• Rêvons un peu...

    Rêvons un peu...

     

    Bonjour en ce mois de février 2011. Ben Ali a été renversé par une Révolution et l'Egypte est la proie d'un processus de même ampleur. Mais nos richards ultra libéraux foncent toujours dans le mur, aidés même par des gens qui se disent de gauche. Tel Manuel Valls voulant en finir avec les 35 heures érigées jadis par sa 1ère secrétaire nationale. Ou par un Dominique Strauss Kahn imposant à l'Irlande et à la Grèce une rigueur telle que les deux pays vont plonger dans une récession qui les empêchera...de rembourser leurs dettes publiques. Mais bon, je n'écrivais plus depuis que j'avais constaté ce phénomène car je déteste me répéter tandis que le phénomène ne changeait pas, bien au contraire : plutôt que de mieux répartir les richesses, c'est-à-dire d'aller vers plus d'égalité, les grands de ce monde préfèrent de toute évidence se plonger la tête dans le sable pour ne pas voir que leurs actes sont contraires à la pérennité de leur enrichissement permanent : que feront-ils, très bientôt, quand il n'y aura plus de croissance de la consommation sur long terme dans les pays riches ? Regardez déjà les grandes surfaces : les "hard discounters" sont à présent concurrencés par les hypermarchés classiques. Certes, la pression sur les fournisseurs s'est accrue pour que les marges des grandes surfaces se maintiennent. Dans le textile notamment, les grandes surfaces ne commandent plus le haut de gamme chinois mais la production la plus merdique et la moins chère possible. Jusqu'à ce que les clients se lassent de ces produits qui ne durent pas, en coton ultra mince et aux coutures plus qu'approximatives. Car les acheteurs de ces produits n'ont pas les moyens d'en acheter tous les mois, suffit d'avoir lu Zola pour le prévoir!

    Bref, si vous regardez un peu autour de vous, vous verrez que les riches grattent vraiment les fonds de tiroirs mais sans que, apparemment, les politiques s'en rendent compte : du moment qu'ils trempent eux aussi le doigt dans le pot de confiture (je viens d'entendre l'expression à la radio à propos de Michèle Alliot-Marie), ils se foutent du reste : "pourvu que ça dure !" est sans doute leur unique pensée philosophique du moment... Mais il y a un peu d'espoir qui pointe le nez. Non que les Tunisiens ou les Egyptiens nous montrent le chemin (leur combat est un peu différents du nôtre, décalé historiquement et démographiquement) ; mais des petits faits réjouissants s'accumulent : ainsi en est-il, en France, de la natalité, toujours vigoureuse pour un vieux pays comme le nôtre avec, en outre et selon les sondages, un désintérêt croissant des jeunes pour le boulot en faveur de la vie de famille. Ainsi en est-il aussi du formidable étiage de la popularité du représentant suprême des riches chez nous, Sarkozy. Quand moins du quart des Français lui font confiance, cela veut dire que les "petits capitalistes", en fait prolétaires propriétaires de leur logement, d'une voiture et de quelques autres biens de moindre importance, commencent à réaliser que leurs enfants sont au chômage ou en situation de précarité. Cela veut dire aussi, et du fait de leur précarité plus grande, que les femmes se détachent de la droite classique. Si elles voulaient bien, en outre, se rendre compte que ni le PS d'aujourd'hui, ni Martine Le Pen, changeront quoi  que ce soit à leur condition, alors il y aura réellement de l'espoir que nous ne finissions pas, avec Valls, DSK ou Sarkozy, à nous rapprocher encore plus d'une Allemagne socialement régressive, si nous n'héritons pas, en plus, d'un super ministre de l'Economie et des Finances unique pour les deux pays...

    Dans l'état actuel des choses, il n'y a pas d'autre solution que de quitter un bateau qui coule, c'est-à-dire sortir et de l'Europe soi-disant unie et de la zone euro. Ce faisant et compte tenu du poids de la France dans cette Europe des riches, le système entier s'écroulerait. L'Allemagne serait obligée, immédiatement, de négocier un accord commercial avec nous sous peine de voir son économie, toute entière tournée vers l'exportation de machines-outils et de voitures de luxe, s'effondrer du jour au lendemain. Et c'est là où de vrais économistes de gauche n'auraient plus qu'à imposer la parité des échanges en valeur : "tu me vends pour 100 de bagnoles et tu m'achètes pour 100 de bouffe, pas un centime de plus ou de moins" En faisant le tour du Monde de cette manière, la France n'aurait pas de problème de taux de change, hors la spéculation qui serait tuée alors dans l'œuf (contrôle strict des changes pendant le début de l'expérience) Et elle rembourserait très vite, le plus vite possible, sa dette publique en annonçant qu'elle ne tient pas compte des pénalités pour remboursement anticipé (les prêteurs seraient trop contents de ne pas perdre d'argent). Ce, en démilitarisant le pays sur le champ (nos militaires ne servent à rien sinon à jouer les supplétifs des Américains dans des combats illégitimes), en vendant les meubles et immeubles et de nos armées, et des autres administrations quand ces meubles et immeubles ne servent à rien, et, in fine, en créant un impôt temporaire et très progressif. Il faut savoir à cet égard que les immeubles et meubles de l'Etat français couvrent largement son endettement. Mais seule une partie est réellement disponible à la vente. Le budget de nos armées est par contre très important et le supprimer rapporterait immédiatement quelques milliards, beaucoup de milliards passés  la transition. Si bien que l'impôt temporaire ne durerait pas longtemps, sa suppression une fois la dette remboursée pouvant jouer un rôle d'accélération de la croissance. Ajoutons qu'à partir du moment où nous supprimerions l'armée française, il nous faudrait des forces de l'ordre renforcées, avec des formations mieux élaborées  et donc plus de sécurité dans les villes, CQFD là aussi...

