• Une histoire toute en or

    Article pour le Gri-Gri International du 08/06/07<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Rubrique : Con de blanc<o:p></o:p>

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    Une histoire toute en or<o:p></o:p>

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    Salut ! Vous m’en voulez encore, pour le sado-masochisme ? Ouai, y’a des chances. Je vais donc essayer de me rattraper : connaissez-vous Samuel Esson Jonah ? Non, bien sûr, c’est un

    Ghanéen anglophone, chef d’entreprise de surcroît et il sort donc de votre champ de vision politique ordinaire. Pourtant le mec vaut le détour : PDG de la compagnie aurifère ghanéenne Ashanti Goldfields à partir de 1986, il en assure l’envol jusqu’à sa cotation à Wall Street, qui lui vaut les honneurs de la presse internationale : c’est la première entreprise « noire » cotée à New-York. Au passage, il est le premier à abaisser les coûts d’extraction à moins de 100 $ l’once quand, à l’époque, l’or vaut moins de 300 $ l’once (une once = un peu moins de 30 gr) : de ce fait, les mines africaines, toutes en profondeurs contrairement à celles d’Australie et du Canada, redeviennent rentables…

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    Las ! Le bonhomme se trompe sur l’évolution des cours de l’or. Il vend en 2002 la production de son groupe « à terme », c’est-à-dire avant production. En jouant à la baisse, soit à un prix encore inférieur au prix du marché de l’époque. Quand il faut livrer, d’une part il n’a pas assez d’or en stock (il a « joué » contre la hausse de l’or et donc imaginé pouvoir acheter encore moins cher sur le marché pour livrer toutes les quantités qu’il a vendues à terme), d’autre part l’or vaut beaucoup plus cher (en deux ans, son prix va passer de moins de 300 $ à plus de 600 $ l’once). Ashanti Goldfields coule… Et c’est l’ex-filiale « or » du groupe sud africain Oppenheimer, Anglogold, qui la rachète pour éviter la faillite. Jonah devient président du nouveau groupe, Anglogold Goldfields, N°2 mondiale de l’or mais le Ghana a perdu le fleuron de son industrie.

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    Je viens d’apprendre la démission de l’homme d’affaires ghanéen, datée de fin février dernier (trois mois de retard, ça mesure l’intérêt de la presse internationale pour l’Afrique !) Faut savoir quand même que le mec reste le conseiller de trois grands présidents africains, Mbeki (Afrique du sud), Obasanjo (Nigeria) et Fukuor (Ghana), ça n’est pas rien. Et je m’interroge donc sur les vertus comparées de nos grands économistes. Le pendant, sur ce plan, de Sir Samuel (il a été ennobli par la reine d’Angleterre bien qu’il ne soit pas citoyen britannique) est, chez nous, Jean-Claude Trichet. Ce type, ancien énarque après avoir été diplômé de l’Ecole des Mines (un matheux donc !), a effectué toute sa carrière aux Finances. Il fut directeur du Trésor avant de devenir gouverneur de la Banque de France puis gouverneur de la Banque centrale européenne (celle de l’euro). Et il a un point commun avec Jonah : c’est sous Trichet que la Banque de France se planta aussi sur l’évolution du cours de l’or, vendant ses réserves en jouant à la baisse (c’était d’ailleurs fait pour ça, ces ventes, pour faire baisser les cours). Les « banques de l’or » avec lesquelles traitaient les banques centrales européennes (Trichet n’était pas le seul) n’y résistèrent pas et coulèrent corps et bien en masse, laissant bien entendu une énorme ardoise aux dites banques centrales européennes. Trichet est, depuis, devenu gouverneur de la Banque centrale européenne où il a le loisir de se tromper à une échelle bien plus imposante…

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    Je me suis rattrapé, non ? Car vous voyez bien ici que les couillons ne se différencient pas par la couleur de leur peau mais par leur appartenance à un groupe : les gens d’en haut et les gens d’en bas. Les vrais maso, ici, sont les gens d’en bas qui votent pour les gens d’en haut. Et les super maso sont ceux qui continuent, malgré tout, à défendre les maso au lieu de leur cogner dessus…


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