• Sortir de l'ultra libéralisme

    Pour une Renaissance de l'Humanisme

    Sortir de l'ultra libéralisme

    (fin novembre 2010)

     

    Je n'ai plus beaucoup écrit depuis mon article sur les riches qui préfèrent mourir plutôt que de revenir à la sociale démocratie et encore moins à l'économie dirigée parce que je ne voyais aucun changement dans le décors : ils préfèrent toujours mourir plutôt que de concéder le moindre centime aux pauvres. Mais voilà qu'ils font tout pour précipiter leur perte, du moins en Europe : certes, la dette des pays occidentaux est abyssale et l'Occident, dont le déficit du commerce extérieur est globalement supérieur à 900 milliards de dollars/an, a peu de solutions pour s'en sortir à court et moyen terme. Au moins pouvaient-ils mettre un terme à la mascarade de l'économie dite "de l'offre" quand leurs multinationales se tournent de plus en plus vers les marchés émergeants. Non pas prioritairement parce qu'ils produisent moins cher mais surtout parce que leurs marchés ne sont pas saturés, entraînant donc l'écoulement (et la production) de séries bien plus importantes et donc rentables que chez nous : la mondialisation bénéficie actuellement et essentiellement aux grosses boîtes et aux pays en développement, CQFD. Voyez par exemple le cas de Renault : ses grosses voitures ne se vendent plus et le constructeur est obligé, pour l'instant, d'instaurer du chômage technique dans ses usines françaises. Tandis que ses usines roumaines ou turques se portent à merveille, avec des modèles bas de gamme et peu coûteux que nous commençons d'ailleurs à acheter, faute de pouvoir d'achat pour les grosses cylindrées. Que Renault ne peut d'ailleurs même pas remplacer, faute de marché suffisant (idem d'ailleurs pour Peugeot) Au bout du compte, nous finirons par importer toutes nos voitures "françaises"...

    On en est là, avec un "Capital" qui tient fermé, via la pub, le couvercle des médias et qui a pu ainsi convaincre l'immense majorité des Humains qu'il n'y a pas d'autres solutions. Sort-il une courant vraiment contestataire comme Die Linke ou le Front de Gauche que l'ensemble des "intellectuels" de droite comme de gauche se déversent en accusations de populisme et autres gentillesse du genre. Ce, tandis que l'Ecologie trouve l'oreille complaisante des centrales d'achat d'espaces, les véritables censeurs de nos médias, parce que les multinationales en ont fait depuis longtemps un argument de vente, même quand ils polluent (exemple : Total faisant de la pub sur les énergies nouvelles !) C'est ça le discours unique qui rend les électeurs aussi bêtes que des moutons. Avec moins d'excuses parce que les dits électeurs ont un cerveau plus gros que celui du mouton et, tout de même, quelques informations qui finissent par "passer" Voyez ainsi le scandale de Karachi : d'abord, on vous apprend que les commissions aux intermédiaires étaient parfaitement légales en 1995. En fait, elles n'étaient que tolérées par l'administration fiscale qui, effectivement, disposait d'un bureau spécialisé pour les traiter (seules les très grosses boîtes pouvaient déduire les commissions de leurs bénéfices imposables) Dégueulasse mais toléré quand personne aujourd'hui ne réagit au fait que nos mastodontes industriels corrompaient leurs acheteurs étrangers ! On a ensuite une forte présomption de la mise en place de "rétro-commissions", parce que des gens ont parlé (le rapport interne de la DCN puis Charles Millon et D. de Villepin), ensuite parce qu'il s'agissait de pratiques courantes si l'on s'en réfère aux procès Elf ou Région Ile de France de ces dernières années. Et il est évident que, "Balladur regnante", c'est lui qui était le mieux placé pour empocher les probables rétro-commissions de Karachi. Ce, d'autant qu'on vient d'apprendre qu'il y avait 10 millions de FF en liquide non expliqués dans ses comptes de campagne. Et qui était son directeur de campagne, je vous le demande ?

    Mais nos électeurs moutons ne veulent, cette fois ci comme les fameux singes, ni voir, ni entendre, ni parler. Je connais des gens dont les enfants, après avoir suivi de bonnes études, ne trouvent que des boulots mal payés et précaires, et qui continuent inlassablement à soutenir les partisans de la fameuse et nullissime "économie de l'offre" Et à croire, ou faire semblant de croire, "qu'il n'y a pas d'autre solution" Alors qu'il est parfaitement possible de se retirer de ce jeu mortifère :

    - quitter l'Europe unie aujourd'hui est parfaitement possible tout en n'ayant aucune conséquence grave, je reviens tout de suite là dessus. Il suffit d'un vote du Parlement ou, mieux, d'un référendum et, basta !

    - sur le plan économique, il faut que vous sachiez que nous n'en souffririons pas car nous importons plus que nous n'exportons. L'Allemagne serait la plus touchée car ses exportations chuteraient chez nous pour peu que nous négociions un accord en valeur avec elle (limitation de nos importations à la valeurs de nos exportations) Nous perdrions un peu, c'est vrai, du côté des Anglais à qui nous vendons plus que nous n'achetons. Surtout des engins de transport et des produits alimentaires. Mais l'Europe serait par ailleurs dans un tel état que ses membres viendraient nous manger dans la main pour que nous revenions en son sein. Et nous pourrions alors casser l'ultra libéralisme qui prévaut à ses décisions et casser également le système de lobbying qui les vicie.

    Bref, une bonne politique pour nous en ce jour et à cet égard serait de faire exactement le contraire de ce que nous a imposé l'Administration Sarkozy, contre notre gré d'ailleurs puisque nous avions préalablement refusé une plus grande intégration européenne. Le rétablissement par ailleurs de nos frontières douanières nous permettrait également d'alléger très rapidement notre dette extérieure : nous arrêterions d'abord de la creuser, sachant qu'aujourd'hui et comme on l'a vu en supra, l'Occident perd chaque année 900 milliards de $ dans ses échanges extérieurs (il courre donc à sa perte !) ; nous n'aurions ensuite que nos ressources propres pour nos budgets publics, revenant alors et forcément à nos recettes d'autrefois, soit des emprunts nationaux à très long terme (les bons du Trésor à l'ancienne) Et donc à des remboursements annuels bien moins lourds à supporter.

    Reste le problème des multinationales, certains actionnaires étrangers pouvant renâcler à conserver des titres dans le nouveau contexte. Il faudra s'attendre à une baisse des dits titres et prévoir un traitement pratiquement au cas par cas. Des dirigeants voudront peut être et aussi délocaliser les sièges sociaux : là aussi, du cas par cas, avec, quand même et fait nouveau, toute la puissance revenue d'un Etat volontaire à la tête du pays et décidé à se servir de cette puissance.

    J'allais oublier l'euro : la sortie de la zone euro serait obligatoire et l'on a vu qu'en équilibrant de force notre commerce extérieur, le retour au franc ne serait pas synonyme d'effondrement monétaire. Bref, dire que l'actuelle configuration de notre économie, ultra libérale, productrice d'un chômage qui n'a pas de raison de cesser, productrice d'inégalités phénoménales alors que, des siècles durant, les inégalités n'avaient cessé de se résorber, productrices de chocs financiers si violents qu'ils décrédibilisent totalement l'hypothèses des retraites par capitalisation tandis que nos retraites par répartition subissent les assauts du vieillissement démographique, bref donc, dire que cette configuration est l'unique voie du progrès, c'est se moquer du monde. Mais tant que nos moutons électeurs se croiront membres du club des gagnants, ça perdurera...

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :