• Rénover le PS ou créer un parti de gauche plus radical ?

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 30<o:p></o:p>

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    Comment transformer un mouvement contestataire en parti de gouvernement<o:p></o:p>

    I – Renaissance du PS ou naissance d’un nouveau parti de gauche radicale ?<o:p></o:p>

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    Cette série d’article que j’entame aujourd’hui, entre deux déplacements en province, m’est venue à l’esprit d’une part en lisant la vie de Marx vue par Attali et, d’autre part, en constatant que le PS est vraiment très mal parti pour « renaître » : dans l’état actuel des choses, en ce jeudi 3 janvier 2008, d’une part les militants de la gauche du parti quittent massivement le PS pour, probablement, regarder ce qui se passe du côté de Besancenot ; tandis que de nombreux militants du centre du parti sont attirés, eux, par le bayrouisme. Notamment les chrétiens que le laïcisme un peu obtus du PS rebute. Et pour cause : la laïcité est presque l’unique valeur qui cimente encore des socialistes français de plus en plus écartelés entre d’une part une sorte de « libéralisme social » (en fait, une louche de libéralisme pour une toute petite cuillérée de social) et, d’autre part, les racines puissamment contestatrices du mouvement des gauches « gauloises ». Un Tony Blair pouvait l’emporter aisément dans une Grande Bretagne qui n’a pas les mêmes racines. Mais aussi bien en France qu’en Allemagne, le blairisme ne peut qu’entraîner la création d’un nouveau parti de gauche condamnant à terme le parti d’origine à disparaître.

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    Et c’est bien ce qui est en train de se produire : en Allemagne, l’option par trop libérale du SPD a déjà entraîné la création d’un nouveau parti de gauche plus radical qui, dès aujourd’hui, commence à s’imposer dans l’électorat au détriment du dit SPD (dont les dirigeants, désormais, font les yeux doux aux émules d’Oscar Lafontaine). Et, en France, on voit Hollande,  1er secrétaire du PS, repousser de mois en mois le moment de vérité (l’interrogation des militants sur leur direction) tout en faisant tout pour qu’un libéral (ou une libérale) lui succède. C’est même dingue, ses efforts en ce sens ! Si bien que les deux seuls candidats actuels à sa succession sont le maire de Paris, maire oh combien peu socialiste !, et Ségolène Royal, ouvertement blairiste, énarque et candidate de fait de la gauche caviar. Ils ont beau avoir les médias pour eux, ces deux candidats, ils n’empêchent d’ores et déjà pas les militants réellement de gauche de quitter le parti en masse. Comme ils n’empêcheront pas les militants « centristes » de rejoindre en masse la démocratie chrétienne de Bayrou dès lors que celui-ci aura fait un geste en matière de laïcité (comme il est très ambitieux, le Bayrou, je gage qu’il le fera, ce geste…) Si bien qu’il ne restera bientôt, très bientôt, plus que ce que j’appelle les « militants obligés » dans un PS dès lors voué au déclin rapide. Car ces militants obligés (qui tiennent leur carrière ou tout autre avantage de leur appartenance au PS, donc à un leader du parti) reconduiront bien évidemment les « éléphants » au pouvoir, accélérant définitivement le départ des militants non obligés.

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    Vous noterez qu’en France, la situation est beaucoup plus critique pour les socialistes institutionnels qu’en Allemagne, du fait de la nouvelle existence d’une vraie opposition « sociale libérale » incarnée par François Bayrou : le PS perds ainsi à gauche et à droite et perdra à gauche et à droite jusqu’à n’avoir plus que des « obligés » comme militants et électeurs. On connaît déjà le processus, c’est celui qui a laminé le PC…

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    Y aura-t-il sursaut ? Je ne le crois pas, même si Ségolène Royal, n’arrivant pas à décoller dans les sondages (c’est Delanoë qui l’a aujourd’hui dépassé), annonce qu’il « faut prendre ce qu’il y a de mieux dans le PS, à gauche comme à droite du parti » (on croirait entendre Bayrou !) Car les candidats au poste de 1er secrétaire du PS sont trop ambitieux : ils visent l’Elysée en fait, alors qu’ils devraient se rendre compte que leur tremplin électoral est en miettes. Aujourd’hui, il faudrait au parti une direction bicéphale voire tricéphale, comme en adoptèrent les Romains quand ils furent confrontés au même problème (écartèlement du pouvoir entre l’Orient et l’Occident). Mais ils en sont incapables, on l’a vu avec l’affaire du « traité simplifié » : « soit on approuve, soit nous démissionnons ! » ont dit en substance les libéraux du parti, créant ainsi la première grande vague de départ des militants. Alors qu’ils auraient dû –c’était facile- pousser à une synthèse (accord sur le texte mais aussi sur le principe du référendum populaire) ou encore laisser libre choix aux socialistes sur cette question (c’était facile aussi). Mais non ! Il a fallu qu’ils tapent du poing sur la table pour, en fait, montrer à Sarkozy qu’ils étaient eux aussi ministrables. Car c’est ça, leur motivation profonde. Vous noterez d’ailleurs que ces socialistes là ne se sont pas empressés, Delanoë et Royal inclus, de condamner les traîtres partis manger leur soupe dans la gamelle de Sarkozy !

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    Ce, alors que le parti socialiste n’a jamais suscité en son sein de véritables débats sur les sujets importants d’aujourd’hui. Il a par exemple et par principe condamné la politique étrangère de De Gaulle, pourtant réellement de gauche, elle, sans imaginer d’autre alternative qu’un atlantisme de principe et qu’un européanisme béat. Et qu’une position pro israélienne très électoraliste alors même que l’électorat français d’origine juive vote aujourd’hui plus pour la droite que pour la gauche. Le constat est identique en matière de politique africaine (quelle différence y a t il aujourd’hui entre la vision pas mal racistes de Sarkozy et celle des dirigeants socialistes ?), de politique industrielle, de politique municipale (qu’ont fait les maires socialistes des grandes villes pour, par exemple, faciliter la mixité sociale en centre ville ?) ou tout autre domaine de notre politique quotidienne. Peut-on croire un seul instant que, par un coup de baguette magique, nos énarques socialistes vont se mettre à apprendre à penser vraiment à gauche, vraiment l’humanisme ? En prônant sa « démocratie participative », Ségolène Royal pensait avoir trouvé l’écoute de la base. Ca s’est résumé à un pilotage sondagesque de sa campagne électorale !

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    Plus généralement, je ne crois pas qu’un seul dirigeant actuel du socialisme institutionnel français soit prêt à lutter contre l’élitisme. Rappelez vous Jospin disant que les élites étaient « nécessaires ». Ces gens là se servent des électeurs socialistes pour perpétuer leurs avantages. Mais ils ne sont pas humanistes, ils ne sont pas de gauche. Et c’est pour ça qu’ils n’arriveront pas à rénover le PS qui, pour eux, doit rester une simple machine électorale. Et ils se battent entre eux pour le seul contrôle, en fait, du comité des candidatures.

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    La renaissance de l’humanisme français va donc devoir passer, je le crains pour les militants socialistes, par la création d’un nouveau parti de gauche. En l’état actuel des choses, la seule structure à même de le faire vite est celle de Besancenot, soit un mouvement contestataire marxiste qu’il va donc falloir transformer, vite, en parti de gouvernement. Capable, par exemple, de dire merde aux libéraux de Bruxelles sans pour autant quitter totalement une table européenne qui a quand même pas mal d’avantages. Capable de repenser notre politique étrangère, notamment vis-à-vis duTiers Monde (va falloir apprendre à ne plus penser que leurs dirigeants sont tous des « rois nègres » !) Capable de penser l’écologie autrement que par le prisme très amateur des écologistes (voire l’histoire du nucléaire par exemple) Capable d’agir pour libérer l’information autrement qu’en nommant des copains aux postes clé. Etc.

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    Sachez à cet égard qu’il ne sert à rien d’attendre la bonne parole des leaders gauchistes : ou bien alors vous reproduirez ce que vous avez produit en attendant la bonne parole des leaders socialistes : des élites plus intéressées par la perpétuation de leurs avantages que par le développement de l’humanisme dans le monde. Faut que vous vous mettiez à réfléchir par vous mêmes, donc à vous documenter et à vous remettre en question. Pour imposer vos idées à ceux que, temporairement, vous aurez élus pour les mettre en application. N’oubliez pas qu’Engels et Lénine, dont s’inspirent les Trotskistes d’aujourd’hui, ont inventé le concept de « minorité agissante », donc d’élitisme de gauche. De même que Marx a imaginé que seule la classe ouvrière pouvait supprimer à terme les classes sociales. On part donc de loin et faudra pas avoir peur d’être iconoclaste !

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    C’est ce que je vais tenter de faire dans les articles qui suivront cette introduction…<o:p></o:p>

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