• Sus aux Anglois !

    Sus aux Anglois !

    (fin janvier 2014)

    De longues conversations sur Face book m'ont inspiré cet article qui rafraichit à mes yeux le personnage de Jeanne d'Arc : "Sus aux Anglois !" Certes, mais pourquoi ?

    Tout bêtement parce que jamais ne m'était apparu auparavant avec autant de clarté la liaison entre l'horreur économique que nous connaissons aujourd'hui et l'anglo-saxonisation  forcée de nos sociétés latines.

    Cette liaison, la voici : les Anglais et les Américains, protestants donc intimement individualistes face à Dieu, même quand ils n'y croient pas (c'est la culture qui l'emporte ici, pas la croyance), ont bâti leurs sociétés contre les Etats qui les dirigeaient auparavant. Les Anglais ont ainsi décapité leur roi avant nous et ont obligé tous les monarques d'après Henry VIII à soumettre les impôts au vote préalable du Parlement. Ils ont aussi et très tôt inventé "l'habeas corpus", sorte de code de conduite des administrations étatiques face aux individus. ce, quand notre pays connaissait encore et pour longtemps la fameuse "lettre de cachet" Quant aux Américains, ils ont créé leur nation contre la Couronne et, d'entrée, ont farci leur constitution de mesures de protection des individus.

    Si bien que leurs Etats sont en perpétuelle surveillance et une surveillance méfiante. Tandis que leurs problèmes sociaux ont été surmontés par deux grands phénomènes : l'entraide enseignée aux enfants dès le premier âge ; et des associations d'une puissance dont vous n'avez pas la moindre idée, n'en connaissant que quelques bribes (Armée du Salut, Volontaires du Progrès, etc.) Les Etats sont donc plus indigents encore que chez nous (voir la sécurité sociale aux Etats Unis !) mais les amortisseurs humains sont bien plus nombreux et puissants que chez nous.

    Où nous avons fait confiance aux Etats depuis des siècles, voire des millénaires : Rome était la civilisation au milieu des Barbares (fin des sacrifices humains, distribution de vivres aux pauvres, etc.) et Rome était avant tout une gigantesque administration impériale. Plus près de nous, ce sont nos rois, donc le pouvoir central, qui nous ont protégé contre les exactions des seigneurs locaux. Ce, jusqu'à la Révolution Française où, là encore, c'est l'administration centrale qui a apporté les "lumières" par lois et décrets (jusqu'au système métrique) C'est encore l'Etat qui a limité les exactions capitalistes au 19e siècle et tout au long du 20e siècle...

    Et voilà qu'on nous force à devenir Anglo-Saxons, à retirer tous leurs pouvoirs à nos Etats, à déréglementer le droit du travail, à supprimer les aides publiques aux plus pauvres, sans que nous ayons, contrairement aux Anglo-Saxons eux-mêmes, les fameuses associations dont je vous ai entretenues ainsi que l'habitude de venir en aide à son prochain : chez nous, les riches perdent leur temps à éviter les impôts quand un Bill Gates crée une fondation humanitaire... Bref, nous ne sommes pas faits pour ce monde. On nous individualise en faisant au passage disparaître syndicats et partis politiques (ce qu'il en reste est nul) et nous restons nus mais incapables d'aider nos voisins s'ils ne sont pas nos descendants directs.

    Même topo face au débridements des mœurs. Il y a certes le "mariage pour tous" que l'on nous dit "moderne" Mais il y a aussi le renouveau de la traite des femmes à buts sexuels, l'envolée de la pédophilie, la vie résumée à la jouissance immédiate, l'abandon des enfants (1 divorce pour 2 mariage est bel et bien une société qui ne se préoccupe pas de ses enfants), etc. Et pourquoi chez nous surtout ? tout bêtement parce que, là encore, nous ne sommes pas armés individuellement pour que la nécessaire féminisation de nos sociétés reste confinée hors des chemins de l'horreur sexuelle. Essayez pour voir de draguer une copine ou un copain de bureau aux Etats Unis ! Les pervers sexuels là bas ne sont pas aussi lourdement condamnés que chez nous (sauf en cas de récidive) mais ils sont marqués à vie, repérés et suivis sitôt leur sortie de prison : la société se défend sans l'aide de l'Etat (avec tous les dommages collatéraux que vous pouvez imaginer) Mais chez nous, rien : le débridement des mœurs a surtout permis un débridement des horreurs. Le mariage gay là dedans, c'est du pipi de chat, on s'en fout !

    Alors, combattre la bêtise économique de nos dirigeants, cette austérité face à un endettement que l'on se refuse à traiter sur le fond, c'est bien. Mais c'est inutile. Parce que le fond est plus culturel qu'économique. L'endettement, je vous l'ai déjà démontré, peut être surmonté rien qu'en allongeant terriblement la durée des prêts, en réaménageant la dette pour que celle-ci redevienne, comme il y a 40 ans, à 25 ans au lieu de 7 ans et demi aujourd'hui (avec le gros à moins de 3 ans) Et la croissance peut revenir pour peu qu'on revienne, progressivement et en protégeant tant notre change que notre commerce extérieur, à des augmentations de salaires reprenant leur place et rejetant l'emprunt à la marge. En défaisant l'ignoble montage des grands capitalistes qui leur a permis d'accroître démesurément leurs richesses tout en maintenant une consommation élevée : ce montage à ses limites qui sont d'ores et déjà atteintes. Bien, le problème est que vous ne le voulez pas, parce que vous êtes trop liés encore à la consommation.

    Mais, de toute façon, c'est insuffisant. Parce que nous sommes devenus individualistes de manière outrancière, incapables globalement d'aider notre voisin. Nous n'avons pas acquis les amortisseurs sociaux des Anglo-Saxons mais nous voulons -on veut que nous fonctionnions avec leur moteur sociétal. L'horreur est là, dans cette inadéquation. Pouvons-nous revenir en arrière ? Toute la question est là. Quand je vois les réflexes de nos "gauchistes", j'ai tendance à être extrêmement pessimistes. car ils réagissent sans réfléchir, en diabolisant des gens qui hurlent leur colère, mal sans doute, de manière à prêter à confusion certainement, sans avoir le vocabulaire leur permettant de mieux analyser leur mal être assurément. Alors qu'ils devraient comprendre et se remettre en question, refuser aussi le "libertaire" aveugle dans l'association libérale-libertaire. Les Communistes jadis l'avaient compris. Mais on ringardisa Georges Marchais et son parti a disparu aujourd'hui, ses troupes ayant majoritairement rejoint le FN. Sans que là encore, notre gauche de la gauche se pose les bonnes questions... Bref, tout seul dans mon coin je tente d'éveiller les consciences mais sans conviction : mission impossible tant les gens sont sûrs d'eux. Si Jeanne d'Arc a eu une utilité historique, ça n'est pas pour avoir "sauvé la France de l'invasion étrangère" comme le disent les Frontistes. C'est d'avoir permis que le monde reste pluraliste et non écrasé par la civilisation anglo-saxonne. Mais c'est fini maintenant. Il n'y a plus de Vaucouleurs ni de Baudricourt. Et aucun Charles VII à faire couronner. Notre roi d'aujourd'hui est une nullité assurée de la supériorité des méthodes des Anglois et plus soucieux en outre de sa carrière que de ses concitoyens. Tandis que ses opposants ne se posent aucune question sur les dits Anglois. Les plus féroces s'interrogent uniquement sur les Sarrasins...


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