le développement d’un puissant pôle informatique en Inde), de nous manger la laine sur le dos. Tel enfin, mais la liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut !, la priorité donnée à la lutte contre l’inflation dans les politiques économiques occidentales. Alors que tout le monde est à même, y compris les plus abrutis des gens, de voir que la croissance s’est toujours accompagnée d’une certaine dose d’inflation. Dose d’ailleurs acceptée par la Banque fédérale des Etats Unis qui ne déclanche son arme anti-inflation (celle des taux d’intérêt) qu’au delà de 2 à 2,3% de hausse des prix annuelle contre 1,2% à 1,5% pour la Banque européenne…

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    Le comble a sans doute été atteint pendant la campagne présidentielle en France : les médias ont présenté comme nulles les propositions de relance de la croissance par les salaires et par un redéploiement des subventions de l’Etat vers les PME de la candidate socialistes alors qu’ils applaudissaient face à celle du candidat de la droite ne tablant, lui, que sur la « libération » des heures supplémentaires (entendez pas là le fait de supprimer les charges sociales sur ces heures supplémentaires) pour arriver au même résultat. Pas un seul journaleux (à ce niveau d’imbécillité, on ne peut plus les appeler des journalistes) n’a relevé que cela concernait trop peu de monde (uniquement l’industrie manufacturière et le BTP dans un pays dominés par les services et la robotisation) pour avoir réellement un impact sur la croissance. Mais la relance par les salaires est keynésienne tandis que les heures supplémentaires ont le double avantage de contourner les 35 heures et de faire partie de « l’économie de l’offre » en vogue depuis la nobellisation de l’américain Friedman… Aucun de ces journaleux n’a par ailleurs relevé que le projet de « bouclier fiscal » du nouveau président de la république française n’aurait, lui aussi, pas d’impact sur la croissance : les bénéficiaires se contenteront de placer plus d’argent en bourse, faisant donc monter les cours sans que cette montée ait ne serait-ce qu’un atome de liaison avec la croissance. La bourse de Paris peut monter de 30% en une année sans que la croissance française décolle ne serait-ce que d’un cheveux de son 1,5%/an habituel depuis plus de 10 ans, CQFD ! Sans doute les médias, convertis depuis trop longtemps maintenant à l’ultra libéralisme pour penser librement, ont-ils sincèrement crû que Ségolène Royal disait des conneries et que Nicolas Sarkozy était le grand sage d’entre les sages ? Il n’empêche que lorsque Bayrou dit publiquement ne pas partager les visées économiques de la candidate socialiste sans, lui-même, donner de recette propre à faire décoller cette foutue croissance atone, personne ne dit rien même au PS. « Miam, elle se plante, la conne ! » semblent penser et les éléphants, et les médias…

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    Nicolas Sarkozy n’avait en fait pas de politique économique de rechange par rapport à la Chiraquie. Sinon une volonté sans doute plus forte que l’ancien président de faire reculer les prélèvements obligatoires dans notre pays. Et un « activisme » probablement plus élevé que celui de son prédécesseur vis-à-vis des dossiers sensibles (« probablement » car cela demande confirmation sur le terrain). Sa campagne fut surtout une mise en évidence de toute une série de « valeurs » que la gauche ne sut pas contrer en fait. Et, ce, pour des raisons bien plus profondes, on le voit en économie comme dans bien d’autres domaines, qu’une campagne éventuellement mal menée par Ségolène Royal. Notons ici et pour conclure cette première partie du dossier économique, qu’elle a payé particulièrement cher le renoncement de son parti à toute recherche économique non orthodoxe, incapable de faire passer, au sein même de la gauche, un message keynésien relativement simple à comprendre…

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  • Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 4<o:p></o:p>

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    Le problème central : <o:p></o:p>

    l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase<o:p></o:p>

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    Pauvre gauche laïque et républicaine ! Elle doit combattre l’Eglise catholique qui, depuis la Révolution française, voue tout ce qui est « partageux » aux gémonies (les Révolutionnaires ont fait la réforme agraire en grande partie sur son dos puisque l’Eglise était alors –et de loin- le premier propriétaire terrien de France). Ce, alors que :

    -         Seule la religion s’est opposée, depuis la nuit des temps, au « tout fric ». Du moins chez les curés de base - la hiérarchie, elle, issue de l’aristocratie, voit ses nominations comme autant de moyens de gagner de l’argent facilement – curés de base qui, inlassablement, de siècle en siècle, rapportent au bon peuple les paroles du Christ : « au royaume de mon père, les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers » ; puis encore : «  il est plus difficile à un riche d’entrer au Paradis qu’à un chameau de passer par le chat d’une aiguille ! » Les autres religions ne sont pas en reste : avec des histoires aussi édifiantes que celle de Job, ce riche juif mis volontairement sur la paille par Dieu, la Tora montre le peu de cas que l’Eternel fait des biens terrestres au regard de la fidélité jalouse qu’il demande à ses fidèles ; et l’Islam va plus loin encore, refusant carrément à ses ouailles le droit d’être exagérément aisés. Le Coran appelle constamment à la mesure de tout partout et tout le temps tout en donnant ordre de donner aux pauvres, de toute façon le surplus éventuel de ses richesses, en tout cas une aumône régulière. Ne parlons pas du Bouddhisme pour lequel tout attachement aux biens de ce monde est pur aveuglement générateur d’une renaissance douloureuse (jusqu’à ce que le dit attachement ait disparu)… Bref, les humains sont obstinément des adorateurs du Veau d’or en dépit des nombreux rappels à l’ordre de leur Créateur suprême.

