• Une affaire de famille

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 2<o:p></o:p>

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    Une affaire de famille<o:p></o:p>

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    Les affaires africaines nous ont permis de constater que la pensée de gauche française a dérivé jusqu’à l’extrême droite, au moins en matière de politique africaine, et comment cette gauche, porteuse jadis des valeurs du « siècle des Lumières », en est arrivée là. Voyons à présent une autre « affaire » qui présente, elle, des soubassements historiques encore plus lointains, je veux parler de la famille.

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    Celle-ci vole en éclat, dans le peuple, avec les guerres et l’esclavage. La précarité est la règle plus de deux millénaires durant, nos historiens modernes n’ayant d’ailleurs aucune idée ou presque de la façon dont vivaient jadis les gens du peuple : nous ne connaissons à peu près bien par exemple que l’histoire des nobles romains tandis que celle du bas peuple ne nous apparaît qu’au travers de rares images « éruptives » comme la saga de Spartacus (qui se termine dans un bain de sang inouï), l’éruption, justement, de l’Etna qui fige Herculanum et Pompéi en nous laissant ainsi le spectacle de la vie quotidienne des romains, ou bien encore l’instauration quasi obligatoire pour l’aristocratie romaine des jeux et de la distribution de nourriture gratuite aux citoyens romains de bas étage (« panem et circenses »)… Saviez vous, autre exemple de notre ignorance, que l’esclavage à grande échelle dans l’Antiquité n’a pas été inventé par les Romains mais par les Athéniens dont la population, au plus haut de leur histoire, comptait un tiers d’esclaves ? Si vous ajoutez les enfants mineurs et les femmes (dont le statut est alors celui d’une personne mineure), ça ne fait pas beaucoup de gens « libres » au pays qui a inventé la démocratie, non !?

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    Bref, le mariage, les filiations par le sang et adoptives, la fidélité conjugale (des femmes…), tout cela ne concerne qu’une infime partie des populations entre le début des grandes civilisations et, mettons, la fin du haut Moyen Age. Sachez qu’à cette époque, au 11e siècle après JC par exemple, les abandons d’enfant par de pauvres filles notamment violées sont légions, au point que l’acte est puni de mort ! La « gauche » à l’époque, c’est l’Eglise chrétienne, celle qui a déclaré les hommes (mais pas les femmes) égaux entre eux devant Dieu quel que soit par ailleurs leur statut social. Certes, cette Eglise est déjà gangrenée par l’élitisme, ses évêques étant tous fils de grandes familles aristocratiques, gangrène dont elle ne s’est toujours pas relevée de nos jours. Il n’empêche que, plusieurs siècles durant encore, elle va, pratiquement seule dans l’univers de la pensée occidentale renaissante, se préoccuper de défendre la femme et la famille des pauvres gens. Comment ? En recensant d’abord les gens du peuple, ruraux pour la quasi totalité d’entre eux, paroisse par paroisse. Ce qui aboutit à « nommer » ces gens du peuple, à leur donner un nom. Le « fils de… » permet de pérenniser sous forme de nom propre le surnom de l’ancêtre anonyme, CQFD ! Cet embryon d’état civil est tellement important que l’un des tout premiers actes de la République sera de se l’approprier. Songez à cet égard que les statistiques royales, même sous Louis XVI, ne comptaient que les « feux », soit les maisons pourvues d’une cheminée…

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    Le deuxième élément crucial de la politique cléricale est de généraliser le mariage. L’institution n’a, jusqu’à la sortie de ce haut Moyen Age, concerné en fait que les puissants. Chez les petits, les femmes et leurs enfants sont dans l’insécurité la plus totale, leurs « hommes », comme on disait alors, n’étant pas attachés autrement que moralement à leur famille. Si bien que bon nombre d’entre eux, par exemple, partent à la guerre pour tenter d’échapper à leur condition rurale souvent très dure et ne rentrent pas toujours. La généralisation du mariage dans une société qui n’accepte plus le divorce (les romains connaissaient la répudiation) et qui n’a jamais accepté la polygamie (hors les concubines) est donc plus qu’efficace : la famille populaire peut enfin s’épanouir. Jusqu’au 18e siècle : car, venant de l’aristocratie, souffle alors le commencement de la révolte féministe, soit la remise en cause du « mariage forcé » au travers d’innombrables hymnes au grand amour (« la carte du tendre » par exemple mais les histoires de princes font encore plus de ravage dans le peuple). Les mœurs des puissants se répandent, pourrait-on dire, jusqu’à la « sacralisation » de l’adultère dans la bourgeoisie (le viol avec violence physique ou mentale des  miséreuses restera sordide et impuni quasiment jusqu’à nos jours) : voir « Madame Bovary » de Flaubert…

