• Testament 2

    quid de l'après mort ?

    Seuls les survivants peuvent imaginer le Paradis

     

    Les religions ne tiennent que sur deux piliers : un, les traditions. Depuis des millénaires, les humains ont appris comment vivre de leurs aînés. L’homme est l’un des rares membres de la faune terrestre à ne pas naitre déjà pourvu d’un bagage existentiel préformé. S’il n’est pas le seul, l’évolution de son savoir a écarté pour toujours, en l’état actuel de nos méthodes d’apprentissage, le savoir inné chez son espèce. Les hommes vivent donc depuis des siècles sur l’apprentissage et sa critique, la fameuse dialectique de Kant. Laquelle a abouti à la dialectique historique des classes sociaux-économiques de Marx. Pour la religion, il en a été de même : l’imitation et sa critique, les critiques étant aujourd’hui, à l’heure des grandes métropoles et de l’éducation des masses, à leur apogée. Le Christianisme a commencé mais les autres religions historiques qui ont conquis la Terre depuis le début de l’agriculture et, donc, de la sédentarisation des humains, suivront. L’Islam, en terre d’Islam, a déjà entamé sa descente aux Enfers, surtout au Maghreb où « l’aggiornamento » religieux a commencé depuis une vingtaine d’année. Et les autres grandes religions suivront tandis que les sectes, ces échappatoires pour esprits faibles, sont aujourd’hui carrément à l’agonie. Dans moins d’un demi-siècle, les grandes religions du Monde auront vécu !

    Le deuxième pilier est la mort, l’interrogation fondamentale de l’humain. Et peut-être d’autres espèces animales qui accompagnent, voire sanctuarisent leurs mourants. Souvenez -vous des fameux « cimetières des éléphants » En fait, les pachydermes accompagnent les mourants du troupeau jusqu’à la fin. Hors les vieux mâles écartés pour cause d’agressivité ; et les cimetières ne sont que les charniers des dégringolades de falaises provoquées par nos ancêtres chasseurs de mammouths (et, à Djibouti au temps des pluies, chasseurs d’éléphants) Mais l’accompagnement des morts et le recueillement sont des réalités pour plusieurs espèces animales. La mort est incontestablement le premier pilier des religions !

    Le regret des disparus prédomine au début, la solitude ressentie par les survivants. D’où la (et non « les » car elle fut universelle) première religion, toujours vénérée en Asie et en Afrique, celle des ancêtres. Beaucoup plus forte qu’on ne le pense généralement. Dans ma famille par exemple, christianisée depuis des siècles, on me citait notamment dans ma jeunesse qu’untel « avait le crâne d’Auguste », un ancêtre mort depuis 4 générations ! Les Congolais ont conservé des autels familiaux dédiés aux ancêtres dont la légende hante le panthéon des Africains. Que faire pour obtenir les grâces des dits ancêtres dont le caractère colérique est redouté !? Pour beaucoup de Subsahariens christianisés comme islamisés, les ancêtres sont les saints que leurs nouvelles religions leur présentent. De très nombreux Asiatiques continuent de même à honorer leurs ancêtres, y compris en Chine d’après la Révolution culturelle. En général, plus la cellule familiale l’emporte sur l’individualisme anglo-saxon, plus le souvenir des Anciens est prégnant.

    C’est une sorte de religion de l’ADN : le sentiment familial et avant tout sanguin. Et des traits physiques comme mentaux se perpétuent de générations en générations via l’ADN. Même chez les Occidentaux où les conjoints restent toujours des « pièces rapportée », l’intérêt se portant essentiellement sur les enfants issus des unions non consanguines. D’où d’ailleurs, des siècles durant, l’anathème porté contre les femmes adultères, les tromperies masculines important nettement moins. Le droit subsiste, notamment en terres d’Islam où l’infidélité féminine est punie jusqu’à la mort. Contrairement à l’infidélité masculine encouragée de fait par la polygamie. Feu l’un de mes beaux-frères, chrétien, disait « gardez vos poules, mon coq est de sortie » en parlant de son fils. Preuve que la religion de l’ADN est bel et bien consciente dans les familles occidentales. Le féminisme actuel, hypertrophié, n’a rien compris. Ce n’est pas le mâle qui est en cause dans la religion de l’ADN ! Ce féminisme est donc voué à l’échec même si son aura médiatique est aujourd’hui au plus haut. Ses égéries n’ont qu’à regarder du côté des pays asiatiques ouverts à la prostitution : la masculine ne pose aucun problème tandis que les « erreurs » de la féminine (les enfants) restent mal vues en Asie et un peu partout dans le monde. Cherchez donc sur Internet le nombre d’Occidentaux ayant reconnu leurs rejetons asiatiques ! Ceux qui l’ont fait, peu nombreux, sont restés dans le pays de la mère…

    Au-delà toutefois reste le questionnement primordial : que devient-on après la mort ? Certes, les autels familiaux ouvrent la voie à une vie après la mort puisqu’on prie les défunts comme des Dieux, gentils comme méchants : le culte des ancêtres ne porte pas de jugement, sinon qu’il vaut mieux plus prier un méchant ancêtre qu’un bon. Les grandes religions ont quelque peu malmené cette vision en introduisant l’idée que les bons allaient au Paradis au contraire de méchants, rejetés en Enfer. C’est presque le même schéma chez les Indouistes et Bouddhistes puis Taoïstes pour qui une mauvaise vie vaut une régression dans la vie suivante, éloignant d’autan l’accession au Nirvana, l’équivalent en plus intelligent de notre Paradis : on rejoint Dieu, donc la connaissance, au lieu de vivre une existence immortelle mais sans perspectives dans une sorte de monde parfait pour certains seulement (les 12 vierges promises aux bons Musulmans mâles) Un lieu où l’on s’emmerde très vite et où tout ce qu’on a appris de son existence terrestre ne sert plus à rien !

    Tout cela avec d’abord « des » dieux plus humains que déiques (Egypte pharaoniques, Grèce antique, empire romain d’avant le Christianisme), puis un seul Dieu bien plus intellectualisé (rôle de l’apparition de l’écriture grand public) avant, aujourd’hui, la mise en cause de ces Dieux uniques.

    Quelle sera la suite ? Plusieurs facteurs interviennent : l’individualisme anglo-saxon qui a gagné plus de la moitié des humains via les médias mondialisés. Les classes supérieures du Monde entier bien sûr, dont la quasi-totalité des cadres supérieurs : comment ne pas se sentir « supérieur » quand on a réussi financièrement (car la marque de la réussite est aujourd’hui l’argent, sans aucun doute) Pour ces gens, l’abandon de religions tout de même emblématiques du refus de l’argent-roi va de soi. Sinon, on est voué à l’Enfer ou à une nouvelle vie nettement moins facile. C’est, dirais-je, un réflexe de survie intellectuelle ! Pour leurs domestiques, même réflexe, très largement illustré par la psychiatrie : le pire du riche est son majordome !

    Mais les populations semblent se révolter aujourd’hui un peu partout sur la planète. Toujours embrigadées par les poncifs des gens au pouvoir, phénomène parfaitement illustré par le discours de Macron sur les « premiers de cordée » : les élites mènent le peuple, un point c’est tout ! Et puisqu’elles disent que l’argent est roi… Combien de temps ces peuples vont-ils accepter la domination de ces élites qui, aujourd’hui, apparaissent de plus en plus comme incompétentes ? Car on ne peut être compétent que si on réfléchit au bien de la majorité, c’est évident. Exemple : le droit du voisinage, largement soumis aux décisions de la municipalité. Théoriquement : car, dans la réalité, mêmes les arrêtés municipaux plient devant la volonté des élites. Il fallut le terrorisme pour stopper la folie constructive des puissants en Corse. De même que les grandes propriétés, notamment dans la région de Rambouillet, se sont annexées des pans entiers du domaine forestier public sans que les véritables propriétaires (Etat ou collectivités locales) réagissent. En face de mon domicile celloclodoaldien, une route communale a été carrément privatisée en dépit d’un jugement l’interdisant (au début, les voisins avaient porté plainte). Etc., etc. Les élites ne s’attaquent pas entre elles, aucun énarque n’est poursuivi par la Justice à moins d’un crime de sang.

    Ce faisant, le monde élitaire actuel contribue plus que fortement à tuer l’image de Dieu dans les populations. En Occident, c’est chose terminée aujourd’hui, les églises sont désertées et le manque de candidats à la prêtrise oblige ce qui reste de la hiérarchie catholique à faire appel à des officiants africains en nombre. Ce n’est pas le début de la fin, c’est la fin ! Les signes sont les mêmes en terres d’Islam où les imams ne sont plus formés que dans un nombre très restreint « d’universités », surtout en Arabie saoudite où la manne pétrolière permet en fait de « motiver » les candidats. En Amérique du sud comme en Afrique, la reculade catholique est aussi impressionnante que son remplacement par les cultes réformés. Même l’Islam ne profite guère des difficultés catholiques : l’histoire des razzias est encore trop vivace auprès des populations forestières ! Et on parle ici de populations qui n’ont pas encore atteint le stade fatidique de l’urbanisation reine et de l’éducation de masse. En Asie, le pays le plus peuplé, l’Inde, rejette brutalement l’Islam après que la Chine, le 2e pays le plus peuplé, ait, elle, largement éradiqué le fait religieux auprès de la majorité de la population. Citons, pour clore ce rapide tour d’horizon, l’Algérie qui a dû légiférer pour interdire les conversions au christianisme, surtout réformé : réaction contre les radicaux islamiste qui ont commis des massacres en nombre de populations innocentes pendant la guerre civile ; mais aussi souhait de nombreux Kabyles d’emmerder les Arabes (alors que les sangs sont largement mélangés tant chez les Arabes que chez les Kabyles) Ce, accompagné de réflexions critiques sur l’Islam de la part de très nombreux intellectuels.

    Quel que soit le discours des dignitaires religieux aujourd’hui, la « mort de Dieu » est un fait qui progresse à une vitesse humaine, donc phénoménale au niveau cosmique. Les humains continuant à se poser des questions sur l’après-mort… La mort des Dieux uniques les laisse et les laissera donc seuls face à leurs interrogations. L’immortalité est une crétinerie qui ne touche que les élites refusant de disparaître, leur puissance et leur richesse avec. Je n’ai connu que des patrons et des ministres pour espérer l’immortalité. Car l’immortalité des humains conduit inexorablement et très rapidement à la mort des sociétés dans lesquelles ils vivent, faute du dynamisme des jeunes. Regardez simplement l’Europe actuelle, obligée de faire appel à l’immigration pour éviter la régression démographique. Au regard, considérez la vivacité des pays émergeants, y compris africains, dans lesquels les jeunes sont encore majoritaires. Croyez-vous qu’une majorité de vieillards sauvera vos civilisations ?! Or la doxa occidentale actuelle est que nous sommes trop nombreux sur Terre et qu’il faut limiter les naissances. A commencer par les siennes ! Le tout encouragé par les grands esprits occidentaux, de droite comme de gauche.