    -         Les Révolutionnaires de 1789 n’étaient pas opposés, loin de là, au dit Veau d’or. Ils en étaient même l’émanation, bourgeois aisés pour la plupart. Ceux de 1917 en Russie impériale étaient eux aussi issus en grande partie de la Bourgeoisie, leur mentor, Marx, inclus. Ils ne s’opposaient d’ailleurs pas au Veau d’or mais à la qualité de ses co-propriétaires : le Veau devait appartenir à l’Etat, pour schématiser. Ils allèrent plus loin que leurs prédécesseurs français vis-à-vis des religions en décrétant ces dernières « opium du peuple », c’est-à-dire instruments de la propagande capitaliste sur les masses opprimées. <o:p></o:p>

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    Le christianisme social ne changera rien à ce tableau, d’autant qu’il finira partout et très vite par incarner un simple aspect du capitalisme et une droite finalement plus que conservatrice. On peut d’ailleurs s’attendre à une même évolution du côté des Islamistes, peut-être encore plus anti-socialistes qu’anti-occidentaux (leurs plus fervents supporters sont les commerçants des souks).  A noter en outre que l’Eglise catholique a fait récemment son « aggiornamento » social à l’envers : sous la pression de fidèles plus que conservateurs en Occident (les intégristes) et dans les pays d’Europe de l’est (les opposants au communisme, fatalement capitalistes), des papes socialement rétrogrades ont été élus, n’opposant plus que de minables et inaudibles homélies contre le matérialisme fricard et outrancier du monde moderne. Ces papes, Jean-Paul II d’abord, Benoît XVI en pire ensuite ont essentiellement fondé leur politique, le premier sur l’anti-communisme puis le refus du débridement des  mœurs en Occident, le second sur une sorte de croisade stupide contre le Tiers Monde. Satan, pourrait-on dire, a gagné ! Y compris vis-à-vis des textes fondateurs des « religions du livre » : n’oublions pas, par exemple (des références identiques existent dans les textes fondateurs des autres religions), le refus de Jésus, jeune homme, d’accepter les offres de richesse et de pouvoir que lui fait le chef des Démons lors de sa retraite dans le désert…

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    Pauvre gauche, donc, qui doit se coltiner avec la tentation suprême, l’argent et le pouvoir qu’il procure, en s’étant d’entrée retirée les moyens de combattre la dite tentation. La droite, par contre, jubile : car, tout en ne vivant que par et pour l’argent et le pouvoir, elle bénéficie de l’aura des Eglises qui ont rejoint son camp au fil de l’histoire. Jusqu’aux juifs et musulmans français, les premiers parce qu’une grande partie de leurs troupes appartient aux classes aisées de notre société, les seconds parce que le désordre des banlieues et le fanatisme importé les jettent dans les bras de ceux qui incarnent le mieux « l’Ordre ». Aucune chance, la gauche !

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    Car le peuple, lui, est exigeant, terriblement exigeant : on n’en est plus aux pauvres contre les riches. Ca, c’était hier, quand les discours de fin de « banquets républicains » étaient faciles. Même Mitterrand était hors jeu quand il déclamait « l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase » tout en laissant ses lieutenants, nos éléphants d’aujourd’hui,  s’empiffrer dans les cénacles très fermés de la puissance républicaine. Il ne fut pas le seul d’ailleurs : les Espagnols de Felipe Gonzalez eurent aussi leurs « R25 » et leurs démons, générateurs sans doute de plus de scandales que n’en suscitèrent nos énarques partis à gauche faute de places à droite… Quoiqu’il en soit, le peuple est donc exigeant : il ne veut plus qu’on touche à son pouvoir d’achat, donc aux gros sous, mais il n’accepte plus que les puissants s’en mettent plein les poches : il lui faut du super propre pour le diriger. A condition, faut insister ici, qu’on ne touche pas globalement « au grisbi » ! Ne prenons pas les gentils membres des classes moyennes pour des crétins : ils et elles savent parfaitement que bon nombre de leurs avantages sont dus à l’exploitation de gens plus pauvres. Les fringues pas chères qu’on change tous les jours ; la bouffe distribuée dans les centres commerciaux ; une bonne partie des pièces des bagnoles qu’on arbore comme jadis les couleurs de sa classe sociale ; jusqu’au courrier que nous livre à présent non plus des facteurs en grève un jour sur deux mais des vacataires précarisés à mort par la bonne administration française qui, par ailleurs, clame à qui veut l’entendre son horreur de la précarité… Dans le même temps, les parents et les grands parents de ces classes moyennes exigent  et le maintien de la hausse de leur niveau de vie, et des emplois non précaires pour leurs enfants. Qu’ils préfèrent aider financièrement plutôt que de renoncer à une partie de leurs ressources financières… Jospin a voulu caresser cette drôle de classe moyenne dans le sens du poil après son échec à l’élection présidentielle de 1995 : le résultat fut pire, il ne passa même pas le premier tour. En 2007, Ségolène Royal est revenue aux pauvres. Elle passe le premier tour mais échoue au second, comme Jospin il y a 12 ans…