    De toute façon, cette sortie de l'Europe, faisant éclater les commissions de Bruxelles comme autant de fruits pourris, ne durerait pas des décennies. Je prends le pari que les pères fondateurs, Allemagne, Benelux, Italie, Espagne notamment, se précipiteraient à Paris, d'abord pour nous faire changer d'avis (mais il faudra être inflexible), ensuite pour tenter de recréer un autre espace commun sur les principes duquel nous pourrions alors peser de tout notre poids, qu'il s'agissent des services publiques, du rôle de l'Etat (et donc des budgets) dans le contrôle de l'économie et  même de la composition du conseil d'administration d'une éventuelle nouvelle banque européenne. Nous repartirions alors de zéro mais avec l'expérience de l'ex Union européenne, notamment en matière de déni de démocratie. Alors, bien sûr, les libéraux hurleraient à la mort et au déclin, en invoquant la Chine et les Etats Unis face auxquels la petite France n'a aucune chance d'exister. Incantations car, à ma connaissance, l'Europe unie d'aujourd'hui n'existe pas vraiment face à ces deux colosses, l'un démographique et économique, l'autre militaire (inutilement d'ailleurs car ça ne l'empêche pas de décliner lui aussi) Le monde de demain reposera sur la démographie, comme toujours et, à ce compte, la Chine, mais aussi l'Inde et l'Afrique s'annoncent comme des concurrents invincibles :  l'Europe hors la France connaît un déclin démographique phénoménal dont personne ne parle : les Européens semblent ne s'intéresser qu'à l'allongement de la durée de vie, donc au vieillissement encore accéléré de leurs sociétés ! La décroissance voulue par les écologistes fous (le problème n'est pas là, il est dans le type de croissance voulu) s'annonce structurellement pour très bientôt, avec son cortège de maux dont nous dégustons déjà le goût amer : chômage, précarité, épuisement culturel, etc., ce goût amer étant pour l'instant caché sous les paillettes du "merchandising" étendu à toutes les facettes de nos existences.  Le seul sursaut possible en Europe est donc d'abord en France, du fait d'une démographie qui reste la seule positive, ensuite parce que sa "centralité", géographique, politique, culturelle, est également la seule à pouvoir remuer les cerveaux avachis par la consommation de nos voisins (cette maladie n'est d'ailleurs pas absente en France si j'en juge au nombre de 4X4 qui y sont vendues)

    Reste le problème -car c'en est un, et de taille- de la multinationalisation des grandes entreprises françaises ainsi que des filiales en France des multinationales étrangères. Aujourd'hui, ces mastodontes peuvent envoyer des milliards d'euros à l'étranger d'un seul doigt sur la touche "Entrée" d'un ordinateur portable. Le risque est donc immédiat et non après le passage de l'euro au franc. Il faudra donc leur faire le supplice de la carotte et du bâton : "si vous cassez l'économie par évasion massive d'argent, vous perdez le marché français et nous nationalisons vos avoirs en France sans indemnité aucune. Par contre, si vous jouez le jeu, vous continuez comme avant en intégrant simplement le nouveau droit économique et social. Et nous vous garantissons  x années de tranquillité" Faut savoir être pragmatique... En sachant que les banques, par exemple, exportent chaque année plus de 200 milliards d'euros nets à l'étranger. Imaginez les dégâts si, d'un seul coup ou presque (en moins de trois mois), tous les clients importants des banques, les riches  mais aussi et surtout les entreprises, leur demandent de transférer leurs avoirs liquides en Allemagne ou en Suisse ! Les liquidités de la France à un moment donné se chiffrent en dizaine de milliers de milliards d'euros. Avec peu de numéraires... Un gouvernement vraiment de gauche doit donc être lucide et effectuer son retrait de l'Europe en l'expliquant et en montrant que "la vie continue" et même mieux avec ce retrait. Il doit aussi démontrer aux patrons et aux riches qu'une meilleure répartition des richesses est la seule façon de relancer l'économie sans risque d'effondrement. Tout cela est parfaitement réalisable, même si, sur le fond, l'ensemble de la démarche reste révolutionnaire. On ne peut jouer une deuxième fois à son petit Lénine sur une planète aujourd'hui mondialisée et informatisée...


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