    Un aparté ici : les humains sont très loin d’avoir atteint le pic de consommation sur la planète. Au plan alimentaire, l’homme n’exploite aujourd’hui qu’un tiers des terres cultivables, encore nettement moins en Afrique. Sur le plan énergétique, le fameux pic du pétrole n’a cessé de reculer depuis qu’il fut annoncé, au point qu’aujourd’hui, nul ne peut prétendre le dater à plus de 30 ans près. Ce, tandis que l’énergie de substitution, l’hydrogène, commence à émerger. Longtemps issu du pétrole à grands frais (le cracking), cette nouvelle énergie est aujourd’hui fabriquée à bas prix par électrolyse. Elle va rapidement reléguer les énergies dites « vertes » (solaire et vent) au rang de gadgets coûteux et inutiles, n’en déplaise à ses fans actuels, pas toujours désintéressés (les subventions) Quant aux matières premières, si le plastique issu du pétrole paraît condamné à terme, il ne pourra disparaître que remplacé par un matériau aussi pratique mais moins polluant. Et c’est en cours après l’échec des amidons alimentaires. Les industriels expérimentent aujourd’hui des sources moins fragiles, sachant que le plastique issu de l’industrie pétrochimique ne pourra être éradiqué qu’après l’apparition d’un vrai substitut. Tout comme le fameux glyphosate ne pourra disparaître qu’après la création d’un herbicide détruisant aussi les racines (actuellement, l’industrie n’a pu produire qu’un destructeur des feuilles : 15 jours au plus après destruction, lesdites feuilles réapparaissent) Mais l’homme a toujours rebondi face aux difficultés économiques et technologiques. Songez par exemple que les nodules sous-marins, découverts il y a des dizaines d’années, ne sont toujours pas exploités. Pour des raisons de coûts, les compagnies minières vont prioritairement où l’extraction est la moins chère du moment. Ce, pour les Cassandres qui nous prédisent l’apocalypse des approvisionnements en tout pour demain. Après le monde sous-marin, il y aura l’espace et la ceinture d’astéroïdes de notre système solaire, astéroïdes bourrés de métaux notamment. On sait y déposer des modules d’exploration, on saura les transformer en robots extracteurs ! Tout, en fait, dépendra du prix de vente final du produit fini : lorsque le pétrole s’est envolé, l’extraction des hydrocarbures dit « de schiste » est devenue rentable. Avec l’effondrement actuel des prix pétroliers, toutes les compagnies extractrices frôlent la faillite. CQFD !

    J’écris cela parce que, pour bon nombre de « bobos » citadins, l’écologie est devenue une religion de substitution, revêtue des mêmes habits dictatoriaux que les anciennes religions : malheur aux apostats ! Ce n’est plus un regard scientifique sur notre environnement mais un embrigadement quasiment scout sous des couleurs pour le moins contrastées, voire opposées comme les antinucléaires face aux anti réchauffement de la planète. L’actuelle écologie politique est tellement conne qu’elle n’a que peu de chances de survivre aux générations d’aujourd’hui, submergées par des médias encore plus stupides et dont l’aura s’effondre à la vitesse « grand V » Quand on vit du « buzz », on est totalement exposé au « contre buzz », CQFD ! La montée en puissance du net vient d’ailleurs de porter au pinacle un Didier Raoult contre lequel tous les médias « autorisés » se sont dressés. Sa préconisation de la quinine contre le Coved19 a été adoptée dans le monde entier hors la France où le Net a tout de même obligé les Diafoirus à lancer une étude de longue haleine (et qui donnera des résultats trop tard pour notre pays) C’est ce qui va arriver, sans doute pas chez nous mais partout ailleurs, à tous les autres diktats de la pseudo écologie de ce début du 21e siècle.

    Exit donc à relativement court terme de cette religion écologique. Les étoiles, le Cosmos, ont passionné les foules dans les années 1950-1980. Les Ovnis notamment ont rendu fébriles tant les esprits faibles que leurs opposants bornés. Et un semblant de religion des extraterrestres à paru naître avant que l’industrie cinématographique américaine, financé par le lobby militaro-industriel (c’est prouvé), ne détruise durablement l’image du bon petit homme vert : la méchante URSS ayant déposé les armes, il fallait bien trouver de quoi justifier les dépenses militaires dingues du pays qui s’estime le premier de la Terre ! Quoi de mieux que de méchants extraterrestres ! Depuis, preuve que l’argument a vécu lui aussi, la multiplication des conflits locaux avec, forcément, intervention des Occidentaux, a permis de maintenir les budgets de « Défense » Puis la contre intervention des pays émergeants, Russie et Chine en tête, a cassé aussi ce ressort budgétaire.