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    S’il n’y avait que le problème quasiment insoluble –car arbitré en partie par une extrême gauche débile- de cet écartèlement entre de réelles victimes de la précarité et du chômage et les vapeurs d’une classe moyenne dont les membres se prennent globalement pour les « rois du Monde » (pas tous, mais suffisamment pour faire basculer les majorités). Les gauches occidentales doivent en outre faire avec des écolos à pas piquer les vers ! Songeons qu’en pleine campagne présidentielle, quand la droite était au Zénith des sondages, les verts français, alliés des socialistes, osaient réclamer une sorte de « fin de la propriété » : « demain, disaient-ils, nous serons tous locataires et nous n’aurons plus de voitures individuelles » ! Sic. Notons qu’en outre, le candidat de la droite opposait avec bonheur sa caution de l’Etat pour acheter un logement à la caution que proposait son adversaire socialiste pour devenir locataire d’un HLM. Pas la même clientèle, déjà, tandis que des défenseurs de l’environnement soi-disant de gauche s’échinent à empêcher les classes moyennes, le creuset pourtant de leurs propres électeurs, de voter à gauche…

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    Il n’avait pas tort, Sarkozy, de réclamer un débat de valeurs : il avait fait ses comptes avant, le salopard ! Et, sauf improbable impopularité dans les cinq ans à venir –c’est-à-dire politique déplaisant à une classe moyenne convertie aujourd’hui au « tout fric »-, il n’y a pas de raisons que le rapport de force du 6 mai 2007 soit modifié en 2012. Car les pauvres, aujourd’hui, sont moins nombreux que les riches –ou qui s’estiment riches.  Ils ne sont plus qu’un gros tiers de la population, les pauvres du Tiers Monde ne votant pas chez nous. De même que les émigrés, CQFD ! La gauche a loupé en fait l’époque où une partie de la classe moyenne s’interrogeait sur le tout fric : au lieu d’apporter une réponse, par exemple, aux Français et aux Françaises qui se donnaient alors en nombre croissant à des sectes en tous genres, ils se contentèrent de combattre les dites sectes de toutes leurs forces, comme s’ils tuaient des nouvelles religions dans l’œuf : toujours cet anticléricalisme primaire que les enseignants du public, pourtant aujourd’hui largement ralliés à la droite (beaucoup de femmes dont le salaire est un « salaire d’appoint » dans un ménage à deux revenus corrects, donc plus que confortables), ont imprimé dans ses gènes.

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    Alors que, de toute évidence, il lui fallait, à cette gauche, ranimer « l’anti-friquisme » dans l’âme des anciens chrétiens, ceux qui n’ont pas versé dans l’intégrisme. C’était la seule façon d’amener durablement à elle nombre de membres de la classe moyenne restés encore lucide face à la surconsommation.  Empêtré toutefois dans ses luttes intestines, à fondements très largement personnels donc claniques (trois courants au centre, deux à gauche, si ce n’est pas du clanisme, qu’est-ce que c’est ?), le parti socialiste n’a pu engager aucune réflexion de fonds sur la question : la « laïcité », comme disent ses militants, est une valeur qui les relient encore tous et dont ils pensent avoir besoin pour ne pas éclater. C’est donc François Bayrou qui a capitalisé les voix de ces anciens chrétiens qui refusent la consommation à tous prix et l’exploitation, pour ce faire, et de nos pauvres, et de ceux du Tiers Monde.

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    On voit assez facilement ici le rôle plus que néfaste joué dans cette affaire par les « éléphants », technocrates en mal de puissance et de pouvoir, prêts à tout, y compris au « cassage » du PS, pour assouvir leur faim malsaine. Ce n’est pas tant la zizanie qu’ils ont amenée et continuent d’amener dans le parti qui est en cause que le gel de toute réflexion de fond que leurs disputes a entraîné et continue d’entraîner. On se souviendra à cet égard du refus des ex-jospinistes, appuyés par une majorité des militants, de se remettre en cause au lendemain du désastre électoral de 2002. Et l’on voit aujourd’hui les deux éléphants les plus lourds, Fabius et DSK, monter au créneau pour tenter d’empêcher la modernisation du parti par une femme : les journaux ne vous ont pas dit sur ce point que la base, ceux qui ont soutenu la candidate socialiste envers et contre tout, voulait en fait profiter de la défaite pour régler leur compte aux éléphants. Leur montée au créneau est donc préventive, face à un secrétaire général trop heureux, dans le fond, de geler à nouveau l’indispensable débat sur les valeurs du parti au 21e siècle.