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    Et le divorce pointe donc son nez, divorce que la gauche jacobine puis radicale va défendre contre une droite arqueboutée sur ses relations privilégiées avec l’Eglise catholique. Une Eglise qui est en conflit permanent avec les descendants de Révolutionnaires qui lui ont piqué ses terres en procédant à une gigantesque réforme agraire, qui lui ont retiré ses pouvoirs « civils » et qui sont même allés jusqu’à contester ses croyances (« l’Etre suprême »). Sans oublier que la hiérarchie cléricale est essentiellement issue de l’Aristocratie… La gauche socialiste héritera de cette situation, soit une remise en cause du fondement de la famille populaire au travers du divorce puis de la liberté sexuelle. A noter qu’ailleurs, en Chine ou dans le travaillisme israélien d’origine, la remise en cause ira jusqu’à prôner l’éducation des enfants hors le cercle restreint de la famille (l’idée sera concrétisée en Israël avec les kibboutz mais ça n’ira pas plus loin).

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    Et nous en arrivons à aujourd’hui, une époque d’abondance mais paradoxalement incertaine. Qui a généralisé le divorce (un divorce pour trois mariage en moyenne en France) et fait terriblement reculer le mariage (le concubinage s’est envolé). Mais qui, en même temps, à inventé le « cocooning » et redonné à la famille le rôle de « stabilisateur » qu’elle avait perdu tout au long du 20e siècle (« famille, je vous hais ! »). On refait appel aux grands parents pour s’occuper des enfants en bas âge et les mêmes grands parents volent au secours de leurs enfants et petits enfants en difficulté. Ce, tandis que la gauche française ne s’est pas adaptée : quand Ségolène Royal veut se réapproprier les valeurs familiales, elle est conspuée même par des centristes pour qui ces valeurs sont archaïques (l’attitude de Dominique Strauss Kahn à cet égard est éloquente : non seulement il ne suit pas sa rivale sur ce terrain familiale, mais il l’oblige à prendre parti pour le mariage homosexuel…) Les électeurs ne s’y sont pas trompés : ils n’ont jamais crû réellement que Ségolène, seule, pouvait réconcilier la gauche et la famille. Et c’est fort logiquement la droite qui a cueilli les marrons du feu, s’appuyant, elle, sur deux siècles d’amours illégitimes avec une Eglise qui a renié non pas des origines populaires qu’elle n’a jamais vraiment eues, mais son assise populaire.

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    Ces amours ne sont guères solides en fait, en témoigne la personnalité de celui qui les incarne aujourd’hui en France, Nicolas Sarkozy : l’homme a divorcé et fait divorcer sa 2e femme pour pouvoir l’épouser. Son exemple est tout sauf édifiant au contraire de la mère de 4 enfants qui incarnait, elle, les valeurs de gauche. Le premier est ultra-libéral, une doctrine destructrice, l’autre est sociale démocrate, une pratique beaucoup plus protectrice. Mais la gauche ne pouvait pas brandir ces indéniables avantages car son idéologie le lui interdisait tandis que la droite a pu gommer ses indéniables faiblesses vis-à-vis de la famille moderne car sa pratique passée le lui permettait : c’est le gaullisme qui a remis la famille française à la mode, via tout une série d’aides dont les allocations familiales et la généralisation des moyens d’accueil des bébés et enfants en bas âge de femmes qui travaillent. Un gaullisme que Nicolas Sarkozy et son mentor Balladur ont publiquement renié en 2006…

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    Alors, Mesdames et Messieurs de gauche, accepterez vous d’embrasser les idéaux d’un vieux général et de feu Michel Debré et de reconnaître aussi l’histoire de France d’avant la Révolution de 1789, ou bien laisserez vous une droite amorale et cynique, celle des ultra libéraux et des bushistes de tous poils, confisquer à leur profit douteux les bons côtés d’une religion que vous n’appréhendez toujours qu’au travers du prisme marxiste-léniniste (« l’opium du peuple ») ? That is the question…<o:p></o:p>

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