    Ca va très vite et le temps arrive où les gouvernements occidentaux vont être obligés de réduire sacrément la voilure de leurs dépenses militaires. Exit donc aussi les mythes extra-terrestres, du moins en tant que substituts religieux à la « mort des Dieux » (j’adore Wagner d’ailleurs à ce sujet : sa musique sur ce thème est d’une extraordinaire profondeur) Bientôt l’homme sera nu, les uns seuls face au Cosmos (les individualistes), les autres pouvant trouver au sein de leurs groupes de nouvelles sources métaphysiques. Et ils trouveront car les groupes sont plus créatifs que les individus, une évidence aujourd’hui. L’art, notamment, peut y contribuer pour peu qu’il revienne à ses origines, soit des langages s’adressant aux sens avant de toucher le cerveau. Il me faut aussi faire un aparté pour expliquer le propos :

    -          En musique d’abord, les premières créations furent religieuses. Puis étatiques pour célébrer la grandeur des dirigeants. Face à des populations analphabètes, ces musiques étaient explicites. Point n’était besoin d’être énarque pour comprendre leur signification : écouter simplement un « Te Deum » ou un « Gloria » de compositeur baroque pour comprendre. Si vous remontez plus loin, vous trouverez les mêmes composants musicaux, même aux remps où la polyphonie n’existait pas encore : les chants religieux byzantins qu’on peut toujours entendre dans les églises peuplées de sœurs ou de moines sont prodigieux d’intelligence créative ! La musique dite profane, apparue en Europe à compter de la Renaissance, resta totalement compréhensive par la population. De Monteverdi aux compositeurs de la fin du 19e siècle et du début du 20e, ce fut un festival ahurissant de sentiments exposés au grand public. Jusqu’à la reprise de la musique de danse populaire, elle-même très expressive. Je défie quiconque depuis de ressentir le moindre sentiment vrai à l’écoute de la musique « dodécaphonique » ainsi qu’à celle de la musique « classique » moderne. Elle a, de fait, été tuée par les musiques de films et par une partie de la musique dite « de variété » Car, pour être comprise, une musique doit avoir un son, certes, mais aussi une mélodie ou une mélopée. Sinon, elle n’est plus langage mais technique : des artisans pas souvent doués ont donc remplacé les artistes de jadis. La variété, malheureusement, n’est pas souvent porteuse de message. Elle s’inscrit presque toujours dans une mode rythmique destinée à défouler les jeunes. Le Rap a paru redonner vie au langage musical, mais combien de nullités pour quelques grands textes !? Et la musique de films paraît finalement être le seul vrai terrain d’évolution du langage musical. J’invite ceux qui en doutent à écouter les musiques de films comme « Le Dernier des Mohicans » ou « La Leçon de piano » L’influence américaine et celte se fait sentir dans les grandes musiques de films d’aujourd’hui, après que de grands auteurs non celtes aient tenu la dragée haute dans l’immédiat après-guerre. Mais peu importe : ces musiques sont restées un langage qui ajoute terriblement aux simples dialogues des acteurs. Que seraient les films d’Eisenstein sans leur musique ?! Que serait « L’Odyssée de l’espace » sans son ouverture musicale géniale (« Ainsi parla Zarathoustra » de Richard Strauss) Etc. Il s’agit donc bien d’un langage qui explique la réussite commerciale de ces musiques auprès du grand public. Pour terminer, je vous invite à écouter la symphonie pastorale de Beethoven jouée par Karajan, un technicien sans âme, et par Leonard Berstein, un vrai musicien, d’ailleurs compositeur de talent. Un artisan face à un artiste. Et l’artisan n’a pas du tout la même créativité…

    -          Il en va de même pour les arts dits plastiques. Je vais aller plus vite ici en vous demandant de comparer les créations de la Renaissance (plusieurs années de travail parfois par œuvre) à celles de l’envol des Nations (dont l’impressionnisme, une ou deux semaines par tableau) puis à celles de l’après cubisme qui restait tout de même un langage. Vous êtes priés par les pseudo artistes de ressentir des sentiments forts devant une toile vide ou peuplée de n’importe quoi !