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    Ne parlons pas de l’ex-deuxième composante de la gauche, le Parti communiste : celui-ci n’a pas vu venir les classes moyennes et en est mort. Arqueboutés sur leur « classe ouvrière », ses dirigeants n’ont en fait pas réfléchi du tout. Songez que le Parti est passé de 20% des suffrages exprimés à 5% en une vingtaine d’année avec le même secrétaire général ! Et que le PCF est resté jusqu’au bout , c’est-à-dire jusqu’à ne plus représenter que ses élus, stalinien, l’un des tout derniers au monde… L’extrême gauche, quant à elle, est pire encore : il y avait pas moins de trois trotskistes candidats à l’élection présidentielle de 2007, sans compter José Bové et, ce, après des mois de tergiversation sur la possibilité d’un candidat antilibéral unique. Le tout pour 10% de l’électorat dont un tiers de jeunes bourgeois votant à gauche sans risque (une attitude, comme un vêtement ou une bagnole), un tiers de « baba cool » plus stupides que désabusés et un tiers de véritables paumés de moins de 30 ans. Ségolène Royal ne récoltera même pas les suffrages des 2/3 de ces curieux électeurs le 6 mai 2007…

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    Bref, la gauche ne pouvait pas gagner cette année. Elle avait donné l’illusion de dominer le paysage politique français tout au long du septennat puis quinquennat de Jacques Chirac tout bêtement parce qu’une partie de la droite, dont toute l’extrême droite, votaient alors contre un homme jugé beaucoup trop à gauche par ses propres troupes. Ses victoires faciles ont aussi joué contre son jugement : car tout vainqueur a tendance à ne rien changer à sa stratégie, même si, en l’occurrence, la dite stratégie revenait à éviter les heurts entre éléphants. Imaginez l’impact de la dite stratégie interne sur les électeurs une fois, en face, l’union refaite derrière un véritable homme de droite !

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    Le PS n’est toutefois pas mort comme le disent les médias aujourd’hui, à la veille des élections législatives. Certes, il va encore prendre une claque, et une sévère, se retrouvant avec probablement moins de députés encore qu’en 2002. Mais il arrive quand même et toujours à réunir près de la moitié des suffrages exprimés au second tour de n’importe quel scrutin (il ne lui manque finalement que 3 à 5% des voix, soit 1,2 à 1,5 million de suffrages, c’est peu) tandis qu’il possède, en son sein, les atouts et d’un maintien solide de son électorat de gauche et ceux d’un débordement durable au centre gauche. Des chefs de courants un peu moins détestés (tous le sont abominablement aujourd’hui, ils devraient s’en rendre compte, tout de même !), un peu plus de « penseurs » dans ses rangs (pour l’instant, ils n’ont plus Attali, parti chez Sarkozy, et Régis Debray a été marginalisé après la disparition de Mitterrand au profit de pseudo penseurs médiatisés), beaucoup plus cette fois-ci de discipline de parti et je ne doute pas de la victoire de sa candidate ou de son candidat face à n’importe quel candidat (ou candidate) de droite ! Et, ce, même avec des médias qui n’ont plus rien de démocratiques et sont à présent tous, y compris ceux qui se disent de gauche, aux ordres du capitalisme. Car la réputation de nullité conférée par ces médias en folie à Ségolène Royal fut largement alimentée par les éléphants eux-mêmes (songez que Besson et Allègre, les deux grands traîtres, furent tous deux proches de Jospin, lequel ne soutint Ségolène Royal que du bout des lèvres). <o:p></o:p>

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  • Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 3<o:p></o:p>

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    Affaires de mœurs<o:p></o:p>

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    Après la famille, les mœurs. Les liens sont évidents, je les ai brièvement évoqués au chapitre de la famille en disant que lorsque Dominique Strauss Kahn avait obligé Ségolène Royal à se prononcer sur le mariage gai, il l’avait en fait enfoncée dans l’esprit de beaucoup de Français basiques retournés, eux et du fait de notre époque très insécurisée, à la protection de la famille, la seule valeur qui soit réellement ressortie de l’ultra libéralisme. Disons tout de suite qu’au chapitre des mœurs, la gauche « libertaire » n’a plus grand chose à démontrer ! Même Edith Cresson, commissaire européenne socialiste, n’avait pas été écoutée quand elle avait stigmatisé la pornographie sur Internet et son impact dévastateur sur les jeunes. Elle avait pourtant fait fort, usant de tout son poids politique pour tenter d’obtenir, de la gauche puis de la droite française, une législation sur ce problème. « Nada » ! Rien, ni de la gauche et ni de la droite. Mêmes ses appels à plus de rigueur contre la pédophilie étaient restés quasiment sans réponse. On a vu par la suite que des Hollandais avaient voté pour un parti ouvertement pédophile sans que cela traumatise réellement les Eurocrates : ces derniers avaient fait plus de bruit quand l’extrême droite avait fait alliance avec la droite classique pour arriver au pouvoir en Autriche…

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    « Faut dire que chez ces gens là, Mesdames et Messieurs », pour paraphraser Jacques Brel,  on ne badine pas avec les mœurs : on les transgresse allégrement et ouvertement ! La haute société a d’ailleurs toujours œuvré ainsi : les nobles grecs préfèrent les amours avec de jeunes jouvençaux plutôt qu’avec leurs épouses légitimes qui ne sont bonnes qu’à faire des enfants et à rester chez elles. Alexandre le grand lui-même pratiqua ouvertement ce sport en chambre ouverte et les grands poètes de l’époque en vantèrent les avantages à de très nombreuses reprises (exemple : Virgile). On ne sait rien du peuple mais on peut en avoir une idée au travers des mœurs romaines : les nobles romains sont moins ouvertement homosexuels que leurs homologues grecs mais sont par contre très ouverts à l’adultère, y compris des femmes. Les nobles… Car dans le peuple, l’adultère féminin est puni de mort… On retrouve la même caractéristique dans la civilisation médiévale : la sodomie est tolérée chez les Grands, punie de mort dans le bas peuple. Plus tard, pendant tout le « siècle des Lumières », les nobles forniquent sans tabou et à tout va. Le libertinage atteint une telle vigueur que Louis XIV lui-même, pourtant pas un puritain farouche, se voit dans l’obligation d’emprunter l’habit rigoriste de Mme de Maintenon pour marquer sa désapprobation. Habit tout de circonstances d’ailleurs car la dame n’est pas de première vertu : épouse du poète Scarron, elle fut l’amie d’une demi-mondaine universellement connue (Ninon de Lenclos) et coucha avec à peu près tout ce qui comptait alors d’intellectuels dans le royaume (son premier mari –elle a épousé Louis XIV morganatiquement, soit sans valeur dynastique, en secondes noces- était infirme et impuissant).

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    Le rigorisme tardif du « Roi Soleil » est d’ailleurs trop tardif : son petit fils Louis XV a été touché par la vague libertine et tout le monde se rappellera très certainement son « parc aux cerfs », en fait les jardins d’une villa de Versailles dans lequel ils recevaient des jeunes filles, toujours différentes et parfois en nombre… Tout cela pendant que, rappelons nous aussi, l’Eglise apostolique et romaine s’efforce de maintenir la croissance des valeurs familiales dans le bon peuple. Lequel « divorce » progressivement de la royauté, parce que la bourgeoisie veut le pouvoir, certes, mais aussi parce que le bon peuple non bourgeois (la majorité, tout de même !) ne se reconnaît plus en ses élites versaillaises débauchées (voir le très bon film de Tavernier sur ce point, « Que la fête commence »). Si l’on voulait une preuve de plus de ce divorce sur les mœurs, il suffit de se souvenir du règne de Louis XVI : celui-ci est l’exact contraire de son prédécesseur, fidèle et sexuellement plus que calme tandis que les frasques de son épouse autrichienne, non formatée, elle, par la crainte d’une révolution, sont rapportées par tous les libelles de l’époque : ses achats faramineux de bijoux (l’affaire du collier), ses amours adultères (le compte de Fersen), son indifférence vis-à-vis du peuple (« qu’ils mangent de la brioche ! »)… Que tout cela soit vrai ou faux, on voit que les attaques concernent surtout ses mœurs. Sa politique ultra réactionnaire ne sera, elle, que très peu mise en cause alors qu’elle écrit aux Autrichiens pour leur demander d’intervenir militairement contre la Révolution française, qu’elle fait renvoyer le réformiste Necker ou encore qu’elle décide le roi à s’enfuir (l’affaire de Varennes). Les libellistes sentent que sa mise en cause sur les mœurs est plus productive, tout comme nos journaleux d’aujourd’hui préfèrent les affaires « people » aux affaires publiques.

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    La Révolution française connaîtra d’ailleurs une période « incorruptible » avec Saint-Just et Robespierre. Les deux personnages ont une personnalité sexuelle ambiguë mais ne l’affichent pas. Après les picaresques –le mot est faible !- Mirabeau et Danton aux dîners plus que fins, la rupture est nette. Comme celle de Bonaparte avec Barras sur le même plan. Bref, à gauche et déjà s’opposent les révoltés qui se glissent sans problème dans la peau des révolutionnés et les révoltés populaires qui se sentent  investis par les « petits et les sans grades ». Lesquels n’ont pas varié d’un iota dans leurs convictions, sinon pour soutenir une Révolution qui a chassé des débauchés et qui leur a donné la terre (aux plus riches d’entre eux en tous cas). Mais ils continuent imperturbablement à soutenir aussi une Eglise catholique qui les a aidé depuis des siècles. Napoléon le jacobin est obligé de signer le Concordat avec le Vatican pour revenir sur les anathèmes des premiers révolutionnaires sans perdre la face…

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    Mais nos gauchistes en peau de lapin d’aujourd’hui n’y voient que grandeur d’âme du dictateur envers ceux des Français qui sont restés trop arriérés pour comprendre l’essence du monde moderne. Idiotie totale : Napoléon est un militaire, ça n’est pas un philanthrope. S’il revient sur une politique tout de même majeure de la Révolution, c’est qu’il y est obligé. Parce que le problème religieux continue notamment à empoisonner les relations de Paris avec les provinces rurales (Cadoudal) ; parce que ses guerres nécessitent l’adhésion des Français ; parce que, parti guerroyer au loin, il a besoin de calme en France. CQFD ! En contre point, que voit-on : que l’Eglise catholique a très peu perdu de son pouvoir sur le peuple. Et que son retour, organisé avec le Concordat, signifie aussi le retour de son pouvoir moral et éthique sur les plus pauvres des Français (la majorité). Napoléon qui est loin d’être un con le sait fort bien : il joue pour les Royalistes en signant le Concordat. Et il ira jusqu’au bout de son choix en réinstaurant une aristocratie (la noblesse d’empire), en confortant le vote censitaire (il fait des bourgeois les nouveaux privilégiés du pays) et en épousant la fille de l’empereur d’Autriche.

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    Là encore, les gaucho n’y verront que du feu, voyant plutôt dans une sorte de folie dictatoriale les raisons de cette curieuse attitude de fin de règne. Mêmes les victoires électorales de la droite tout au long du 19e siècle ne leur ouvriront pas les yeux ! Ni le fait que, depuis ce changement d’attitude napoléonien, la droite et les bonnes mœurs aient fait une cause commune jamais démentie (le pouvoir, désormais, cachera ses turpitudes). Ce, tandis que la gauche, progressivement, abandonnait le peuple pour donner raison aux élites et à leurs mœurs débridés.

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    Car c’est cela qui s’est bel et bien passé dans l’histoire de nos idées : la droite, les élites donc, était sexuellement débridée mais tenait le peuple en laisse. Révolution il y a et la droite en tire les conséquences en apparaissant de plus en plus rigide sur les mœurs. Et, pendant ce temps, c’est la gauche qui reprend le flambeau des turpitudes sexuelles et qui apparaît, comble des combles, comme défenderesse des élites débridées ! Car la dérive sexuelle de nos jours, essentiellement l’homosexualité affichée et revendicatrice, est bel et bien une dérive élitiste : n’y sont adeptes que des gens du dessus du panier tels, notamment et surtout, que les gens des médias et des arts médiatisés. Ce sont ces gens qui font du forcing pour obtenir et le mariage homosexuel (ça relève du domaine du fantasme quand on sait que les homosexuels disposent aujourd’hui d’un statut volontaire de concubin qui leur donne à peu près tous les droits des hétérosexuels en matière financière) et, surtout, le droit d’adopter des enfants. Pas mal, non ?!

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    La gauche a donc été « baisée » par la droite élitiste depuis deux siècles et n’a toujours pas réagi. J’oubliais toutefois l’épisode communiste : issu du peuple, ce mouvement a parfaitement conscience du problème moral et éthique posé à ses troupes populaires par la décadence sexuelle. Mais, confronté aussi à son reflux du fait de son refus de la démocratie, il n’ose plus rien et commet erreurs sur erreurs de communication. Si bien qu’il est aujourd’hui inexistant  dans un débat gagné – j’espère provisoirement - par une droite bien plus débridée en fait –et en profondeur- que la gauche : car cette droite si rigoriste en surface n’a pas, sur le fond, récusé les avantages de l’argent et de la puissance en matière sexuelle. Simplement a-t-on modifié quelque peu les appâts : aujourd’hui, on fait miroiter quelques embauches dans le spectacle et dans les arts tandis que l’appât financier direct a été remplacé –avantageusement- par le désir implanté dans les esprits des jeunes de tous sexes via les médias et, notamment, Internet. C’est devenu quasi gratuit !

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    Qui osera dire « non !» aux homosexuels aujourd’hui ? Il serait lapidé par des médias unanimes et, observez-le bien, totalement aux mains de la droite. Et bien moi, je le dis : enfant de parents divorcés, je sais la souffrance de l’abandon. Je sais que la litanie des « psy » sur les séparations créatrices de nouvelles chances pour les couples est un mensonge total, que les enfants ne s’en remettent jamais (leur échec scolaire est fabuleux et fabuleusement parlant). Je sais donc que le divorce n’est pas un acte banal mais une vraie déchirure, en tout cas pour les « petits et les sans grade » que sont les bambins. Je sais que l’égoïsme est la vraie plaie de notre monde moderne, avec des pseudo adultes véritables enfants gâtés, incapables de se plier à une quelconque discipline. Et je sais qu’il faut dire non à ces pseudo adultes. Qu’il faut commencer à leur dire non. Et je suis de gauche, passionnément de gauche, anti-élitiste, humaniste prêt à en mourir, observateur le plus ouvert possible de l’univers. Bref, un véritable intellectuel de gauche. Et j’ose : non, le futur des enfants adoptés ou artificiellement créés des homosexuels (elles) n’est pas rose mais noir. Aussi noir que l’est déjà, expérience très largement faite, celui des enfants de divorcés. Parce que ce qu’ont mis au point nos ancêtres des millénaires durant, cette alchimie familiale détruite puis reconstruite après les agressions formidables des élites militarisées, ne peut et ne doit pas être jetée à la poubelle par quelques journalistes et artistes en mal d’expérience sexuelle. Parce que ces expérimentations sexuelles n’ont jamais été et ne seront jamais populaires mais définitivement élitistes. Et parce que, de tous temps, le peuple en a été plus victime que bénéficiaire, plus soumis au caprice sexuel des puissants que pouvant, grâce à ces élites, assouvir leurs instincts inavouables.