    Bien sûr, tout cela est en train de changer aujourd’hui. Les Américains d’abord sont sortis de ce n’importe quoi qui ne vend plus. Andy Warhol, ça a tout de même plus de gueule ! Les publicitaires en fait sont revenus à l’origine de l’expression artistique, un langage d’abord. Mais la sortie est lente et le tout fric empêche de très grands talents d’émerger. Sauf en Asie où la Chine est quand même devenue le premier marché d’art du monde, devant les Américains. Et comme tout phénomène débutant, la Chine arrive à faire sortir du lot de grands artistes. Il en est de même de l’Afrique qui reste le continent le plus religieux du monde et où la musique « qui marche » est d’abord la musique religieuse, à base de Samba surtout. En Occident, on loue l’inventivité africaine mais essentiellement en ce qui concerne le superficiel : la variété musicale « légère », les tissus imprimés, les statuettes d’antan qui valent des fortunes dans les salles de vente. En oubliant que l’art plastique africain ancien n’a rien de profane : il est essentiellement religieux, telles ces statuettes médicales reproduites à foison à partir de quelques rares chefs d’œuvre locaux. Les Africains ne savaient pas qu’ils donnaient, ce faisant, dans la science du somatisme. Pour certains guérisseurs, c’était du pragmatisme, la constatation de l’importance du cerveau dans la guérison par les plantes, la principale alchimie des Subsahariens d’autrefois. Pour la population, il s’agissait avant tout d’attirer l’attention des entités intermédiaires avec le Démiurge, semi-divinités liées à la nature ou esprits des défunts.

    Si les réponses au problème de la mort peuvent venir de l’art (l’individualisme étant condamné à cet égard puisque l’individu ne peut parler que de lui-même), elles viendront donc d’extrême orient et/ou d’Afrique. Mais certainement plus d’un Occident qui cache ses morts et glorifie une jeunesse qu’il a perdu presque définitivement.  Pour l’instant, l’Asie semble, hors la Chine, figée dans ses croyances moyenâgeuses. La métempsychose est un pari qui tient debout intellectuellement. Mais qui arrange tellement les riches et les puissants qu’il en devient suspect. Imaginez Bouddha, jeune prince sortant de son palais pour la première fois et apercevant la misère humaine. Que fait-il ? : il apprend aux miséreux à accepter leur condition ! Cela fait terriblement penser à Jésus disant qu’il est plus difficile aux riches d’atteindre le Paradis qu’à un chameau de traverser le chas d’une aiguille. Tout en recommandant de « rendre à César ce qui appartient à César » et d’affirmer que « son monde n’est pas de ce monde » Bref et quelle que soit votre condition, l’important n’est pas de l’améliorer mais de s’améliorer ! Théorie de l’ascèse largement partagée par des centaines de millions de gens qui pensent que la rédemption ne peut venir que du renoncement : la mort assurée de nos civilisations si cette croyance débile devenait majoritaire dans le monde. En attendant cet improbable futur, force est de constater qu’il a provoqué le retard civilisationnel de l’Inde et son statut actuel, trop oublié par nos journaleux, de pays le plus pauvre du monde !

    L’Asie, en grande partie athée du côté chinois et dépassé totalement du côté indien, l’est encore plus dans sa partie musulmane, confite en bigoteries : l’Islam est au Pakistan particulièrement mal digéré, on y pratique encore la peine de mort pour les non croyants et les adeptes d’autres religions. Ce alors que le Coran est très explicite : les non croyants ne concernent pas les croyants mais Dieu lui-même. Le seul cas permis de rébellion est celui où des non croyants tenteraient d’imposer leurs non-croyances dans un pays de croyants. Compte tenu de la partition de l’Inde du fait des Musulmans, on peut imaginer que les Pakistanais défendent surtout leur culture islamique. Tandis que, comme toujours, des Savonarole de pacotille enflamment des paysans et des jeunes qui veulent à tous prix retrouver les gloires des empires arabes puis ottomans. Il faudra du temps pour sortir de ces arriérations tandis que les Chinois, dé-religiosés et en pleine ré-ascension politique, économique et sociale, ne se tourneront pas de sitôt vers la métaphysique.

    Le renouveau religieux, dans le bon sens du terme soit la réflexion sur la mort et ce qui s’ensuit, devrait donc venir d’Afrique. Une Afrique qui fut le premier continent à croire en un Dieu unique et qui reste, tout en s’adaptant à une vitesse phénoménale au monde moderne, profondément métaphysique. Les Subsahariens ont tout pris de leurs envahisseurs en africanisant terriblement ce que ces derniers leur imposaient. C’est ainsi qu’ils ont imposé les rythmes aux musiques occidentales, jusqu’à en pervertir ses jeunesses. L’Islam, passé le Sahara, n’a plus rien de dictatorial sauf au Nigeria où la guerre de sécession des Ibos, chrétiens, a laissé des traces profondes. L’Islam en terres sahéliennes est très profond et beaucoup plus proche du Coran qu’au nord Machrékien. Les Imams au sud sont méprisés au contraire des confréries qui, collectivement, les anciens y ayant un rôle prépondérant, prônent l’entraide et la solidarité plutôt que le Jihad.

    C’est donc, à mon humble avis, la culture qui relancera la métaphysique humaine : on est loin, très loin des messages liminaux et subliminaux des agences de communication qui font la loi -terriblement débile- aujourd’hui. La Culture et un changement d’espace : pour une fois, les conneries écolo-politiques servent à quelque chose : face à un monde présenté comme surpeuplé et mourant, ce qui est faux, les populations finiront bien par accepter les efforts budgétaires nécessaires à une vraie conquête de l’espace. Et par une vraie entente mondiale sur cette conquête, aucun super-pouvoir actuel n’étant à même de l’accomplir seul.

    Et, face à l’espace, la métaphysique ne pourra que conquérir les foules : c’est le Cosmos qui, en fait, est la première inconnue, plus que la mort. Chaque année humaine apporte son lot d’interrogations : l’Univers, une illusion (la théorie des cordes) ? Une infinité d’Univers ? Nos savoirs physiques détruits par l’infiniment petit ? Tout ce qu’on découvre, mal et très petitement, aujourd’hui, est porteur à terme, quand le grand public s’en sera emparé, d’une humilité fondamentale (qui porte fondements) de l’âme humaine, soit-elle individualisée !

    Dans l’état actuel de nos connaissances, je ne puis que rejeter les religions des populations nouvellement sédentarisées. Elles correspondaient aux demandes des dites populations à leur époque. De même que les religions s’appuyant sur un Dieu unique, ultra majoritaires aujourd’hui, ne sont que les enfants de l’écriture grand public et, donc, de l’intellectualisme. IL est même étonnant à cet égard que les scientifiques n’aient pas relevé que la tentative d’Akhénaton correspondait avec la diffusion d’une écriture égyptienne grand public.

    J’en arrive donc à mes conclusions, forcément provisoires, d’aujourd’hui : premier point, il y a forcément un début à tout. Aucun humain ne peut aujourd’hui imaginer même comment est né le Monde, ces infinités d’Univers et ces énormités physiques de l’infiniment petit. Nous ne pouvons que nommer « Cosmos » l’architecte potentiel de ce faux chaos : car nous pouvons deviner qu’il n’est pas si chaotique que ça, donc organisé. Et tout le reste relève de l’imagination. Qui est féconde !

    Voici la mienne : si l’on admet le principe que l’âme humaine survit à sa mort physique, il faut bien imaginer aussi ce qu’elle devient après la mort. Or nous disposons aujourd’hui de plus d’une centaine de milliers de cas de « mort imminente », ces gens qui reviennent à la vie après être cliniquement morts. La fameuse lumière et les ancêtres bienveillants qui attendent le défunt. En fait, les expériences ne sont pas toutes identiques et bien des pseudo-décédés ont connus des affres monstrueuses en passe et lieu de la divine lumière. On parle aussi d’une rétrospective de sa vie en accéléré avant de voir la lumière ou les affres.