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    La tolérance sexuelle est un véritable acquis par rapport au passé : au moins ne tue et n’emprisonne-t-on plus les homo. De là à créer de nouvelles victimes, les enfants, en permettant à ces homos d’adopter ou d’éduquer des enfants créé in vitro, il y a une marge que je me refuse à franchir : gens qui vous dites de gauche, sachez à cet égard que je vous considère de droite quand vous défendez le point de vue contraire. Or, pour l’instant, c’est ce point de vue contraire qui a la faveur des dirigeants de la gauche socialiste comme extrémiste. <o:p></o:p>

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    1 commentaire
  • Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 2<o:p></o:p>

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    Une affaire de famille<o:p></o:p>

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    Les affaires africaines nous ont permis de constater que la pensée de gauche française a dérivé jusqu’à l’extrême droite, au moins en matière de politique africaine, et comment cette gauche, porteuse jadis des valeurs du « siècle des Lumières », en est arrivée là. Voyons à présent une autre « affaire » qui présente, elle, des soubassements historiques encore plus lointains, je veux parler de la famille.

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    Celle-ci vole en éclat, dans le peuple, avec les guerres et l’esclavage. La précarité est la règle plus de deux millénaires durant, nos historiens modernes n’ayant d’ailleurs aucune idée ou presque de la façon dont vivaient jadis les gens du peuple : nous ne connaissons à peu près bien par exemple que l’histoire des nobles romains tandis que celle du bas peuple ne nous apparaît qu’au travers de rares images « éruptives » comme la saga de Spartacus (qui se termine dans un bain de sang inouï), l’éruption, justement, de l’Etna qui fige Herculanum et Pompéi en nous laissant ainsi le spectacle de la vie quotidienne des romains, ou bien encore l’instauration quasi obligatoire pour l’aristocratie romaine des jeux et de la distribution de nourriture gratuite aux citoyens romains de bas étage (« panem et circenses »)… Saviez vous, autre exemple de notre ignorance, que l’esclavage à grande échelle dans l’Antiquité n’a pas été inventé par les Romains mais par les Athéniens dont la population, au plus haut de leur histoire, comptait un tiers d’esclaves ? Si vous ajoutez les enfants mineurs et les femmes (dont le statut est alors celui d’une personne mineure), ça ne fait pas beaucoup de gens « libres » au pays qui a inventé la démocratie, non !?

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    Bref, le mariage, les filiations par le sang et adoptives, la fidélité conjugale (des femmes…), tout cela ne concerne qu’une infime partie des populations entre le début des grandes civilisations et, mettons, la fin du haut Moyen Age. Sachez qu’à cette époque, au 11e siècle après JC par exemple, les abandons d’enfant par de pauvres filles notamment violées sont légions, au point que l’acte est puni de mort ! La « gauche » à l’époque, c’est l’Eglise chrétienne, celle qui a déclaré les hommes (mais pas les femmes) égaux entre eux devant Dieu quel que soit par ailleurs leur statut social. Certes, cette Eglise est déjà gangrenée par l’élitisme, ses évêques étant tous fils de grandes familles aristocratiques, gangrène dont elle ne s’est toujours pas relevée de nos jours. Il n’empêche que, plusieurs siècles durant encore, elle va, pratiquement seule dans l’univers de la pensée occidentale renaissante, se préoccuper de défendre la femme et la famille des pauvres gens. Comment ? En recensant d’abord les gens du peuple, ruraux pour la quasi totalité d’entre eux, paroisse par paroisse. Ce qui aboutit à « nommer » ces gens du peuple, à leur donner un nom. Le « fils de… » permet de pérenniser sous forme de nom propre le surnom de l’ancêtre anonyme, CQFD ! Cet embryon d’état civil est tellement important que l’un des tout premiers actes de la République sera de se l’approprier. Songez à cet égard que les statistiques royales, même sous Louis XVI, ne comptaient que les « feux », soit les maisons pourvues d’une cheminée…