    Comme disait Françoise Hardy, « crois celui qui peut croire, moi j’ai besoin d’espoir », l’une des plus belles phrases de sa chanson « On n’est bien peu de chose, c’est la rose qui me l’a dit » Je veux donc croire à une vie après la mort. Mais je ne peux me résoudre à y retrouver des êtres dont la présence me rendrait le Paradis insupportable. Et je ne peux pas non plus imaginer ce Paradis comme une sorte de super Terre où les « bons » vivraient éternellement en ramassant des fleurs dans un jardin de rêve : le Cosmos ne peut pas être aussi con ! Intellectuel je suis, intellectuel je reste : je ne vois le Cosmos que comme « La Connaissance » Mais qui s’accroit au fur et à mesure de ses apports. Le Cosmos sait la fureur de l’évolution, les étoiles qui meurent en explosant, les galaxies qui se heurtent, les planètes qui explosent sous l’impact des météorites. La fureur, il maîtrise depuis la nuit de temps et sait en tirer l’évolution. Mais il ne sait pas son contraire, la douceur, le pardon, l’exemplarité, l’amour… Toutes choses que l’homme connaît, sa création, l’antithèse absolu de son tonnerre créatif.

    J’imagine ainsi les flores et les faunes des mondes entiers créées pour assouvir la faim de Dieu en « paisabilité », en créations bien plus fines que les siennes. Comme pour leur fixer un but. Même si ses univers doivent régresser jusqu’à l’explosion ultime : alors, les atomes qui sortiront de ces explosions seront bien plus intelligents que leurs prédécesseurs ! Multipliées à l’infini, on peut imaginer l’arrivée vers une sorte de véritable paradis, l’intelligence universelle !

    Mais j’imagine aussi son contraire, l’unicité étant le contraire de la création : il faudrait alors bien que le mal persiste et, lui aussi, gagne en force ! Sans le mal, il n’y a pas de bien ! Sachant que le mal doit perdre, de toute façon… D’où mon imaginaire actuel : l’humain, les êtres pensants des Univers, ne parviennent à la Connaissance, qu’en lui apportant ce qu’ils ont accumulé tout au long de leurs vie, que s’il accepte l’exact calcul de ses apports que va lui révéler le Cosmos : nous sommes individuellement responsables de notre vie après la mort. Vie qui se joue avant !

    Ainsi le « réfléchissant » voit-il non seulement ses actes mais aussi ses pensées à lui révélées à sa mort. S’il y voit un apport au Cosmos, il y rentre. Mais si la vision de ces ensembles lui est insupportable, il ne peut accéder à la Connaissance et retombe dans une sorte de grisaille où il peut errer jusqu’à sa disparition finale. Une deuxième chance lui étant donnée de reconnaître ses fautes afin de les éliminer de la vision de sa vie physique. Cette imagination est bien entendue issue de ma connaissance des principales religions terrestres. Même dans ses différences : car le contact direct avec Dieu fut prévu dans les fameuses révélation nocturnes à Mohamed. Lequel n’avait en effet nullement prévu l’existence des Imams, les rapports entre les humains et Dieu étant directs au contraire du Judaïsme et de la Chrétienté qui imaginèrent des intermédiaires. L’Islam véritable, innovation par rapport aux deux religions précédentes du Livre, fut donc totalement détourné et par les Chiites, et par les Sunnites !

    Que vous dire de plus ? J’ai tué les dieux puis les Dieux dans ma tête mais n’ai pu tuer le Cosmos, bien plus interrogateur. Tout en restant le fruit de ma culture, assez étendue il est vrai. Mais terriblement liée aux religions dites « du Livre » Et à mon refus de la domination d’un être sur un autre être, quasi instinctive : je n’y puis rien. Je fus antigaulliste dans les années 1970 uniquement parce qu’il prévoyait de nommer les sénateurs au lieu de les faire élire. Je me découvris ainsi démocrate absolutiste. Ce qui me conduisit, des décennies plus tard, à voter contre mon camp de gauche qui avait d’abord trahi ses électeurs puis, surtout, édifié un totalitarisme pseudo progressiste insupportable. Je suis résolument démocrate, donc respectueux de ceux qui ne pensent pas comme moi, parce que je pense profondément que chaque humain détient sa propre vérité et qu’elle lui est indispensable pour survivre à sa mort. Je vous livre ces réflexions parce qu’elles me semblent bien plus importantes que tout ce qui sort aujourd’hui sur le Codev19…


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