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    Le deuxième élément crucial de la politique cléricale est de généraliser le mariage. L’institution n’a, jusqu’à la sortie de ce haut Moyen Age, concerné en fait que les puissants. Chez les petits, les femmes et leurs enfants sont dans l’insécurité la plus totale, leurs « hommes », comme on disait alors, n’étant pas attachés autrement que moralement à leur famille. Si bien que bon nombre d’entre eux, par exemple, partent à la guerre pour tenter d’échapper à leur condition rurale souvent très dure et ne rentrent pas toujours. La généralisation du mariage dans une société qui n’accepte plus le divorce (les romains connaissaient la répudiation) et qui n’a jamais accepté la polygamie (hors les concubines) est donc plus qu’efficace : la famille populaire peut enfin s’épanouir. Jusqu’au 18e siècle : car, venant de l’aristocratie, souffle alors le commencement de la révolte féministe, soit la remise en cause du « mariage forcé » au travers d’innombrables hymnes au grand amour (« la carte du tendre » par exemple mais les histoires de princes font encore plus de ravage dans le peuple). Les mœurs des puissants se répandent, pourrait-on dire, jusqu’à la « sacralisation » de l’adultère dans la bourgeoisie (le viol avec violence physique ou mentale des  miséreuses restera sordide et impuni quasiment jusqu’à nos jours) : voir « Madame Bovary » de Flaubert…

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    Et le divorce pointe donc son nez, divorce que la gauche jacobine puis radicale va défendre contre une droite arqueboutée sur ses relations privilégiées avec l’Eglise catholique. Une Eglise qui est en conflit permanent avec les descendants de Révolutionnaires qui lui ont piqué ses terres en procédant à une gigantesque réforme agraire, qui lui ont retiré ses pouvoirs « civils » et qui sont même allés jusqu’à contester ses croyances (« l’Etre suprême »). Sans oublier que la hiérarchie cléricale est essentiellement issue de l’Aristocratie… La gauche socialiste héritera de cette situation, soit une remise en cause du fondement de la famille populaire au travers du divorce puis de la liberté sexuelle. A noter qu’ailleurs, en Chine ou dans le travaillisme israélien d’origine, la remise en cause ira jusqu’à prôner l’éducation des enfants hors le cercle restreint de la famille (l’idée sera concrétisée en Israël avec les kibboutz mais ça n’ira pas plus loin).

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    Et nous en arrivons à aujourd’hui, une époque d’abondance mais paradoxalement incertaine. Qui a généralisé le divorce (un divorce pour trois mariage en moyenne en France) et fait terriblement reculer le mariage (le concubinage s’est envolé). Mais qui, en même temps, à inventé le « cocooning » et redonné à la famille le rôle de « stabilisateur » qu’elle avait perdu tout au long du 20e siècle (« famille, je vous hais ! »). On refait appel aux grands parents pour s’occuper des enfants en bas âge et les mêmes grands parents volent au secours de leurs enfants et petits enfants en difficulté. Ce, tandis que la gauche française ne s’est pas adaptée : quand Ségolène Royal veut se réapproprier les valeurs familiales, elle est conspuée même par des centristes pour qui ces valeurs sont archaïques (l’attitude de Dominique Strauss Kahn à cet égard est éloquente : non seulement il ne suit pas sa rivale sur ce terrain familiale, mais il l’oblige à prendre parti pour le mariage homosexuel…) Les électeurs ne s’y sont pas trompés : ils n’ont jamais crû réellement que Ségolène, seule, pouvait réconcilier la gauche et la famille. Et c’est fort logiquement la droite qui a cueilli les marrons du feu, s’appuyant, elle, sur deux siècles d’amours illégitimes avec une Eglise qui a renié non pas des origines populaires qu’elle n’a jamais vraiment eues, mais son assise populaire.

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    Ces amours ne sont guères solides en fait, en témoigne la personnalité de celui qui les incarne aujourd’hui en France, Nicolas Sarkozy : l’homme a divorcé et fait divorcer sa 2e femme pour pouvoir l’épouser. Son exemple est tout sauf édifiant au contraire de la mère de 4 enfants qui incarnait, elle, les valeurs de gauche. Le premier est ultra-libéral, une doctrine destructrice, l’autre est sociale démocrate, une pratique beaucoup plus protectrice. Mais la gauche ne pouvait pas brandir ces indéniables avantages car son idéologie le lui interdisait tandis que la droite a pu gommer ses indéniables faiblesses vis-à-vis de la famille moderne car sa pratique passée le lui permettait : c’est le gaullisme qui a remis la famille française à la mode, via tout une série d’aides dont les allocations familiales et la généralisation des moyens d’accueil des bébés et enfants en bas âge de femmes qui travaillent. Un gaullisme que Nicolas Sarkozy et son mentor Balladur ont publiquement renié en 2006…

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    Alors, Mesdames et Messieurs de gauche, accepterez vous d’embrasser les idéaux d’un vieux général et de feu Michel Debré et de reconnaître aussi l’histoire de France d’avant la Révolution de 1789, ou bien laisserez vous une droite amorale et cynique, celle des ultra libéraux et des bushistes de tous poils, confisquer à leur profit douteux les bons côtés d’une religion que vous n’appréhendez toujours qu’au travers du prisme marxiste-léniniste (« l’opium du peuple ») ? That is the question…<o:p></o:p>

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